)))  CINÉMA 16 : COURTS MÉTRAGES                              AMÉRICAINS
  
De Tim BURTON, Peter SOLLETT, Andy WARHOL, Alexander PAYNE, George LUCAS, Gus VAN SANT, Todd SOLONDZ, Stefan NEDELMAN, Da PENNEBAKER, Adam DAVIDSON...

 

  • 1943 à 2006 - USA - durée: 3h24
  • Sortie à la Vente en DVD le 6 juillet 2006
  • Prix de vente conseillé: 20€
  • Éditions Blaq out

SYNOPSIS

CINÉMA 16 est un label dédié au court-métrage, exclusivement distribué en France par Blaq Out, qui rend hommage au format court en rendant disponibles en DVD une sélection prestigieuse et exigeante de films primés ainsi que quelques-uns des plus grands classiques.
Qu’il s’agisse des premières œuvres de cinéastes aujourd’hui établis, voire cultes, ou des débuts de jeunes réalisateurs prometteurs, les 16 court-métrages réunis pour la première fois par CINEMA 16 dans cette édition DVD offre un panorama unique et éclectique au cinéma d’auteur américain, sur les soixante dernières années.

VOIR AUSSI
CINÉMA 16
EUROPÉEN
 
POINT DE VUE
Blaq out nous régale avec ces volumes de 2x16 courts métrages, l'un consacré au cinéma européen et le second au cinéma américain.
Un petit voyage à travers 60 ans de courts métrages américains, (le plus ancien date de 1943, Meshes of the afternoon un petit film avant-gardiste qui annonce le cinéma expérimental des Stan Brakhage et Kenneth Anger), voilà ce que propose cette sélection de Cinéma 16. Globalement moins réussis ou originaux que ceux du volume européen, ces films courts offrent tout de même quelques perles et raretés absolues telles que les premiers essais de Gus Van Sant et Tim Burton (et le terme même d'"essai" est mal approprié tellement ces petites oeuvres sont abouties) ou encore des petits ovnis tels que ce Necrology de Standish Lawder ou le Screen test d'Helmut par Andy Warhol. Les amateurs de films plus linéaires et narratifs seront également comblés par Lunch Date, George Lucas in love ou l'excellent Five feet high and rising.
Cette fois-ci, contrairement au DVD Cinéma 16 Européen, un effort de sous-titrage a été fait et permet d'apprécier à leur juste valeur les nombreux commentaires audio des réalisateurs et qui ont, pour ces petites oeuvres rares, une grande valeur.

Laurent Devanne


LES FILMS
                                       
               
       
    1. THE LUNCH DATE de Adam Davidson
    1990 - 8 mn

    Avec
    :
    Scotty Bloch (la femme), Clebert Ford, Bernard Johnson, Paul Sarnoff (le serveur)
    Compositeur : Thomas Cabaniss
    Directeur de la photographie : Anghel Decca

    Sujet: Le soir, dans une gare centrale, une femme s'apprête à prendre son train. Mais elle le rate pour avoir été bousculée par un voyageur et perdu du temps à récupérer ses affaires dispersées sur le sol. En attendant le suivant, elle se rend dans le snack où elle a tout juste de quoi se payer une salade. Une fois installée, elle se rend compte que le serveur ne lui a pas donné de fourchette. Lorsqu'elle croit être revenue à sa place enfin munie du nécessaire instrument, un homme est assis sur la banquette en face de la sienne et consomme sa salade.

    NOTRE AVIS: Multi-primé dans les festivals, cette comédie légère de Adam Davidson a tout du film à message sur le thème de la tolérance. Sous ses faux airs de film des années 60 avec son noir et blanc granuleux, Lunch date emporte la mise par sa finesse et son humour.

    Note: Adam Davidson réalise The Lunch Date alors qu’il est étudiant à l’Université Columbia de New York. Son film connaît un grand succès dans le monde entier. En 1990, il remporte la Palme d'Or du meilleur court métrage au Festival de Cannes, l’oscar étudiant de l’Academy of Motion Picture Arts & Sciences, le prix du Meilleur Nouveau Réalisateur de la Directors Guild of America et, en 1991, l’oscar du meilleur court métrage. Adam Davidson travaille aujourd’hui pour la télévision. Il a réalisé des épisodes des séries Law and order (pour laquelle il a été nominé par la DGA) et Lost ..

    Bonus : Commentaire audio avec Adam Davidson enregistré à Los Angeles, Californie.


    2. FIVE FEET HIGH AND RISING de Peter Sollett
    2000 - 20 mn

    Avec
    : Victor Rasuk (Victor), Carlos Santiago (Carlos), Judy Marte (Amanda), Daniela Rivera (l'amie d'Amanda), Mari de Jesus (la fille à la piscine), Donna Maldonado (Donna), Michelle Vega (l'amie de Donna).
    Réalisateur, scénariste, directeur de la photographie et monteur : Peter Sollett
    Monteur et producteur : Eva Vives

    Sujet: Quartier de Lower East Side à New York. Carlos vient chercher son ami Victor pour aller ensemble à la piscine de Pitt. Là, l'adolescent rencontre Amanda, une jeune fille plus âgée qui, incidemment, lui fait partager son intimité. Le lendemain, Victor part à sa recherche où il rencontre Hector, une petite frappe, et Aaron, un séducteur dont la corpulente Donna est amoureuse.

    NOTRE AVIS: Très attachant et lumineux, ce film de fin d'études de Peter Sollett se montre capable de capter avec sensibilité, sans caricature ou mièvrerie le marivaudage adolescent, brutal et intense des gosses d'un quartier pauvre de New York.

    Note: Peter Sollett termine ses études à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York en 1998. Son film de thèse, FIVE FEET HIGH AND RISING, gagne de nombreuses récompenses, dont le Prix du Jury pour un court métrage lors du Festival du Film de Sundance 2000 et le prix de la Cinéfondation pour le meilleur court métrage au Festival du Film International de Cannes.

    Bonus : Commentaire audio avec Peter Sollett et la productrice Eva Vives enregistré à New York.


    3. FREIHEIT de George Lucas
    1966 - 2 mn

    Avec
    : Randal Kleiser (le jeune homme)

    Sujet
    : Un jeune homme semble fuir quelqu'un ou quelque chose à travers un bois.

    NOTRE AVIS: Essai filmique sur le thème de la liberté, ce petit film peu intéressant de George Lucas ne laisse pas présager de son avenir tonitruant.

    Note: Disponible pour la première fois en Europe, Freiheit, « liberté » en allemand, est le film de fin d’études de George Lucas lorsqu’il est à l’Université de Californie du Sud. Ce film de trois minutes montre un étudiant, interprété par son camarade Randal Kleiser, le futur réalisateur de Grease, tentant de s’échapper d’Allemagne de l’Est pour rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. Ce court métrage nous offre l’occasion rare de découvrir l’une des premières œuvres d’un réalisateur dont l’immense talent a contribué à forger le cinéma moderne avec des films comme THX 1138 en 1971, American graffiti, et bien sûr, la série La guerre des étoiles.

    Bonus : Commentaire audio avec George Lucas enregistré au Skywalker Ranch, à San Francisco, Californie.


    4. DAYBREAK EXPRESS de D.A. Pennebaker
    1953 - 4 mn
    Réalisateur, scénariste, directeur de la photographie et monteur
    :D.A. Pennebaker
    Sujet: Ballade, à vitesse accélérée, en train urbain à travers des quartiers de New York.…

    NOTRE AVIS: Dans le style d'un Dziga Vertov (lorsque ce dernier filme Moscou et Odessa dans L'homme à la caméra), graphique, expérimental, suivant les lignes de la ville, au rythme des notes jazzy de Duke Ellington, DA Pennebaker dresse un éclatant portrait de New York qui doit prendre toute sa vraie dimension sur grand écran !

    Note: D.A. Pennebaker réalise des films depuis plus de 50 ans. Il a notamment réalisé le classique de Bob Dylan, Don't look back (1967). Il est largement reconnu comme l’un des pionniers du cinéma vérité, un style qui a révolutionné le genre du documentaire en utilisant de longs plans séquence, créant ainsi un sentiment d’immédiateté et d’intimité.

    Bonus :
    Commentaire audio avec D.A. Pennebaker enregistré à New York.


    5. VINCENT de Tim Burton
    1982 - 4 mn - Animation

    Réalisateur, scénariste et responsable des décors
    : Tim Burton
    Réalisateur
    :Stephen Chiodo (animateur)
    Voix-off du narrateur:
    Vincent Price
    Compositeur : Ken Hilton
    Directeur de la photographie : Victor Abdalov

    Sujet: Vincent Malloy est un jeune garçon de sept ans. Plutôt que de jouer comme les enfants de son âge, il préfère lire Edgar Allan Poe et cultiver ses tendances macabres et horrifiques.


    NOTRE AVIS: Premier court-métrage en animation image-par-image écrit et réalisé par le jeune Burton alors âgé de 24 ans (!) et premier chef d'oeuvre pour ce futur maître du fantastique. Burton impressionne par la précocité et la cohérence de son univers sombre. Drôle et original inspiré par les livres de Dr. Seuss et les vieux films d'horreur, Vincent (un autoportrait en filigrane) mêle l'angoisse de la mort aux peurs enfantines.

    Note: Burton tourne ce court métrage alors qu’il est animateur pour les studios d’animation Walt Disney. Il a notamment travaillé sur Rox et Rouky et Taram et le chaudron magique. Ce film d’animation en noir et blanc, tourné image par image avec une pellicule 16mm, illustre un poème écrit par Burton lui-même.

    Bonus : sans commentaire audio



    6. TERMINAL BAR de Stefan Nadelman
    2002 - 17 mn

    Scénaristes : Orde Coombs (article), Peter Genovese (article)
    Compositeurs : Michael Reid, Steve Rossiter, Dick Zved
    Voix : Tom Clifford (narrateur)
    Acteur & photographies: Sheldon Nadelman
    Sujet:
    L'histoire du "Terminal Bar" et de ses clients racontée, en images, par Sheldon Nadelman, gendre du fondateur Murray Goldman et barman de 1972 à 1982, à son fils. Situé au croisement de la 8e avenue et de la 42e rue, l'un des quartiers les plus mal famés et excentriques de New York, ce bar est devenu le repaire d'une population majoritairement Noire et homosexuelle avant de fermer début 1982..

    NOTRE AVIS: Difficile de na pas penser à la nouvelle de Paul Auster mise en image par Wayne Wang dans Smoke dans lequel un buraliste de Brooklyn, Augie Wren (joué par Harvey Keitel) photographie chaque jour son quartier, du même point de vue, à la même heure. Étonnant personnage donc que ce Sheldon Nadelman qui a réalisé pendant 10 ans un magnifique travail photographique (et sociologique) des clients de son bar de la 42ème rue à New York. Son fils, Stefan lui rend un bel hommage à travers un documentaire inventif, très animé (split-screen, fondus...) mais par moments à la limite du tic de mise en scène.

    Note: Stefan Nadelman travaille comme graphiste et web designer avant de faire des films. Terminal bar, documentaire animé avec Flash, présente l’un des bars les plus mal famés et excentriques de la ville. On y découvre les photos en noir et blanc prises par le père du réalisateur, Sheldon, qui a travaillé dans ce bar de la 42e Rue entre 1972 et 1982. Entre autres récompenses, le film remporte le Prix du Jury lors du Festival du Film de Sundance 2003.

    Bonus : Commentaire audio avec Stefan Nadelman enregistré à New York.


    7. TERRY TATE, OFFICE LINEBACKER
    de Rawson Marshall Thurber

    2002 - 3 mn

    Avec
    : Mighty Rasta (Terry Tate), Michael Sean McGuinness (Ron Felcher), Michael Cornacchia (l'homme à la cannette), Bob Stevenson (Paul), Louella Amorelle (Laura)
    Sujet: Le directeur général de Felcher & Sons s'est doté, en la personne de Terry Tate, d'un linebacker (secondeur) destiné à "plaquer" les employés qui ne respectent pas le code de bonne conduite instauré dans l'entreprise. Terry prenant sa mission très à coeur, la productivité progresse de manière significative..

    NOTRE AVIS: L'auteur du vrai bon film stupide, Dodgeball montre déjà avec Terry Tate son goût pour le comique énooorme façon Frères Farrelly, avec en arrière-plan une critique acerbe de la rentabilité au travail.

    Note: Après avoir obtenu une maîtrise en beaux-arts, en production cinématographique, à l’Université de Californie du Sud, Rawson Marshall Thurber a l’idée d’un court métrage. Il tourne son film en l’espace d’un week-end pour 2 000 dollars, et espère le vendre à l’une des nombreuses sociétés Internet recherchant un contenu. Terry Tate est finalement acheté par Reebok qui commande une série de courts métrages au réalisateur pour les diffuser pendant le Super Bowl 2003. Ils font sensation sur le Net où ils sont téléchargés plus de 15 millions de fois. Il s’agit ici du premier court métrage de la série, qui fit découvrir Terry Tate au public américain. Rawson Marshall Thurber réalisera Dodgeball, avec Ben Stiller, en 2004.

    Bonus : Commentaire enregistré par Rawson Marshall Thurber à Los Angeles, Californie.


    8. NECROLOGY (ROLL CALL OF THE DEAD)
    de Standish Lawder

    1969 - 12mn


    NOTRE AVIS: Sans conteste, l'un des films les plus étonnant de cette sélection. On pense à du Péléchian. Enigmatique, mystérieux puis métaphorique, ce long plan séquence sans doute tourné en 16mm noir et blanc devient rapidement une parabole sur la vie et la mort. Le rôle fondamental du titre, Necrology, oriente le sens de ces images. Ces hommes et ces femmes, dans leur ascension vers un improbable au-delà, disparaissent, s'effacent irrémédiablement. Jamais cette phrase de Cocteau n'avait eu autant de sens que pour ce film: "Le cinéma c'est l'art de filmer la mort au travail".

    Sujet: Le film montre des files de personnes s’engouffrant dans un abîme ténébreux, une allégorie de leur damnation...
    Note: Classique underground cité par Richard Linklater (Slacker, A scanner darkly) comme l’un de ses courts métrages préférés, Necrology est un film anthropologique qui aborde la vie et la mort à New York – une évocation des personnes récemment mortes. Le réalisateur Standish Lawder, davantage connu pour ses photographies, filme la routine quotidienne de voyageurs anonymes dans Grand Central Station pendant 12 minutes. Le long générique de fin inventé de toute pièce par Lawder apporte une note d’humour macabre qui laisse le spectateur perplexe quant à son propre sort.
    “Ce film est l’un des commentaires les plus pertinents et inquiétants sur notre société que le cinéma ait produit.” Jonas Mekas, The Village Voice.


    Bonus : Commentaire audio de Standish Lawder enregistré à Denver, Colorado.


    9. THE DISCIPLINE OF D.E. de Gus Van Sant
    1982 - 7 mn

    Réalisateur, scénariste, monteur et producteur
    :Gus Van Sant
    Scénariste
    : William S. Burroughs
    Voix
    : Ken Shapiro (narrateur)
    Acteurs
    : Frank Birney (le colonel), David Worden (l'étudiant), Tom Sherohman (l'invité), Irving Sicherman (le policier), Doris Hess (la duchesse), Michael L. MacManus (McGee), Budge Threlkeld (le batteur)
    Sujet: Comment devenir un adepte du DE (Do Easy), méthode imaginée par le colonel à la retraite Sutton-Smith pour accomplir le mieux possible les gestes du quotidien... et les duels aux revolvers.

    NOTRE AVIS: Co-écrit avec le sulfureux William Burroughs himself, ce curieux court-métrage de Gus Van Sant a la forme d'un essai, ou d'une leçon quasi-bouddhiste, décomposant avec précision et humour l'essence de la gestuelle parfaite et de la maîtrise totale de soi.

    Note: Gus Van Sant réalise pas moins de quatorze courts-métrages entre 1967 et 1991. Il réalisera par la suite un nombre important des classiques du cinéma indépendant, notamment Drugstore cowboy (1989), My own private idaho (1991) et Elephant (2003). Dans cette version narrative d’une nouvelle de William S. Burroughs, nous découvrons les principes du "Faire Facile" et les complications qui peuvent résulter de la quête pour parfaire chaque mouvement et trouver la façon la plus efficace de tout faire, même de ne rien faire. Le point culminant de ce court métrage en noir et blanc est un duel au pistolet où une question poignante est posée : « À quelle vitesse peux-tu prendre ton temps ? »

    Bonus : aucun commentaire audio.


    10. LE SPECTRE DE COBBLE HILL de Adam Parrish King
    2006 - 12 mn - Animation

    Monteur et producteur
    : Monique Zavistovski
    Compositeur
    : Steven Gutheinz
    Voix
    : Jonathan Sayres (Felix), Pedro Pano (Mr. H), Kathleen Demarest (Mom), John Kilker (Justin)
    Sujet
    : Felix, un adolescent de Brooklyn livré à lui-même, se voit demander par M. H, le gentil propriétaire de la supérette du coin, de garder sa chienne en son absence. Felix a alors le choix entre se montrer digne de la générosité dont Mr. H a toujours fait preuve envers lui, ou se conduire avec le même égoïsme que sa famille.

    NOTRE AVIS: Très beau film d'animation que ce Spectre de Cobble Hill, étonnant de réalisme et de profondeur. Adam Parrish King donne à ses personnages de pâte à modeler une humanité bouleversante.

    Note: Né à Knoxville, dans le Tennessee, Adam Parrish King est diplômé des universités de Pennsylvanie et de Californie du Sud. Avant Le spectre de Cobble Hill, il réalise huit courts métrages et travaille comme monteur son, mixeur et scénariste. Le spectre de Cobble Hill a obtenu le Prix du Jury lors du Festival de Sundance 2006.

    Bonus : Commentaire d’Adam Parrish King enregistré à Los Angeles, Californie.


    11. GEORGE LUCAS IN LOVE de Joe Nussbaum
    1999 - 6 mn


    Scénaristes : Timothy Dowling, Daniel Shere
    Producteur : Joseph Levy
    Compositeur : Deborah Lurie
    Directeur de la photographie : Eric Haase
    Acteurs : Martin Hynes (George), Lisa Jakub (Marion), Jason Peck (Benji)
    Jeff Wiens (Aaron), David Young IV (Chuck), Timothy Dowling (Hal)...
    Sujet: Il reste trois jours à George Lucas, étudiant à la University of Southern California et auteur de quelques courts métrages, pour rédiger un scénario. Mais il n'arrive pas à se dépêtrer de l'intrigue tragique, agricole et spatiale dont il a à peine esquissé le pitch. Pourtant, tout autour de lui semble participer à l'inspiration de l'un des plus grands succès public des années 1970 et 1980. Le jeune apprenti cinéaste va enfin ouvrir les yeux après sa rencontre avec Marion, une de ses camarades qui apprécie sincèrement son travail.

    NOTRE AVIS: Pour ceux qui en doutent encore, La guerre des étoiles est bien une oeuvre autobiographique. Pour preuve cette habile petite comédie parodique qui nous plonge dans les affres de la création d'un certain George Lucas.

    Note: Jœ Nussbaum réalise et co-écrit le court métrage George Lucas in love trois ans après avoir terminé ses études à l’Université de Californie du Sud. Il tourne cette courte parodie de Star Wars et de Shakespeare in love en deux jours. On y découvre un Lucas encore étudiant mettant sur pied les fondements de la saga Star Wars, tandis qu’autour de lui gravite toute une panoplie de personnages qui lui serviront d’inspiration. Ce film connaît un énorme succès lorsqu’il est temporairement mis à disponibilité en ligne. George Lucas écrira même aux réalisateurs pour leur dire combien ce film l’a amusé.

    Bonus : Commentaire avec Joe Nussbaum et le producteur Joseph Levy enregistré à Los Angeles.


    12. MESHES OF THE AFTERNOON de Maya Deren
    1943 - 13 mn

    Réalisateur, scénariste et monteur
    : Maya Deren
    Réalisateur et directeur de la photographie : Alexander Hammid
    Compositeur : Teiji Ito
    Acteurs : Maya Deren (la femme), Alexander Hammid (l'homme)
    Sujet: Une femme ramasse une fleur sur un chemin au bout duquel disparaît un homme, puis entre dans une maison. Elle remarque un journal déplié sur le sol, un couteau qui tombe du demi pain dans lequel il était fiché, le combiné décroché d'un téléphone. A l'étage, elle arrêt un tourne-disque en marche.

    NOTRE AVIS: Le plus ancien court-métrage de cette sélection (1943 !) n'a rien perdu de son esprit avant-gardiste. Film de gestes et d'ombres, d'ambiance et de suggestion, entre le Bunuel des années 30 et Cocteau, ce poème visuel hermétique, au lyrisme daté n'en demeure pas moins une vraie curiosité.

    Note: Réalisé par Deren avec son mari, le réalisateur Alexander Hammid, Meshes of the afternoon inscrit le mouvement avant-gardiste indépendant dans le cinéma américain, et inspire directement les premières œuvres de Kenneth Anger, Stan Brakhage et d’autres réalisateurs expérimentaux majeurs.


    B
    onus : aucun commentaire audio.



    13. CARMEN de Alexander Payne
    1985 - 14 mn

    Directeur de la photographie
    : João Penna
    Acteurs : Joe Marinelli (Joey), Khorshied Machalle (Carmen), Buddha Jon Parker (la mère), Steve Freedman (Terry), George Woodard (le patron)
    Sujet: Joey, un attardé mental profond, travaille dans une station-service sordide. Il se voit confier la permanence de nuit par son patron, celui-ci et Terry, son autre employé, étant occupés ce soir là. Une jolie cliente se présente et après avoir fait le plein de son véhicule, passe à la caisse avec deux bouteilles de sauce pour tacos et trois paquets de Ding Dongs. Le mode de paiement de la jeune femme va surprendre le demeuré. D'autant que cette première transaction semble en appeler d'autres.

    NOTRE AVIS: Le nanar de cette sélection qui en fera sans doute marrer quelques-uns. Souhaitant participer à la fièvre des adaptations de l'Opéra de Bizet qui frappait au milieu des années 80 (Rosi, Saura, Godard), Alexander Payne nous inflige sa version décalée et délurée d'une Carmen à la pompe à essence. Navrant.

    Note: Carmen est le premier court métrage d’Alexander Payne, réalisé alors qu’il est étudiant à la UCLA Film School. Ce film muet est une comédie inspirée par l’opéra éponyme. Payne réaliera par la suite: L’arriviste, Monsieur Schmidt et Sideways.

    Bonus : Commentaire d’Alexander Payne enregistré à Santa Monica, Californie.


    14. FEELINGS de Todd Solondz
    1984 - 2 mn

    Directeur de la photographie
    : Andy Day
    Acteurs : Todd Solondz (le désespéré), Jan Meredith (la grosse femme)
    Sujet: Il neige sur la plage. Désespéré par un amour perdu, un jeune homme progresse sur une digue et se jette à la mer.

    NOTRE AVIS: Pas très convaincants ces premiers pas cinématographiques du futur auteur de Happiness et Storytelling. Variation amère (dans tous les sens du terme...) et humoristique (mais pas drôle) sur le thème du désespoir amoureux. Juste pour le plaisir d'entendre la reprise du sirupeux slow de Morris Albert, Feelings, écorché par Todd Solondz.

    Note: Todd Solondz est l’une des voix les plus singulières du cinéma américain. Au cours des dix dernières années, il s’est imposé comme un réalisateur provocateur et atypique avec ses films Bienvenue dans l'âge ingrat, Happiness, Storytelling et Palindromes. Feelings fait partie des courts métrages qu’il réalise lorsqu’il est étudiant à la NYU.


    Bonus : Commentaire enregistré par Jordi Costa, auteur de Todd Solondz: En Los Suburbios de la Felicidad, Madrid, Espagne.


    15. PAPERBOYS de Mike Mills
    2001 - 18 mn - documentaire

    Scénaristes
    : Katie Powell, Andy Spade
    Producteur : Andy Sapde
    Directeur de la photographie : Joaquin Baca-Asay
    Monteur : Haines Hall
    Acteurs : Donny Foster, Greg Gonsior, Nick Judkins, Brandon Kindshy, Andrew Merton, Tyler Rowen.
    Sujet: Portraits-interviews de Brandon, Nick, Andrew, Donnie et Greg, cinq jeunes livreurs de journaux. Les adolescents, âgés de 11 à 14 ans, sont interrogés sur leurs job, avenir, loisirs et famille..

    NOTRE AVIS: Mike Mills enquête sur la vie quotidienne de cinq petits livreurs de journaux dans la petite ville résidentielle de Stillwater dans le Minnesota. Quelles sont les valeurs d'un adolescent, leur vision du monde ? S'en dégage le portrait assez convenu, répétitif et pas très exaltant d'une jeunesse américaine de classe moyenne.

    Note: Pendant plus de dix ans, Mike Mills a fait la passerelle entre les univers du cinéma, du clip vidéo, de la publicité, de la mode et des beaux-arts. Il a notamment travaillé avec Air, Moby, les Beastie Boys, Beck et Sonic Youth. Thumsucker, le premier long métrage de Mills avec Lou Pucci Taylor, Keanu Reeves, Tilda Swinton et Vince Vaughn, sort en 2005.



    16. SCREEN TEST: HELMUT de Andy Warhol
    1965 - 4'30
    Scénariste
    : Ronald Tavel
    Directeur de la photographie
    : Paul Morrissey
    Sujet: Quatre minutes trente et une de plan fixe sur un individu presque parfaitement immobile. L'un des 500 screen tests tournés à la Factory par Andy Warhol entre 1964 et 1966.

    NOTRE AVIS: On reconnaît bien là la démarche radicale d'Andy Warhol lorsqu'il s'empare du cinéma. Travail sur la durée, plan fixe de 4'30 sur un visage neutre mais pas inexpressif. Face à face filmeur/filmé, acteur/spectateur, le film devient une expérience et nous révèle quelque chose de l'étrangeté du corps.

    Note: Andy Warhol filme ses Screen Tests entre le début de 1964 et novembre 1966. Les visiteurs de la Factory ayant un potentiel de star sont installés devant une caméra montée sur un trépied. Ils doivent rester immobiles et éviter de battre des paupières pendant que la caméra tourne. Warhol diffuse la lumière et dessine les ombres de façon de plus en plus inventive pour mieux saisir l’apparence, le style, la personnalité et l’humeur des visiteurs célèbres et inconnus de son studio, la Factory. Il filme ainsi Dennis Hopper, Gerard Malanga, Edie Sedgwick, Susan Sontag et Salvador Dalí. Bien que chaque film soit tourné à la vitesse normale de 24 images par seconde, Warhol demande que les copies soient projetées à la vitesse plus lente de 16 images par seconde, comme pour les films muets. Le résultat est un rythme plus fluide et légèrement en décalage avec l’austérité de l’éclairage et l’audace des gros plans sur le visage et les cheveux. Au total, plus de 500 Screen Tests seront tournés. Celui d’Helmut est le septième. Pellicule 16mm, noir et blanc, muet, 4,4 minutes, 16 images par seconde.

    Bonus : aucun commentaire audio.

     

 
  •  LE DVD
    DVD 9 - NTSC - Multizones - Couleur et Noir & Blanc- Formats images variés
    Langues
    : Version originales en anglais
    Sous-titres : français, allemand, italien, espagnol, japonais.
    Format d'image : 4/3 et 16/9
    Format sonore : Dolby stéréo 2.0


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