)))  SARABAND
        
de Ingmar BERGMAN        / 2 DVD                          

 

  • Drame- 2003 - Suède - durée: 1h47 (+2h43 de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 15 juin 2005
    Editions MK2
  • Prix de vente conseillé : 27,50 €

SYNOPSIS

30 ans se sont écoulés depuis que Marianne et Johan, le couple de Scènes de la vie conjugale, se sont perdus de vue. Sentant confusément qu'il a besoin d'elle, Marianne décide de rendre visite au vieil homme dans la maison de campagne où il vit en reclus. Entre eux, la complicité et l'affection sont réelles, malgré toutes ces années passées sans se voir. Marianne fait la connaissance de Henrik, le fils de Johan, et Karin, la fille de ce dernier, qui habitent dans les environs. Tous deux pleurent encore Anna, épouse d'Henrik disparue deux ans plus tôt, et tentent de surmonter leur terrible chagrin par leur passion commune pour le violoncelle.
Très vite, Marianne comprend qu'Henrik entoure Karin d'un amour possessif et que Johan ne voue que haine et mépris pour son propre fils. Entre ressentiment, incompréhension et tendresse, tous quatre s'affrontent et se retrouvent.

POINT DE VUE

Lorsque Marianne traverse la maison vide de Johan, les portes se referment toutes seules derrière son passage. Cette demeure isolée en pleine forêt serait-elle habitée par des fantômes? Un personnage va effectivement hanter le film par son absence. C'est Anna, morte deux ans auparavant et qui laisse Henrik, un mari désorientée et désespéré; Karin, une fille inconsolée; et Johan, un beau-père esseulé, accablé par la vieillesse.
Anna est aussi l'incarnation de Ingrid. Ingrid Thulin, la dernière épouse de Bergman, disparue l'an dernier des suites d'une longue maladie. Ce dernier lui dédie son film. C'est pour elle qu'il a écrit cette Saraband, une orchestration à 3 personnages, avec pour chef d'orchestre, une autre femme, Marianne. Vers la fin du film, la jeune violoncelliste Karin avoue à son père qu'elle ne se sent pas capable d'être soliste, ce qu'elle veut c'est jouer dans un orchestre et être portée par le groupe. C'est aussi le drame de tous ces personnages de ne pas pouvoir vivre seuls, sans l'amour de l'autre. Anna, telle une icône christique, incarne cet amour qui leur manque. Même Johan, vieillard acariâtre et misanthrope, redevient un petit garçon au cours d'une magnifique scène: en pleine nuit, sentant la mort approcher, il est pris d'un terrible effroi ("Je suis trop petit face à une telle angoisse !") et se réfugie dans les bras de Marianne. Marianne qui est toutes les femmes. La mère, l'épouse, la confidente. Car Saraband est avant tout un magnifique hommage aux femmes. À leur immense compassion et dévotion. Face à des hommes égarés, haineux, égoïstes, elles sont la sagesse et la lucidité.
Ces retrouvailles 30 ans après Scènes de la vie conjugale entre Marianne et Johan, entre Liv Ullman et Erland Josephson, est l'occasion pour Bergman de filmer de façon encore plus précise le passage du temps. Les photos du passé dans le prologue du film, le tic-tac de l'horloge qui nous accueille dans la maison mais surtout les visages filmés de très près expriment les souffrances laissées par la vie; des visages marqués, d'une douleur sourde, la présence d'une tristesse. Bergman est le cinéaste des visages. Avec Carl Dreyer. Permettons-nous quelques réserves sur le jeu parfois trop "technique" de Liv Ullman, (notamment sur un prologue pas très convaincant). Mais admirons la partition de Erland Josephson et Börje Ahlstedt, en particulier dans une séquence où le fils vient réclamer une part de son héritage à son père et ne reçoit en retour que sa haine et son mépris. La jeune Julia Dufvenius, quant à elle, apporte fraîcheur et sensualité, et s'inscrit comme le dernier visage bergmanien, clôturant une lignée commencée il y a 60 ans avec le duo féminin Inga Landgre et Marianne Löfgren dans Crise.

Laurent Devanne


















   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Réalisation & Scénario :Ingmar Bergman
    Avec:Liv Ullmann, Erland Josephson, Börje Ahlstedt, Julia Dufvenius, Gunnel Fred
    Direction artistique: Göran Wassberg
    Lumière: Per Sundin
    Son: Börje Johansson
    Montage: Sylvia Ingemarsson
    Production:
    SVT-Sveriges Television
    Editeur DVD
    : MK2 Editions
  •  LES DVD
    2DVD 9 - PAL - Zone 2 - Tous publics - couleur
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 anamorphique compatible 4/3
    Format : 1/77 haute définition
    Son: Dolby Digital 2.0

    Langue:
    Suédois
    Sous-titres:
    Français
    Durée du film:
    1h47

  • BONUS  (2h43)

    * "Nouveau testament" : analyse de Philippe Piazzo (15')
    Retour sur la parcours de Bergman depuis sa décision d'arrêter le cinéma en 1983 après Fanny et Alexandre. Analyses de séquence, notamment le Prologue.


    * "A travers elle..." : entretien avec Jeanne Moreau (19')
    Jeanne Moreau revient sur sa rencontre épistolaire avec Bergman. Elle donne ses impressions sur l'univers du cinéaste suédois en commentant une série de photos extraites de ses films.


    * "La réalisation selon Bergman"
    : making of de Saraband (44')
    Ce DVD mérite d'être acquis rien que pour ce précieux document. Bergman annonce sollenellement à son équipe, en début de tournage, que c'est sa dernière oeuvre et qu'il va exiger le maximum de chacun. Puis, on l'accompagne au gré des séquences d'une répétition d'acteurs, de la mise en place d'un plan à une installation de décors et l'on est subjugué par l'énergie et la précision de ce vieux monsieur de 86 ans.

    * "Parce que c'était eux" : face à face entre Liv Ullmann et Erland Josephson, les 2 comédiens de Saraband (57')
    Étonnant et très émouvant document à l'initiative de Alexandre Barry, tourné en Juin 2004. Pastichant avec brio la mise en scène bergmanienne, le réalisateur met face à face Liv Ullmann et Erland Josephson et filme avec intensité leurs visages. Beau moment de confidence que tous deux livrent à la caméra, exprimant ce que leur inspire le visage de l'autre, puis revenant sur leur rencontre, leur ambigüe relation d'amour-amitié et leur rapport à Bergman.

    * Bandes annonces des collections Robert Bresson, Alain Resnais, Paolo et Vittorio Taviani, et Krzysztof Kieslowski (30')