Un
jeune étudiant japonais, de retour de ses études d’architecture
aux Etats-Unis, retrouve son Tokyo natal. Culturellement transformé
par son passage sur le sol Américain, il se retrouve vite confronté
à la mentalité archaïque de son père, pilier
de l’économie nationale qui souhaite le voir œuvrer
pour le pays, et non pas pour les puissances économiques américaines.
Professionnellement, amoureusement et politiquement, sa vie va désormais
se faire et se défaire selon ses choix.
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Les
années 40 et ses mouvements d’immigration de cinéastes.
Si nombreux furent les metteurs en scènes Allemands, Français
à fuir l’Europe pour les États-Unis. D’Angleterre
aussi, où le plus connu d’entre eux, Alfred Hitchcock finit
par atterrir aux USA à cette époque-là. Pourtant,
moins connus sont les mouvements qui s’effectuèrent en
sens inverse. Edward Dmytryk fut pourtant de ceux-là. Accusé
d’agissements anti-Américains, il finit par refuser de
se justifier et trouva refuge en Angleterre. Entre-temps, ce jeune cinéaste
aura tout de même redoublé d’efforts pour prouver
sa bonne foi. Les preuves matérielles en sont ces deux films
de propagande qu’il tourna pour la RKO en 1943 : Les enfants
d'Hitler (Hitler's children) et ce Face au soleil
levant (Behind the rising sun).
Opportuniste ou sincère, conspirateur ou patriote, Face au
soleil levant laisse pourtant peu de place au « vrai Dmytryk
» tant le métrage semble en soit englué dans son
discours unilatéral, manichéen, inculte. Vestige d’un
autre temps, il se révèle vite impossible de regarder
Face au soleil levant comme on pourrait se délecter
d’un classique des années 40 tant chacun des éléments
posés dans chaque scène sonne faux, déplacé,
soumis à des contraintes idéologiques. À commencer
par ces acteurs américains ethniquement transformés grâce
à une bonne couche de fond de teint et un maquillage grossier
leur bridant les yeux.
Une fois même accepté le fait que les personnages japonais
ne cesseront de parler anglais tout le long du film (il faut voir la
grand mère douter en anglais de la loyauté de son petit
fils envers les traditions nippones, et voir les vrais asiatiques relégués
au rang de simples figurants), les décors « carte postale
», eux, ne cesseront à aucun moment de crier au viol (saviez-vous
qu’au Japon depuis chaque fenêtre de chaque appartement,
on voit le Mont Fuji ?).
Bref, pas la peine de multiplier les exemples, vous aviez compris que
la ressortie d’un tel film aujourd’hui en DVD est destiné
à satisfaire trois types de public : Les aficionados de Dmytryk,
les amateurs de films visionnables à de multiples degrés,
et les universitaires ou historiens qui étudient les rapports
entre cinéma et propagande.
La mise en scène quant à elle est tout à fait louable.
Assurant un service minimum, quelques très bonnes idées
percent tout de même à certains moments du film, notamment
celle de l’image de cinéma qui se transforme en carte postale,
avant de retrouver son statut d’image cinématographique,
comme si Dmytryk voulait nous rappeler que malgré la lourdeur
des conditions de productions et de ses obligations idéologiques,
il n’était pas dupe de nous servir une vision « carte
postale » de l’Asie.
Fabien Thévenot |





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