)))  LONESOME JIM
        
de Steve BUSCEMI                      

 

  • Mélancolie américaine - 2005 - États-Unis - durée: 1h28 (+23' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 17 Mai 2006
    Editions MK2
  • Prix de vente conseillé : 19,90 €

SYNOPSIS

Jim (Casey Affleck), un aspirant écrivain approchant la trentaine, quitte New York (où son travail le plus sérieux a été « promeneur de chien ») pour retourner dans la ville de son enfance. Mais, alors qu’il avoue revenir dans le giron familial pour « commencer une dépression », il est devancé par son frère qui fait une tentative de suicide. Le temps de son rétablissement, Jim va prendre la place de ce frère « resté au pays » : travailler à l’usine familiale et surtout entraîner une calamiteuse équipe de basketteuses juniors. Parallèlement, il débute une relation amoureuse avec Anika (Liv Tyler), une jeune infirmière divorcée élevant seule son petit garçon.

 
   
POINT DE VUE
Si l’on recensait les thématiques d’un certain cinéma américain, principalement indépendant, on s’apercevrait de la forte récurrence de deux modèles scénaristiques. Le premier, dont l’origine est sans nul doute La Nuit du chasseur de Charles Laughton, met en scène une figure paternelle terrifiante et séductrice, un Janus américain dévorant sa propre progéniture. Cette mythologie sauvage traverse des films tels que Comme un chien enragé de James Foley, Another Day in Paradise de Larry Clark ou, récemment, le très beau L’Autre rive de David Gordon Green. Le second modèle, sur un mode mélancolique, pose également la question des origines. Le héros en est souvent un jeune homme qui, après une longue absence, retourne à la maison familiale et entreprend un difficile passage à l’âge adulte. Tel était le parcours des personnages de Buffalo 66 de Vincent Gallo ou de Garden State de Zach Braff. Ces films ont invariablement comme décor d’élection une petite ville prolétaire de l’Amérique reculée, « capsule temporelle » où le personnage retrouve amis ou amours d’enfances.


C’est à cette seconde catégorie qu’appartient Lonesome Jim, la troisième réalisation de Steve Buscemi après le « bukowskien » Trees Lounge et l’excellent film carcéral Animal Factory. Buscemi dresse le portrait d’un jeune homme profondément égoïste, velléitaire, toujours prêt à fuir vers de chimériques projets. Subtilement, Buscemi place en miroir du cheminement intime de Jim la figure de Ben, le petit garçon d’Anika. L’enfant s’intègre immédiatement à la famille de Jim, et entre même dans l’équipe de basket. Au final, c’est lui qui choisit Jim comme père et lui assignant le rôle de compagnon de sa mère, l’oblige à devenir adulte. Quant au savoureux personnage de Stacy, alias « Evil », l’oncle combinard, dealer à ses heures, il représente ce que pourrait être l’avenir catastrophique de Jim. La petite ville prend elle aussi l’aspect d’un univers mental où tous les bars de nuit portent le même nom, comme le symbole des échecs à répétition du personnage.


Dans le rôle de Jim le solitaire, Casey Affleck, le frêle jeune homme du Gerry de Gus Van Sant s’est singulièrement épaissi. Mais cet alourdissement, comme une transition mal réussi vers l’âge adulte, renforce la léthargie, pour ne pas dire l’anesthésie, du personnage. Dans ce moment d’arrêt de Jim, entre ses fuites et ses hésitations, Buscemi construit un road movie introspectif, en circuit réduit. Le héros emprunte un chemin tortueux pour trouver une place sur la terre et rejeter le désespoir, mais surtout accepter et reconnaître la bonté de sa mère, au fond le personnage qu’il ne cesse de fuir. Même si Buscemi, comme acteur, outre ses rôles cultes chez les frères Coen ou Tarantino, participe aussi avec une évidente délectation aux blockbusters délirants de Michael Bay (Armageddon, The Island), sa sensibilité de réalisateur le porte vers un cinéma en mode mineur, presque neurasthénique. La quête des origines de Jim permet par ailleurs à Buscemi de rendre hommage à une autre famille, en l’occurrence celle cinématographique de John Cassavetes. À l’instar de Ben Gazzara, interprétant le père de Vincent Gallo dans Buffalo 66, c’est Seymour Cassel, un autre pilier du « clan » Cassavetes, qui tient lieu de paternel à Jim. Sans jamais singer le style de Cassavetes, Buscemi, sous la modestie du projet, le minimalisme de sa mise en scène et son attachement aux « héros du quotidien », nous donne lui-aussi des nouvelles d’une Amérique à taille humaine.



Stéphane du Mesnildot





FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Présenté au panorama du Festival de Deauville 2005
    Sélection officielle au Festival de Sundance 2005


    Sortie en salle : 16 Novembre 2005
    Réalisation
    : Steve Buscemi
    Scénario : James C. Strouse

    Avec:
    Casey Affleck : Jim
    Liv Tyler : Anika
    Seymour Cassel : Don
    Mark Boone Junior : Evil
    Mary Kay Place

    Image : Phil Parmet
    Montage : Plummy Tucker
    Musique : Evan Lurie
    Décor: Chuck Voelter
    Produit par: Galt Niederhoffer, Céline Rattray, Daniela Taplin Lundberg, Jake Abraham,
    Gary Winick, Steve Buscemi.
    Distributeur : MK2
    Editeur DVD
    : MK2 Editions


  •  LE DVD
    DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs - tous publics
    Durée du film: 88'
    Durée du DVD: 111'

    Image & Son :
    Ecran: 16/9 compatible 4/3
    Format : 1:77
    Son: VO anglaise en Dolby Stéréo 5.1

    Sous-titres:
    Français

    Menus: Français


  • BONUS  (23')
    *Lonesome Steve, interview exclusive avec Steve Buscemi (15')
    Steve Buscemi revient sur les difficultés qu’il a eu à financer le film et sur le choix de la mini-DV pour un tournage qui n’a pas dépassé 18 jours. Le plus intéressant de l’entretien est d’apprendre que Lonesome Jim a été tourné dans la ville même de James Strouse, le scénariste, que la petite usine est celle de ses parents et que ce sont ses propres nièces qui interprètent celles du personnage. SDM



    * Kirby's song
    , court-métrage de Julian Kauffman inspiré par l'un des figurants du film (6')
    Ce court métrage de Julian Kauffman (régisseur sur le film) s’attache au pas d’un figurant, Kirby, que l’on aperçoit dans le bar où Jim rencontre Anika. Kirby travaille dans le même hôpital qu’Anika et est éperdument amoureux d’elle. À la fin du court-métrage, Steve Buscemi apparaît dans le rôle d’un psychanalyste.
    SDM



    *
    Bande-annonce (1'46)
NOTES DE PRODUCTION


Lonesome Jim a été tourné pendant 16 jours à Goshen, dans l'Indiana, ville d'origine du scénariste James C. Strouse. C'est le père de celui-ci qui a prêté sa maison et son usine pour le tournage. De nombreux membres de la famille de James C. Strouse apparaissent d'ailleurs dans le film : son frère joue l'un des agents qui viennent arrêter la mère de Jim ; son père est le voisin qui gronde les enfants devant le trampoline ; les nièces de Jim, Sarah et Rachel, sont les nièces de James C. Strouse.

"En réalisant L
onesome Jim, je suis revenu sur un terrain familier - commente Steve Buscemi - J'ai d'emblée aimé le scénario de James C. Strouse car il était très proche dans le ton de mon premier film, Happy Hour. C'est une histoire que je pouvais raconter. Une sorte de comédie noire mais avec beaucoup d'humour".

Le financement de Lonesome Jim a été un vrai challenge pour les producteurs. Acteurs et producteurs ont travaillé à salaire réduit pour que le film puisse être terminé avec un budget de moins de 500.000 dollars. Le film a été entièrement tourné en digital. Le directeur de la photo, Phil Parmet, qui avait déjà travaillé avec Steve Buscemi sur Animal Factory, a utilisé une caméra Panasonic AG-DVX100A mini- DV comme caméra principale et une seconde caméra Panasonic AG- DVX100A pour les prises additionnelles.

(extraits du site officiel du film)

FILMOGRAPGHIE DE STEVE BUSCEMI
RÉALISATEUR
Lonesome Jim - 2005
Baseball Wives (TV) - 2002
Les Soprano (Série TV, 3 épisodes, 2001 à 2004)
Animal factory - 2000
Oz (série TV, 2 épisodes 1999,2001)
Homicide: Life on the street (série TV, 1 épisode,1998)
Happy hour - 1996
What happened to Pete ? (court-métrage- 1982)



ACTEUR

Charlotte's web - 2006
 Monster House - 2006
 The Island - 2005
 Home on the Range - 2004
 Coffee and cigarettes - 2004
 Spy Kids 3-D: Game Over - 2003
 Big Fish - 2003
 Mr. Deeds - 2002
 Spy Kids 2: Island of Lost Dreams - 2002
 Ghost World - 2001
 Monsters, Inc. - 2001
 Domestic Disturbance - 2001
 Final fantasy - The movie - 2001
 28 Days - 2000
 Con air - 1997
 Trees lounge - 1996
 Escape from L.A. - 1996
 Fargo - 1995
 Desperado (1995) - 1995
 The big Lebowski - 1994
 Living in Oblivion - 1994
 In the Soup - 1992
 Reservoir dogs - 1991
 

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