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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Éloge
de la jouissance
Le premier long-métrage de Jean Dewever, Les Honneurs de la guerre, s’était attiré les foudres du gouvernement gaulliste, parce qu’il montrait, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, des soldats allemands épuisés et résignés, face à des villageois français plus enclins à festoyer qu’à faire acte de résistance. Alors qu’il portait un regard profondément humaniste sur chacun des camps, et qu’il s’affichait en outre comme une véritable réussite formelle, le film fut injustement banni des écrans. Loin de s’assagir pour autant, Dewever revenait au début des années 70 avec une œuvre aussi libre et sincère, et du même coup subversive, Les jambes en l’air. Dans cette réjouissante comédie de l’après-Mai 68, une famille au train de vie bohème voit une de ses deux filles, Cécile (Dominique Villermet), quitter subitement l’heureux foyer pour un motif inconnu. Bien décidée à retrouver la fugitive et à obtenir le fin mot de l’histoire, la troupe entreprend un voyage qui, s’il prend tour à tour des allures de vacances, de camp hippy ou de déménagement, finira par la conduire jusqu’à elle. Il suffit, d’abord, de s’attarder un instant sur l’affiche du film, où une blonde entièrement nue et comme tombée du ciel s’effondre sur un gendarme, pour saisir le ton des images (et des chansons) qui vont suivre. Car Dewever tient toutes les promesses lancées par cette malicieuse illustration. Aussi la toute première scène du film s’inscrit-elle déjà dans ce registre gentiment provocateur lorsque Cécile, après avoir embrassé un fringant jeune homme, lui glisse : “Cet après-midi au lycée, ne m’interroge pas”. Ces quelques mots, trahissant une liaison amoureuse entre un professeur et son élève, affirment d’emblée un besoin d’épanouissement qui s’affranchit des conventions. Et comme pour mettre aussitôt en pratique cette idée que le plaisir se joue des règles, Dewever insinue les lettres blanches de son générique sur une des plus belles séquences du film, où les parents de Cécile, César et Favouille (Georges Géret et Sylva Koscina), s’unissent dans une tendre étreinte au milieu des bois. Tandis que les noms défilent, au seul murmure des herbes plissées et des tissus froissés, les lèvres de César s’emploient à faire éclore doucement les tétons roses de Favouille. Puis d’une main aimante et respectueuse, il parcourt la poitrine qui se dresse tout entière au soleil, dans un plan rapproché qui pourrait avoir valeur de manifeste : rien n’a d’importance si ce n’est la femme désirée, surtout pas la morale ou l’ordre public. La suite, d’ailleurs, continue bien de faire l’éloge de la jouissance. Si l’amour (sentimental et physique) d’une femme reste le haut but à atteindre, incarné par la rayonnante Sylva Koscina, il ne faut pas se priver de l’amitié et des menus plaisirs qui l’accompagnent : uriner à plusieurs dans le maquis (“Je pisse parce que ça me fait du bien !”, s’exclame César) ; danser jusqu’à perdre haleine et faire de la musique avec une bande de hippies ; et surtout “se piquer la ruche” toute la nuit, c’est-à-dire s’enivrer d’alcool (d’ailleurs, César gagne illégalement sa vie en vendant de la “prune” dans de fausses bouteilles de lait). Même quelques écarts charnels sont autorisés à César, lorsqu’il rencontre une amie de Cécile (Dewever ne condamnait déjà certainement pas l’adultère dans Les Honneurs de la guerre). C’est donc logiquement par une grande fête que se conclut le film, dans une ancienne maison close ranimée pour l’occasion. Les nymphes dénudées des fresques murales reprennent leur toilette le temps d’une soirée. Aux convives de se réapproprier ce lieu de plaisirs en buvant et en se déhanchant jusqu’au petit matin. Et lorsque quelques débordements attirent à l’aube l’attention des forces de l’ordre, on a tôt fait de les berner pour reprendre les festivités. Il reste que le secret de la fugue de Cécile apporte au film une véritable profondeur, sous ses (fausses) apparences de comédie débridée, et que le style de Dewever (notamment des raccords en avance sur les plans précédents) donne une vivacité et un enjouement remarquables au récit.
Force est de constater, finalement, l’incroyable chaleur qui se
dégage d’un bout à l’autre de ce film, où
les personnages agissent avec une extrême liberté et semblent
nous adresser, comme autrefois Baudelaire, ce précieux conseil
: “Enivrez-vous” ! |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| FILMOGRAPHIE DE JEAN DEWEVER | ||||
| Naissance
le 3 Decembre 1927 à Paris - Site
officiel du cinéaste F I L M O G R A P H I E La route inconnue (1983) TV Series Jules Ferry (1981) (TV) Ulysse est revenu (1978) (TV) Mon propre meurtre (1974) (TV) Georges Dandin (1973) (TV) Les jambes en l'air (1971) "Allô police" (1 épisode, 1970) Les oiseaux rares (1969) TV "Salle n° 8" (1967) TV Contrastes (1961) Les Honneurs de la guerre (1960) Au bois Piget (1958) La crise du logement (1955) |
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