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NATURE CONTRE NATURE
de
Lucas BELVAUX
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Comédie "salée" - 2004 - Belgique - durée:
1h33
- Sortie
à la Vente en DVD le 8 mars 2007
Éditions
Diaphana
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Prix de vente conseillé : 15€
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| SYNOPSIS |
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Sébastien
Chantoux, psychanalyste, a décidé de s’établir
à Royère-de-Vassivière, en Creuse. A peine installé,
il découvre « Troc’En Creuse », un système
de troc où l’on peut échanger tout contre d’importe
quoi. D’abord réticent à l’idée d’échanger
ses séances psy, Sébastien finit par s’y résoudre.
En quelques semaines, il devient une figure du canton, jusqu’à
l’arrivée de Mlle Oudinot, contrôleuse des impôts…
La guerre est déclarée : l’économie conviviale
contre le capitalisme sauvage !
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| POINT
DE VUE |
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Originellement
tourné pour une diffusion télévisée, ce
téléfilm bénéficie d'une sortie en Dvd
coïncidant avec la sortie Dvd du dernier film de Lucas Belvaux,
La Raison du plus Faible. Si la réalisation est de
facture classique, calibrée dans un souci de sobriété
télévisuelle, le film tire son originalité de
son propos social et résolument engagé. Le traitement
sur le mode de la comédie servant à merveille cette
fable, croisant à la fois vision sur un monde rural, thématique
sur la psychanalyse et critique d'un système d'économie
de marché.
Par le détour de la venue du psychanalyste citadin, c'est toute
une communauté rurale que l'on va découvrir, présentée
avec ses règles spécifiques et intrinsèques.
Un village où les habitants, par le biais de leur système
de troc, sont familiarisés à l'entraide, soudés
entre eux, et se réunissent souvent lors de réunions
décisives au bar du village, centre névralgique de la
communauté au sein duquel trône le tableau du «Libre
Echange» où tout un chacun peut indiquer ce qu'il propose
et ce dont il a besoin.
L'arrivée de ce psychanalyste est une sorte de contrepoint
au célèbre docteur Knock imaginé par Jules Romains.
Personnage manipulateur, il s'installe à la campagne et décide
d'abreuver ses patients ruraux de diagnostics plus ou moins alarmistes
afin de fidéliser une clientèle peu encline à
la consultation médicale. Dans le film Belvaux, la psychanalyse,
par essence rigoureuse et d'acceptation urbaine, va à la campagne,
devenir source de comédie, mais également le meilleur
révélateur d'une tradition économique basée
sur le fiduciaire et le monétaire...
Car ce sont bien les patients qui vont soumettre la pratique de cette
discipline scientifique au système de l'échange solidaire
et du troc local, agissant par conséquence sur l'axiome fondateur
de la psychanalyse : le rapport à l'argent. Libérée
des conventions et de l'habituel fondement établit avec l'argent,
cette méthode ne va pas tarder à provoquer une levée
de boucliers dans les rangs de la Société Creusoise
de Psychanalyse, dont le protocole d'application et d'immuabilité
s'en trouve ébranlé. L'institution financière
des impôts et les diktats de la psychanalyse évoquent
dans l'esprit deux entités rigoureuses auxquelles le personnage
principal est alors confronté, il fait aussi face à
un système d'échanges et d'entraides du village qu'il
a intégré, replaçant l'homme au centre d'un processus
bien trop souvent dénaturé par une économie tout
à la fois furieuse et galopante.
Le film se libère des conventions à la manière
de la psychanalyse rurale peu orthodoxe qu'est obligé de pratiquer
Sébastien. Ainsi, si la posture du pratiquant, doigt sur la
tempe allant de mise avec un air pénétré, est
cinégéniquement traditionnelle, les conditions de consultation
le sont beaucoup moins, et le psychanalyste doit bientôt oeuvrer
de nuit, en plein air, dans une étable,... devant rendre, si
nécessaire, la monnaie en oeufs!
Si le portrait des personnages semble brossé à grands
traits et présente des stéréotypes, et si le
jeu d'un Belvaux acteur, se révèle tantôt emprunt
de candeur poétique, tantôt cabotin dans ce film, les
autres autochtones composent une galerie de sympathiques habitants,
voire de doux-dingues.
La qualité d'écriture des dialogues et l'interprétation
accentuent le côté jubilatoire de certaines scènes
dans lesquelles les témoignages et les confidences des patients
s'avérent bien souvent décalés et ubuesques.
À l'instar du passage où l'ouvrier lors d'une séance
raconte simplement sa journée et qui retorquera à son
psychanalyste alors étonné de la teneur de ses rêves:
« ah non, je ne rêve pas, c'est un principe...je suis
communiste ».
Et même si certaines scènes bénéficient
d'un jeu d'acteur parfois trop appuyé, comme celle où
Mlle Oudinot, la contrôleuse des impôts confie à
Sébastien qu'elle accepte d'intercéder en sa faveur
auprès de la commission de contrôle, certaines courtes
séquences s'avérent drôlatiques et savoureuses.
Comme lorsque Sébastien apprenant à jouer du violon
émet un son strident à chaque coup d'archer alors qu'il
s'agit en réalité du bruit d'une scie à proximité,
et qui n'est pas sans rappeller une scène de poésie
pure de l'Atalante (de Jean Vigo) où le passage avec
le bout d'un doigt sur les sillons d'un disque par le personnage de
Michel Simon produit une musique délicate...
Le film offre une tendre réhabilitation de l'image de la campagne
profonde, où par le biais du système micro-économique
parallèle que représente le S.E.L, des habitants isolés
s'en sortent et s'adaptent... sorte de riposte naturelle à
l'heure d'une mondialisation effrénée.
Les interventions du plus télévisuel des psychanalystes
Gérard Miller ainsi que de Noël Mamère ancrent
le film dans une réalité forte et plausible. Et le propos
enlevé à la base est rendu très concret par le
flash d'informations régionales dans lequel la présentatrice
rend compte de l'évolution d'une affaire digne du fait-divers
mais qui acquiert au fur et à mesure des proportions démesurées.
Emprunt d'un élan social, voire humaniste, le film revêt
une dimension politique et axe sa critique sur une économie
qui n'est hélas plus au service de l'homme, mais où
l'homme, lui, est contraint au service de l'économie. Un courant
de nature altermondialiste parcourt alors la fin du film avec la contestation
des manifestants. La prise de parti non dénuée d'humour
est alors véritablement manifeste avec certains slogans d'une
nouvelle philosophie dérivée tels que: «Un
monde sans S.E.L est sans saveur» ou encore un «Je
paie donc je suis» .
Cette comédie vivifiante posséde donc toutefois sous
couvert de la légèreté, l'empreinte d'un petit
brulôt subversif qui nous soumet un renouvellement utopique
dans la manière d'appréhender les biens, les services
voire les savoirs dans notre société, mettant en avant
un système de paiement générant de la convivialité
et du lien social.
Christophe
Girard
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| FICHE
TECHNIQUE |
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| BIO-FILMO
DE LUCAS BELVAUX (sources:
CinemaPassion) |
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BIO
D'origine belge et de parents professeurs, Lucas Belvaux est
né le 4 novembre 1961 à Namur. Totalement autodidacte,
il écume les castings à l'adolescence, bien décidé
à devenir acteur. C'est Yves Boisset qui le remarque
le premier, et lui offre le rôle d'un jeune homme solitaire
dans une école militaire, à l'affiche d'Allons
z'enfants. Belvaux enchaîne sur un petit rôle
dans La truite de Joseph Losey, puis apparaît
dans quelques films, toujours, au début des années
80, avant de décrocher un rôle plus important (un
facteur soupçonné de meurtre) dans Poulet
au vinaigre de Chabrol. Le cinéma d'auteur offre
alors une place de choix au jeune acteur blond, qui joue successivement
sous la caméra de Jacques Rivette (Hurlevent)
et surtout d'Olivier Assayas (Désordre), qui
révèle toute une génération de comédiens
tels que Simon de la Brosse, Laurence Côte, Rémi
Martin, Ann-Gisel Glass ou Wadeck Stanczak. Belvaux incarne,
dans ce film noir et torturé, un des membres d'un groupe
de rock.
La suite est plus aléatoire : si Chabrol fait à
nouveau appel à lui pour Madame Bovary, dans
lequel il est Léon Dupuis, clerc de notaire avec lequel
Emma entretient une liaison, à ce moment-là, force
est de constater que Lucas Belvaux a d'autres idées en
tête : il s'apprête à mettre en scène
son premier film, le très intimiste road-movie Parfois
trop d'amour, virée de trois personnes dans les
paysages désolés du Nord de la France. En 1997,
le comédien renouvelle l'expérience de la mise
en scène avec une œuvre plus ambitieuse, Pour
rire !, dans lequel il met face à face Jean-Pierre
Léaud et Ornella Muti pour un vaudeville sophistiqué
dans lequel le mari trompé se lie d'amitié avec
l'amant de sa femme... Le succès est au rendez-vous,
et Belvaux réapparaît encore une fois devant la
caméra grâce à son ami Hervé Le Roux,
qui lui avait déjà offert un des rôles principaux
du délirant Grand bonheur, et qui, cette fois,
lui propose le rôle clin d'œil d'un chanteur d'opéra,
en préambule et conclusion de On appelle ça...
le printemps.
2002 est une année importante pour le réalisateur
(lequel se fait alors quasiment invisible au cinéma,
malgré quelques rôles récents dans des téléfilms)
qui voit aboutir un projet ambitieux sur lequel il travaillait
depuis une dizaine d'années. C'est la trilogie Un
couple épatant, Cavale et Après la vie,
ou comment faire exister six personnages (dont l'un, un terroriste
en cavale, est joué par ses soins) en les faisant passer
successivement du second au premier plan en fonction des films.
Menant aujourd’hui résolument de front sa carrière
de comédien (on le voit à l’affiche du film
choral Joyeux Noël de Christian Carion ou bientôt
dans Pars vite et reviens tard ! de Régis Wargnier)
et de réalisateur, même si cette dernière
est tout de même plus présente, il défend
cette année les couleurs de la Belgique au Festival de
Cannes avec le drame La raison du plus faible où
il portera, une fois n’est pas coutume, cette double casquette
qui semble décidément lui aller à merveille.
FILMO ACTEUR
1981 - Allons z'enfants (Yves Boisset)
1982 - La truite (Losey)
1983 - La mort de Mario Ricci (Goretta)
1984 - Ronde de nuit (Missiaen)
1984 - La femme publique (Zulawski)
1985 - Poulet au vinaigre (Claude
Chabrol)
1985 - Hurlevent (Rivette)
1985 - La baston (Missiaen)
1986 - Désordre (Assayas)
1989 - L'air de rien (Jimenez)
1990 - Trois années (Cazeneuve)
1991 - Madame Bovary (Claude Chabrol)
1993 - Grand bonheur (Le Roux)
2000 - On appelle ça le
printemps (Le Roux)
2002 - Un couple épatant
(Lucas Belvaux)
2002 - Cavale (Lucas Belvaux)
2002 - Après la vie (Lucas
Belvaux)
2003 - Demain on déménage
(Akerman)
2004 - Joyeux Noël (Carion)
2006 - La Raison du plus faible
(Lucas Belvaux)
2006 - Pars vite et reviens tard
! (Wargnier)
FILMO RÉALISATEUR
1992 - Parfois trop d'amour
1997 - Pour rire !
2002 - Un couple épatant
2002 - Cavale
2002 - Après la vie
2004 - Nature contre nature (TV)
2006 - La raison du plus faible
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I R E A U S S I D U M Ê M E
A U T E U R |
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