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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
ROCKYVERSUSBALBOA Rocky Balboa, sixième et ultime chapitre de la saga Rocky envahit les écrans mondiaux dans un concert de louanges critiques faisant presque oublier à quel point Rocky et surtout ses suites, furent stigmatisées et honnies par la critique au cours des années comme des produits de grande consommation au service d’une idéologie douteuse et destinées à des spectateurs décérébrés avides de violence et de sentiments exacerbés -ce qui est sans doute vrai du quatrième volet anti-communiste primaire sorti à l’aube de la chute du mur de Berlin et du cinquième qui ne croyait, en rien pas même en lui-même… Les suites mercantiles contribuèrent donc à oublier à quel point Rocky est un des films américains les plus mythiques et emblématiques des années 70 au même titre que Taxi Driver de Martin Scorsese, Network de Sydney Lumet, Macadam Cowboy de John Schlesinger, Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino, Duel de Steven Spielberg, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper… Cet opus de 1976, film séminal de la série demeure et apparaît moderne -tout simplement un chef d’œuvre- pour diverses raisons aussi bien artistiques que sociologiques. Rocky est à la fois une revisitation du mythe de David et Goliath, une illustration du rêve américain, un fantasme du self-made-man et aussi un documentaire sur l’Amérique des sans noms de la fin des années soixante-dix –époque où la mauvaise conscience du Vietnam, le fiasco du Watergate, les chocs pétroliers, les éternels problèmes raciaux et sociaux redonnèrent aux américains l’occasion de croire à la grandeur de l’Amérique et au futur tout simplement. Rocky colle tellement à son mythe de l’underdog qu’il fut un outsider de choix de la cérémonie des Oscar de 1977 où il mit K.O. sans grande difficulté des adversaires pourtant de très grande valeur pour le gain des statuettes principales (Les Hommes du Président-All the President’s Men de Alan J. Pakula, Network, Taxi Driver). Rocky fut nommé aux Oscars de «meilleur acteur» et «meilleur scénario» (Sylvester Stallone), «meilleure actrice» (Talia Shire), «meilleur second rôle» (Burgess Meredith), «meilleur son» et «meilleure musique» (Bill Conti) et fut finalement couronné des Oscar de «meilleur film» (attribué aux producteurs Irwin Winkler et Robert Chartoff ), «meilleur réalisateur» (John G. Avildsen) et «meilleur montage» (Richard Halsey et Scott Conrad). Même si Sylvester Stallone ne fut pas personnellement récompensé ce soir là, le succès international du film au box-office fut sa victoire. On n’ignorait pas que le destin de Rocky se confondait avec celui de Sylvester et qu’il fut largement le co-réalisateur du film, ce dont John G. Avildsen se cache difficilement dans les commentaires du film. La preuve que c’est un film très stallonien étant aussi que par la suite John G. Avildsen ne réalisera jamais une œuvre aussi forte que Rocky et sera attaché à des projets sans ambition –mais lucratifs- tels que les divers Karaté Kid et Karaté Girl … En 1976, une star avec une gueule d’anti-héros -voire de looser- naissait avec Sylvester Stallone ainsi qu’une saga qui contribuera à la renaissance d’un Hollywood (et d’une Amérique) qui allait plutôt mal à l’époque. Le premier choc –j’ose à peine parler d’uppercut- que provoque Rocky est esthétique. Sa forme est simple jusqu’à l’épure et certainement pas simpliste. Le sujet apparaît dès les premières secondes et nous accompagne jusqu’à l’image finale. Tout d’abord une amorce de générique de moins de dix secondes dévoile le titre immense blanc sur fond noir et une nappe de trompettes tonitruantes annonce l’arrivée d’un gladiateur dans l’arène. Un titre trop grand pour tenir dans le cadre Scope à moins que cela ne soit le cadre qui est trop petit pour enfermer Rocky… Le véritable premier plan du film qui suit offre un tout autre visage à Rocky. Comme si elle flottait dans les airs, une icône géante, en très gros plan, d’un Christ observant sereinement le monde… Zoom arrière : c’est une église désaffectée, sombre et enfumée de Philadelphie. Un sous-titre nous l’apprend mais retenons pour plus tard qu’on la surnomme souvent la «ville de l’amour fraternel» et aussi berceau de l’indépendance américaine. C’est une église qui a été transformée en club de boxe de quartier au nom plus que symbolique : « Resurrection A.C. » est inscrit sur une banderole. Le thème principal du film –la résurrection- est annoncé clairement, sans ambages… Le Christ peint orne le mur au-dessus d’un ring sur lequel s’affrontent péniblement deux adversaires patauds qu’il semble arbitrer ou protéger… Les corps sont lourds et épais, les carcasses se déplacent difficilement, les coups des pugilistes sont approximatifs… Rocky est dominé par son adversaire grâce à des coups sous la ceinture ce qui réveille l’animal qui sommeille en lui et l’étale finalement sur le ring. Voilà sa première petite renaissance –d’autres suivront. Pour autant, Rocky traînera une bonne moitié du film un corps empâté (il a des kilos en trop et les perdra lors des fameux entraînements à venir…), il marche lentement, il est excentré et très rarement en plans rapprochés ou en gros plans, il glisse le long des murs et souvent la nuit ou dans l’obscurité, son corps n’existe tellement pas que malgré sa carrure impressionnante Rocky se fond dans le décor car il porte diverses couches de vêtements qui sont comme un camouflage ou un carcan qu’il devra abandonner car les couleurs délavées qu’il arbore n’aident pas à le faire exister… Il n’est pour l’instant qu’une ombre –l’ombre de lui-même. Rocky ne cesse d’errer dans les rues sordides de son quartier morose où il croise d’autres âmes en peine, à l’abandon l’interpellant systématiquement avec son surnom « Rock » (le « rocher » en français). Ce qui résume bien tout ce que l’on vient de relever : il est une masse informe minérale –qui n’exprime rien, mais est-il si insensible ? Il va fendre l’armure grâce à l’amour grâce à une femme aliénée également par son environnement d’une toute autre façon, Adrian (Talia Shire). Elle est vendeuse dans une sordide boutique d’animaux où se rend régulièrement Rocky pour la draguer le plus maladroitement du monde. Sa résurrection passe par la découverte de l’autre afin de combler sa solitude. Adrian est un être asexué (elle porte d’ailleurs un nom unisexe…) qui comme Rocky est littéralement bouffée par ses complexes et des habits d’un autre temps. Elle vend des animaux en cage mais finalement elle ne réalise pas qu’elle est aussi dans une prison géante dont seul Rocky pourra la libérer. Il dévoile sa part féminine à Adrian dans une scène où ils enlèvent enfin les différentes couches de vêtements qui les séparaient et les empêchaient tous deux de vivre. De l’état de chrysalides, ils deviennent des papillons… Cette métamorphose s’effectuant à l’approche du nouvel an qui qui clôture le film. De la même façon, Rocky est associé à un animal –il est presque montré comme un demeuré au début- surnommé « l’Etalon italien » (The Italian Stallion), une carne qui se transformera en pur-sang grâce au combat final. L’enivrant thème principal du film «Gonna Fly Now» («Envolons-nous maintenant» en français, composé par Bill Conti et chanté par De Etta Little et Nelson Pigford) charpente l’entraînement final de Rocky où il a enfin un corps d’athlète qui lui permet de monter sans difficulté l’immense volée d’escaliers menant au musée d’art moderne de Philadelphie et qu’il avait le plus grand mal du monde à monter sans s’essouffler au début du film. Il a déjà gagné –l’issue du match importe peu d’ailleurs, Rocky l’avouera à Adrian à la veille du match final. Sa résurrection ne serait pas finalisée s’il ne quittait pas son appartement qui lui aussi est une cellule qui ressemble à un ring délabré et qui trouvera un écho à la fin avec ce ring si clinquant, aux couleurs chatoyants si absentes de son gourbis… N’oublions pas de citer des images choc et cultes où Rocky boxe des quartiers de viande dans un abattoir au début qui nous dit à quel point il est un mort-vivant tentant de s’échapper d’une morgue où sont pendues des carcasses ressemblant tant à ce qu’il était au départ… Il est aussi au début du film un homme de main pour Gazzo (Joe Spinell), un prêteur sur gages assez peu commode, pour lequel il travaille d’une manière assez peu conventionnelle puisqu’il tente de « sauver » ceux qu’il devait « boxer » pour leur soutirer l’argent qu’ils devaient rembourser… Plutôt que l’argent, il préfère récupérer leurs âmes en leur faisant la leçon. De même, il tente de sermonner une fillette que les garçons du quartier ne fréquentent que pour sa mauvaise réputation… Il ne sauvera donc pas que lui mais tout le pays peut-être en lui redonnant espoir dans des valeurs oubliées. Ainsi, il réveille le champion qui sommeillait en Apollo Creed (Carl Weathers) qu’il affronte à la fin et qui lui avait donné sa chance. Il regardait de haut Rocky –le boxeur de seconde zone- et s’est donc à peine préparé au match préférant s’occuper de faire fructifier son argent avec ses publicitaires et agents. Il tombera de très haut… Rocky lui redonnera le goût du combat et de l’effort pour se surpasser. La métamorphose de la chrysalide est complète dans le combat final –qui représente à peine les vingt dernières minutes- comme si le plus important était la transformation de Rock en Rocky. Lui qui n’existait qu’à peine au début physiquement ou moralement est redevenu un être humain aimant qui crie son amour à Adrian, qui court vers lui elle aussi au summum de sa féminité. Les deux s’embrasseront sur le ring malgré sa défaite car la vraie victoire est d’être enfin re-né : en très gros plan au centre de l’image, au ralenti et double, collé à sa moitié, Adrian ! Pour cela aussi Rocky est une tristement belle histoire d’amour entre deux loosers qui sont devenus des winners car unis… Toute la dimension sociologique de Rocky découle clairement de ce qui a été déjà exposé… Ce conte de fée moderne, sordide car tourné comme un documentaire urbain propose plusieurs portes d’entrées toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Rocky redonne espoir et foi dans le rêve américain plus qu’écorné par les années 70. Le film se déroule dans une période ramassée –entre Thanksgiving (quatrième jeudi de novembre) et le 1er janvier 1976 : c'est-à-dire entre la fête qui célèbre en «action de grâce devant Dieu» les premières récoltes réussies par les premiers pèlerins britanniques grâce aux amérindiens et le bicentenaire de l’anniversaire de l’indépendance américaine. Un match où dans l’Amérique de 1976 le favori –un noir, cultivé, visiblement décomplexé d’années de ségrégation- est déguisé successivement en George Washington puis Oncle Sam… Un véritable bouleversement des valeurs américaines ! On n’insistera donc pas sur la dimension de combat de classes et de races… Le challenger improbable, Rocky, blanc pauvre voit le destin venir le chercher pour lui offrir l’occasion d’une vie… En bon self-made-man, Rocky va se sculpter lui-même et pourra effectuer comme un parcours sacrificiel son passage par la déchéance pour pouvoir revenir au premier plan (à proprement parler). Gravir les échelons (les escaliers) en souffrant dans sa chair : on oublie à quel point les films de boxe constituent un genre typiquement américain. Pas simplement un sport mais une ritualisation du duel des cowboys. Volonté avec ce «noble art» d’idéaliser les rapports humains sans pour autant oublier la violence de la société. Et Rocky saura trouver en soi (mais aussi grâce à ses amis unis autour de lui) la force de vaincre le plus grand ennemi : soi-même. Il perd de justesse le choc des titans final aux points des arbitres mais il en ressort le seul et véritable champion car il a su croire à l’Amérique et au rêve américain. C’est sans doute le film que les USA attendaient après la décennie de toutes les déceptions. Nachiketas Wignesan |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| ROCKY 2,3,4,5 | ||||
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ROCKY, la saga complète en coffret DVD et en édition simple Prix public indicatif : 39,99 € le coffret 5 DVD intégrale de la SAGA Rocky 2, La Revanche En 1979, Sylvester Stallone écrit, produit, interprète et met en scène ROCKY 2, LA REVANCHE. Huit mois de tournage seront nécessaires pour mettre en scène le combat final. Maniaque et perfectionniste, Stallone terminera le tournage avec un déchirement des pectoraux, des côtes fracturées et 150 points de suture à la poitrine et à l’épaule. Lorsque le film sort sur les écrans, le succès est encore au rendez-vous. Rocky 3, L’œil du Tigre Film quasi autobiographique, ROCKY 3 met en scène un Rocky Balboa au sommet de sa gloire mais sombrant peu à peu dans la complaisance que procurent l’argent et le succès. Battu par le boxeur Clubber Lang (Mister T.), il devra mener un combat difficile pour retrouver son âme de cogneur. Un titre qui sonne comme un électrochoc, une chanson tube (« Eyes Of The Tiger » du groupe Survivor), un adversaire plus bestial que jamais, bref, ROCKY 3 est la bombe cinématographique de l’année 82. Rocky 4 Dans ROCKY 4, Stallone s’inspire d’un monde alors en pleine Guerre Froide et défend l’idéologie patriotique et nationale via un combat titanesque entre Rocky Balboa, l’enfant chéri de l’Amérique, et Ivan Drago, montagne de muscles surentraînée et personnifiant une Union Soviétique opprimante. En symbolisant la lutte entre les Etats-Unis et la Russie, Stallone touche le point sensible de son pays. Résultat : ROCKY 4 est le plus gros succès de toute la série. Rocky 5 Après avoir battu l’ex-URSS, il semble que Rocky Balboa n’ait plus de combat à mener. Pour boucler la boucle commencée en 1976, Sylvester Stallone doit déposséder son personnage de sa légende divine et le ramener chez les hommes pour lui rendre l’empathie qui fit sa gloire. Sorti en 1991, ROCKY 5 présente donc un Rocky Balboa totalement ruiné et physiquement incapable de boxer. Avec humilité, Stallone renvoie le mythe à ses racines et Balboa retrouve les bouges de Philadelphie. Dans la quête d’un nouveau sens à sa vie, le héros parfait trouvera l’absolution dans un autre idéal américain : la famille. |
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