)))  THE BRAVE
        
   de Johnny DEPP                    

 

  • Drame faustien - 1997 - États-Unis - durée: 1h58
  • Sortie à la Vente en DVD le 22 Août 2007
    Editions Opening
  • Prix de vente indicatif : 19,90€

SYNOPSIS

Raphaël est un jeune homme d’origine indienne, ancien délinquant, qui mène une existence très dure avec sa famille dans un bidonville à Morgantown. Il part en ville pour trouver de l’argent et un moyen d’entretenir les siens, c’est alors qu’il fait la rencontre de McCarthy. Ce dernier, réalisateur de « snuff movies », lui propose un marché. Si Raphaël lui offre sa vie pour l’un de ses films, où les meurtres ne sont pas de la fiction, il lui reversera une grosse somme. Le jeune homme accepte et vit alors ces derniers instants avant cette mort programmée…

POINT DE VUE

Quand un acteur américain passe à la réalisation, c’est souvent pour nous livrer le meilleur (Mystic River de Clint Eastwood, The Night of the Hunter de Charles Laughton, The Pledge de Sean Penn) mais parfois le pire (The Postman de Kevin Costner, Da Vinci Code de Ron Howard) et avec le film The Brave de Johnny Depp, nous entrons heureusement dans la première catégorie.

Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Johnny Depp n’a pas opté pour la facilité en choisissant comme sujet l’un des pires phénomènes de nos sociétés: le snuff movie (des films montrant des images de meurtres et circulant dans de sombres réseaux clandestins).
D’autres cinéastes, américains pour l’essentiel, ont essayé de traiter le snuff movie avant et après lui, avec plus ou moins de bonheur. Pour exemple le réalisateur hollywoodien Joel Schumacher avec son métrage 8mm, film racoleur aux ressorts profondément académiques, ou encore la récente saga gore Hostel, qui n’aborde pas le sujet directement mais s’en rapproche par de multiples aspects, comme le rôle que joue l’argent dans ce «marché de la mort».

À la différence de ces films pop-corn aux images chocs dont le but est de choquer le jeune spectateur boutonneux en mal de sensations fortes, Johnny Depp utilise un sujet au départ sordide et parvient ensuite à nous conter l’histoire profondément émouvante du destin tragique d’un homme qui se sacrifie pour ceux qu’il aime, et pour ce faire, l’acteur-réalisateur fait le choix judicieux de nous épargner d’inutiles scènes de violences qui auraient discréditées son film.

The brave est avant tout l’histoire d’un drame poignant, celui d’un homme exclu d’une société qui ne lui offre rien moins que le pire comme possibilité de salut. Pour ajouter à l’empathie du personnage, Johnny Depp a la bonne idée de se donner le rôle du jeune indien qui essaye tant bien que mal de faire vivre les siens, dans un pays soi-disant civilisé mais qui ferme les yeux sur ses laissés-pour-compte, sort réservé ici à la communauté indienne.
Le symbole de ce capitalisme sans scrupule est incarné ici par la figure d’un mystérieux homme d’affaires paraplégique proposant au jeune homme de se faire torturer et tuer devant une caméra en échange d’une grosse somme d’argent. Les motivations de cet homme et les causes de son handicap ne nous sont jamais expliquées, ajoutant à son mystère, et c’est Marlon Brando (dans un de ses derniers rôles) qui prête ses traits et son génie à ce personnage complexe, qui semble étranger à toute morale et culpabilité.

L’acteur n’est présent que dans une seule et longue scène au début du film, mais cette dernière marque de son empreinte tout le reste du film, en y apportant une dimension tragique. Plongé dans la pénombre du sous-sol crasseux d’un vieil immeuble désolé, son personnage nous renvoit immédiatement au colonel Kurtz d’Apocalypse Now et la longue scène désormais mythique du face à face avec son futur « parricide » Willard (incarné par Martin Sheen) qui, comme la figure du fils, prendra sa succession. Au contraire du chef d’œuvre de Coppola, le jeune indien ne vient pas dans un but d’assassinat, mais à l’inverse pour se faire tuer. Avec cette séquence d’ouverture, Johnny Depp revendique l’influence du cinéma américain des années 70, celui des grands formalistes que sont Francis Ford Coppola ou Martin Scorsese. En témoigne la présence de Frederic Forrest, comédien déjà présent dans The conversation (1974) ou The Missouri Breaks (1976) et dans de nombreux autres grands films de cette époque. Plus globalement, The Brave nous évoque un autre grand mythe, celui de Faust, où Brando peut-être vu comme l’incarnation du diable (à la manière de Robert de Niro dans Angel Heart) face à Depp (Faust) qui vend son âme pour le salut de sa famille.

Avec The brave, Johnny Depp a réalisé un vrai film d’auteur, une œuvre forte (sifflée de manière totalement incompréhensible au festival de Cannes en 1997) qui nous décrit avec élégance la face sombre du rêve américain.

Thierry Carteret


   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sélection Officielle Festival de Cannes 1997

    Réalisation
    : Johnny Depp
    Production : Jeremy Thomas, Charlie Evans Jr et Carroll Kemp
    Scénario : Paul Mccudden, Johnny Depp d'après le roman éponyme de Gregory McDonald (traduit sous le titre Rafael, derniers jours)
    Image : Vilko Filac
    Montage : Pasquale Buba
    Son : Paul Ledford
    Musique : Iggy Pop
    Costumes : Lindy Hemming

    Avec:
    Johnny Depp
    Marlon Brando
    Marshall Bell
    Elpidia Carrillo
    Frederic Forrest
    Max Perlich
    Luis Guzmán
    Cody Lightning
    Nicole Mancera


  •  LE DVD

    DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs

    Image & Son :
    Format: 1,77
    Ecran: 16/9
    comp. 4/3
    Son:
    Dolby Digital 5.1 Anglais
    Sous-titres: Français
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