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| SYNOPSIS | ||||||
Abel
Ferrara:Not Guilty est le portrait d'un cinéaste hors-normes,
des plus politiques, dont l'unique obsession est de tourner, coûte
que coûte. Son refus du système, sa marginalité
ont écarté d'emblée toute approche conventionnelle:
il n'y a pas de questions-réponses, pas d'entretiens. |
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| POINT DE VUE | ||||||
| Les
mythiques collections des Cinéastes de Notre Temps et
Cinéma de notre Temps sont d’autant plus riches
qu’elles ne se ressemblent pas d’un épisode à
l’autre. La majorité des épisodes sont réalisés
par des réalisateurs chevronnés qui tentent d’accoucher
d’un portrait original de l’auteur étudié. Certains
y arrivent en demeurant très classiques, d’autres en plagiant
le style du réalisateur, d’autres sont juste très
documentés, d’autres encore relisent l’œuvre grâce
à l’éclairage du réalisateur qui s’y
prête complaisamment : toutes les formes existent. I’m Not Guilty de Rafi Pitts, qui explore autant l’œuvre que la personnalité d’Abel Ferrara, fait partie de la catégorie la plus rare de ces portraits, celle qui s’intéresse humblement davantage au mystère du réalisateur qu’à l’éclaircissement de son œuvre. D’ailleurs le documentaire, tourné selon toute apparence sur plusieurs jours, donne l’impression d’avoir été tourné in extenso, pendant une longue nuit délirante au cours de laquelle on assiste à l’errance d’Abel Ferrara en quête de quelque chose… mais on ne saura jamais quoi exactement ! A la toute fin du film, Rafi Pitts pointe sa caméra, qui n’avait jusque là guère quitté Ferrara, sur l’aube qui se lève : mais plutôt qu’un éclaircissement, cet aube est un éblouissement où l’on voit Ferrara se fondre dans la lumière et disparaître à jamais, perdu dans ses pensées confuses… et ses rêves de cinéma. Ferrara parle peu de cinéma (il s’y refuse plutôt) ou reste au niveau de l’anecdote, mais il y revient toujours malgré lui car son errance dans New-York, de café en café, de taxi en taxi, de répétition avec des acteurs à un meeting sur son dernier scénario, de loft en loft, de magasin de musique en studio d’enregistrement, de rencontre de passage à un ami oublié de passage… prouve que son cinéma a vampirisé sa vie. Ses fameuses logorrhées verbales mêlent son amour de la musique, de l’alcool, des femmes, de la drogue, des acteurs… de tout et surtout de rien à la fois. Il se met en scène mais donne la triste impression d’improviser sa vie… Tout comme les rares instants où l’on suit Ferrara sur le tournage d’un clip, qu’il vit comme un zombie. Il a des visions mais personne ne semble vouloir l’accompagner dans ses visions… Ferrara est un homme seul – un artiste (mis) à part. Le rythme heurté du film annonce à chaque plan la fin du film mais celui-ci repart sans cesse, comme la carrière chaotique d’Abel Ferrara. Dans un moment de lucidité, quand une personne rencontrée tient à lui parler de Jean-Luc Godard, l’œil fatigué de Ferrara s’éclaire soudain et le réalisateur s’écrie : « le non-sens du sens ! »… Doit-on trouver dans cette sentence le sens (ou le non-sens) de son cinéma – et de sa vie ? Nachiketas Wignesan |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||||
LE FILM Réalisation: Rafi Pitts Image : Olivier Guéneau, Pauline Coste Son: Jean Minondo Montage: Danielle Azenin, Fabio Balducci Mixage: Anne Louis Coproduction: AMIP - INA - Arte __________________________________________________________________________ LE DVD
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