BENOÎT
DELÉPINE
Tout petit déjà il n’a qu’un regret
: ne pas avoir fait une Ecole de Bande Dessinée en Belgique.
Tout grand, donc, il ne sait toujours pas dessiner.
C’est pour tenter d’approcher ce supposé nirvana
qu’il ira apprendre à boire des bières fortes
à Lille, puis écrire des sketches à Paris. Les
plus marquants seront ceux qu’il imaginera pour Les Guignols
de l’Info, émission qu’il fonde en 1990. Sans
doute un peu honteux d’avoir fait élire Jacques Chirac
en 95, il décide alors de s’exiler dans un petit pays
qu’il crée avec Moustic : le Groland, pays où
il coule encore des jours heureux. C’est là qu’il
croise Gustave Kervern. Après quelques coups pendables (la
série Toc Toc Toc, le feuilleton Don Quichotte
de la Revolucion...), ils feront quelques rencontres bruxelloises
(Vincent Tavier, Noël Godin, Robert Dehoux, tous dans le film)
qui leur donneront envie de se lancer dans l’aventure Aaltra.
A signaler aussi un court métrage avec Christophe Smith (À
l’arraché), plusieurs albums de BD (enfin !) avec
les dessinateurs Stan et Vince, plusieurs livres (dont Grabuge, autre
opus belgo-français) ainsi qu’un long métrage
en tant que scénariste (Michael Kael contre la World News
Company) qui lui aura au moins appris tout ce qu’il ne
fallait pas faire au cinéma !
GUSTAVE KERVERN
Après avoir été un des assistants de l’animateur
béni-oui-oui Patrick Sabatier sur « Avis de recherche
», il décide de mettre fin à sa collaboration
en se faisant mettre à la porte. On connaît la suite,
Patrick ne s’en remettra jamais !
Il fait ensuite partie de l’équipe du farceur canadien
Marcel Béliveau. Mettant sur pied une trentaine de gags pour
« Surprise sur prise » (dont ceux de Thierry Lhermite,
Bernard Pivot, Michel Boujenah, etc …), il est dépassé
par la surcharge de travail et se sent piégé financièrement
par le québécois moustachu, qui se fait alors aussi
introuvable que ses caméras.
Dès lors, il se claquemure dans son loft bourgeois du 16ème
arrondissement, se jetant à corps perdu dans la recherche d’un
nouvel emploi, motivé par ses proches et par les relances incessantes
des huissiers.
C’est là qu’il fait connaissance d’Yvan Le
Bolloc’h et de Bruno Solo qui l’engagent sur le champs
pour être auteur sur « Le top 50 » de Canal +. Epatés
par son talent et ses prétentions financières dérisoires,
ils lui confient ensuite une rubrique dans l’émission
« Le plein de Super » ; une séquence choc où
notre homme bat la campagne française à la recherche
de tous les festivals musicaux et de toutes les bières artisanales.
Tous 3 iront ensuite tenter leur chance sur TF1 pour une nouvelle
émission baptisée « On n’est pas couché
» ; une émission surprenante qui ne restera dans la mémoire
d’aucune ménagère de moins de 150 ans.
Cocardiers en diable, ils décident alors de rejoindre un service
public moribond, pour apporter une « note de fraîcheur
». Ils resteront 4 mois sur France 2, avec l’émission
« Ca balance ! », avant de partir pour de très
longues vacances d’été.
Entre temps, notre ami Gus a animé, en compagnie de ses 2 fidèles
camarades, « Tout le monde dehors », une émission
sur Europe 2. Pendant 2 ans, confondant parfois micro et verre, il
sillonne le monde, de Paris 8ème à Paris 12ème.
Parallèlement, il a participé à la success story
de Dominique Farrugia, en interprétant un rôle mi-phare
mi-loupiote dans son premier film en tant que réalisateur :
« Delphine 1 –Yvan 0 ».
Octobre 1996, il est recueilli par Arthur, qui voit en lui un nouveau
Pierre Péchin. Sur Europe 2, tous les matins pendant 3 ans,
il est à l’information ce que le cochon est à
la truffe.
Pugnace, il profite de son peu de temps libre, entre des siestes à
répétition et sa passion pour les mots fléchés,
pour multiplier les expériences :
c’est ainsi qu’on le retrouve dans un des épisodes
du sitcom « H » de Canal +. Un rôle dramatique qui
sera, quelque part, son « Ciao Pantin ».
En échange d’une bouteille de vin blanc, il a pu participé,
toujours sur Canal +, à l’opérette du Professeur
Choron : « Ivre mort pour la patrie ».
Sans oublier une apparition furtive, aux côtés de Jean-Luc
Delarue, dans le sitcom des piteux Kad et Olivier, sur France 2. Heureusement,
la présence de Jean-Luc a empêché cette séquence
d’être coupée au montage.
Il faut citer aussi les nombreux sujets à vocation humoristique
qu’il a écrit et joué, pour « Les enfants
de la télé » sur TF1, et qui ont plongé
monsieur Etienne Mougeotte dans une profonde dépression.
Mai 99, Festival de Cannes : alors qu’il tente d’attirer
violemment une starlette dans la tente de son camping, il fait la
connaissance de Jules-Edouard Moustic et de Benoît Delépine
qui l’aident à accomplir sa tâche.
En échange de leur silence, il écrit pour eux de jolis
sketches et joue le rôle d’un journaliste à mi-chemin
entre Jean-Marc Sylvestre et Rahan.
Après 2 années de « 20H20 », et en vertu
du principe qui veut qu’« on ne change pas une équipe
de merde », il collabore ensuite, entre septembre 2001 et Juin
2002, à « Grolandsat », le samedi sur Canal +.
Une émission fourre-tout qui doit sa survie à Pierre
Lescure qui en cache l’existence à Jean-Marie Messier,
en lui envoyant par la poste de faux programmes télés.
Prenant confiance en lui, il se lance, avec Benoît Delépine,
dans la conception d’un sitcom intitulé : « Toc
Toc Toc ». Ce sitcom révolutionnaire se démarquera
des autres sitcoms de Canal + dans le sens où il ne coûte
pratiquement rien. Diffusé dans « NPA matin »,
sous la houlette d’Alexandre Devoise, il permettra notamment
à feu Maurice Pialat d’y interpréter son premier
et dernier rôle comique.
Peaufinant sa stratégie d’entrisme à tout-va,
il apparaîtra dans « Betty Delaunay » (TF1), aux
côtés de Marie-Anne Chazel et Pierre Arditi. Sa rencontre
avec 2 monstres du cinéma français qui lui fera dire
: « C’est bien de pouvoir enfin déjeuner dans un
vrai catering ».
Sur M6, il rejoindra le temps de 2 épisodes ses ex-coéquipiers
Yvan Le Bolloc’h et Bruno Solo et prendra part au succès
de « Caméra café ». Un succès qui
lui ouvrira les portes .. du métro qu’il reprendra sitôt
sa prestation effectuée.
A Canal +, après l’hécatombe de leurs dirigeants
suite à une épidémie de « Goldenparachutie
atypique », l’équipe de Grolandsat reste droite
dans ses tongs. Cornaqué par Dominique Farrugia, elle met au
point « 7 jours à Groland ». Un « 20H20 »
long qui est une des réussites de la rentrée de la chaîne
cryptée, avec, bien sûr, l’Hyper-show.
Voilà. Il ne tient donc qu’à vous de prolonger
la carrière de celui que l’on compare déjà
à Francis Huster (1948 - 1981).