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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Tourné
en 1962, et sorti à la fin de l’année 1963, La
dérive est le premier long métrage de Paula Delsol,
cinéaste totalement méconnue et totalement oubliée,
il faut bien le dire. Plantons le décor. Au début des
années 60, de très nombreux jeunes cinéastes débarquent.
Le nombre de premiers films a rarement été aussi élevé
que durant cette période. Les portes avaient été
défoncées – on ne va pas non plus faire un cours
sur la Nouvelle Vague – par les Truffaut, Godard, Rivette, Chabrol
et consorts, qui ont contribués à considérablement
rajeunir l’âge moyen des cinéastes. Quand on découvre un film français du début des années 60 d’un cinéaste que l’on ne connaît pas, il y a toujours ce petit suspens esthétique. On est alors dans une période où tout s’articule d’une manière extrêmement forte et extrêmement visible autour de la NV et du "cinéma de papa". Il y a deux groupes. Et l’on se pose alors cette question : à quel groupe appartient le cinéaste ? Ici, pas de doute. La dérive est bien un film qui lorgne du côté de la NV. La dérive, c’est le Jacques Rozier d’Adieu Philippine qui fait un Bergman ou un Antonioni. Rien que ça ! La dérive, c’est celle de Jacquie, une jeune et jolie jeune femme qui a pas mal de succès avec les hommes. Mais ceux-ci ne veulent que coucher avec elle. Ils l’a trouvent «gourde». Baisable, mais «gourde». Alors, elle traîne son désespoir de bras en bras, le temps d’un été, sur la côte. La dérive, c’est la légèreté des ces hommes et leur superficialité (le film est réalisé par une femme, et on restera tout de même un peu circonspect quand à la schématisation de la chose : d’un côté une femme qui veut qu’on l’aime, de l’autre les méchants messieurs qui ne pensent qu’au sexe). La dérive, c’est aussi la légèreté de la France au repos, de l’air tranquille et lénifiant des vacances, capté parfois avec l’acuité d’un documentariste – le film avait beaucoup plu à Jean Rouch – et qui n’est pas sans rappeler à ce niveau, un autre film français sorti en 1963, Adieu Philippine, de Jacques Rozier. Mélange de post-synchro, de son direct, de plan fixe et de caméra épaule, utilisation d’acteurs peu chevronnés (à part Paulette Dubost, la Lisette de La règle du jeu de Renoir), tourné dans une apparente décontraction, le film a un «charme artisanal» certain. Mais derrière tout cela, il y a la gravité bien sûr, une gravité presque antonionienne (une scène du film fait très curieusement écho, en version light, à l’un des dernières scènes de l’Avventura). La gravité d’une femme qui ne trouve sa place nulle part. Ni dans sa famille, ni auprès des hommes. Toujours en vadrouille, en ballottage, toujours déçue. Le cœur mille fois meurtri, elle parvient tout de même à rebondir à chaque fois, mais semble garder une petite cicatrice de chacune de ses mauvaises expériences. Le propos et le ton du film détonnent quelque peu par rapport à la plupart des films de la même époque. Le film avait été interdit aux moins de 18 ans. Les censeurs ne voulaient sans doute pas que le jeune public de l’époque voit à quoi ressemble une jeune femme moderne. Comme s’ils n’avaient pas vraiment encore accepté le fait que l’on était en train de changer d’époque. Certains cinéastes ont connu le même problème dès qu’ils ont abordé ce sujet sensible qu’est la jeunesse. Véritable curiosité, d’autant plus forte que le film sort vraiment de nulle part (franchement, aviez-vous déjà entendu parler de ce film ?), La dérive est un grand petit film, qui nous rassure aussi sur un point : s’il y a des films de cette envergure qui sont restés dans les oubliettes pendant des années, on a encore du boulot ! Julien Pichené |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| PROPOS DE L'ÉPOQUE | ||||
| « Je suis ému - je sors de "la Dérive" - on n'est jamais allé plus loin avec cette audace tranquille». Jean ROUCH "Par son audace, la dérive ne peut etre comparée qu'aux tout premiers films d'Ingmar Bergman.» François TRUFFAUT |
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| FILMOGRAPHIE DE PAULA DELSOL | ||||
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Un homme comblé (1985) (TV) Ben et Bénédict (1977) La Dérive (1964) |
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