|
||||
|
||||
![]() |
||||
| SYNOPSIS |
||||
|
||||
| POINT DE VUE | ||||
| N'en
déplaise à Ragnar d'Apéricube, le genre Viking
n’est plus, et depuis un bail (les « récentes »
contributions de Mc Tiernan (Le 13ème Guerrier, 1999)
ou de Marcus Nispel (Pathfinder, 2005) demeurant par trop marginales
pour constituer une « scène » pérenne). Pour
preuve, à peine sept ans après Les Vikings de
Richard Fleischer, le genre était déjà recyclé
par l’Italie exploitante (et ironiquement post-moderne ?) en une
forme proto-spaghetti. Il Cotelli del Vendicator (titre bien
plus clair que sa vague traduction française, quasi-inexacte
(point de duel coutelé à proprement parlé !)) offrait
ainsi dés 1965 un habile chant du cygne au courant odinesque. En rééditant cette rareté, Carlotta Films complète assez bien l’initiation transversale à l’œuvre protéiforme de Mario Bava entamée avec La Baie Sanglante ou Les Vampires, autant qu’elle réhabilite un titre moins mineur et anecdotique qu’il n’y paraît de prime abord, à l’œil du cinéphile hâtif. SUIVEZ MON REGARD ou DE L’INFLUENCE DU CINEMA « D’AILLEURS » Raccrochez les wagons est une spécialité du cinéma italien, la chose est entendue. Le post-nuke, qui dilapidera jusqu'à l'absurde l'héritage de titres tels Mad Max ou New York 1997, en sera un exemple parmi les plus croquignolets, mais c'est bien sûr le western spaghetti qui fera les grandes heures recyclantes de la nation vert-blanc-rouge. Or si la même année (65 !) que Sergio Leone remakant grave (mais à un général insu alors) un Kurosawa mercenaire (Yojimbo, 1961) lors de sa ...Poignée de $ et amorçant par la même le célèbre courant où s'engouffreront tâcherons opportunistes et auteurs qui ne s'ignoreront bientôt plus (Corbucci en tête), Bava, ayant apporté son écot au genre « péplum », parachève le sillon/sous-genre « vikings » (qu'il avait déjà bêché avec Mitchell et La Ruée des Vikings (1961) qu'on annonce bientôt réédité chez Seven7) tout en se livrant lui aussi à un « pillage », à tout le moins une relecture carbonara (mâtiné d'ailleurs ici de crème smetana), d'un classique « d'ailleurs » (L'Homme des Vallées Perdues (Shane, 1954), de George Stevens, que le réalisateur a en adoration). Ce faisant (c'est-à-dire signant l'ultime et quasi-panégyrique viking rital), Bava offre aussi sa plus nette contribution au western all'italia (amateur d'exploitations en tous genres, Mario ne versera cependant jamais vraiment dans la scène même s'il cède ici au principe so spagh' de définir un « héros » par son talent ou ses armes et qu'on lui prête beaucoup d'influence sur Les Dollars du Nebraska d'Antonio Roman (1966)), sa plus franche déclaration d'amour à d'autres cinéma que le sien; le western ici. Car passées quelques tuniques et poétiques (les Eddas), quelque langskip encore peint sur l'objectif, au delà de quelques articulations pleines d'épiques et d'honneur ou de tourments shakespeariens, c'est bien une mécanique de western, des lieux de western (la taverne vaut, par exemple, évident saloon) et des enjeux de lonesome coilleboille (reproduits jusque dans le fantomatique Pale Rider d'Eastwood (1985), autre remake de Shane) qui nimbent l'affaire, spectaculairement. Alan Alda en peau de renne, Jean Arthur écaillant l'saumon. Western baroque en plus que d'être scandinavé, bien sûr, où le critique Patrick Brion remarque des « éclairages paroxystiques », une « violence gratuite et outrageusement fétichiste », et à l'occasion duquel l'auteur nourrit une fois de plus son adage philosophico-artistique voulant qu'il n'y ait « qu'une seule conclusion à une vie d'homme » au point que « la mort est le seul thème qui vaille la peine d'y penser » et joue enfin de son éternel dispositif de « développement graduel du désastre inévitable ». FAIS MOI UNE PLACE AU FOND DE TON « GENRE » Duel au Couteau relève une fois encore, même s'il est cette fois-ci beaucoup moins connu pour ce fait, d'une énième intervention du director-doctor que Bava est devenu par la force des choses (d'Ulysse à Caltiki). Ainsi le premier réalisateur est tôt remercié par la production et Mario se retrouve en pompier miraculeux pour sauver les meubles rongés par les flammes de la banqueroute artistique. A l'inverse de titres tels Les Vampires, Bava a cette fois-ci « davantage » de temps et sa contribution permet une réécriture quasi totale du projet et « suffisamment » de jours de tournage (6 !) pour que le titre soit sa plus entière « propriété intellectuelle ». Appuyé par un format aussi ample que bricolo (le Techniscope) le réalisateur se retrouve embarqué, fjord-spirit oblige, à camper ses plans sur de vastes landes, plages et vallées baignées de lumières (qui contribuent d'ailleurs à la patine western !) plutôt éloignés de ses habituels, sombres et tortueux intérieurs, qu'il assume avec un talent insolent. Mieux il parvient à rapidement mettre en opposition ses solaires et épiques extérieurs (absolument italiens d'ailleurs) avec l'intériorité tourmentée de ses protagonistes (Rurik -donné par l'intense quoique toujours étrange Cameron Mitchell- de plus en plus isolé dans les plans à mesure que son drame se révèle), offrant un contraste aussi plastique que moral particulièrement saisissant et efficace. Le réalisateur parvient ainsi à tordre le genre pour y faire s 'épanouir au mieux ses propres qualités et manières, arrive une fois de plus à optimiser un budget réduit (forte répétition des décors) en un hiératisme assez hypnotisant, tout en s'offrant au passage quelques gourmandises, véritables films dans le film, comme ses séquences dans l'ombrageuse taverne où les luttes battent leur plein. Du mythe et de la technique, du jeu et de l'hommage, du goût pour le récit et un sens de l'artisanat jamais pris en défaut... Bava à l'aise ici comme ailleurs et nous, spectateurs, ravis d'en percevoir les intacts bénéfices. Qu'ils soient gothiques, gore, giallesques ou épiques. Jocelyn Manchec |
|
|
||
| FICHE TECHNIQUE | ||||
|
||||
| SUR MARIO BAVA | ||||
« Mario Bava » de Pascal Martinet (Edilig, 1984) « Monster Bis – Mario Bava » de Norbert Moutier (Monster Bis) – le fanzine a aussi consacré un numéro à Ricardo Freda « Mario Bava, Maestro of the Macabre » de (documentaire disponible dans le coffret « Les Maîtres de l'Epouvante » (OnePlusOne, 2000)) |
||||
|
||||