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UN CHIEN ANDALOU
/ DVD COLLECTOR
de
Luis BUNUEL & Salvador DALI
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- Rêve
surréaliste - 1929 - France
durée: 16' (+ 67' de Bonus) - Version restaurée
- Sortie
à la Vente en DVD le 2 novembre 2005
Editions
Montparnasse
-
Prix de vente conseillé : 25€
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| SYNOPSIS |
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Sur un balcon, un homme sectionne avec un miroir l'œil de son
amie au moment où un léger nuage avance vers la pleine
lune. Huit ans plus tard, un jeune homme désire une femme mais
traîne derrière lui les vestiges de son passé,
des pianos remplis d'ânes morts. Un homme est mis au pénitencier
par son double...
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| POINT
DE VUE |
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Il était une fois, à
Figueras, petite ville de Catalogne, un soir de Noël 1928, deux
jeunes espagnols qui se racontaient leurs rêves. "Cette
nuit j'ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main"
dit le premier. "Eh bien! Moi, j'ai rêvé qu'on
tranchait l'oeil de quelqu'un" (1),
répondit l'autre. Quelques rêves et six jours plus tard,
le scénario d'Un chien andalou était né.
Luis Bunuel et Salvador Dali faisaient entrer le cinéma dans
une nouvelle dimension, celle du songe et des fantasmes, le premier
film surréaliste était là. Projeté pendant
huit mois au Studio 28 à Paris, Un chien andalou ne
fera l'objet d'aucune censure mais marquera l'esprit de ses premiers
spectateurs: "des évanouissements, un avortement, plus de
trente dénonciations au commissariat de police"...
Seize petites minutes qui vont assurément changer la face du
cinéma et augurer d'un coup de rasoir l'oeuvre d'un immense cinéaste.
Coup d'essai coup de maître, tout le cinéma à venir
de Bunuel est concentré dans ce film: l'entrée dans le
monde du désir, de l'interdit, des pulsions sexuelles, du blasphème
religieux, de l'ironie et d'un sens aigü des situations absurdes
et irrationnelles.
Une jeune fille essaie de ramasser, avec un bâton, une main
coupée aux ongles colorés (...), on voit passer d'abord
un bouchon, puis un melon, deux frères des Ecoles chrétiennes
et enfin deux magnifiques pianos à queue remplis de charognes
d'ânes (...), quand le personnage retire sa main, on voit que
la bouche a disparu. La jeune fille semble lui dire "Bien, et après
?" (2). En lisant le scénario
du Chien andalou, il est intéressant de constater la
fidélité et la rigueur avec laquelle Bunuel a mis en image
mot pour mot chacune de ses visions mentales et ce, de façon
hypperréaliste. Plus le rêve paraît réel,
plus il gagne en puissance. Cette sensiblité au réel se
confirmera très vite dans des oeuvres comme Las Hurdes
(Terre sans pain), un documentaire sur une région d'Espagne
misérable et inhospitalière et Los Olvidados consacré
aux gamins des rues d'un bidonville de Mexico.
Mais Bunuel est aussi ce provocateur des âmes tranquilles, cet
agitateur des consciences bourgeoises. Il décrit lui-même
son Chien andalou comme "un désespéré,
un passionné appel au meurtre", programme de "révolutionnaire
surréaliste" qu'il n'abandonnera pas jusqu'à son
dernier film dont le titre pourrait être le sous-titre du Chien
andalou: Cet obscur objet du désir.
Encore aujourd'hui, Un chien andalou est un défi à
notre rationnalisme. Pour preuve les nombreuses "explications de
texte" qui accompagnent ce dvd - cela dit tout à fait passionnantes
et pertinentes - mais qui prouvent cet irrépressible besoin de
l'esprit de créer du sens quand c'est à l'inconscient
du spectateur que s'adresse l'oeuvre d'art.
Laurent Devanne
(1) Dialogues extraits des Conversations avec Luis
Bunuel par Tomas Perez Turrent et José De La Coline- Éditions
Cahiers du cinéma.
(2) Extraits du scénario original.
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| NOTES
DE L'ÉDITEUR |
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« Nous étions en telle symbiose qu'il n'y avait pas de discussion.
Nous travaillions en accueillant les premières images qui nous
venaient à l'esprit et nous rejetions systématiquement tout
ce qui pouvait venir de la culture ou de l'éducation. Il fallait
que ce soient des images qui nous surprennent et qui soient acceptées
par tous les deux sans discussion. » Luis Buñuel
« J'arrive ! J'arrive ! Il était temps. Buñuel commençait
à tourner le Chien Andalou... Un Chien Andalou
était le film de l'adolescence que j'allais enfoncer comme un poignard
en plein cœur du Paris spirituel, élégant et cultivé.
» Salvador Dali
Ils
ont dit:
" Un Chien Andalou est une œuvre capitale à
tous les points de vue : sûreté de la mise en scène,
habileté des éclairages, science parfaite des associations
visuelles et idéologiques, logique solide du rêve, admirable
confrontation du subconscient et du rationnel".
Jean Vigo
"Peut-être, comme Lawrence, Buñuel n'est qu'un idéaliste
à rebours ; peut-être sont-ce sa grande tendresse, sa grande
pureté, la poésie de sa vision qui le forcent à révéler
les abominables, perverses, hideuses, hypocrites faussetés de l'homme".
Henry Miller
"Le cinéma de Buñuel -comme celui de Chaplin- a l'odeur
de l'immortalité".
Jean Cocteau
Influences réciproques:
Buñuel en a raconté à plusieurs reprises la genèse.
Dali et lui ont écrit le scénario en six jours. Le poids
du co-scénariste pèse sans aucun doute dans la singularité
de l'œuvre. On trouve une déclinaison des motifs propres à
l'univers de Salvador Dali : l'âne pourri, le piano à queue
(Guillaume Tell, 1930 ; Tête de mort atmosphérique
sodomisant un piano à queue, 1934), associé au cercueil
(Fontaine nécrophilique coulant d'un piano à queue,
1933), les fourmis (Le grand masturbateur, 1929). On peut ainsi
tenter de mesurer en vain l'apport de l'un et de l'autre mais cette œuvre
reste avant tout le fruit de la rencontre de deux grands génies.
La part du surréalisme:
Un Chien Andalou fut rejeté par le groupe surréaliste
malgré le succès qu'il rencontrait. Ce fut même l'occasion
d'un procès fait à Buñuel qui avait accepté
que La revue de cinéma, éditée par Gallimard,
publiât son scénario. Buñuel se rendit alors à
l'imprimerie avec Paul Eluard pour se rétracter et en interdire
la publication mais c'était trop tard.
Dans le numéro 12 de L'organe surréaliste, Buñuel
dénonça violemment en une formule demeurée célèbre
« la foule imbécile qui a trouvé beau ou poétique
ce qui, au fond, n'est qu'un désespéré, un passionné
appel au meurtre ». |
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
Noir
et blanc / 1929
Réalisation : Luis Bunuel
Scénario: Luis Bunuel & Salvador Dali
Avec: Pierre Batcheff (l'homme), Simone Mareuil (la jeune femme),
Jaime Miratvilles, Luis Bunuel (l'homme au rasoir), Salvador Dali
(un mariste)
Assistant-réalisateur: Pierre Batcheff
Image: Al Dubergen (Duverger)
Décors: Schlizneck
Montage : Luis Bunuel
Musique: Film muet sonorisé en 1960 à partir des
disques utilisés lors des premières projections : Wagner
et tangos argentins
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- LE
DVD
DVD 9 - PAL - Zone 2- noir & blanc
Image
& Son :
Master
numérique restauré
Ecran: 4/3
Format : 1/33
Son: mono restauré
Durée du film: 16'
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- BONUS
(67')
* Un film miroir par
Philippe Rouyer (19')
Philippe Rouyer est critique à Positif et auteur du livre Le
Cinéma gore, une esthétique du sang.
Un chien andalou, film gore ? Un film
érotique ? Quel héritage nous a laissé ce film
? Un « film miroir universel » qui renvoie à chacun
ses propres fantasmes ?
Rédacteur en chef et entretien : Bernard Genin
* Le Surréalisme par
Dominique Rabourdin (10')
Dominique Rabourdin est critique littéraire, écrivain
de cinéma et réalisateur de télévision
(André Breton par André Breton, 1991 ; La Révolution
Surréaliste, 2002).
Il nous livre une réflexion sur les surréalistes,
la définition de ce mouvement artistique, le refus de la morale
bourgeoise, le refus de la séparation entre rêve et réalité,
le cinéma et ce mouvement, le rejet
de Un Chien Andalou par Breton, Eluard...
* Une
interview illustrée par des extraits d'une
émission de l'INA sur le surréalisme avec les interventions
de Jacques Brunius, Man Ray, André Breton.
Rédacteur en chef et entretien : Bernard Genin
* « Je ne me définis pas
» par Luis Buñuel (5 ')
Extrait de l'émission Cinéastes de notre temps
produite par André.S. Labarthe.
Plusieurs témoignages (Adonis Kyron, Pierre
Prévert, ... )
dont celui de Buñuel lui-même.
* « Dali et Buñuel »,
regards croisés de Juan-Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière
et Dominique Rabourdin (10 ‘)
10 minutes pendant lesquelles le fils de Buñuel,
Juan-Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière et Dominique
Rabourdin parlent de Dali et de ses relations avec Buñuel.
Séquence illustrée par un extrait de l'INA où
Dali dit qu'il est un traître et un provocateur.
Rédacteur en chef et entretien : Bernard Genin
* Entretien avec Juan-Luis
Buñuel (11 ‘)
Le fils évoque la jeunesse de son père,
le choc Un Chien Andalou
et les surréalistes.
Rédacteur en chef et entretien : Bernard Genin
*
Entre la déchirure et la réparation
- par
Jean-Claude Carrière (12 ‘)
Jean-Claude Carrière nous parle de Buñuel
dont il a été très proche.
Rédacteur en chef et entretien : Bernard Genin
* Livret de 16 pages
présentant en intégralité le scénario
original du film.
"La publication de ce scénario dans
La révolution surréaliste
est la seule que j'autorise écrivait Bunuel en décembre
1929. Elle exprime, sans aucun genre de réserve, ma complète
adhésion à la pensée et à l'activité
surréalistes. Un chien andalou n'existerait pas si
le surréalisme n'existait pas".
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