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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Il
faut attendre la séquence de la tête de cochon empalée
sur un pieu telle un nouveau totem maléfique pour comprendre
le sens du titre mystérieux de ce film. Un gros plan nous montre
des mouches fourmillant sur le museau ensanglanté de l'animal
mort. Un nouvel ordre est né, une nouvelle société
véhiculant des valeurs de violence et de fanatisme s'installe
à ce moment du film. Le roman éponyme de William Golding
écrit en 1954 se présente comme une réflexion philosophique
sur la nature humaine à travers l'observation d'un groupe de
jeunes adolescents retrouvés abandonnés à leur
propre sort dans une île déserte, suite à un crash
d'avion. Comment ces enfants vont-ils survivre dans ce monde sans adultes
? On est ici bien loin des thèses rousseauistes sur la bonté profonde de l'homme. Très rapidement, deux clans vont se constituer: celui de Ralph, calme, réfléchi, pacifiste et celui de Jack, guerrier, animiste et assoiffé de pouvoir. Au milieu, un petit gros qu'on appelle "Piggy" (cochon en anglais, la métaphore est évidente, voire grognante…), un petit intello qui connaît l'origine du nom des villes et qui se présente comme la proie évidente de ses camarades. On pourrait reprocher au film cette dialectique antagoniste un peu simpliste mais son discours est plus subtil qu'il n'y paraît. Ce que nous montre Peter Brook, grand homme de théâtre et de cinéma à qui l'on doit l'impressionnant Mahabharata (1991), c'est surtout la façon dont la civilisation est sans cesse menacée et remise en cause par des sentiments primaires tels que la peur, l'ignorance et la soif de pouvoir. Ces enfants, élèves de la haute société bourgeoise anglaise, (et l'église en prend pour son grade car les enfants issus de l'enseignement catholique s'avéreront les plus violents et les plus crédules, une fois débarrassés de leur habits de communiants) auront bien du mal à maintenir les règles de leur éducation une fois confrontés à la nature, à leur nature et à la peur de l'inconnu. "Il y a peut-être un monstre … et c'est peut-être nous ?" dit l'un des enfants alors que commence à monter la suspicion de la présence d'un monstre sur l'île. Le film montre habilement la façon dont un personnage charismatique (Jack) va se servir de cette peur pour devenir chef de clan suprême. Basé sur un retour complet à l'état primitif: peintures sur le corps, danses proches de la transe, cris bestiaux, fascination pour le feu, adoration pour un Dieu à tête de cochon, le corps des enfants semble opérer une sorte de mue, quand celui de ceux du clan de Ralph, au contraire, retrouve une nudité pure (surtout quand on voit les jumeaux) plutôt proche de l'eden. La force du film réside principalement dans son impact visuel et l'impressionnante vitalité et justesse du jeu des enfants. Brook a su retrouver une beauté plastique, un noir et blanc contrasté et épuré qui semble emprunté au cinéma de Flaherty. On pense à Louisiana Story ou à Tabou de Murnau et Flaherty. Pour faire le cinéma le plus libre, c'est de l'argent qu'il doit être libéré. Peter Brook raconte dans les bonus comment il a dû batailler pour faire un film à petit budget, avec les habitants de l'île. Sa majesté des mouches est une œuvre libre, sur la beauté et les dangers de la liberté. Laurent Devanne |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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