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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Au
sortir de l’aéroport, Brenda traverse, le temps du générique,
les avenues encombrées de Port-Au-Prince. Confortablement installée
dans la voiture qui la conduit à l’hôtel, elle longe
les façades aux peintures écaillées et les trottoirs
poussiéreux, où s’entasse le bric-à-brac
des petits marchands. Puis, au travers du pare-brise, elle observe les
pick-up et les camionnettes surchargées, qui avancent en désordre.
De l’autre côté de la ville, enfin, elle retrouve
le domaine paisible de la « Petite Anse ». Les palmiers
découvrent quelques somptueux bengalows, à proximité
d’une plage de sable blanc. Voici donc les deux mondes que Laurent
Cantet s’attache à décrire en introduction : d’une
part, le quotidien rude des Haïtiens ; d’autre part, les
paradis vantés par les brochures touristiques. Alors, une fois les frontières dessinées, l’équilibre fragile qui subsiste peut être mis à l’épreuve. Legba, jeune gigolo attendrissant, passe d’un monde à l’autre sans se soucier des barrières. « Laisse-nous travailler », lui lance une première fois Albert, un maître d’hôtel. « On ne peut pas le servir », explique-t-il plus tard à Brenda. Mais Legba n’a cure des avertissements. Il peut tout aussi bien jouer au football avec ses amis dans un quartier pauvre de la capitale, que partager cocktails et menus avec les clientes esseulées de l’hôtel. Bien entendu, il gagne sa vie de cette façon. Mais en marchant sur un fil tendu, il provoque une perte de repères générale. Pour Brenda et Helen surtout, il se transforme peu à peu en un être hybride, qui cumulerait à la fois la beauté, la jeunesse et des sentiments d’amour sincères. Toute la tension soigneusement amenée par Cantet repose sur cette unique question : Legba est-il capable d’aimer une Blanche ? En proie au doute, Brenda franchit à son tour les limites lorsque le jeune homme disparaît en ville. Elle quitte la « Petite Anse » pour emprunter les chemins sombres et cabossés de l’île. Dans un bar local, elle abandonne finalement tout espoir de retrouver Legba et se perd dans les bras d’un nouveau prétendant. La réponse à tant de violations ne se fait pas attendre. Au petit matin, Legba et une jeune Haïtienne gisent morts sur la plage de l’hôtel. L’équilibre est rétabli. En plus de jouer sur l’ambiguïté du bel insulaire, Laurent Cantet évite scrupuleusement toute image explicite de violence ou de sexualité. Il préfère cette scène de danse confuse où Brenda se joint à Eddy, un enfant désireux de suivre les traces de Legba. « Tu les prends au berceau », assène ensuite Helen à sa compatriote. Mais surtout, les séquences les plus dérangeantes du film font seulement appel aux mots. Il s’agit de quatre monologues au cours desquels les personnages, en s’adressant directement au spectateur, reviennent sur leur rapport à Haïti, leur condition de femme, leur sexualité. Brenda se souvient de sa précédente venue et de sa relation avec un jeune garçon : « C’était mon premier orgasme, j’avais quarante cinq ans ». Helen rappelle qu’elle « enseigne la littérature française à des petites mijaurées, qui ne pensent qu’à écarter leurs cuisses pour attraper un mari ». Les répliques face caméra mettent mal à l’aise, plus que ne l’auraient fait des images. Une économie de moyens efficace. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que Vers le Sud ressemble à une quête vouée à l’échec depuis le départ. La relation avec Legba, qui devait apparaître comme vaine et stérile depuis longtemps, ne le devient que lors de sa mort brutale. « Je ne sais plus ce que je fais ici », murmure Helen en recouvrant la raison. Quant à Brenda, elle s’éloigne vers d’autres îles, toujours en proie au doute. Stéphane Tralongo |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| INTERVIEW DE CHARLOTTE RAMPLING | ||||
| Comment
voyez-vous les femmes de Vers le sud ? Ce sont des solitaires qui ont besoin de prendre un amant pour supporter la froideur du quotidien. Chacun trouve son compte dans cette relation. Qu’avez-vous apprécié dans le scénario ? La complexité de l’histoire, la façon dont Laurent Cantet parvient à rendre sensible les rapports humains, comme le climat politique d’Haïti. Vous sentez-vous des points communs avec votre personnage ? J’aimerais surtout lui ressembler par certains côtés. J’admire son franc-parler, même quand elle prend le risque de blesser. Moi, j’ai trop peur de faire du mal à mes interlocuteurs. Comment s’est passé le tournage avec Menothy César, qui joue votre amant ? Il était plus gêné que moi, car il n’a jamais fait de cinéma auparavant. Il avait peur que son entourage l’associe à son personnage. Laurent Cantet a su vaincre ses craintes par sa patience et sa douceur. De mon côté, j’avoue que c’était parfois pénible de me mettre dans la peau de quelqu’un qui souffre autant. Quel regard portez-vous sur votre carrière ? Il me faut plusieurs années pour apprécier un film dans lequel j’ai joué ! Je crains d’avoir vexé Laurent Cantet parce que j’ai été incapable de lui dire ce que je pensais de Vers le sud. C’était trop frais… Pour vous donner une idée, ce n’est que récemment que j’ai pu me régaler en revoyant Max mon amour, tourné avec Oshima en 1986 ! Quels rôles recherchez-vous ? J’attends plutôt qu’on vienne me chercher et, jusqu’ici, ça m’a plutôt porté chance. Je suis une actrice offerte, ouverte aux opportunités. (Propos recueillis par Caroline Vie pour 20 minutes- Notes de production) |
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| FILMO LAURENT CANTET | ||||
| LONGS MÉTRAGES 2006 Vers le sud 2001 L’emploi du temps (Lion de l’année - 58ème Mostra de Venise) 1999 Ressources humaines (César Meilleur 1er film) COURTS MÉTRAGES 1995 Jeux de plage 1993 Tous à la manif ![]() |
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