)))  NIGHT WATCH
        
de Timur BEKMAMBETOV                   

 

  • Fantastique - 2005 - Russie - durée: 1h55
  • Sortie à la Vente en DVD le 27 mars 2006
  • Éditions Fox Pathé Europa
  • Prix de vente conseillé :19,90 €

SYNOPSIS

En 1342, en Russie, une trêve est conclue mettant fin au conflit permanent entre les Forces de l'Ombre et les Forces de la Lumière.
De nos jours, à Moscou, l'Ombre et la Lumière disposent, pour maintenir cette paix, d'individus aux capacités surnaturelles « les Autres » qui assurent la sécurité de leurs congénères et condamnent tout abus de la part du camp opposé. Mais une ancienne prophétie menace ce traité précaire : la crainte qu'un « Autre » bascule dans le camp opposé et fasse ainsi replonger le monde dans le chaos des hostilités. La race humaine risquerait alors de courir à sa perte…

POINT DE VUE

L’indifférence doit être proscrite face à un film qui s’évertue à moderniser le mythe du vampire au cinéma. Perçu à sa sortie comme un ovni cinématographique, Night Watch est visionnaire pour les uns, navrant pour les autres.

Particulièrement originale, l’œuvre du réalisateur russe, Timur Bekmanbetov se démarque en effet des dernières productions du genre. Loin d’instrumentaliser la thématique du vampire pour fournir un énième film d’action sur fond d’hémoglobine (La trilogie Blade, Underworld, Dracula 2000 ...), le réalisateur s’évertue à revisiter les tendances expressionnistes du mythe. Il ne s’agit pas d’exprimer l’exaltation des sentiments par l’abus de fard, le surréalisme de décors en cartons, ou l’étroitesse d’angles de vues mais de torturer l’image à coup d’effets spéciaux afin de rendre palpable à l’écran les ressentis nihilistes de ces gardiens de la nuit. La souffrance intérieure du personnage principal, un profiler ES vampire qui s’alcoolise au sang, est exprimée aux moyens de prouesses visuelles particulièrement novatrices et réalistes.

Dans un Moscou mortellement sombre, une bande d’anti-héros fêlés, chasse la racaille aux dents longues dans un mini bus jaune boosté à la nitroglycérine. Tandis que cette racaille, résolument moderne, organise ses prophéties au moyen d’une Playstation.
Se refusant à toute cohérence, le réalisateur nous emporte dans un bal des vampires, déjanté. L’atmosphère semble lorgner, parfois, par les couleurs de l’image et le jeu excessif des personnages vers l’univers de Caro et Jeunet (La cité des enfants perdus).
Les dialogues, décalés voire loufoques, inscrivent le propos sanguinaire dans une douce folie, comme si la ville, habitée par des ivrognes, ne se réveillerait jamais de sa gueule de bois.
À celui qui dit : « Je dois le retrouver, c’est un enfant, un bout de pain qu’on lui a retiré de la bouche », le second lui répond en lui envoyant un pigeon empaillé : « Alors tu vas avoir besoin de protection, voilà Olga ». « Tu te fous de ma gueule ! », finit par conclure le premier... illustration manifeste d’une pellicule imbibée d’éthanol. Night Watch prend en effet le parti pris du mélange des genres. Une narration sérieuse habitée d’accents surréalistes déroute le spectateur. Cette démence cinématographique semble réchauffer une ville emportée vers le chaos... Faut-il y voir la métaphore d’une capitale moscovite en pleine déchéance ?

Potentiellement visionnaire, le film n’en reste pas moins partiellement raté. La faute à l’illisibilité d’une réalisation dépassée par son ambition. Agressée par la multiplication d’effets visuels, de dialogues surréalistes, l’histoire, une suite de rebondissements trop décousus, fait chuter le film dans le plus profond des ridicules.
La volonté audacieuse d’être original à chaque plan, ne permet malheureusement pas d’occulter une impression d’ensemble négative. Mises bout à bout, ces innovations filmiques finissent par être indigentes.

Destiné à être génial, Night Watch est au final une réalisation clinquante, au mieux la carte de visite d’un réalisateur sûrement désireux d’oeuvrer à l’avenir Outre-Atlantique. Impressionnant d’un point de vue technique, il plaira aux spécialistes de l’image mais ne répondra pas aux attentes d’un simple spectateur... dommage, l’intention était bonne.

Julien Hoarau



 

 

 

 

 






   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM

    Sortie en salles le 28 septembre 2005

    Titre original : NOCHNOY DOZOR
    Réalisation : Timur Bekmambetov
    Scénario : Sergei Lukyanenko, Timur Bekmambetov

    Casting:
    Konstantin Khabensky : Anton Gorodetsky
    Vladimir Menshov : Boris Geser
    Galina Tyunina : Olga
    Victor Verzbitsky : Zavulon
    Maria Poroshina : Svetlana
    Alexey Chadov : Kostya
    Valery Zolotukhin : Père de Kostya
    Zhanna Friske : Alisa

    Musique : Yuri Poteyenko
    Costumes : Varvara Avdynshko
    Distributeur : 20th Century Fox

  •  LE DVD
    DVD 9 - Zone 2 - PAL - couleurs
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 compatible 4/3
    Format : 1,85
    Son: Dolby Digital
    5.1
    Langues: Anglais, français
    Sous-titres: Anglais, français, arabe
  • BONUS  
    * Reportage sur Day Watch (alias NIGHT WATCH 2)
    * Bande annonce
    de Broken Saints
    * Commentaire audio
NOTES DE PRODUCTION

La trilogie de Sergei Lukyanenko a marqué l'histoire récente de la littérature russe. Night Watch et ses suites, Day Watch et Dusk Watch, ont ainsi séduit une majeure partie des jeunes lecteurs masculins russes, fans de fantastique et d'Internet pour s'imposer comme les romans cultes de cette génération.
Le producteur de Night Watch, Konstantin Ernst, s'avère être non seulement le détenteur de Channel One Russia, le plus grand réseau télévisuel du pays, mais aussi l'un des producteurs de cinéma les plus influent. Quand on lui présente Night Watch, Ernst surmonte son attirance modérée pour le fantastique et se trouve conquis par le projet.

Pour élaborer le monde de Night Watch, Bekmambetov a réuni son habituel groupe de collaborateurs. Selon le réalisateur : «Le concept de ce film étant que chaque objet soit réel et russe, nous nous sommes intéressés à la relation que les russes entretiennent avec leurs biens. Généralement, ils n'en sont pas très fiers. C'est triste mais ce qu'ils croisent au quotidien ne les excitent pas vraiment. On a donc essayé de créer autour de ces objets des histoires quasi-mythologiques, dans l'espoir de les rendre plus attachants.»
Et étrangement, ce concept de mythe/réalité est devenu à travers le film un véritable phénomène de mode.
le travail de Bekmambetov et son équipe sur le crédibilisation de l'univers de Night Watch est un tel succès que des éléments du film ont aujourd'hui une emprise directe sur les Russes : des dialogues sont entrés dans le vocabulaire commun, le long manteau d'Anton est une icône fashion pour la jeunesse moscovite.

QUI EST TIMUR BEKMAMBETOV ?

Timur Bekmambetov est un des réalisateurs de clips les plus doués de sa génération. NIGHT WATCH est son 3ème long métrage.
Né le 25 juin 1961 à Guryev au Kazakhstan, T. Bekmambetov a étudié à l'Institut d'Aviation de Moscou. Diplômé de "l'Ostrovsky Institute of Theatrical Arts", il a travaillé comme directeur artistique pour le "Ilkhom Theater" et le "Uzbekfilm Studio".
Il emménage ensuite à Moscou. En 1989, il réalise plusieurs spots publicitaires pour plus de 500 marques allant de Pepsi à Daewoo. En 1994, il reçoit le Grand Prix au festival International de Moscou et au festival New Europe en Slovénie. En 1995, le festival de Houston consacre son talent en lui attribuant le Prix de la "Best Image".

(extraits du site officiel)

EN SAVOIR +
Site officiel du film

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