)))  LADY VENGEANCE
        
  de Park CHAN-WOOK                      

 

  • Thriller - 2005 - États-Unis - durée: 1h55 (+95' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 8 juin 2006
  • ÉDITION COLLECTOR 3 DVD
    Éditions Metropolitan FilmExport
  • Prix de vente conseillé : 25

SYNOPSIS

Après Sympathy For Mr. Vengeance et Old Boy, Park Chan Wook clôt sa trilogie sur la vengeance et fait honneur aux dames… C'est au tour d'une demoiselle, prénommée Keum-ya, de vouloir se venger d'un meurtrier d'enfant après avoir fait treize ans de prison à sa place…
Geum-ja, une belle jeune fille, devient un personnage public lorsqu'elle est accusée de l'enlèvement et du meurtre d'un garçon de 5 ans. Ce crime atroce obsède les médias. Geum-ja passe aux aveux et est condamnée à une longue peine de prison. Elle va consacrer ses 13 ans d'enfermement à la préparation méticuleuse de sa vengeance contre son ancien professeur Mr. Baek....

 
   
POINT DE VUE
Explosif, inventif, lyrique… Le cinéma asiatique balaye tout sur son passage depuis quelques années. La Corée du Sud est sûrement le pays le plus emblématique de cette nouvelle fraîcheur salvatrice du 7ème art.
Après la Nouvelle vague en France dans les années 60, celle des États-Unis des années 70, voici celle de la Corée du Sud, vivier de jeunes cinéastes (parmi lesquels Im Kwon-teak, Hong Sang-soo, Kim Ki-Duk), qui nous offrent de véritables perles cinématographiques .
Alors si vous aimez le cinéma sud-coréen, vous aimez obligatoirement Park Chan-Wook. Après JSA (Joint security area) en 2000, sa première réalisation officielle, le réalisateur va se lancer dans une trilogie sur le thème de la vengeance. Exercice périlleux car si souvent abordé au cinéma, Park Chan-wook, va pourtant nous livrer une relecture époustouflante de la vengeance, à mille lieues des films à l’Américaine où la violence ne se justifie que par sa propre surenchère (n’est-ce pas monsieur Tarantino ?).
Car chez Park Chan-wook, la violence existe, elle est même omniprésente, comme dans la vie. Le réalisateur n’essaie même pas de la justifier. Il ne prend jamais parti. Il la filme de façon brutale et sans concession. La violence grimpe en même tant que le désir de vengeance jusqu’à son climax. Point culminant interrogatif pour le vengeur, qui se demande si cette vengeance est justifiée ? Si elle l’aidera à aller mieux ? S’il pourra enfin vivre normalement ? Pour finalement se confronter à lui-même.


Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Old boy (2003) et Lady vengeance (2005) forment donc cette trilogie sur la vengeance. (On pourrait même rajouter Cut ! le segment réalisé par Park Chan-wook du film à sketch « 3 extrêmes » sorti en 2004, dans lequel un figurant de cinéma décide de se venger d’un réalisateur peu reconnaissant).

Que dire donc de ce dernier opus, qui fut attendu tel le messie par les fans du metteur en scène coréen ? De la déception, avec léger sentiment de s’être fait arnaquer. Ne hurlez pas tout de suite, je m’explique !
Avec Sympathy for Mr. Vengeance, Park Chan-wook, signait un film froid et contemplatif. Peu narratif et quasiment dénué de musique où la vengeance donnait lieu à une interrogation : L’aidera-t-elle à aller mieux ? Une vengeance froide sans calcul, mais terriblement terrifiante car ultra réaliste. La mise en scène de Park Chan-wook servait totalement son propos en étant à la fois discrète et inventive. (Exemple : La scène où le flic interroge le père, après la découverte du cadavre de sa fille, la caméra est fixée sur le policier, laissant le père hors-champ).
Un an plus tard, Old Boy débarque sur la croisette et fracasse tout sur son passage. Cette fois, la vengeance est flamboyante, exagérée, survoltée. Nourrit d’une mise en scène délirante, à grand renfort d’effets spéciaux, d’une musique lyrique omniprésente et surtout de l’acteur principal, le grand Min-sik Choi, enchaînant des scènes plus époustouflantes les unes que les autres. Résultat, un Grand Prix du Jury mérité (Palme d'or officieuse, derrière la récompense politique donnée à Fahrenheit 9/11 de Michael Moore).
Lady Vengeance vient clore cette trilogie. Cette fois le visage de la vengeance est celui d’une femme, interprétée par la ravissante Yeong-ae Lee, déjà présente dans JSA. Comment le réalisateur va-t-il réussir à renouveler son propos ? Premier point négatif, la vengeance va mûrir pendant de longues années en prison comme dans Old Boy, sauf que cette progression n’est pas clairement montrée, diminuant au passage la tension dramatique du film. Se renouveler avec trois films sur le même thème n’est pas évident pour Park Chan-wook, alors il décide d’aller dans l’esbroufe visuelle. Car si l’exagération visuelle d’Old Boy était justifiée par son genre d’adaptation (Old Boy est tiré d’un Manga du même nom), celle de Lady Vengeance ne l’est pas du tout. Ne sachant clairement pas où aller (La recherche de la vengeance, d’une fille involontairement abandonnée…), le réalisateur use d’effets de mise en scène qui ne sont ici que tics prévisibles et volonté d'épater. La violence va exploser dans la dernière séquence, après des scènes, certes bien filmées mais incohérentes. Résultat des courses, on a l’impression que notre cher réalisateur coréen nous sert un « Old Boy 2 » mais sans véritable histoire. Dommage, car le film aurait pu sublimer l’ensemble de la trilogie.

Park Chan-wook aurait dû se souvenir de ce que disait Jean Gabin: «Pour faire un bon film, il faut trois choses essentielles: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire ».


Julien Bourières


 

 

 

 

 

 

 







FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Grand Prix au Festival de Cannes 2004
    Sortie en salle : 16 Novembre 2005 - Interdit au moins de 16 ans.
    Titre original : CHIN-JEOL-HAN GEUM-JA-SSI

    Réalisation
    : Park Chan-wook
    Producteur exécutif : Miky Lee
    Produit par : Lee Tae-hun, Cho Young-wuk
    Scénaristes : Chung Seo-kyung, Park Chan-wook
    Directeur de la photographie : Chung Chung-hoon
    Lumière : Park Hyun-won
    Ingénieur du son : Lee Seung-chul
    Montage : Kim Sang-bum, Kim Jae-bum
    Distributeur : Métropolitan Film
    Editeur DVD : Seven 7

    Avec:
    Lee Young-ae : Lee Geum-ja
    Choi Min-sik : Baek
    Kwon Yea-young : Jenny
    Kim Si-hu : Geun-shik
    Nam Il-woo : Chef Choi

    Site officiel du film

  •  LES DVD

    DVD 1

    Le film dans sa version cinéma.
    - Transfert 16/9 compatible 4/3 au format 2.35 respecté, tiré d'un master haute
    définition.
    - Dolby Digital 5.1 coréen et français
    - DTS 5.1 français
    - Sous-titres français
    - Commentaire audio du réalisateur et de l'actrice principale
    - Commentaire audio du réalisateur et de l'équipe du film

    DVD 2
    Le film dans la version du réalisateur (passant de la couleur au noir et blanc)
    - Transfert 16/9 compatible 4/3 au format 2.35 respecté, tiré d'un master haute
    définition.
    - Dolby Digital 5.1 coréen et français
    - DTS 5.1 coréen
    - Sous-titres français
    - Présentation de Park Chan-Wook

    DVD 3 / BONUS (95')
    Au menu, un making-of très instructif sur les conditions de tournage du film. On s’aperçoit qu’en plus d’être un bon technicien, Park Chan-Wook, maîtrise parfaitement son équipe en créant une très bonne atmosphère de tournage.
    Le DVD nous propose également des interviews de Lee Yong-ae, Choi Min-sik, des acteurs jouant le rôle des détenues et des familles des victimes ; Les scènes coupées au montage avec les commentaires du réalisateur et de l’actrice principale ; Un petit documentaire sur la présentation du film au Festival de Venise ; Un autre bonus, intitulé «
    Le Style de Lady Vengeance », très intéressant, sur la conception visuelle, des décors, des costumes et maquillage, des effets visuels et numériques, qui permettent de mieux comprendre (sans excuser) les intentions de mise en scène du réalisateur.
    JB

    - Making-of (11')


    - Interviews (26')

    - Le Style de Lady Vengeance (37')
    - Scènes alternatives commentées (13')
    - Présentation à Venise (8')
    - Diaporama
    - Galerie d'affiches
    - Bande-annonces
    + 1 livret collector

NOTES DE PRODUCTION


S
ympathy For Mr. Vengeance
« Je voulais que, dans la première partie, les spectateurs aient pitié du kidnappeur, un pauvre ouvrier qui essaie juste de sauver sa sœur. Ils devaient ressentir de la compassion, de la sympathie pour lui. Dans la deuxième partie, en revanche, ils s'identifient forcément au père de la petite fille enlevée. Ce qui me plaisait, c'était que les spectateurs ne sachent plus sur quel pied danser, de quel côté se situer. Qu'ils se demandent : Est-ce que je souhaite que le riche papa accomplisse sa vengeance ou au contraire que le kidnappeur s'en sorte ? Cette confusion-là était le cœur du film. »

Old Boy : Le héros d'Old Boy a été emprisonné 15 ans sans savoir par qui ni pourquoi. À sa sortie, il est presque conditionné pour chercher à se venger. La distance morale vient de ce que cette pulsion est précisément ce qui cause sa perte. En croyant se venger de son tourmenteur, il est manipulé : il accomplit en fait la vengeance de ce dernier à son encontre. Il est l'instrument de sa propre destruction.

Lady Vengeance : Dans Sympathy For Mr. Vengeance , on adhérait à la revanche du père mais on souffrait pour ses victimes. Dans Old Boy, le spectateur soutenait la quête de vengeance du héros, avant de comprendre qu'elle se retournait contre lui. Dans Lady Vengeance, Geum-ja a mûri son plan en prison pendant près de 13 ans pour se venger du monstre qui a brisé sa vie. Mais soudain, alors que tout est en place, elle s'efface et laisse els autres victimes du même homme se venger à sa place. Et c'est ainsi qu'elle comprend son erreur et qu'elle réalise que la violence n'a aucune vertu rédemptrice.

Le film coréen le plus attendu de 2005
Après avoir remporté le Grand Prix à Cannes en 2004 pour son thriller sombre et violent Old Boy, Park Chan-wook a créé la surprise en annonçant que le dernier volet de sa sanglante trilogie de la vengeance aurait une femme pour personnage principal. Quand on a su que le rôle serait confié à l'actrice Lee Young-ae (immensément populaire en Asie pour des films comme One Fire Spring Day et des séries télé comme "The Jewel in the palace") et que l'objet de sa vengeance ne serait autre que Choi Min-sik (la star dérangée d'Old Boy), l'attente suscitée par Lady Vengeance est encore montée d'un cran. C'est la première fois que Park Chan-wook retrouve Lee Young-ae depuis le succès historique de Jsa (Joint Security Area) il y a cinq ans. Après s'être focalisé sur des personnages masculins dans les deux premiers volets de sa trilogie, Park voulait s'engager dans une toute autre direction. Avec l'image sereine et douce de Lee Young-ae constamment à l'esprit, Park a écrit le personnage de Geum-ja une femme pleine de mystère, à la fois le plus céleste des anges et le plus sombre des démons. Lady Vengeance est le résultat de cette collaboration inattendue entre le cinéaste et sa comédienne.
Là où les deux premiers films traitaient de la vengeance agressive et explosive de personnages masculins, Lady Vengeance adopte le point de vue d'une femme oeuvrant avec patience à la réalisation de sa quête vengeresse et à la concrétisation de sa colère. Le motif central du premier film était l'enlèvement, celui du second, l'enfermement. Deux thèmes encore présents dans Lady Vengeance, mais auxquels vient s'ajouter celui de l'expiation..

FILMOGRAPHIE DE PARK CHAN-WOOK
1992: Moon Is... Sun's Dream (réalisation)
1997: The Trio (réalisation)
1999: Judgement (court-métrage de 26 minutes, réalisation et scénario)
2000: Joint Security Area (réalisation et scénario)
2002: Sympathy for Mr. Vengeance (réalisation et scénario)
2003: If You Were Me (court-métrage, réalisation et scénario)
2003: OldBoy (réalisation et scénario)
2004: 3 extrêmes (segment Cut, réalisation et scénario)
2005: Lady Vengeance (réalisation et scénario)

BIOGRAPHIE DE PCW ICI
 

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