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| SYNOPSIS |
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| À 17 ans, Mickaël est capitaine de l’équipe de judo et prépare le bac. Tout irait bien si sa famille n’avait pas des problèmes d’argent chroniques. Et surtout s’il n’était pas tenté de partager sa fiancée de toujours, Vanessa, avec Clément, nouvellement arrivé, dont le riche père est de venu un sponsor de l’équipe. | ||||
| POINT DE VUE | ||||
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Si Antony Cordier définit Douches froides comme un teen movie, ce qu’il retient du genre est la notion d’apprentissage. Le héros, Mickael est sur le point de sortir de l’adolescence puisque le film se déroule l’année du bac. Il découvrira que le monde est plus vaste qu’un tatami et la vie plus complexe qu’une prise de judo. Cette époque charnière sera l’occasion pour le héros d’expérimenter trois rapports au monde. Le premier rapport est évidemment vu sous l’angle de la compétition puisque Mickael est capitaine de l’équipe de judo. Le second est social, le réalisateur opposant le milieu prolétaire de Mickael à celui, bourgeois, de Clément. Le troisième est sexuel et sentimental, puisque les trois personnages, Mickael, Clément et Vanessa font l’expérience d’un trio amoureux. L’auteur décline ces thématiques sans tomber dans la facilité : le sport ne définit aucun communautarisme et la compétition ne se solde pas par une victoire ; les classes sociales ne s’affrontent pas grossièrement ; la sexualité n’est ni idéalisée ni jugée. Comme Fassbinder, Antony Cordier envisage le monde selon des rapports de domination. Ce n’est pas l’appât du gain qui motive l’entrepreneur Steiner (l’excellent Aurélien Recoing) à sponsoriser l’équipe de judo mais davantage une volonté de puissance plus profonde, celle de posséder les jeunes garçons dès l’adolescence. On se doute que la plupart, à leur sortie du lycée, iront travailler dans les entreprises du même Steiner. Le caractère fassbiderien du film réside dans sa méthode d’écriture : Cordier dresse du patronat un portrait symbolique, mythique, pour montrer son contrôle, non seulement sur l’économie, mais sur la vie intime et sur les corps. Chez Mickael cette emprise se traduit par un programme physique astreignant : maigrir de 9 kilos en trois semaines pour baisser d’une catégorie lors de championnats de judo. Lors de la fête, qui est l’un des pivots du film puisque les judokas et leur famille sont invités dans la maison du « Maître », Mickael est soumis à une pesée devant son entraîneur et un médecin. La nature esclavagiste de Steiner est alors clairement soulignée. En montrant la riche famille bourgeoise comme une congrégation vampirique, Cordier rejoint une forme de fantastique social. Le vampire a toujours été une figure politique, celle du seigneur « saignant » son peuple. L’amaigrissement de Mickael se confond avec l’anémie, classique symptôme des victimes des vampires. Autour de la famille Steiner plane une menace latente : violence presque mafieuse pour Steiner et prédation sexuelle pour la mère. Pourtant, rien ne s’actualisera : la seule brutalité restera celle, figée, des classes sociales. Que Steiner, handicapé, soit cloué dans un fauteuil roulant ne le diminue en rien. Au contraire, il apparaît comme un homme de fer, alors que le destin prolétaire semble être de s’épuiser et de s’éreinter. Avant que Mickael ne commence son régime draconien, son monde est en voie d’amenuisement. La famille de Mickael s’éclaire à la bougie et prend des douches froides (d’où le titre du film) pour réduire la facture. Pourtant, et c’est l’un des miracles du film, alors que leur situation matérielle est au plus bas, les parents ont un retour d’affection et se retrouvent soudain plein d’amour l’un pour l’autre. L’écriture du cinéaste est certes dialectique mais pas manichéenne. Alors que Mickael s’enfonce dans son ascèse, le monde autour de lui devient affamé, sexuellement en premier lieu. Les parents se conduisent comme des adolescents et sa petite amie préfère faire l’amour avec deux garçons plutôt qu’un. C’est justement dans cette représentation d’un trio amoureux que Cordier laisse entrevoir la possibilité d’un monde en dehors de règles. Au début, il y a l’entraînement clandestin des garçons dans le gymnase désert plongé dans l’obscurité. La jeune fille se joint à leur lutte et la fait dériver vers l’étreinte amoureuse. La scène, qui ne répond à aucun code préétabli de l’érotisme, atteint la dimension utopique du final de Ken Park (Larry Clark). Les adolescents par la libération de leurs désirs créent un monde hors du système de classe, de la compétition et du jugement des adultes. Stéphane Du Mesnildot |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| INTERVIEW DE ANTONY CORDIER | ||||
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| FILMO ANTONY CORDIER | ||||
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RÉALISATION 2005 / Douches froides 2004 / Ken Loach: Continuity (documentaire, 22') 2003 / Jean Douchet,Arnaud Desplechin, une conversation (documentaire, 23') 2000 / La vie commune (cm, 26') 1999 / Beau comme un camion (documentaire, 42') ![]() |
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