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Ouvrant
ses dossiers, dévoilant ses cahiers de notes, projetant sur le
mur des essais tournés en super-8, fournissant les preuves de
ce qu'il avance, Éric Rohmer, cinéaste secret par excellence,
se livre comme jamais sans doute il ne l'a fait auparavant.
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L’homme qui décline
les interviews et refuse de se faire photographier, se laisse ici apprivoiser
par son ami critique de longue date. C’est presqu’une réunion
de famille qui a lieu ce 18 mai 1993, avenue Pierre 1er de Serbie: Labarthe
filme, Éric Rohmer dans le champ, Jean Douchet en contrechamp.
Sans la familiarité de ce trio de vieux briscards de la Nouvelle
Vague, ce film n’aurait sans doute jamais vu le jour car on sait
aujourd’hui l’importance du secret dans la vie et l’oeuvre
de Éric Rohmer. 
Et pour le coup, du haut de ses 74 ans, celui que l'on surnommait "Le
grand Mômo" au temps des Cahiers jaunes, en bon professeur,
nous déballe tous ses petits secrets de fabrication. Et ce, de
façon méthodique et programmée. Et c’est
là où le film de Labarthe rejoint l’esprit ludique
des films de Rohmer, c’est que tout est déjà en
place dans le champ de la caméra et va nous être dévoilé
petit à petit.
Tout commence par cette étagère derrière lui, de
laquelle il extrait ses petits carnets de voyage. Il y travaille la
musicalité de ses dialogues en alexandrins. Puis, dans un autre
rayonnage, il sort des cahiers d’écoliers. Précision
de taille: la couverture a une couleur précise selon la teinte
du film ! Il y note les idées, les prémisses de ses futures
histoires. On avait aussi repéré ce magnétophone
posé sur son bureau. C’est là qu’intervient
une boîte à gateau idéale pour y ranger des cassettes
audio. Lecture. Il nous fait écouter les voix de ses comédiens
enregistrées pour chercher le ton juste des personnages. Et puis,
au pied de son bureau, il y a une petite valise rouge qui renferme deux
mandarines de 800 watts, quelques calques, une multiprise, une ampoule
photo flood et un tube de 1000 watts. En tout et pour tout, 2600 watts
qui constituent l’essentiel de son éclairage pour chacun
de ses films ! Nestor Almendros, son chef opérateur doit faire
avec...

Mais ne soyons pas dupe, sous ses airs de petite cuisine artisanale
se cache une grande science de la mise en scène. C’est
le deuxième mouvement du film. Car la leçon ne s’arrête
pas là. Sur son téléviseur de salon (à gauche
de son bureau), il se plie au petit jeu de l’analyse filmique
et décortique quelques séquences parmi ses comédies,
Conte de printemps, Le genou de Claire, Le beau mariage et
Les nuits de la pleine lune. L’occasion pour Jean Douchet
de le questionner et de dégager les grandes thématiques
rohmériennes: la place du hasard, l’influence de la peinture
moderne, la religion du direct, la rivalité sociale, la primauté
de l’idée.
Loin de l'austérité intellectuelle qui entoure Éric
Rohmer, ce film est une approche pédagogique, joyeuse et inédite
de son oeuvre.
Laurent
Devanne
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LE FILM
Réalisation:
André S. Labarthe avec la participation de Jean Douchet
Image : Maurice Perrimond
Son: Xavier Vauthrin
Montage: Danielle Azenin
Commentaire: André S. Labarthe dit par Arielle Dombasle
Coproduction: AMIP- La Sept Arte
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LE DVD
- Image
: DVD 9 - Toutes zones - Tous publics
Ecran 4/3 – Format 1.33
- Son:
mono
- Langue:
français
- Durée
du film: 117'
- Bonus
(5')
Bande-annonce de la série Cinéma, de notre temps
présentant les numéros à paraître
(voir la liste ci-dessous).
- En
complément
:
La présentation du dvd est vraiment très agréable
et de qualité : il ressemble à un livre (couverture
cartonnée) avec d'un côté le dvd et de l'autre
un livret très fourni. On retrouve là l'importance de
l'écrit, de la littérature dans l'univers de Rohmer
et Labarthe.
Le livret est en 2 parties:
1) les 25 premières pages sont consacrées à
la collection Cinéma, de notre temps, avec:
- un long entretien avec André S. Labarthe par Luc Lagier
- un texte sur A.S.Labarthe par Antoine De Baecque
- un texte sur Jeanine Bazin par ASL
- une filmographie complète de la collection depuis 1964 à
aujourd'hui.
2) 20 pages sont consacrées au film sur Rohmer:
- une très longue conversation (13 pages) avec André
Labarthe par Sylvain Coumoul, rédacteur aux
Cahiers du cinéma
- une filmographie choisie de ASLabarthe
- une biographie
& une filmographie de Rohmer par Sylvain Coumoul.
Directeur éditorial du livre: Luc Lagier
- Numéros
déjà parus et à paraître:
HHH, Portrait de Hou Hsiao-Hsien
par Olivier Assayas
Takeshi Kitano, l'imprévisible
par Jean-Pierre Limosin
John Cassavetes
par André
S. Labarthe
Aki Kaurismäki par
Guy Girard
Abel Ferrara: not
guilty par Rafi Pitts
Chahine and co par Jean-Louis Comolli
Oliveira l'architecte par Paulo Rocha
Abbas Kiarostami,vérités et songes par Jean-Pierre
Limosin
Shohei Imamura, le libre penseur par Paulo Rocha
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