)))  CONTAMINATION
           (+ Le tunnel sous le monde)
           
de Luigi COZZI      
                 

 

  • ÉDITION COLLECTOR 2 DVD
  • Horreur - 1969 & 1980 - Italie - durée: 1h32 + 52' (+75' de bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 10 septembre 2007
    Éditions Neo Publishing
  • Prix de vente indicatif : 19,99€

SYNOPSIS

Un cargo accoste à New-York sans aucun équipage à bord mais chargé d'une cargaison d'oeufs un peu particuliers : d'apparence peu ragoûtante, ils font exploser tous ceux qui les touchent ! Chargé de l'enquête, le Colonel Stella Holmes fait vite le lien avec une mission spatiale sur Mars réalisée quelque temps auparavant. Des deux astronautes qui y avaient participé, l'un semble avoir été tué dans un accident peu après son retour sur Terre alors que l'autre a sombré dans la dépression... S'adjoignant l'aide de ce rescapé, le seul à avoir déjà vu ces créatures, Stella et son équipe partent sur la piste de leur seul indice qui les mène jusqu'en Colombie. Ils vont y découvrir un monstrueux secret et devoir combattre côte à côte pour sauver le monde d'une terrifiante attaque extraterrestre...

   
POINT DE VUE

Luigi Cozzi, connu aussi sous le pseudonyme de Lewis Coates, fait parti des réalisateurs atypiques du cinéma italien d’exploitation des années 70 à fin 80, car il n’a jamais pu obtenir totalement les moyens de ses ambitions qui étaient dès le départ de faire de la science-fiction ambitieuse digne d’un George Lucas transalpin. Mais l’industrie du cinéma italien, bien que prolifique à l’époque, n’était pas Hollywood et la plupart des films de genre en Italie se montaient, dans le meilleur des cas, avec le tiers du budget total d’un film de studio américain. Les scénarios étant rédigés à la vas-vite pour profiter rapidement du succès des films de divertissement internationaux qui sortaient à ce moment-là sur les écrans, comme les illustres Zombie de Georges Romero ou Jaws de Spielberg, allant même parfois jusqu’à jouer sur la confusion du spectateur en proposant des affiches presque similaires à ces films ou des titres se référant directement à une possible séquelle, exemple avec le non-moins réussi Zombi 2 de Lucio Fulci qui prend bien soin d’ôter la lettre « e » à son titre afin de s’éviter un éventuel procès pour plagiat.

Refusant de se contenter d’enchaîner les commandes à petit budget comme tout bon artisan de l’industrie cinématographique italienne de cette époque et qui a produit le meilleur (Lucio Fulci, Sergio Martino, Dario Argento) ou le pire (Bruno Mattei, Claudio Fragasso), la carrière de Luigi Cozzi en tant que réalisateur a été en conséquence relativement courte, ce dernier n’ayant fourni au total qu’une dizaine de films pour le cinéma avant de se tourner vers la télévision. Ce qui fût aussi le cas plus tard pour la majeure partie de ses confrères, dont certains, comme Sergio Martino, sont encore actif aujourd’hui et louent leur savoir-faire à la petite lucarne.

La vocation de cinéaste de Luigi Cozzi fût nourrie dès son plus jeune âge par des classiques du cinéma de science-fiction des années 50 comme Des monstres attaquent la ville, Le monstre des temps perdus, Les envahisseurs de la planète rouge ou Les survivants de l’infini. Après des années d’apprentissage en tant que scénariste, réalisateur de seconde équipe et une première œuvre s’inscrivant dans le registre du film sentimental (Passion violente), Luigi Cozzi mettra en scène son premier film de science-fiction en 1979 : Starcrash, une vision très référentielle et pour le moins personnelle du genre Space Opéra, depuis resté objet de vénération pour les fans un peu déviants de bizarreries de science-fiction au charme kitch.

Même si StarCrash se revendique directement de Star Wars, ses effets spéciaux artisanaux évoquent plus le travail de Ray Harryhausen (Le choc des titans) que celui plus avant-garde de Douglas Trumbell (Blade Runner, Silent Running). Dans le casting de ce film on reconnaît David Hasselhof ici dans ses premiers « exploits », Joe Spinell et la britannique très sexy Caroline Munro. Ces derniers font pâle figure face aux personnages de la saga de Lucas, rangeant le film directement dans la catégorie des nanars spaciaux rigolos. Revoir aujourd’hui la combinaison en plexiglas de Caroline Munro, les maquettes colorées des vaisseaux spatiaux, le tout porté par des dialogues rédigés par un élève de cinquième est un grand moment de comique involontaire. Luigi Cozzi n’en demeure pas moins très fier de ce film qui connaîtra étonnement un petit succès international et aura même droit à quelques bonnes critiques dans des revues de cinéma fantastique.

Suite au succès de Starcrash, Luigi Cozzi met en scène un second film, ce sera Contamination (au titre original plus explicite de Alien arriva sulla terra), un métrage s’inscrivant encore une fois dans le registre de la science-fiction mais avec une iconographie d’ensemble cette fois plus réaliste et s’approchant du polar, rappelant même l’esthétique de la série James Bond par instant. Mais c’est surtout du côté du premier Alien réalisé par Ridley Scott qu’il faut trouver la plus grande influence de ce film, qui nous arrive aujourd’hui pour la première fois en France en édition dvd collector. Mais une autre référence de Contamination est le classique de Don Siegel Invasion of the body snatcher (et ses deux remakes plus ou moins heureux de Philip Kaufmann et Abel Ferrara), avec cette idée d’organisme extra-terrestre se présentant sous la forme d’œufs verdâtres ramenés de l’espace, ici de Mars précisément, dans le but d’envahir la Terre. Le film est porté par de bons effets spéciaux artisanaux et un solide casting où l’on retrouve quelques figures connues du cinéma Italien d’exploitation de l’époque, en tête le comédien anglais Ian Mc Culloch, vu l’année précédente dans l’Enfer des Zombies (Zombi 2) de Lucio Fulci.

Contamination comporte peu d’éléments du cinéma de science-fiction habituel comme les vaisseaux spatiaux où les combinaisons argentiques, mis à part une courte et belle séquence sur Mars avec la découverte de l’antre des œufs par deux astronautes. Il n’est pas ici question d’une attaque de courageux marines contre de méchants envahisseurs venus de l’espace comme dans Aliens le retour (bien qu’un dialogue en forme de clin d’œil nous renvoit au film de James Cameron), le film se présentant plus sous la forme du film d’aventures avec l’enquête sur l’origine de ces mystérieux œufs, que l’on ne tarde pas à découvrir d’origine extra-terrestre, ce qui donne lieu à des dialogues savoureux du style : « - Nous ne pensons pas qu’ils proviennent de notre planète… - Ainsi vous voulez dire qu’ils proviennent d’une autre planète ? ».

La séquence finale qui nous explique enfin l’origine des œufs en la figure d’un martien sorti tout droit d’un comics des années 50, achève de nous convaincre que Contamination est une petite série B divertissante où il ne faut pas chercher un quelconque message politique ou philosophique. Mais à la différence d’autres produits du genre, le tout est réalisé avec soin par un réel amoureux du cinéma de science-fiction et cela se sent, c’est ce qui apporte le petit plus de sincérité et de sympathie à ce film. Il est à noter que Contamination a fait sa réputation pour ses scènes gores d’explosions de tripailles expulsées du corps humain des pauvres victimes (on repense encore à Alien) et elles sont assez bien conçues pour l’époque.

Déçu de ne pas réussir à monter d’autres projets aussi « ambitieux » par la suite, Luigi Cozzi abandonne définitivement le cinéma en 1989 après quelques œuvres mineures comme son désolant Hercules avec le body builder Lou Ferrigno (le Hulk de la série télévisée) pour se consacrer exclusivement à sa boutique/ musée de cinéma fantastique Profondo Rosso, fondée à Rome avec l’aide de son confrère Dario Argento, dont Cozzi fût un des plus grands collaborateurs.

L’édition de ce dvd de Contamination est à saluer car elle nous permet de voir ou revoir dans de bonnes conditions ce fleuron de la série B italienne. Contamination restant à ce-jour une des grandes réussites du cinéma de genre transalpin.

Thierry Carteret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Interdit au moins de 16 ans

    Réalisation & scénario
    : Luigi Cozzi

    Avec
    :
    Ian McCullogh
    Louise Marleau
    Marino Masé
    Siegfried Rauch
    Gisela Hahn




  •  LES DVD

    * DVD 1 : Contamination
    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 - Format 1.85
    Son : Dolby Digital 2.0 Italien, Français
    Sous-titres : Français


    * DVD 2: Le tunnel sous le monde
    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 - Format 1.33
    Son : Dolby Digital 2.0 Italien
    Sous-titres : Français


  • BONUS  (75')



    DVD1
    * Introduction du film par Luigi Cozzi (30sec)
    Notre avis: Une courte séquence filmée dans la boutique/ musée de Luigi Cozzi où se dernier nous présente son film, lui-même étonné de sa sortie en dvd après 30 ans et qu’il pensait visiblement tombé dans l’oubli. TC



    * Réflexion sur le cinéma fantastique :
      Luigi Cozzi évoque la naissance de Contamination (22mn)
    Notre avis: Un documentaire d’époque dans lequel Luigi Cozzi évoque son amour pour la science-fiction et regrette que le genre ne soit pas plus représenté dans son pays, cela rendant difficile la réalisation de son oeuvre. La suite du reportage nous montre des séquences sur le plateau du tournage de Contamination avec la préparation des scènes commentées par Luigi Cozzi, se dernier s’évertuant à vouloir donner une leçon de cinéma très didactique plutôt que de parler de son point de vue de réalisateur. Un document rare mais relativement anecdotique au final. TC



    * Interview inédite de Cozzi dans sa boutique (9mn)
    Notre avis: On retrouve Luigi Cozzi aujourd’hui, dans sa boutique de Rome Profondo Rosso, évoquant son travail de réalisateur et les raisons qui l’ont poussé à vouloir réaliser Contamination après le succès de Starcrash, la principale étant son désir de faire sa propre version de Alien en Italie après avoir vu le film de Ridley Scott dans un cinéma de New-York. Dans ce court segment, Luigi Cozzi revient sur les effets spéciaux de son film, notamment la scène de la fin, et explique ses astuces de montage et de lumière pour ne pas trop dévoiler le monstre, conscient de son effet potentiellement risible. Bien que court, ce bonus est intéressant.TC



    * Filmographies : Luigi Cozzi, Ian McCulloch, Louise Marleau, Marino José

    * Galerie photo

    Notre avis: Une suite de photos assez riche en documents sur le film : Story-board, affiches, dessins préparatoires, photos de production et tournage. TC

    * Fiche technique

                                                                          ° ° ° ° °

    DVD 2
    * Le tunnel sous le monde de Luigi Cozzi
    (Il tunnel sotto il mondo), 1969, le premier film de Cozzi.
    Notre avis: Ce moyen métrage est un essai de jeunesse de Luigi Cozzi vaguement tiré d’une nouvelle de science-fiction de Frederik Pohl et très inspiré de la nouvelle vague. A la manière de l’Alphaville de Godard, Cozzi parvient à créer une ambiance de science-fiction à partir de sons étranges et d’un montage expérimental, insérant en voix off des textes de grands auteurs comme Ray Bradbury, Kurt Vonnegut ou James Ballard. Au final un document à la narration plutôt confuse qui est à appréhender comme le manifeste d’un jeune cinéaste prêt à tout pour faire du cinéma. Une bonne initiative de cette édition dvd malgré une copie de très mauvaise qualité tirée d’une source vidéo abîmée et délavée. TC




    * Présentation du film par Luigi Cozzi (13mn)
    Notre avis: Luigi Cozzi parle de son film Le tunnel sous le monde en revenant sur sa réalisation assez chaotique à cause du manque de moyen dont il disposait. Il évoque les astuces qu’il a été obligé de trouver au dernier moment, comme remplacer un comédien à la dernière minute par lui-même ou filmer dans l’urgence des plans volés dans la rue pour un film tourné au final en quatre jours. TC



    * Le tunnel sous le monde - making of (31mn)
    Notre avis: Luigi Cozzi revient sur toute sa carrière, de ses débuts comme rédacteur dans une revue de science-fiction jusqu’à sa collaboration sur les films de Dario Argento. Le réalisateur Luigi Cozzi, aujourd’hui âgé de cinquante ans, n’est pas avare en parole et se revèle au final très intéressant à écouter. TC


    * Filmographies

    * Fiche technique
L I R E   É G A L E M E N T  -  C I N É M A   G O R E
 

          
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