)))  APPELEZ-MOI KUBRICK
        
  de Brian COOK                    

 

  • Comédie - 2006 - Grande-Bretagne - durée: 1h27 (+45' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 19 juillet 2006
    Éditions Fox Pathé Europa
  • Prix de vente conseillé : 19,90€

SYNOPSIS

Pendant des mois, Alan Conway, un parfait inconnu, s'est fait passer pour l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps, Stanley Kubrick. Conway ne connaissait rien du cinéaste ni de ses films, mais cela ne l'a pas empêché d'user et d'abuser de la crédulité de ceux qui pensaient approcher le réalisateur aussi mythique que discret.
Hilarante, pathétique, incroyable et pourtant authentique, voici la fascinante fable de l'imposteur, du génie et de la célébrité...

 
   
POINT DE VUE
Qui d'autres que Brian Cook et Tony Frewin étaient mieux placés pour s'attaquer à un sujet aussi rocambolesque que le portrait de cet homme singulier, Alan Conway, parfait inconnu qui se fit passer pour Stanley Kubrick pendant plusieurs années ? En effet, le premier, réalisateur du film, fut l'assistant-réalisateur de Maître K sur Barry Lyndon, Shining et Eyes Wide Shut, quant au second, il débuta comme coursier sur 2001, Odyssée de l'espace avant de devenir l'assistant personnel de Kubrick sur la plupart de ses films.

Ayant eu vent de cet étrange énergumène et commençant à en subir les méfaits (de nombreuses personnes avaient été dupées, escroquées et lui réclamaient des comptes), Stanley Kubrick demanda à son fidèle collaborateur Tony Frewin de mener l'enquête. C'est ainsi que ce dernier eu l'idée d'en écrire un scénario et de le proposer à Brian Cook. John Malkovich se glissa dans la peau de Alan Conway qui se glissa dans la peau de Stanley Kubrick.

L'intérêt du film repose essentiellement sur le numéro d'acteur de John Malkovich. De nouveau un rôle idéal pour le comédien américain, celui d'un personnage décalé, exubérant, aux accents multiples et outranciés et à la démarche gondolante. Une sorte de caméléon qui change de costume et de visage selon son environnement, du club heavy metal aux salons chics d'un night club londonien. Une nouvelle occasion pour Malko de déployer toute l'envergure de son talent et d'apporter une certaine humanité à ce personnage parfois proche de la caricature de l'homosexuel excentrique. Naviguant entre mélancolie et un goût certain pour le jeu, Alan Conway gagne la sympathie du spectateur malgré l'immoralité de ses actes et fait montre d'une incroyable capacité à fuir les codes de bonne conduite et sa propre vie misérable pour embellir son existence. Il est une sorte de papillon de nuit qui le jour redevient un malheureux ver de terre.

Laurent Devanne


FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salles le 4 Janvier 2006
    Titre original : Colour me Kubrick

    Réalisation: Brian Cook
    Scénario : Anthony Frewin
    Image : Howard Atherton
    Montage : Alan Strachan
    Son : Shawn Mills
    Musique : Bryan Adams
    Décors : Crispian Sallis
    Costumes : Victoria Russell
    Producteurs : Brian Cook, Michael Fitzgerald
    Distributeur : EuropaCorp Distribution

    Avec:
    John Malkovich : Alan Conway
    Jim Davidson : Lee Pratt
    Marc Warren : Hud
    Luke Mably : Rupert Rodnight
    Richard E. Grant : Jasper
    Terence Rigby : Norman
    James Dreyfus : Melvyn
    à noter l'apparition de Ken Russell en malade mental

    Site officiel du film
  •  LE DVD

    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 2.35
    Son : Dolby Digital 5.1 Anglais, Français
    Sous-titres : Français

  •  BONUS (45')
    Des interviews intéressantes, notamment celle de Brian Cook qui évoque sa relation avec Stanley Kubrick. Le making-of revient largement sur la genèse du film, le magnifique travail de la costumière et sur cet étonnant personnage qu'est Alan Conway et que l'on a la chance d'apercevoir 2 maigres minutes à la fin du document. LD


    *Interview de John Malkovich (10')


    * Interview de
    Brian Cook(10')


    * Making of (25')


    * Bandes-annonces

INTERVIEW JOHN MALKOVICH

Quand avez-vous entendu parler d'Alan Conway pour la première fois ?
J'avais lu un article à son sujet dans Vanity Fair et j'avais été fasciné. L'histoire de cette usurpation d'identité, le fait qu'elle touche une personnalité aussi forte que celle de Stanley Kubrick était vraiment incroyable. Ce n'était pas le côté malhonnête que je retenais le plus, mais plutôt l'aspect iconoclaste et très emblématique de cette affaire. Chaque élément, chaque protagoniste en faisant une histoire idéale à raconter.

Qu'avez-vous pensé du scénario ?
Le scénario d'Anthony Frewin était un parfait équilibre entre la réalité et une exigence de narration adaptée au cinéma. On gardait l'essence de la situation et on suivait une excellente comédie. Je l'ai trouvé drôle, et d'une portée symbolique d'autant plus forte qu'elle s'inspire de faits réels. C'est cet ensemble qui m'a donné envie de m'impliquer assez tôt dans la préparation du film. Le travail d'Anthony était remarquable, et hormis quelques petits ajustages, nous avons peu retouché le script. J'aime beaucoup l'idée qu'un homme se fasse passer pour Stanley Kubrick, en ayant tout le monde à ses pieds alors qu'il ne s'est même pas donné la peine de se documenter ou même de voir ses films… Si cette histoire avait été imaginée dans un roman, on l'aurait déjà trouvée surprenante, pétillante, brillante - ce qu'elle est - mais elle est en plus rigoureusement authentique ! Cela lui apporte une dimension encore plus importante. On est face à une de ces histoires impossibles que seule la réalité peut engendrer.

Vous êtes-vous impliqué dans le choix des incroyables costumes ?
Oui, et avec beaucoup de plaisir ! C'est effectivement l'un des changements les plus importants par rapport à la réalité. Il est né de la collaboration avec Victoria Russell, la chef costumière. J'avais peut-être été influencé par les images d'Alan Conway qui le montraient habillé de façon tout à fait quelconque, mais Victoria Russell s'était fait une tout autre idée, et ce n'était pas pour me déplaire.
Lorsque j'ai rencontré Victoria, elle m'a présenté une fabuleuse collection de vêtements exubérants, hilarants. Nous avons ensuite travaillé pour définir une garde-robe qui pourrait refléter le « glamour » selon Conway. Il n'avait aucun style, il était sur ce point-là aussi très changeant. D'un jour à l'autre, il pouvait s'habiller soit comme un comptable, soit comme Michael Jackson ! Certains vêtements sont franchement kitsch, comme la petite jupe que je continue de porter aujourd'hui ! Je suis moi-même allé chercher deux ou trois bizarreries dans des boutiques de Londres. C'était assez réjouissant. Le pyjama de Conway, son soutien-gorge façon Jean-Paul Gaultier, ses manteaux de fourrure et la tenue qu'il met pour faire le ménage ne sont pas mal non plus…

Et l'idée de lui faire prendre plein d'accents ?
C'est en écoutant une interview d'époque de Conway que j'en ai eu envie. On lui demandait sur quoi reposait son imposture et, très sérieusement, il expliquait alors qu'il changeait radicalement d'accent lorsqu'il se faisait passer pour Kubrick. Avec une prétention incroyable, il faisait une démonstration ridicule. Je crois que dans sa tête, il avait un peu l'impression de parler comme Orson Welles, comme un seigneur et en fait, il avait la voix d'une vieille rock star défoncée… Il n'arrivait même pas à tenir son accent. Il pouvait démarrer avec un accent américain caricatural qui en plus, allait disparaître sans raison au bout de quelques phrases pour se transformer en quelque chose d'informe. Il n'était vraiment pas doué. Et le plus impressionnant, c'est que personne ne lui a jamais rien dit. Alors je suis allé aussi dans cette direction. J'ai multiplié les accents, tous outrés, changeants d'une scène à l'autre. J'ai travaillé avec un magnétophone pour les mettre au point et puis, en jouant, je me laissais aller à mon inspiration du moment comme Conway.

Pensez-vous que ce genre d'usurpation soit encore possible aujourd'hui ?

L'usurpation physique est nettement plus complexe parce que la plupart des célébrités voient leur tête étalée partout. On en est même arrivé à un point où le fait d'avoir sa photo partout peut faire de n'importe qui une personnalité. La médiatisation semble être devenue une fin en soi. Alors forcément, aujourd'hui, se faire passer pour une vedette est sûrement plus compliqué qu'avec Stanley Kubrick qui se montrait peu. Mais pour ce qui est de l'usurpation, qu'il s'agisse de fraudes à la carte de crédit, des fausses déclarations sur internet ou dans la presse, elle ne s'est jamais aussi bien portée. Les intentions ne sont pas les mêmes. À côté, Conway était un artisan.

Comment avez-vous travaillé avec Brian Cook ?
Brian réalise ici son premier film et il s'en est remarquablement sorti. Je l'avais déjà rencontré lorsqu'il était assistant réalisateur, et il m'avait beaucoup impressionné. J'ai été à ses côtés dès le départ. Avec Brian, nous avons peaufiné le scénario, il m'a aussi demandé mon avis sur le casting. C'est quelqu'un de très ouvert. Il n'est pas du genre à se poser des questions existentielles et sait parfaitement comment faire un film. (…)

Dans votre impressionnante carrière, savez-vous quelle place aura ce film ?

Ce fut une expérience vraiment excellente. Le rôle était captivant, l'équipe était motivée et concernée par le sujet, mes compagnons de jeu ont tous été formidables et nous avions des scènes vraiment jubilatoires à jouer. Le tournage n'a duré que huit semaines mais tout s'est passé naturellement, avec une harmonie entre le sujet et tous ceux qui souhaitaient le raconter. Pour moi, ce personnage était une occasion de me lâcher, de jouer encore autre chose, et c'est ce que j'aime le plus dans mon métier : varier, essayer, rester curieux et travailler en équipe au service d'une bonne histoire.

Si vous deviez retenir un enseignement de toute cette histoire, quel serait-il ?
C'est une fable, édifiante, drôle et authentique, ce qui est - surtout pour les deux derniers points - assez rare pour une fable ! Conway a fini dans l'une des plus célèbres cliniques privées d'Angleterre. La Sécurité Sociale payait ses factures d'hébergement et même ses soins du visage… Il avait vue sur une piscine où nageaient de jeunes hommes, souvent mannequins, en cure de désintoxication… C'est une étrange leçon pour une fable !

(notes de production)

QUI ÉTAIT ALAN CONWAY ?

Le film est tiré d'un fait réel. C'est parce que Stanley Kubrick s'était retiré presque en ermite dans son manoir du Hertfordshire que l'imposteur Alan Conway a pu se faire passer pour lui auprès de nombreuses personnalités du show biz anglais. Alan Conway est né Eddie Alan Jablowsky en 1934, prétendant être un Juif polonais rescapé de l'occupation des nazis alors qu'il vient en fait de Whitechapel. A 13 ans il change de nom et devient Alan Conn, puis Alan Conway. Il part avec son épouse en Afrique du Sud puis rentre en Angleterre pour y fonder une agence de voyage dans laquelle il travaillera toute sa vie. Puis il quittera sa femme, prendra un amant, sombrera dans l'alcoolisme. Les services sociaux durent lui ôter la garde de son fils Martin dont il abusait sexuellement. C'est alors qu'il commença à se faire passer pour le fameux réalisateur américain, s'invitant en son nom dans les restaurants chics et les clubs de la capitale anglaise. Il trompa pendant plusieurs années des personnes crédules pensant avoir affaire au cinéaste, en réalité exilé depuis vingt ans dans son manoir de Childwickbury, près de la petite ville de Saint-Albans. Lorsque celui-ci apprit l'existence d'un menteur compulsif isurpant son identité, il en fut soi-disant très amusé. Alan Conway est décédé le 5 décembre 1998, précédant de quelques mois à peine la mort de son "double" Stanley Kubrick.

(sources:AlloCiné)

  

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