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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Tout
en s’inscrivant dans le cinéma de genre, Bong Joon-ho propose
avec The Host une vision très noire et critique de la
société coréenne. Dans son précédent
film, Memories of Murder, un autre monstre, un serial killer,
était le révélateur de la corruption du pays dans
les années 80, dominé par le gouvernement militaire de
PHJ. Pour le cinéaste, les monstres sont des allégories
politiques et sociales, d’où leurs identités jamais
clairement définies. A la fin de Memories of Murder,
l’homme, que pourtant tout désignait comme l’assassin,
était innocenté par les tests ADN effectués aux
USA. Plus qu’un être individué, les meurtres semblaient
le fruit de forces élémentaires et énigmatiques
: la pluie, la couleur rouge et une chanson. La créature de The Host apparaît quant à elle en pleine lumière mais la vitesse de ses mouvements et les modulations de son anatomie (sa gueule s’ouvrant comme une fleur de chair) le rendent presque indescriptible. Le monstre importe finalement moins que sa trajectoire. Le Séoul ultramoderne à l’économie triomphante laisse place à une suite d’égouts, de souterrains, de berges polluées et d’hôpitaux de fortune ; notre présent est soudain remplacé par un monde en déréliction, celui de la catastrophe écologique. Cet usage du pouvoir allégorique du Fantastique place The Host dans la lignée des autres grands classiques du film de monstre : King Kong, symbole de la crise de 1929, et Godzilla le dragon japonais, incarnation des peurs liées à l’atome. La pollution devient l’élément fondateur de la naissance du monstre, lorsque, sur l’ordre d’un scientifique américain, des produits chimiques sont déversés dans la rivière Han. À cela vient s’ajouter, quelques années plus tard, le corps d’un suicidé, un businessman ruiné, qui s’avère la première nourriture humaine de la créature. Pour que celle-ci atteigne sa forme définitive, il faut donc que le mépris de l’ordre écologique s’allie à la violence du capitalisme. Lorsque les USA prennent la crise comme prétexte pour se substituer au gouvernement coréen, il apparaît que le « host » est un de ces « monstres utiles » qui permettent l’ingérence et l’occupation d’un pays. La contamination mensongère, entraînant la mise en quarantaine de la famille, renvoie directement aux fausses armes de destruction massive de la seconde guerre du Golfe. À travers les mésaventures de cette famille issue de la « Corée d’en bas », Bong Joon-ho donne l’image d’un peuple pris en otage, sous le chantage implicite de la présence américaine censée les protéger du régime stalinien du Nord. Lors d’une scène spectaculaire, la créature recrache en une gerbe d’ossements ses victimes lentement digérées. On sait le combat que même face à Hollywood l’industrie cinématographique coréenne. Le cinéaste désigne alors la puissance américaine comme un monstre menaçant d’absorber graduellement la culture et l’identité d’un pays. Stéphane du Mesnildot |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| NOTES DE PRODUCTION | ||||
| La
rivière Han La rivière Han n’arrête jamais de couler au cœur de Séoul. Un jour, une créature inconnue en surgit. Les berges de la rivière jusqu’alors paisibles se transforment en un chaos total. Ce film montre comment un endroit si familier et agréable peut devenir le théâtre d’un énorme désastre en un instant. La famille La famille Park mène une vie routinière, gérant un petit snack au bord de la rivière Han, quand un inimaginable malheur lui arrive. Privée de leur vie quotidienne et de leur bonheur, cette famille décide de combattre le monstre. Le film montre comment ces gens ordinaires se transforment en guerriers face à cette créature monstrueuse. Une lutte à mort Mais... la créature n’est pas le seul monstre. Pour la famille Park sans ressource et sans moyen, le monde entier est un monstre. La famille commence son combat à main nue. Le film raconte l’histoire de leur lutte désespérée et solitaire. Une volonté de brouiller les pistes A première vue, The Host est bien un film de monstre, donc un film de genre, dans la lignée du cinéma hollywoodien mais Bong Joon-ho a cherché à ancrer l'histoire dans le contexte concret de la société coréenne. L'aspect visuel du film est dynamique et divertissant mais l'ambiance globale peut étonner. Par exemple, il existe un conflit entre le genre du film et le réalisme de ce lieu paisible et familial qu'est le bord du fleuve Han : l'apparition soudaine d'une créature inconnue. Qui est le monstre ? Le mot "host" est à interpréter dans les deux sens. Le premier est : organisme vivant qui héberge un parasite et l'autre, personne qui offre l'hospitalité, ce qui suggère que l'homme a permis à cette créature de coexister avec lui. La force des anti-héros Instinctivement, Bong Joon-ho introduite de l'humour dans ses films. La famille Park fait partie de la classe populaire et vit sans grandes ressources ni moyens, ce qui les rend proches de nous et attachants. Aucun des personnages n'a de don particulier. Les effets spéciaux Le directeur des effets visuels est Kevin Rafferty. Dès la pré-production, il a participé aux réunions de l'équipe du film et a assisté aux tournages des scènes où la créature apparaît, afin de pouvoir harmonieusement intégrer les images de synthèse. La maquette de la créature a été fabriquée par la société Weta Workshop, bien connue des amateurs de films de genre depuis leur collaboration avec Peter Jackson sur les effets visuels de la trilogie du Seigneur Des Anneaux et de King Kong. |
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| EN
SAVOIR + |
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Bio
& Filmo de Bong Joon-Ho, ici •Site officiel du film • Du même rédacteur, un texte sur Kim Ki-Young, le maître coréen du mélodrame baroque |
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