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LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE de Wes CRAVEN |
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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | |||||
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La
dernière maison sur la gauche
est ce que l’on appelle un film culte. Précisons aussitôt
que dans notre esprit "qualité" est très rarement
synonyme de "culte"… Ce qualificatif vague et trop facilement
usité, induit simplement que des spectateurs formant des cercles
fermés –parfois sans aucun goût ou culture cinématographique-
aiment cet objet filmique pour des raisons variées mais pas toujours
d’ordre artistique. La raison la plus répandue est une réalisation absente ou idiote -pour ne pas dire débile- convainquant aisément les spectateurs qu’ils feraient mieux ou alors de leur très grande intelligence. Ainsi, ces films dits cultes peuvent sauver une soirée morose en provoquant un déluge de rires moqueurs et gratuits. Ces films à la mise en scène défaillante sont automatiquement peuplés d’acteurs amateurs, cabotins ou ridicules –et surtout qui ne s’en rendent pas compte. Parfois, ces acteurs approximatifs semblent avoir été choisis afin de faire oublier l’absence de budget, de décors, de scénario, les nombreux défauts techniques ou les effets-spéciaux ratés… En stigmatisant ces défauts trop apparents, les spectateurs peuvent facilement avoir un avis définitif sur le film ce qui est très rassurant… Mais parfois à force de les voir et revoir les spectateurs arrivent à trouver une beauté -voire une grandeur- en ces films cultes… D’autres fois, ces films restés invisibles car victimes d’une censure totale donnent aux spectateurs l’impression d’être des rebelles ou des privilégiés en ayant enfin accès à ces films interdits. Plus souvent, il faut honnêtement se demander si les censeurs n’ont pas juste tenté d’éviter au public de subir ces navets… Souvent aussi, ces films censurés font montre d’une perversité malsaine qui sait néanmoins satisfaire les pires pulsions de spectateurs malades. Ils sont des cocons accueillant voyeurs, sadiques et autres masochistes… Ces films cultes sont aussi occasionnellement des premières oeuvres invisibles et fauchées de réalisateurs hollywoodiens aujourd’hui reconnus. Leur vision redonne espoir aux réalisateurs en herbe… Ou enfin, ces films cultes représentent des bornes de l’Histoire non-écrite du cinéma : un chaînon manquant que nous sommes les seuls à voir entre Citizen Kane et L’Avventura, par exemple. La dernière maison sur la gauche est un mélange de tous ces éléments disparates -sauf le dernier, malheureusement ! Ce premier film de Wes Craven n’augurait guère de son potentiel de réalisateur inventif ou tout bonnement de son impressionnante carrière à suivre dans le genre horrifique. Sa carrière est aujourd’hui derrière lui mais rappelons qu’il contribua à moderniser et enrichir l’industrie dans les années 70 au même titre que John Carpenter, George A. Romero, Dario Argento, David Cronenberg ou Tobe Hooper. Il changea radicalement le visage de l’horreur avec des œuvres telles que La Colline a des yeux (The Hills Have Eyes-1977), Les Griffes de la nuit (Nightmare on Elm Street-1984), L’emprise des ténèbres (The Serpent and the Rainbow- 1988), Schoker (1989), Le Sous-sol de la Peur (People Under the Stairs–1991), Freddy sort de la nuit (New Nightmare-1994) ou Scream (1996) qui ont toutes pour point commun de jouer avec les clichés ou d’exposer les règles du jeu afin de mieux les dévoyer par la suite. De même, rien ne pouvait laisser imaginer que le tout jeune producteur, Sean S. Cunningham de La dernière maison sur la gauche -qui semblait alors cantonné à la pornographie soft- réalise en 1980 le premier opus du prototype du slasher-movie, Vendredi 13 (Friday the 13th), et crée un mythe urbain avec son Jason. Ensuite, il mettra la plus grande partie de son énergie (et secondairement son intelligence) dans la production des suites de cette franchise ou à désespérément renouveler le genre en l’hybridant à l’humour avec la série des House et accouchera surtout du très dispensable M.A.L., mutant aquatique en liberté (DeepStar Six- 1989), pillage éhonté d’Alien mâtiné d’Abyss. Nul doute que le culte autour de La dernière maison sur la gauche -que le grand public n’avait vu avant cette sortie DVD française- soit dû à cette paternité très respectable. Mais aussi à la réputation sulfureuse du film qui s’annonçait crânement comme une adaptation moderne du classique d’Ingmar Bergman, La Source (Jungfrukällan–1960), Oscar du meilleur film étranger. Au quatorzième siècle, en Suède, des éleveurs de chèvres violent et tuent une jeune vierge. Leurs errances et le destin les amènent à dormir ensuite chez les parents qui découvriront qu’ils sont les assassins et se vengeront cruellement. L’histoire de La dernière maison sur la gauche est sensiblement la même excepté le contexte géographique ou historique et à surtout l’exception près que dans l’original joue le génial Max von Sydow. Le remake est peuplé d’acteurs porno ou qui auront le bon goût (ou la clairvoyance) de ne pas insister dans cette voie. D’ailleurs, originellement les scènes de viols devaient être explicites mais les auteurs auraient considéré que la violence des scènes gore suffisaient… Rajoutons tout de même que le film de Bergman est une réflexion sur Dieu, le sens de la vie et la relativité de la morale humaine. Points que Wes Craven ne semble pas avoir pu, voulu ou su développer. Il montre –sans jamais démontrer- des personnages qui commettront l’irréparable et l’impardonnable sans que nous comprenions pourquoi. Le film est d’une gratuité moralement méprisable. Pourtant nous sommes bien au courant des envies répétées ad lib par les auteurs dans les bonus annonçant fièrement qu’ils désiraient faire un documentaire à valeur politique et allégorique comme La nuit des morts vivants (Night of the Living Dead -George A. Romero-1968) quelques années plus tôt. Une réaction à la violence de l’époque… Mais alors comment justifier qu’à l’issue d’un des meurtres, les trois tueurs arrachent à mains nues les entrailles de la victime et semblent s’en repaître ? A part le clin d’œil au film de Romero et l’espoir de subir la censure ce qui serait le meilleur tremplin publicitaire, non ne voyons pas… La renommée de La dernière maison sur la gauche repose aussi sur une scène ignominieuse de vengeance sacrificielle où la mère décide de tuer un des hommes en lui faisant une fellation qui se terminera par la décollation à coups de dents de son sexe et le laissera se vider de son sang dans d’affreux râles de souffrance. C’est l’attente de cette scène –le film a fait sa publicité autour- et non pas les lectures socio-politico-morales qui donnent le courage aux spectateurs de supporter tous les défauts déjà cités plus haut… Et une fois cette scène arrivée, le spectateur réalise que la scène cent fois fantasmée est d’une platitude consternante et que la souffrance (artistique) qui a précédé n’en valait pas le coup. Beaucoup de scènes de remplissage particulièrement à but burlesque où un couple de policiers gaffeurs à la façon de Laurel et Hardy entrelardent les plages de tension. Plutôt que reposer de la tension ou du suspense, ces moments de bêtise crasse brisent les instants où un malaise créatif pouvait naître. En effet, l’esthétique pseudo-documentaire, le 16mm à gros grains (pas d’éclairage d’appoint, etc), la caméra portée, le son brut, ces acteurs tellement mauvais que leurs tortures en deviennent vraies… cette esthétique anti-hollywoodienne est sans doute la plus grande violence du film pour le regard formaté de l’amateur de films hollywoodiens. De même, les morceaux folk doucereux composés par David Hess, qui interprète aussi le chef des tueurs (réduction budgétaire oblige), se veulent être des moments de contrepoint ironique ou poétique. Mais leur vide ne dissimule que trop mal un film seulement « sale » qui ne dépasse jamais le second degré. Bien que le sujet du film soit clair, le scénario se veut artificiellement complexe ayant pour seul résultat d’agacer par des suites de scènes sans substance. A moins que le film suive une stratégie humble et fasse exprès d’être aussi lénifiant, agaçant, mal joué, etc afin de mettre le spectateur dans une sorte de transe, d’énervement, de malaise qui permettra de percevoir la violence artistique du film comme une véritable violence physique et morale et donc mieux vivre le calvaire des protagonistes ? Regrettons alors qu’il n’ose pas aller jusqu’au bout des choses comme Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre- Tobe Hooper-1974) deux ans plus tard. La dernière maison sur la gauche confirme le grand théorème cinématographique qui veut que tout film vieux d’une génération ou plus acquière un intérêt exotique, kitsch, social, historique, etc. Ainsi, le film est même a le mérite d’être dans l’air du temps… Il précède le fameux Un justicier dans la ville (Death Wish-1974) de Michael Winner où Charles Bronson se vengeait des violeurs de sa femme et fille qui verra de nombreuses copies ou préparait le terrain pour le génial Massacre à la tronçonneuse. Admettons, que La dernière maison sur la gauche et surtout son succès ont ouvert la porte à une génération de cinéastes de talent qui pourront s’engouffrer grâce à son succès inédit dans le genre horrifique à un moment où les censures morales, politiques et artistiques tombaient enfin. Mais qu’en sera-t-il du remake prévu en 2009 et réalisé par Dennis Iliadis ? Rendez-vous dans 30 ans… Nachiketas Wignesan |
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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| FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE DE WES CRAVEN | |||||
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| L I R E É G A L E M E N T - C I N É M A G O R E | |||||
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