|
|||||
|
|||||
![]() |
|||||
| SYNOPSIS |
|||||
|
|||||
| POINT DE VUE | |||||
| Le
Pavillon Noir est un film de pirates –un swashbuckler
movie comme les qualifient les américains- qui se voudrait
dans la tradition des épiques Captain Blood (Capitaine
Blood – 1935) et The Sea Hawk (L’Aigle
des Mers –1940) de Michael Curtiz ou The Black Swan
(Le Cygne Noir-1942) de Henry King qui furent d’énormes
succès commerciaux et initièrent l’âge d’or
du genre au pic de sa popularité. Annonçons-le tout de suite, Le Pavillon Noir n’arrive pas à la hauteur de ses flamboyants modèles… Point de bondissant Errol Flynn ou fulgurant Tyrone Power dans le rôle principal du Pavillon Noir mais le très -trop- intérieur Paul Henreid, dont on se souvient en fade mari d’Ingrid Bergman dans Casablanca. Il n’est donc pas étonnant que le protagoniste principal du film soit réellement la rousse Maureen O’Hara, au tempérament de feu, qui éclaire et réchauffe véritablement le film à son arrivée après une quinzaine de minutes. L’intérêt de l’histoire ne réside donc pas dans le suspense entendu d’avance : le Capitaine Van Horn (Paul Henreid) arrivera-t-il à se venger du très méchant Don Alvarado (Walter Slezak) qui lui a tout volé (honneur, liberté, argent, navire, cargaison…) ? Il se vengera en kidnappant et épousant la promise d’Alvarado arrivée tout droit d’Espagne, la Contessa Francesca. Le suspense glisse alors vers un tout autre domaine : Van Horn couchera-t-il avec la Contessa (Maureen O’Hara) qui n’attend d’ailleurs que cela ? Le Pavillon Noir devient un concours de dialogues aux sous-entends grivois(1) , de scènes à l’érotisme camouflé sous des situations convenues, d’une tension sexuelles prête à exploser à tout instant… À chaque fois que la lumière faiblit, Maureen O’Hara détache ses cheveux langoureusement en attendant d’être possédée sauvagement par son pirate qui la quitte en véritable gentleman sans même penser à lui voler un baiser. Sa frustration explose et celle du spectateur aussi… Si le film garde un intérêt c’est bien de nous révéler que même les stars glacées de l’époque ont une sexualité –une vie intérieure complexe ! Encore faut-il oser chercher cela dans un film de genre aussi classique. En cela Le Pavillon Noir aura sans doute contribué à faire grandir le cinéma. Mais notre plaisir de spectateur peut-il se satisfaire uniquement de ces clins d’œil qui deviendront obligatoires quelques années dans le cinéma dit moderne ? Non ! Excepté dans les duels d’acteurs, ce film d’action est extraordinairement sclérosé et lent. Sans doute parce que sa mise en scène fut confiée à un cinéaste vieillissant qui terminait paisiblement sa carrière auréolée de succès mais débutée trente année plus tôt –dans l’ère muette-, Frank Borzage. Un des fondateurs d’Hollywood, spécialisé dans le mélodrame d’action, et qui selon l’expression d’Henry Agel incarnait « le cinéaste de l’amour fou » ce qui n’est pas le caractère principal des personnages du Pavillon Noir. Borzage semble éviter les scènes d’action, les explosions, bataille au sabre, les tirs de canons qui ne sont que des intermèdes rapides entre titillement des fantasmes de la Contessa… Une impression de déséquilibre qui ne fait que rajouter à l’impression de frustration amoureux des personnages. À ne voir que pour des personnages truculents qui savourent leurs dialogues, comme on n’en voit plus dans le cinéma actuel, mais si vous êtes des amateurs d’action passez votre chemin et préférez les films de pirates cités en introduction… Nachiketas Wignesan (1) Herman G. Mankiewicz fut, entre autres, scénariste de Citizen Kane, Le Magicien D’Oz, La Vie est Belle… c’est dire si le film doit se lire à plusieurs degrés. |
|
||||
| FICHE TECHNIQUE | |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||
| NOTES | |||||
|
|||||