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| SYNOPSIS | ||||||
Depuis
1981, Aki Kaurismäki a produit, écrit et réalisé
vingt-deux films et d'une certaine façon, il a ressuscité
le cinéma Finlandais. À quarante-trois ans, il a déjà
réalisé une œuvre cinématographique importante.
Il est un des cinéastes les plus rapides au monde. Kaurismäki
est un artisan cinéaste. Il travaille à l'intérieur
d'une économie qu'il gère au plus près et où
rien ne doit être gaspillé. C'est à ce prix qu'il
garde son indépendance. La plupart du temps, il fabrique ses
films avec les matériaux qu'il trouve autour de lui. Tout ce
qu'il observe, les décors, les personnes qu'il rencontre et qu'il
aime, se retrouvera tôt ou tard dans un de ses films. C'est pourquoi
une ballade dans l'univers de Kaurismäki ressemble à une
ballade dans les films de Kaurismäki. Tout se tient. On y est. |
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| POINT DE VUE | ||||||
| Aki
Kaurismäki se cache. Derrière un verre d'alcool derrière
un comptoir; derrière ses décors et ses objets qu'il conserve
de façon compulsive; derrière cet humour noir qu'il brandit
comme un bouclier face à ce mal de vivre chronique qui l'habite.
En tout cas, ce ne sont pas les sages travellings de Guy Girard qui nous
permettent de découvrir un autre visage que celui que l'on connaît
du cinéaste finlandais, autiste et dépressif. La mise en
scène millimetrée de ce documentaire ne fait que le contourner
tel un iceberg en pleine mer du Nord. Au fil de
ce documentaire, on sent le souci de perfection qui hante Kaurismäki,
ce besoin de tout maîtriser jusqu'à sa propre image. Il semble
même déposséder Guy Girard de la mise en scène,
contrôlant le tempo de la discussion, ses déplacements dans
l'image et décidant même parfois quand il faut couper la
caméra. Interrogé sur l'écriture, le montage de ses films par de sérieux critiques finlandais, Irmeli Debarle et Peter Von Bagh, il répond soit par une blague, soit par une pirouette de langage ou parfois très sérieusement. Destabilisant son interlocuteur, il joue à cache-cache, peut-être de peur d'être rattrapé par une gravité existentielle !? Guy Girard choisit d'approcher cet ours nordique par l'extérieur. Nous visitons la tanière du cinéaste qui sert très souvent de décor à ses films: l'hôtel Oiva, le Honolulu Bar, le port d'Helsinki. Dans des petits casiers d'archiviste, Kaurismäki conserve amoureusement les objets les plus hétéroclites et inutiles. De son bric-à-brac, il nous présente un pommeau de douche, des fils électriques hors d'usage, une presse ("pour éliminer sa propre tête"), un tampon du siècle dernier, des chapeaux qui lui rappellent des personnages de cinéma. "Je ne supporte pas la châleur humaine et je me réfugie au milieu de tout cela. Je conserve. C'est tout juste si j'arrive à me conserver moi-même". La pensée de la mort est sa compagne quotidienne, présente à chaque tournure de phrase et au détour de chacun de ses films. Guy Girard ne s'y trompe pas et ouvre son portrait sur une séquence de Juha . On y voit André Wilms assis à son bureau, un revolver sur la tempe et au lieu d'un coup de feu, c'est un craquement d'orage que l'on entend. Il repose l'arme et ouvre sa Bible. Dieu vient-il de le sauver une nouvelle fois ? Bien sûr que non. Kaurismäki est seul et ce n'est pas Godot qu'il attend. Ce qu'il veut c'est disparaître ou plutôt se cacher une dernière fois. Laurent Devanne |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||||
LE FILM Réalisation: Guy Girard Image : Laurent Fénart, Heikki Färm Son: Jean Minondo Montage: Do Marcombe, Fabio Balducci Traductions: Irmeli Debarle Coproduction: AMIP- Arte France - Sputnik Oy-Yle/TV1D __________________________________________________________________________ LE DVD
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