))) AMERICAN HAUNTING. Courtney Solomon. sortie le 25 avril 07

 

Compilation

 


Adapté du roman de Brent Monahan The Bell WitchAn American Haunting, lui-même inspiré de faits étranges survenus au XIXe siècle dans le Tennessee, le deuxième film de Courtney Solomon (après Donjons et Dragons, 2000) reprend un thème cher à la mythologie et au cinéma fantastique américains : la hantise. Si le sujet a donné naissance à des classiques tels que The Haunting de Robert Wise (1963), The Exorcist de William Friedkin (1973) et Poltergeist de Tobe Hooper, écrit par Steven Spielberg (1982), on sait qu’il connaît aujourd’hui un certain renouveau, sous l’influence du film de fantômes asiatique, avec notamment les remakes de Ring (1998) et de Dark Water (2002) de Hideo Nakata.

Pourtant, Courtney Solomon semble ne retenir des uns et des autres que quelques ficelles qu’il réemploie de manière outrancière et au détriment de toute psychologie des personnages. Ainsi le film se présente-t-il comme une vulgaire compilation de moments de frayeurs, préférant aux montées de suspense vertigineuses des effets de surenchère accablants. Tous les procédés, d’ailleurs, sont passés en revue, sans qu’on ne soit satisfait par aucun : objets mouvants, apparitions, poursuites, spasmes, cauchemars, visions, etc. De plus, la musique, dont on connaît l’importance dans les genres fantastique et horrifique (chez John Carpenter par exemple), se borne ici à marteler les scènes choc qui défilent à toute allure. Quant aux bruitages, on n’échappe pas aux coups de tonnerre ni aux chuchotements, et le moindre objet produit un vacarme assourdissant.

Derrière ce style pompier agonisent une intrigue et des personnages qui auraient mérité d’être développés : le rapport ambigü de John Bell (Donald Sutherland) avec sa fille, et le sentiment de culpabilité qu’il implique, semblent ainsi maladroitement amenés par le coup de théâtre final. Mais les comédiens, aussi prestigieux soient-ils, étouffent entre les scènes de terreur et voient leur rôle restreint à quelques plates répliques. Certes, Sissy Spacek joue avec conviction les cris et les pleurs, mais l’on désespère de la voir s’entretenir vraiment avec Donald Sutherland, et approfondir ainsi les liens entre les deux personnages. Il en résulte un immense déséquilibre entre des effets de frayeur souvent efficaces mais guère originaux, et une intrigue écrasée, entièrement reléguée à l’arrière-plan. On préférera se replonger dans les classiques du genre ou lorgner du côté de Kiyoshi Kurosawa.

Stéphane Tralongo


Synopsis
Une descendante de la famille Bell découvre le récit d'événements étranges survenus dans le passé, rédigé par une aïeule. Elle va ainsi revivre la terrible nuit où naquit l'Esprit et découvrir l'affreuse vérité qui l'a poussé à se manifester...
En 1817, des bruits étranges et des manifestations surnaturelles envahissent la ferme de la famille Bell.
L'Esprit qui hante la demeure agresse Betsy, la fille adorée de la famille : elle semble possédée dès que résonnent les douze coups de minuit. Les Bell tentent de comprendre pourquoi cet Esprit s'attaque à eux, mais ni les séances d'exorcisme, ni la tentative de fuite de Betsy loin de la maudite ferme ne parviennent à mettre fin à ces déferlements de violence. Au contraire, la terreur les envahit lorsque l'Esprit se met à leur parler, prenant des voix différentes. Toujours plus menaçant, il n'épargne plus aucun membre de la famille et va jusqu'à prononcer une sentence de mort à l'égard de l'un d'entre eux...

Infos
Sortie : 25 Avril 2007
Réalisé par Courtney Solomon
Avec Sissy Spacek, Donald Sutherland, Howard Rosenstein
Genre : Fantastique
Durée : 1h33min.

° ° ° ° °