Le film est composé de 3 chapitres : Interior Design,
Merde et Shaking Tokyo.
Chacun d’entre eux est librement inspiré de Tokyo et
tourné au coeur de la ville.
"Interior Design" de Michel Gondry
Synopsis: Un jeune couple tente de s'installer à Tokyo.
L’ambition du jeune homme est claire, devenir réalisateur.
Quant à la jeune fille, plus indécise, elle a le sentiment
diffus de perdre le contrôle de sa vie.
Tous les deux se noient dans cette ville sans repères, jusqu’à
ce que la jeune femme, trop seule, devienne l'objet d'une étrange
transformation …
"Merde" de Léos Carax
Synopsis: Une ignoble créature sème la panique
et la mort dans les rues de Tokyo. Les media la surnomme « La
Créature des Egouts ». L'armée finit par la capturer.
Il s'agit d'un homme d'une civilisation inconnue, qui se fait appeler
Merde.
Son procès déchaîne les passions.
"Shaking Tokyo" de Bong Joon-ho
Synopsis: Depuis plus de dix ans, il est hikikomori. Il vit
enfermé dans son appartement, réduisant au minimum tout
contact avec le monde extérieur. Lorsque la livreuse de pizza
s’évanouit chez lui durant un tremblement de terre, l’impensable
arrive, il tombe amoureux. Peu après il apprend que la jeune
fille devient hikikomori à son tour. Osera-t-il franchir la
porte qui sépare son appartement du reste du monde ?.
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Il
fut un temps, celui tout particulièrement de la comédie
italienne des années soixante et soixante-dix, où le film
à sketches charmait par sa cohérence, c’est-à-dire
la subtilité du dosage entre ses thèmes et ses formes.
Les œuvres accolées se répondaient, s’enrichissaient
mutuellement, si bien que la notion de « politique des Auteurs
» n’avait plus grand sens car seule comptait la combinatoire
de leur rencontre, et c’est ainsi par exemple que dans Les
Nouveaux monstres signé Risi, Monicelli, Scola, la paternité
de chacun des épisodes n’apparaissait pas au générique.
Il fut un temps, en effet, où le metteur en scène négligeait
les velléités du démiurge venant en mettre plein
la vue au spectateur, comme un quelconque camelot haut en couleurs et
sûr de son fait, pour mieux mettre à l’honneur l’intelligence
de la coopération et de l’accord, rouage indispensable
plutôt que Machine désirante. Ce temps n’est plus,
puisque désormais c’est l’excès de singularité
qui est devenu le sésame permettant la reconnaissance. Et c’est
bien par le systématisme des rimes et des reflets entre ses films,
qu’un cinéaste, pour le meilleur et pour le pire, se fait
un nom, étant alors, aux deux sens du termes, reconnu, le film
à sketches n’ayant dès lors plus grand sens comme
l’échec quasi-total de Paris je t’aime était
déjà venu le démontrer. C’est d’ailleurs
bien pour cela que la bannière commune venant justifier l’entreprise
n’est plus rien d’autre qu’une ville, soit un lieu
où s’ébattre, plutôt que la contrainte d’un
thème à traiter. La singularité est toujours son
propre sujet.
Ce n’est donc pas Tokyo en soi qui importe, puisque le film à
sketch, genre devenu anodin, n’est plus qu’un prétexte
(le plus souvent économique), mais l’éventuelle
possibilité d’y trouver, parmi ses épisodes, une
œuvre importante. Et c’est le cas ! La mise en exergue de
l’individualité du créateur a certes permis à
toute une série de tâcherons avantageux de se croire cinéaste
parce qu’ils avaient des tics, mais elle a aussi favorisé
l’expression de poètes audacieux, irréductibles
à l’instrumentation sociale qui en a suscité la
venue. C’est bien là l’un des paradoxes de la modernité,
flatter l’expression singulière de chacun (pour mieux les
enrégimenter dans sa plate foi commune, une fois les détails
de présentation posés avec passion) mais parallèlement
nourrir en son sein ceux qui allant jusqu’au bout de la démarche,
refusent définitivement ses credos.
À côté de la bluette chic de Michel Gondry (qui
en bon publicitaire, ne crée un plan que pour en savourer la
chute, si bien que l’on s’y ennuie toujours jusqu’à
ce que l’on tressaille), de la fable insolite de Bong Joon-Ho
(illustrée sans l’acidité et l’hétérogénéité
formelle auxquelles ses longs métrages nous avaient habituées),
c’est bien Léos Carax qui prouve ici, avec le film Merde
de trente minutes, que son inventivité, sa poésie, sa
rage sont le cinéma, celui qu’il importe de ne pas perdre
de vue. Lui inventant une manière de marcher (comme Chaplin)
et un langage (comme Bergman) uniques, il fait de son monstre d’inhumanité,
une provocation à toutes les idées rondes, les processus
mentaux tournant en boucle, les pensées jamais intempestives
parce que toujours calibrées. Comme Brisseau (avec sa conception
mystique de la sexualité), comme Dumont (avec son panthéisme
sauvage), Carax ose. Contre le cinéma fonctionnel agrémenté
de manières, il ose des séquences prodigieuses de drôlerie
et riches de malaise, qui ne s’arrêtent pas après
l’émoi ou le rire brefs, mais persistent dans une sorte
de transe insolente faite de split-screens excessifs, démultipliant
les points de vue jusqu’à l’absurde, de gros plans
indécents, avant la déflagration de la dynamite ou du
verbe, de travellings ou de plans fixes articulés mélodieusement
entre eux, comme les pamphlets chantés par Ferré.
Il ose affirmer que l’Autre n’est ni aimable ni condamnable
puisque jamais là où on pensait le trouver, le trouver
pour l’acculer et lui faire rendre gorge, autrement dit l’assimiler,
qu’il est incontrôlable et par là même ferment
des seules rencontres qui vaillent. Contre vents et marées, tant
d’années après le somptueux Pola X qui
tenait tout autrement le même discours, Léos Carax demeure
ainsi un antimoderne rayonnant.
Ludovic Maubreuil |
SHAKING TOKYO


INTERIOR DESIGN


MERDE





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Michel Gondry
Le début du film présente un jeune couple confronté
à la difficulté de s'installer dans une grande ville inconnue.
Le propos du film n'est cependant pas de décrire Tokyo comme
une mégalopole inhumaine ; mais de mettre en lumière la
personnalité d'une jeune fille qui ne voit pas l'utilité
de se fondre dans le monde professionnel des adultes. Cette première
partie sera pleine de vie et d'humour, particulièrement dans
les moments d'intimité du couple. On suivra ensuite la jeune
fille dans son voyage intérieur, quand elle se coupe petit à
petit des autres et se détourne du rôle qu'elle tenait
jusque-là. La tournure surréaliste que prend le film lorsque
lentement elle se transforme en chaise, reflète son état
mental d'une façon horrible et cependant cinématique,
à la manière de Roman Polanski dans Répulsion dans
Le Locataire.
Bong Joon-ho
Tokyo est une cité dotée d'une atmosphère propre,
d'un espace singulier. Montrer par le cinéma ce « quelque
chose » que possède la ville est excitant en soi. Quelles
sont donc les images que l'on peut évoquer de cette ville, si
familière et étrangère à la fois, en tant
que réalisateur et en tant qu'étranger ? L'impression
de vertige que l'on éprouve, un peu comme lorsque tout le monde
disparaît d'un coup des rues encombrées de Shibuya... Les
mouvements et les expressions des gens sur les passerelles piétonnes
qui semblent imperceptiblement sous contrôle... Un chat isolé
qui se tient debout dans la petite ruelle d'un quartier silencieux...
Une drôle d'histoire d'amour entre un homme et une femme qui se
déroule dans l'atmosphère de Tokyo. Ce film, aussi court
soit-il, est une étrange histoire d'amour.
Leos Carax
Merde est un monstre, un maudit. Merde est un Mr Hyde, projeté
dans le monde d'aujourd'hui. Mais où se cache son double, son
créateur, Dr Jekyll ? En vous et moi
de décrire Tokyo comme une mégalopole inhumaine ; mais
de mettre en lumière la personnalité d'une jeune fille
qui ne voit pas l'utilité de se fondre dans le monde professionnel
des adultes.
Cette première partie sera pleine de vie.
Les producteurs
Le mot grec « rhapsodie » désigne une « œuvre
composée de plusieurs morceaux présentés les uns
après les autres ». Notre projet est une fantaisie en trois
mouvements, trois réalisateurs autour d'un seul et même
motif : Tokyo. Peu importe si chaque pièce semble dissonante
par rapport aux autres, puisque c'est l'assemblage des trois qui formera
l'œuvre unique. Une «Tokyo Rhapsody », très
précisément. Les villes évoluent. Mais si Paris
ou New York ont réussi conserver un équilibre entre tradition
et évolution, Tokyo est une ville condamnée à se
développer sans cesse. La croissance économique a changé
la ville à un rythme exponentiel. Cette métropole gigantesque
est un décor de film en soi. Ce n'est ni une ville calme ni une
ville posée, elle déborde d'une énergie vertigineuse.
Vue de l'étranger, Tokyo est passée de ville exotique
à « Tokyo! », un ensemble complexe et fantasmé
émanant d'un futur proche... La raison pour laquelle nous voulons
faire de ce projet un film composite et non une longue histoire dépend
directement de la nature de la ville et de ses habitants, le paysage
urbain qui apparaît et disparaît brusquement et de manière
inattendue, le comportement singulier des gens qu'aucune mode n'étonne
plus vraiment. Il y a quelque chose d'absurde dans Tokyo! Le choix de
trois réalisateurs accomplis, dotés d'une sensibilité
riche, fertile, et si différente permettra de capter l'esprit
réel de Tokyo !
(Extrait
du dossier de presse)
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