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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Patrice
Chagnard aime filmer le monde depuis un véhicule. Il y a 10 ans,
il réalisait Le convoi (lire
aussi notre critique), le long périple d'un camion humanitaire
à travers l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine, la
Russie et la Géorgie pour rejoindre l'Arménie. Assis à
la droite du conducteur, il partageait le quotidien et la tension de
ces hommes de l'ombre sans pour autant dresser une apologie de leur
engagement. La route ici a moins d'importance, mais c'est bien du même type d'homme auquel on a affaire dans ce nouveau documentaire de Patrice Chagnard: discret, modeste, banal, mais avec ce gros supplément de courage, d'abnégation et de passion qui fait la différence avec Monsieur-tout-le-monde. Ce ne sont pas des surhommes (à l'image de ceux que l'ont croisera peut-être dans World Trade Center, le film-évènement de Oliver Stone consacré aux pompiers du 11 Septembre !?) mais des hommes et des femmes qui ont d'abord envie de se confronter aux limites de la vie et de la mort. Un besoin inconscient de se sentir exister. Et c'est bien un désir individuel de mettre le feu à une vie terne et monotone qui les emmène à franchir le pas de la caserne. Momo cherche le "feu de ses rêves: un feu d'appartement ou même un feu de cave, ça peut être sympa !" confie-t-il à l'un de ses coéquipiers. Chagnard ne fait pas l'impasse sur ce sentiment égoïste mais si naturel de vouloir vivre des émotions fortes et évince par ce biais l'image de faïence du pompier voué corps et âme au secours de son prochain. Et c'est bien la grande et belle leçon de ce film que de nous montrer que la solidarité n'est pas innée, mais qu'elle s'apprend comme tout ce qui grandit l'homme. Chagnard met à l'honneur le groupe, fait l'éloge du collectif tout en dressant par petites touches le portrait de chacun: ses motivations, ses doutes, ses fatigues et ses joies. "Quand ne faut-il pas faire une réanimation ? Réponse: lorsque la tête est séparée du tronc". Entre cet humour pompier à la réunion du matin et un massage cardiaque qui ne sert plus à rien le soir, entre une bataille d'eau dans la caserne et un accidenté de la route l'après-midi, le pompier volontaire a le coeur qui passe d'une extrême à l'autre sur son cardiogramme quotidien. Et de la même manière que Depardon nous avait présenté le travail de proximité des policiers d'un commissariat parisien dans Faits Divers en 1983, Chagnard montre l'importance des interventions les plus minimes auprès de la population pour réconforter une vieille dame seule, dérangée par une fuite d'eau ou cet autre personne secourue pour un problème cardiaque et qui évoque son licenciement et sa difficulté à retrouver du travail après 50 ans. Petit à petit se dessine le visage de la France qui souffre silencieusement et qui n'est pas bien différente de celle filmée par Depardon 20 ans auparavant. Laurent Devanne |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| PROPOS DE PATRICE CHAGNARD | ||||
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Depuis
quelques temps, je trouvais que la société, la politique,
le monde, tout allait mal et même de mal en pis. Je cherchais
donc, pour mon propre compte, un antidote, quelque chose à filmer
de joyeux et de vivant, n'importe quoi de fort, qui résiste à
la télé-réalité et au cynisme ambiant. Je
cherchais naturellement du côté des jeunes. J'espérais
trouver parmi eux ces « héros positifs » qui ont
la vertu de rappeler le sens des choses et conforter l'envie de vivre
quand tout va mal. |
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| LES SAPEURS POMPIERS EN FRANCE | ||||
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Ils sont 200 000 volontaires, contre 35 000 professionnels - Ils sont 25 000 jeunes sapeurs-pompiers (JSP), de 10 à 18 ans, à se familiariser avec le secourisme, la lutte contre l'incendie, la discipline et le civisme... - 3 730 000 interventions par an, une intervention toutes les 8 secondes |
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