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Adapté
du roman de Brent Monahan The Bell Witch – An American
Haunting, lui-même inspiré de faits étranges
survenus au XIXe siècle dans le Tennessee, le deuxième
film de Courtney Solomon (après Donjons et Dragons,
2000) reprend un thème cher à la mythologie et au cinéma
fantastique américains : la hantise. Si le sujet a donné
naissance à des classiques tels que The Haunting de
Robert Wise (1963), The Exorcist de William Friedkin (1973)
et Poltergeist de Tobe Hooper, écrit par Steven Spielberg
(1982), on sait qu’il connaît aujourd’hui un certain
renouveau, sous l’influence du film de fantômes asiatique,
avec notamment les remakes de Ring (1998) et de Dark
Water (2002) de Hideo Nakata.
Pourtant, Courtney Solomon semble ne retenir des uns et des autres
que quelques ficelles qu’il réemploie de manière
outrancière et au détriment de toute psychologie des
personnages. Ainsi le film se présente-t-il comme une vulgaire
compilation de moments de frayeurs, préférant aux montées
de suspense vertigineuses des effets de surenchère accablants.
Tous les procédés, d’ailleurs, sont passés
en revue, sans qu’on ne soit satisfait par aucun : objets mouvants,
apparitions, poursuites, spasmes, cauchemars, visions, etc. De plus,
la musique, dont on connaît l’importance dans les genres
fantastique et horrifique (chez John Carpenter par exemple), se borne
ici à marteler les scènes choc qui défilent à
toute allure. Quant aux bruitages, on n’échappe pas aux
coups de tonnerre ni aux chuchotements, et le moindre objet produit
un vacarme assourdissant.
Derrière ce style pompier agonisent une intrigue et des personnages
qui auraient mérité d’être développés
: le rapport ambigü de John Bell (Donald Sutherland) avec sa
fille, et le sentiment de culpabilité qu’il implique,
semblent ainsi maladroitement amenés par le coup de théâtre
final. Mais les comédiens, aussi prestigieux soient-ils, étouffent
entre les scènes de terreur et voient leur rôle restreint
à quelques plates répliques. Certes, Sissy Spacek joue
avec conviction les cris et les pleurs, mais l’on désespère
de la voir s’entretenir vraiment avec Donald Sutherland, et
approfondir ainsi les liens entre les deux personnages. Il en résulte
un immense déséquilibre entre des effets de frayeur
souvent efficaces mais guère originaux, et une intrigue écrasée,
entièrement reléguée à l’arrière-plan.
On préférera se replonger dans les classiques du genre
ou lorgner du côté de Kiyoshi Kurosawa.
Stéphane Tralongo
•Synopsis
Une descendante de la famille Bell découvre le récit d'événements
étranges survenus dans le passé, rédigé
par une aïeule. Elle va ainsi revivre la terrible nuit où
naquit l'Esprit et découvrir l'affreuse vérité
qui l'a poussé à se manifester...
En 1817, des bruits étranges et des manifestations surnaturelles
envahissent la ferme de la famille Bell.
L'Esprit qui hante la demeure agresse Betsy, la fille adorée
de la famille : elle semble possédée dès que résonnent
les douze coups de minuit. Les Bell tentent de comprendre pourquoi cet
Esprit s'attaque à eux, mais ni les séances d'exorcisme,
ni la tentative de fuite de Betsy loin de la maudite ferme ne parviennent
à mettre fin à ces déferlements de violence. Au
contraire, la terreur les envahit lorsque l'Esprit se met à leur
parler, prenant des voix différentes. Toujours plus menaçant,
il n'épargne plus aucun membre de la famille et va jusqu'à
prononcer une sentence de mort à l'égard de l'un d'entre
eux...
•Infos
Sortie : 25 Avril 2007
Réalisé par Courtney Solomon
Avec Sissy Spacek, Donald Sutherland, Howard Rosenstein
Genre : Fantastique
Durée : 1h33min.
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