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LE PASSAGER
de
Eric CARAVACA
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Drame - 2006 - France - durée: 1h25
- Sortie
à la Vente en DVD le 12 Octobre 2006
- Diaphana
Edition Vidéo
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Prix de vente conseillé : 22 €
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| SYNOPSIS |
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Thomas
vient d'apprendre la mort de son frère Richard, qu'il ne voyait
plus depuis plusieurs années bien qu'il demeurait sa seule
famille. Il quitte Paris et va à Marseille reconnaître
le corps et s'occuper des procédures légales et funéraires.
Il récupère les affaires de son frère puis revient
dans sa ville natale. À peine arrivé il retourne dans
la maison de son enfance, mais ne s'y attarde pas. Il loue une chambre
dans un hôtel à l'extérieur de la ville. Personne
dans les parages excepté Jeanne, la propriétaire des
lieux, Lucas, un adolescent qu'elle a recueilli, et Joseph, un vieux
mécanicien.
Tous ont bien connu Richard. Thomas décide de ne pas leur révéler
son identité, mais s'installe dans leur vie et collecte des
informations auprès d'eux...
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| POINT
DE VUE |
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On
connaissait bien évidemment l’acteur, Eric Caravaca,
qui en une dizaine d’année, est devenu un acteur français
de premier plan, grâce notamment à des rôles intenses.
Il tourne, entre autre, à quatre reprises avec François
Dupeyron dans L'amour est à réinventer (1997),
C'est quoi la vie ? (1999), La Chambre des officiers
(2001), Inguelezi (2004), avec Patrice Chéreau dans
le troublant Son frère (2003), ou encore dans le très
noir Cette femme là (2003) de Guillaume Nicloux.
Et c’est probablement le fait d’avoir tourné avec
ces metteurs en scène de talent et d’avoir observer leur
travail de mise en scène, que Caravaca aboutit à un
film fort, esthétiquement réussi, tout en se révélant
lui-même un excellent directeur d’acteurs.
Au départ Eric Caravaca souhaitait écrire et mettre
en scène une histoire sur les relations père/fils, et
c’est en tombant par hasard sur le livre d’Arnaud Cathrine,
La route de Midland qu’il décide d’en
faire l’adaptation. Un road-movie sur la quête identitaire,
où chaque protagoniste tente d’affronter son lourd passé.
Caravaca et Cathrine vont donc réécrire cette histoire,
pour s’en détacher progressivement, tout en respectant
sa thématique et son rythme.
Après la découverte du corps de son frère Richard,
Thomas (Eric Caravaca) est contraint de revenir dans sa ville natale.
Le film débute par une série de plans sombres et resserrés,
mettant en avant les tourments et les sentiments refoulés de
Thomas, qui vont bien au-delà du deuil. L’orchestration
flippante de Grégoire Hetzel contribue à installer une
ambiance inquiétante, proche du thriller. Le personnage d’Eric
Caravaca arrive donc à Port la Nouvelle, véritable no
man’s land industriel. Le travail de photographie de Céline
Bozon (qui a œuvrée dans le nouveau Tony Gatlif, Transylvania),
réussit parfaitement à mettre en image l’hostilité
et la singularité du lieu, avec une image froide et brumeuse.
Décidé à ne pas partir tout de suite, il s’installe
dans un hôtel, où vivent Lucas un jeune adolescent, magnifiquement
interprété par le jeune Vincent Rottier, sa marraine
Jeanne (Julie Depardieu) et Joseph (Maurice Bénichou), l’oncle
de Jeanne. Thomas va alors découvrir que cette famille recomposée,
connaissait son frère. Malgré les mensonges et les non-dits,
le terrible secret qui liait les deux frères, va alors ressurgir
brusquement.
Après 20 premières minutes où le réalisateur
pose le décor et l’ambiance, l’inquiétude
première du spectateur serait de se retrouver devant un film
contemplatif, à travers le regard nomade de Thomas, déambulant
dans des plans statiques et silencieux. Mais l’intention de
l’acteur/réalisateur est justement de se concentrer au
maximum sur les personnages et leurs relations. Evitant ainsi le piège
où tombe de nombreux réalisateurs sur leur premier film,
à savoir, faire de belles images plutôt que de se préoccuper
de leurs personnages. Ces concessions de mise en scène, appuyées
par un montage recentré sur les dialogues, apporte au film
du rythme et une fluidité remarquable, démontrant au
passage une grande maturité chez Eric Caravaca. Il installe
donc sa caméra au plus près de ses acteurs, souvent
en gros plan, afin de capter les variations subtiles des émotions.
Des acteurs justes et impliqués, à l’image de
Julie Depardieu, surprenante dans le rôle de la mère
substitut, prisonnière de ses doutes. Maurice Benichou, qui
après sa remarquable prestation dans le film de Michael Haneke,
Caché , démontre une nouvelle fois son énorme
potentiel, et enfin Vincent Rottier, véritable révélation
dans ce film, qui incarne un adolescent à multiples facettes,
confirmant le talent entrevue dans Mon Ange. À noter
également la participation de Maurice Garrel, grand père
inquiet, symbole de l’enfermement, du mensonge et des peurs
de la vie passée de Thomas.
Cette relation frère/frère qui s’installe entre
Thomas et le jeune Lucas est une rédemption, qui va venir exorciser
le passé, pour tenter d’accepter la vérité
et sortir enfin de la caverne…
Julien Bourières
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
Sortie en salles le 22 Mars 2006
Semaine de la Critique à Venise
Grand prix du jury et Prix du public au Festival de Belfort 2005
Réalisation : Eric Caravaca
Scénario : Eric Caravaca et Arnaud Cathrine, avec la
participation de Laurent Perreau d'après "La
route de Midland" d'Arnaud Cathrine.
Avec:
Julie Depardieu : Jeanne
Eric Caravaca : Thomas
Vincent Rottiers : Lucas
Maurice Bénichou : Joseph
Nathalie Richard : Suzanne
Maurice Garrel : Gilbert
Rémi Martin : Richard
Image : Céline Bozon
Montage image : Simon Jacquet
Son : François Maurel
Mixage : Gérard Lamps
Montage son : Benoit Hillebrant
Musique : Grégoire Hetzel
Décors : Valérie Saradjian, Patrick Durand
Costumes : Edwige Morel D’arleux
Producteur délégué : Michel Saint-jean
Casting : Brigitte Moidon
Directrice de production : Bénédicte Mellac
Distributeur : Diaphana
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- LE
DVD
DVD 9 - Zone 2 - PAL - couleurs
Image
& Son :
Ecran:
16/9
compatible 4/3
Format : 1,85
Son: Dolby Digital
& 5.1 et Dolby SR Français
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- BONUS
(58')
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Autour du Passager (51’)
Un excellent making-of,
où Eric Caravaca, revient sur toutes les phases du film (écriture,
repérages, direction d’acteurs, choix de la musique,
esthétique, montage...) Il explique entre autre, comment il
s’est retrouvé à jouer le rôle de Thomas
suite à un accident survenu à Yann Goven dans les premiers
jours de tournage, qui devait initialement interpréter le rôle
principal.
Les images de tournages sont complétées par les interventions
d’Arnaud Cathrine (auteur du roman original « La Route
de Midland » et co-scénariste), Laurent Perreau
(co-scénariste et collaborateur artistique), Céline
Bozon (directrice de la photo) et Simon Jacquet (Monteur), qui viennent
compléter ce documentaire passionnant et ultra complet. JB

* Déambulations (4’37)
Scènes coupées
au montage final, montrant le personnage d’Eric Caravaca perdu
au milieu du paysage de Port-la Nouvelle. JB
* Galerie de photographies défilante et musicale de la ville
de Port-la Nouvelle prises par Eric Caravaca (3'01)
* Filmographies
* Bandes-annonces
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| ENTRETIEN
AVEC ERIC CARAVACA |
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Comment est né le désir de passer à la mise en
scène avec Le passager ?
D’abord l’envie de diriger des acteurs. Savoir regarder
un acteur, l’orienter, faire en sorte qu’il s’oublie.
Et puis j’ai commencé la photo il y a dix ans. Le désir
de mise en scène est aussi venu de ce travail sur l’image.
C’est comme ça que vous avez eu envie d’adapter
« La Route de Midland » d’Arnaud Cathrine
?
Oui, en allant chez mon libraire, je suis tombé sur un de ses
livres : « L’invention du père ».
C’est comme ça que j’ai découvert son univers.
Dans « La route de Midland », l’histoire
de cette fraternité non advenue était un sujet qui me
touchait beaucoup.
Vous vouliez d’emblée écrire le scénario
du « Passager » avec Arnaud Cathrine ?
Quand on s’est rencontré, Arnaud avait envie d’écrire
pour le cinéma. Il y avait vraiment des points communs entre
nous, alors nous avons tenté l’aventure. Arnaud Cathrine
était complètement ouvert à l’idée
que l’on décale son histoire. Nous avons écrit
à quatre mains. Dans un deuxième temps, j’ai retravaillé
le scénario avec Laurent Perreau, car j’avais besoin
de m’approprier encire davantage cette histoire.
Gilbert, Thomas et Lucas dessinent trois générations
d’hommes...
Oui, avec en filigrane la figure du père absent, même
si l’on peut retrouver cette figure paternelle dans le personnage
de Maurice Garrel ou celui de Maurice Benichou. Toute l’histoire
est en fait construite sur ce schéma de la substitution (..)
C’est ce qui nous intéressait : la reconstitution d’une
famille.
Le passager raconte des personnages confrontés au poids
du passé. Mais en tant que cinéaste, on a l‘impression
que c’est filmer leur présent qui vous intéresse
avant tout. Ce regard porté sur le moment présent colore
votre film d’une grande douceur, d’une certaine mélancolie.
La violence de la disparition de Richard appartient au passé,
mais elle est tellement inscrite dans chacun des personnages qu’elle
contamine leur quotidien. C’est pour ça que je pouvais
me permettre de ne filmer que le présent. La mélancolie
vient sans doute de là, d’un passé qui ressurgit
presque malgré soit. J’ai essayé de traduire ce
sentiment par tous ces regards qui se cherchent, qui se perdent et
qui se trouvent aussi. La douceur vient sans doute de l’organisation
des dialogues. Au tournage, on sentait bien que le texte ne pouvait
pas se dire trop vite. Et cependant, avec Simon Jacquet, (..) nous
sommes allés à l’envers de cela : Nous avons essayé
de faire quelque chose d’assez dynamique. Le personnage de Thomas
ne cesse d’avancer le film. (..) Thomas sait qu’il ne
peut plus faire marche arrière. Nous avions envie de ce dynamisme-là
pour contrebalancer le rythme plus lent de certains dialogues.
Votre film est assez court et concentré sur l’intériorité
des personnages. D’emblée, vous aviez que vous iriez
vers cette économie du récit ou celle-ci s’est
construite au montage ?
C’est déjà présent au scénario qui
était assez sec. Le désir de coller au personnage était
aussi une envie de mise en scène : je voulais être proche
des acteurs, sans doute parce que je suis moi-même acteur de
formation. Mais aussi parce qu’en étant proche des acteurs,
à aucun moment, le décor devient le corps des personnages.
Et c’est ce qui m’intéresse.
Le choix des acteurs...
Pour le rôle de Suzanne, dès le début avec Arnaud,
nous écrivions pour Nathalie Richard. Julie Depardieu est venue
très vite aussi. Elle dégage une grande fragilité,
c'est une actrice très intuitive. Je la trouvais parfaite pour
le personnage. Julie a une faille en elle, qu’elle essaie de
cacher. Mais évidemment, comme tout ce qu’on essaie de
cacher, cela ressort d’autant plus. C’est pour cela que
je la trouve émouvante. J’aime travailler l’antagonisme
dans la direction d’acteur, par exemple jouer les choses dures
avec légèreté. C’est là que la tragédie
peut advenir et que je peux être touché, pas quand l’actrice
est bonne pleureuse.
Le dernier plan du film est construit sur eux mouvements contradictoires
: d’un côté les personnages qui s’en vont
vers l’avant, et de l’autre la caméra qui recule.
Ce dernier plan est au-delà de l’histoire du film. Il
convoque l’intériorité de Thomas, nous ne sommes
plus dans un mode narratif. Malgré la résolution de
l’histoire, il demeure une opacité. Thomas restera lié
à son frère, même si ce qu’il a vécu
pendant le temps du film va lui permettre de continuer..
(extraits du dossier de presse)
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