| |
|
)))
L'ICEBERG
de
Dominique ABEL, Fiona GORDON et Bruno ROMY
|
|
|
|
- Néo-Burlesque
- 2006 - France/Belgique - durée: 1h24 (+50' de Bonus)
- Sortie
à la Vente en DVD le 11 Octobre 2006
Editions
MK2
-
Prix de vente conseillé : 20€
|
|
 |
|
 |
|
| SYNOPSIS |
|
Fiona
est manager de fast-food dans une grise banlieue. Elle habite un petit
pavillon banal avec son mari, Julien, et ses deux enfants.
Tout va désespérément bien pour elle. Jusqu’au
jour où elle se retrouve enfermée toute une nuit dans la
chambre froide du fast-food. Ce choc va faire naître chez Fiona
un irrésistible désir de glace, de neige... Un beau matin,
elle quitte mari, enfants et travail. Elle veut voir un iceberg pour de
vrai et mettra donc le cap vers le grand Nord, accompagnée d’un
vaillant marin sourd et muet... |
|
| POINT
DE VUE |
|
De
la nature de l’iceberg nous avons tous retenus de nos cours
de géographie qu’il flotte dans les mers glacées
et que sa partie immergée (et invisible) est au moins trois
fois plus importante que sa partie émergée. Il en est
rigoureusement de même avec le dernier opus du trio de belges
fous, Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy : L’Iceberg
(2005).
Sous une apparente simplicité et un aspect modeste se cache
une multitude de références et d’hommages au cinéma
burlesque où sont convoqués ses héros oubliés
: Buster Keaton (le père de tous), les Marx Brothers, Jacques
Tati, Jerry Lewis… qui revisitèrent souvent les mêmes
gags en les réadaptant aux changements de notre société.
Citer les innombrables liens de L’Iceberg avec l’Histoire
du cinéma n’est pas le dévaloriser car par principe
les films comiques font partie d’une tradition d’éternelles
répétitions ou de variations à partir de bases
communes. Des gags éternels remis au goût du jour. De
plus, il est important de préciser que le jeu artificiellement
maniéré, les plans fixes et longs, la quasi-absence
de paroles annoncent que L’Iceberg redonne vie à
l’un des aspects du burlesque qui a presque disparu du cinéma
depuis qu’il est parlant : le slow-burn –littéralement
« cuisson à petit feu » - où le gag naît
d’une longue construction que le cinéma actuel ne peut
ou ne veut plus se permettre. Le gag devient le plus long chemin pour
aller d’un point à un autre. Au spectateur de déterminer
là où le film nous mène.
Comme ses illustres prédécesseurs, L’Iceberg
ne tente pas de raconter une histoire mais plutôt de dire quelque
chose de l’état du monde et de l’âme humaine
avec un accent comique pour nous donner l’envie de continuer
à vivre, malgré tout, en sortant de la salle de cinéma.
Dans Les Temps Modernes (1936), Charlie Chaplin dénonçait
férocement l’inhumanité de notre société
en prenant pour cible l’industrialisme dévoreur d’homme.
L’Iceberg pointe du doigt l’incommunicabilité,
le froid qui gagne et risque de geler les sentiments humains, dans
un monde où la communication est pourtant sacralisée.
Comme de coutume dans le genre, l’intrigue est mince : Fiona
quitte son mari Julien et ses deux enfants car elle a compris que
son destin est ailleurs et part en quête de l’inconnu.
Il sera incarné par René, un capitaine de bateau sourd
qui l’emmènera en mer… vers les icebergs. Difficile
d’espérer rire à un tel résumé.
Mais le comique naît souvent dans le sordide, ainsi que nous
l’ont appris les burlesques américains, des Charlot au
récent Mary à tout prix des Frères Farrely.
Voyons alors sous un autre angle l’histoire de L’Iceberg,
puisque ce repositionnement dans la vie est exactement ce que tente
de nous enseigner le cinéma comique.
Fiona, maniaque et psychorigide, dirige un fast-food qui lui prend
tout son temps. Un soir alors qu’elle ferme seule le magasin,
elle se retrouve coincée dans la chambre froide toute une nuit.
Au matin, elle s’est métamorphosée. Cette hibernation
forcée lui fait prendre conscience de l’absurdité
de sa vie et du décalage existant entre elle et son mari qui
tient du mort-vivant glaçant. Fiona a effectué une mue
comme la chrysalide qui devient papillon : elle s’est enveloppée
de sacs de plastiques de couleurs pour survivre dans un carton et
elle les effeuille en sortant du fast-food avant de prendre son envol.
Son corps qui, dans les premiers plans semblait inflexible, prend
vie, mû par une fluidité inattendue.
La métamorphose continue la nuit, dans le lit conjugal. Fiona
rêve d’un iceberg qu’elle va sculpter dans le bac
congélateur de son frigo. On pense assurément à
la montagne que Richard Dreyfuss sculpte avec de la purée et
dont la forme lui a été dictée par les extra-terrestres
dans Rencontres du Troisième Type (1980) de Steven
Spielberg. Référence importante pour rappeler que L’Iceberg
est un film populaire et non pas élitiste comme son apparence
première pourrait le laisser présager. Telle un fantôme,
Fiona se transforme grâce aux draps blancs du lit en un iceberg
triomphant. Au travail, elle se laisse hypnotiser par la chambre froide
qui fut sa prison la veille et qui l’appelle… Elle décide
alors de se cacher dans le camion frigorifique qui livre les frites
et part à l’aventure : ce sera la frontière franco-belge
où le camion sera arrêté par la douane car des
familles africaines de « sans papiers » s’y cachent,
elles aussi en quête d’un monde meilleur aussi. L’Iceberg
réussit à nous faire appréhender de façon
humaine ce problème que l’on ne voit souvent que d’un
œil sur les pages glacées des magazines. Sans autres explications,
Fiona embarque dans un bus de personnes âgées en vacances.
Elle se fond dans le groupe pour nous dévoiler un autre tabou
de notre société : l’ostracisme dont est victime
le troisième âge. Sans doute les seuls personnages du
film à être entiers et vrais. Au-delà de la vieillesse,
ils incarnent la sagesse populaire, ce qui explique sans doute pourquoi
ce sont les seuls personnages du film à être réellement
doués de parole. Comme chez Tati où les mots, soit inaudibles,
soit absents, servent à la critique d’une société
qui parle trop mais ne s’écoute pas.
Au bord de la mer du Nord, Fiona rencontre une montagne humaine, un
iceberg à lui seul tellement il est froid et massif. Comme
un iceberg il doit cacher une richesse et Fiona tentera de la trouver
! Son nom ? René, prénom symbolique qui rappelle la
quête de renaissance de Fiona. Elle qui ne parle plus se retrouve
face à un homme sourd : ils ne pourront que s’entendre
! Il est le capitaine d’un frêle esquif : « Le Titanique
». De nouveau, L’Iceberg nous attire en terrain
connu : la love story qui rapporta près de 2 Milliards de dollars
au box office mondial (21 millions de spectateurs rien qu’en
France) et dans laquelle l’amour de Leonardo DiCaprio et Kate
Winslet était mis en péril par un iceberg. Comme dans
le Titanic (1997) de James Cameron, deux hommes que tout
oppose s’affronteront pour l’amour d’une femme unique
puisque Julien a compris qu’il aimait Fiona. Il jouera les passagers
clandestins dans le Titanique et les accompagnera vers les mers arctiques.
Point de pyrotechnie pour le final comme dans le film modèle
mais un retour à la situation initiale où les héros
du film ont tous changé pour le meilleur : Fiona et Julien
se sont prouvés leur amour et ils se retrouveront sans doute
quand ils reviendront à terre. René, contre toute attente
- ou presque - renaîtra aussi puisque les trois marins d’eau
douce sont repêchés des eaux glaciales par une femme
inuit, Nattikuttuk, que l’on a découvert en introduction
du film ; elle s’adressait aux spectateurs et nous apprenait
qu’elle est l’une des dernières à pouvoir
parler le inuktitut, qu’elle rêverait d’apprendre
à son enfant et à son futur mari. Dans le plan final,
nous découvrons Nattikuttuk, René, qui a miraculeusement
retrouvé l’ouïe et leur fils. Ils nous souhaitent
au revoir en inuktitut, « une langue que personne ne parle »,
ainsi qu’elle le disait au début du film. Ici se concentre
la symbolique du film : cette langue oubliée, c’est l’innocence
burlesque développée tout au long de L’Iceberg,
qui dénonce les travers d’une société artificiellement
chaleureuse où les relations humaines se gèlent et se
figent.
Les auteurs de L’Iceberg, pour leur part, voient tout
autre chose dans leur film - à moins qu’il ne s’agisse
d’une ultime dérision : « L'Iceberg parle de
notre héroïsme dérisoire, notre prétention
naïve, notre besoin fondamental d'amour, de surpassement et du
cortège d'échecs, de ratages, de désarrois temporaires
qui égratignent notre optimisme sans jamais en venir à
bout ». Peu importe, du moment que L’Iceberg
réchauffe les salles de cinéma de rires, des rires au
début discrets mais qui peuvent finir par devenir convulsifs.
Nachiketas Wignesan
|













|
|
| |
|
|
| FICHE
TECHNIQUE |
|
- LE
FILM
Meilleur Film, Festival du Film
de Zagreb
Meilleur Film, Festival de Bogota
Meilleur Film et Meilleure Actrice, Festival de Kiev
Prix d'Interprétation Féminine, Festival de Cinessonne
(France)
Prix du Jury des Jeunes, Festival de Tüebingen (Allemagne)
Sortie
en salle : 5 avril 2006
Scénario & Réalisation : Dominique Abel, Fiona
Gordon et Bruno Romy
Avec:
Nattikuttuk: Lucy Tulugarjuk
Fiona: Fiona Gordon
Julien: Dominique Abel
René le marin: Philippe Martz
Leur fille: Ophélie Rousseau
Leur fils: Robin Goupil
L'employée: Leen Dervaux
Fernande: Thérèse Fichet
Achille: Georges Jore
Léon: Louis Lecouvreur
Georges: Bruno Romy
Lola: Lola Hélie
Rosalie: Justine Fernandez
Assistant réalisation : Julien Sigalas
Script : Jo Nijns
Image : Sébastien Koeppel
Son: Fred Meert Christian Monheim
Décors : Laura Couderc
Maquillage: Nathalie De Hen
Montage image : Sandrine Deegen
Musique: Jacques Luley
Coproducteur RTBF: Arlette Zylberberg
Assistante de production RTBF : Frédérique Larmagnac
Direction de production : Françoise Hoste
Producteurs délégués: Dominique Abel,
Fiona Gordon
Distributeur : MK2
Editeur DVD : MK2
Editions
|
|
- LE
DVD
DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs -
tous publics
Durée du
film: 84'
Durée du DVD: 129'
Image
& Son :
Ecran:
16/9
Format : 1:85
Son: Dolby
Digital 5.1 et stéréo Français
|
|
- BONUS
(45')
*
Ménage à trois, entretien avec les trois réalisateurs
(20 min)

* Scènes coupées

* Merci Cupidon, court métrage de D. Abel, F. Gordon
et B. Romy (13 min)
 
 
* Bandes-annonces de la collection Cinéma Découverte
(12 min)
|
|
|
À PROPOS DU FILM (NOTES DE PRODUCTION) |
|
| Allez
voir ailleurs
Qui n'a pas pensé un jour à
tout quitter, à repartir de rien, à réaliser un
rêve ou tout simplement à aller voir ailleurs si on n'y
était pas ? L'héroïne de notre histoire franchit
ce pas, bousculant au passage la vie de son entourage. Nos trois personnages
principaux n'ont pas l'étoffe d'aventuriers, leurs échecs
et leurs maladresses constituent l'essence du récit. Empêtrés
dans leurs erreurs, ils ne sombrent jamais. Ils sont à la recherche
du bonheur. L'ICEBERG parle de notre héroïsme dérisoire,
notre prétention naïve, notre besoin fondamental d'amour,
de surpassement et du cortège d'échecs, de ratages, de
désarrois temporaires qui égratignent notre optimisme
sans jamais en venir à bout.
Trois auteurs réalisateurs
Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Nous avons écrit
et réalisé notre premier long métrage à
trois. Nous venons du milieu du théâtre et du cirque. Notre
rencontre remonte au début des années 90 lors d'une tournée
théâtrale en Normandie. Depuis, nous collaborons régulièrement
sur des projets vidéo, cinématographiques, théâtraux...
L'ICEBERG a germé de cette complicité. Notre trio ne fonctionne
pas sur une délégation des responsabilités. Le
partage est permanent, à commencer par le scénario. Au
bout de trois ans d'écriture, nous avions notre script collectif,
où aucun de nous n'était capable de reconnaître
ce qu'il avait écrit personnellement.
Poésie burlesque
Conte poétique, film burlesque ou chronique amère sur
les rapports amoureux ? Pour nous c'est un peu tout cela à la
fois. Contrairement à la comédie sentimentale ou de situation,
L'ICEBERG ne repose pas sur une base psychologique, un traitement dialogué
ou des ressorts scénaristiques. Il fonctionne sur un autre mode,
trouvant sa substance dans un jeu physique et dans la recherche d'une
complicité clownesque avec le public. Nos références
lointaines sont les clowns du cinéma muet, ces artistes excentriques
qui ont pu jouer sur deux axes : un cinéma populaire, drôle,
accessible et un cinéma d'auteur inventif et raffiné.
Si ce style est devenu rare à l'écran, c'est peut-être
parce qu'il demande une longue expérimentation et une prise de
risque certaine. Le burlesque ne s'écrit pas à table,
il se construit dans un va-et-vient permanent entre le jeu, l'écriture
et la réalisation. Il met le jeu de l'acteur au centre du processus
de création.
De Bruxelles à Barfleur
Notre histoire démarre à Bruxelles, passe par la Flandre
et longe la côte normande avant de prendre le large vers les eaux
glacées du Grand Nord. Nous avons beaucoup tourné à
Barfleur (un des derniers ports à l'échouage en activité
en France) et Gattevillele-Phare. L'équipe technique d'une trentaine
de personnes a vécu et travaillé pendant six semaines
dans les deux villages. L'accueil a été très chaleureux.
Les acteurs
Fiona Gordon, Dominique Abel et Philippe Martz. S'inscrivant dans la
tradition du cinéma burlesque, ils ont derrière eux l'expérience
d'un jeu physique qu'ils ont affiné sur les planches pendant
de nombreuses années. Lucy Tulugarjuk, l'actrice pétillante
du film ATANARJUAT de Zacharias KUNUK (Caméra d'or à Cannes
2001) est venue spécialement de sa ville natale de IGLOOLIK pour
jouer NATTIKUTTUK, le garde-côte inuit qui sauve in extremis les
trois aventuriers des eaux glaciales du Grand Nord. Le reste de la distribution
est constitué d'amateurs ou d'apprentis comédiens. Les
employés du fast-food sont des élèves de la KLEINE
AKADEMIE, école de théâtre bruxelloise. Les habitants
de Barfleur (petit port de pêche où Fiona rencontre son
marin) sont joués par les gens du coin. Les castings ont été
conçus comme des ateliers de théâtre. Tout cela
nous a réservé de belles rencontres.
Trucs et astuces
L'ICEBERG est un sea movie. Quand on n'était pas dans les eaux
froides de l'anse de Gattemare, on était dans un garage (notre
studio improvisé) près du port. On a utilisé la
technique de la rétroprojection (comme le faisait Hitchcock),
avec ventilateurs et seaux d'eau pour faire les embruns. Toute l'équipe
s'y est mise, chacun avait son seau d'eau à jeter, sa petite
lampe à balancer, son bout de cordage à faire grincer...
On a fait aussi des « cache-contre-cache », des nuits américaines...
des “trucs” plus que des effets spéciaux, pour le
plaisir de goûter aux joies des effets artisanaux, dans l'esprit
de Méliès et des autres pionniers du cinéma.
Découpage et montage
L'ICEBERG est découpé en plans séquences fixes.
Quand un plan séquence est réussi de bout en bout, c'est
le bonheur. Quand il présente une faiblesse c'est un casse-tête,
surtout si la faiblesse est pile au milieu d'un plan de 1 minute 45.
C'est un peu comme un spaghetti, quand on a commencé à
le sucer, il faut aller jusqu'au bout. Heureusement, la force d'un plan
dépend aussi de son contexte, de ce qu'il y a avant, du rythme
général. Finalement, 12 semaines ce n'était pas
un luxe pour monter 150 plans.
Une première production
Courage mon Amour Films est la structure de production créée
par Fiona Gordon et Dominique Abel et qui résume l'état
d'esprit dans lequel L'ICEBERG s'est fabriqué. La Communauté
française de Belgique et le Vlaams Audiovisueel Fonds en Flandre
ont apporté 75% des liquidités du film. Un financement
complémentaire a été trouvé en Basse-Normandie
(région où habite Bruno Romy), d'une part en subvention
auprès du Conseil Régional de Basse-Normandie et des Conseils
Généraux de la Manche et du Calvados, d'autre part en
coproduction avec une société basée à Caen,
FAG prod... En Belgique la RTBF s'est associée aussi pour coproduire
le film. Enfin, un soutien a été trouvé auprès
de Be TV (en préachat), la Loterie Nationale belge, la commune
d'Anderlecht (où Courage mon Amour est basé) et Zeo. Il
reste que, avec 750 000 euros en liquidités, parvenir à
faire ce film était une gageure. |
|
| CARNET
DE BORD (NOTES DE PRODUCTION) |
|
14
août 2003, nous sommes dans le studio de répétitions
(chez nous à Bruxelles). Fiona fait semblant de nager sur le
plancher pendant que Philippe vogue à la barre de son voilier.
Il est assis dans une boîte en carton, il barre avec un balai
et fait « bout bout bout... ». Nos répétitions
ont toujours quelque chose de ridicule. De quoi faire rêver tous
les gosses du monde, à part qu'aujourd'hui, ça fait pas
loin de 14 heures qu'on improvise avec le plus grand sérieux.
15 août 2004, ça fait 4 ans qu'on travaille
sur L'ICEBERG et nous avons enfin bouclé l'écriture et
le financement qui nous permet de dire “go”.
29 août, la veille du premier jour du tournage.
On n'en croit pas nos yeux. C'est parti. C'est un peu comme partir en
fusée pour construire une maison sur la lune. Si on a oublié
la boîte à clous ou la clé de 13, c'est foutu.
30 août, jour 1, tout va bien. En fin de journée,
on fait des essais : le Titanique en pleine mer, filmé de la
plage dans la pénombre. On n'aura plus jamais une météo
aussi clémente. Les essais finiront dans le film.
1 semaine plus tard, la mini-dv qui filmait le making-of
tombe dans l'eau avec le tricot de Claire, la costumière. On
réussit à sauver le tricot.
Encore 1 semaine plus tard, on fait un crash avec le
Titanique mais il ne coule pas. Luc, gardien de nuit et réparateur
de bateaux à l'occasion, bouche le trou.
4 semaines plus tard, après 6 semaines en Normandie,
l'équipe est sur les genoux. Les plans en mer ou à proximité
des vagues consomment beaucoup d'énergie. La mer impose une certaine
humilité que les pécheurs du coin connaissent bien. Nous
avons beaucoup appris : que la mer monte et descend de 6 mètres
deux fois par jour et que si on filme un bateau à quai, il est
possible que trois heures plus tard il soit 3 mètres plus bas.
Les courants marins sont forts et il n'est pas toujours possible de
rester face à la caméra. On a bu beaucoup de tasses, et
crevé de froid (l'eau était rarement au-dessus de 16 degrés).
Toute l'équipe y a goûté. Mais qu'est-ce que c'était
beau ! Le ciel normand est incroyablement mouvant.
9 octobre, 2 semaines en Belgique dont une bonne partie
à Bruxelles. Alors que tout devrait être plus simple, tout
est compliqué dans une grande ville. On avait perdu l'habitude
des embouteillages et de devoir sortir un plan pour aller à un
rendez-vous.
15 octobre, retour à la mer, la Panne cette
fois et son vaste ciel flamand. C'est ici qu'on apprend comment diriger
les mouettes. Les abats de poisson et les gaufres marchent bien avec
elles pendant les répétitions, tellement bien que, le
moment de la prise venu, elles n'ont plus faim et nous laissent tomber.
21 octobre, fin du tournage. 12 heures par jour pendant
45 jours c'est trop. On ne pourra jamais assez remercier notre équipe
pour tout ce qu'ils ont fait pour ce film.
6 décembre, on entame le montage avec Sandrine
Deegen. Les images (c'est Sébastien Koeppel le chef op) sont
belles. Est-ce que ça fera un film ? On commence à découvrir
les problèmes mais, à ce stade il y a beaucoup de solutions
à exploiter, c'est agréable.
21 janvier, en s'éloignant du tournage, les
regrets pour les scènes ratées s'estompent. On se donne
2 jours de « re-takes » pour inventer les quelques plans
qui alimenteront la nouvelle histoire : celle qui naît du montage.
15 juillet, plus que quelques détails à
régler...
|
|
|
|
°°°°°
|
|
|
|
|
|
|
|
|