)))  16 BLOCS
        
    de Richard DONNER

 

  • Thriller 24h chrono - 2006 - États-Unis - durée: 1h41 (+Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 9 janvier 2007
    Éditions Metropolitan/Seven
  • Prix indicatif : 20€

SYNOPSIS

Tout ce qu'il voulait, c'était rentrer chez lui et prendre un verre tranquille, mais juste à la fin de son service, l'inspecteur Jack Mosley (Bruce Willis) se voit confier une petite mission. Il doit escorter Eddie Bunker (Mos Def) jusqu'au palais de justice où deux heures plus tard, celui-ci témoignera à charge dans une affaire de meurtre. Le trajet devait prendre à peine dix minutes, le temps de remonter les seize pâtés de maisons, mais tout va déraper...

POINT DE VUE
Avant même d’en voir le contenu, 16 Blocs interpelle. Bon signe en règle générale pour un film, même s’il s’agit plus, dans le cas présent, d’une petite curiosité sadique que d’une réelle excitation de cinéphile, impatient de découvrir un bon film.
Tout d’abord, on constate (avec joie ?) que notre cher Richard Donner n’est pas mort ! Le réalisateur qui nous est carrément présenté par l’éditeur Métropolitan comme LE spécialiste du buddy movie (littéralement «film de copains»), n’est autre que le réalisateur de la série des Arme Fatale. Le public, qui n’avait d’ailleurs plus entendu parler de Richard Donner depuis le dernier film de la franchise, l’Arme Fatale 4 (plus fatal que les autres, tellement le film est navrant), réunissant son acteur fétiche, Mel Gibson et son coéquipier de toujours, Danny Glover (décidément pas trop vieux pour ces conneries…) Mais en regardant de plus prêt sa filmographie, on découvre avec stupeur un film réalisé en 2004, sobrement intitulé Les Prisonniers du Temps. Passé inaperçu lors de sa sortie et pour cause, un beau direct-to-video en France, sorte de science-fiction médiévale nanarifique au possible, qui en devient hilarant au second degré. Avec Paul Walker dans le rôle titre, qui après les deux premiers Fast and Furious, a peut-être voulu faire un bon film…

Pour le public (et plus particulièrement pour les plus jeunes), Richard Donner reste donc l’éternel réalisateur de la série des Arme Fatale et de quelques parenthèses sympathiques telles que le western comique Maverick en 1994 ou encore le thriller mou du genou Complots en 1997. Mais, attention, il serait plus que réducteur de résumer le vieux briscard à ces seuls films. En effet, au regard de ses premières réalisations, on découvre de véritables perles comme les 2 premiers Superman, les deux meilleurs opus de la série à ce jour, Ladyhawke, femme de la nuit, un conte fantastique réjouissant avec le génial Rutger Hauer, ainsi que le fabuleux Gonnies, film d’aventure de toute une génération de culottes courtes. Avec ces titres, on comprend davantage le plantage de ces derniers films, où la naïveté inconsciente du metteur en scène dépasse quelquefois des scénarios un peu trop faiblards.

Second constat, la présence au casting de l’excellent second couteau David Morse, spécialiste des rôles de militaires ou autres représentants de la loi, rigide mais toujours juste ; Et bien sûr, Bruce Willis, qui nous gratifie d’une bien belle moustache, un peu plus épaisse que dans le génial La mort vous va si bien de Robert Zemeckis, mais plus réelle que dans le ridicule Chacal de Michael Caton-Jones. Alors, la moustache lui aura-t-elle porté chance cette fois ci ?

Et bien la réponse est non malheureusement. On aurait pu penser, qu’en revenant à son genre de prédilection, Richard Donner allait nous proposer une histoire un peu plus originale que la moyenne et bien pas du tout. Le scénario, écrit par l’inconnu Richard Wenk, nous ressert le plat habituel du buddy movie. Un flic désabusé, Jack Mosley (Bruce Willis) à qui on demande d’escorter un petit criminel Eddie Bunker (le black de service, interprété par Mos Def) jusqu'au palais de justice, où deux heures plus tard, celui-ci témoignera à charge dans une affaire de meurtre. Jusqu’ici rien d’original. Oui mais voilà, l’histoire se corse pour nos deux anti-héros lorsque l’on apprend que les personnes contre qui Eddie doit témoigner sont en réalité plusieurs flics du même district que notre héros Jack Mosley. Cette bande de ripoux décide donc de liquider le témoin gênant et accessoirement Jack Mosley, alcoolique, mais apparemment seul flic honnête de cette bonne vieille Pomme. Toujours rien d’original. S’ensuit courses poursuites, fusillades et cascades en tout genre en plein New York (pas original mais quota obligatoire pour ce genre de film), où les deux personnages, vont petit à petit devenir amis (Ah ça c’est original !… Non ? Ha bon.) Le flic rouillé va s’avérer pas si rouillé que ça et notre criminel est en fait un gentil garçon plein de bons sentiments, qui veut simplement devenir pâtissier à Seattle (Ha voilà, ça c’est original !) Une sorte de mix de 48H00 (pour le coté relation flic bourru/black grande gueule) et du Négociateur (pour le coté flics corrompus et pour la présence de David Morse) mais en moins bien.

Coté interprétation, Bruce Willis joue à la perfection le flic en fin de parcours, mais Richard Donner (dans un souci honnête de réalisme) pousse la caricature un peu trop loin et on se retrouve, en scène d’exposition, devant un personnage gras du bide, buvant du whisky dans son café, boitant et les yeux rouges à souhait. (On apprend d’ailleurs dans les bonus, que les maquilleurs aspergeaient continuellement les yeux de Bruce Willis de vapeur de menthol). Les dialogues n’arrangent absolument rien et lorsque Bruce Willis sort de son mutisme patibulaire, il nous sort des phrases du style « La vie est trop longue… ». L’interprétation de Mos Def est quant à elle tout simplement insupportable (À éviter surtout la VF, où Mos Def est affublé d’une voix à la Daffy Duck qui aurait fumé un pétard de trop). Quant à David Morse en grand méchant et bien… il fait du David Morse.

Coté réalisation, c’est assez efficace. Après une rapide exposition des personnages, pas très convaincante donc, Richard Donner arrive à donner du rythme dans les scènes d’actions plutôt bien maîtrisées. On regrette simplement que le réalisateur ait voulu surfer sur le créneau de plus en plus convoité du film en temps réel, inspiré en grande partie par la série 24, un pseudo temps réel d’ailleurs, puisque le film contient tout de même quelques effets de montage discrets, comme des ellipses ou des ralentis stylisés (tics inconscients dans ce genre de production). À noter la séquence de prise d’otage qui ne sert à rien et n’ajoute aucune tension dramatique au film.

Coté image, l’édition DVD sublime le travail de photographie de Glen MacPherson avec un compressage de toute beauté, offrant des contrastes profonds et un étalonnage quasi parfait. La bande sonore de Klaus Badelt est quant à elle vite oubliée, tellement elle est peu inspirée (N’est pas Hans Zimmer qui veut !). Au final, les amateurs de films d’action resteront donc sur leur faim et trouveront la mise en scène un peu vieillotte en comparaison avec les dernières réalisations survitaminées de Tony Scott, Domino ou encore le récent Déjà vu avec Denzel Washington.

À l’instar d’un Walter Hill, Richard Donner est certes un grand réalisateur de film d’action mais n’arrive pas toujours à choisir de bons scénarios. Dommage !


Julien Bourières

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FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salles le 5 avril 2006

    Réalisateur
    : Richard Donner
    Scénariste : Richard Wenk
    Avec:
    Bruce Willis : Jack Mosley
    Mos Def : Eddie Bunker
    David Morse : Frank Nugent
    Jenna Stern : Diane Mosley
    Casey Sanders : Le capitaine Gruber
    Cylk Cozart : Jimmy Mulvey
    David Zayas : Robert Torres
    Robert Racki : Jerry Shue
    Patrick Garrow :Touhey

    Producteurs : Randall Emmett ; Avi Lerner ; Jim Van Wyck ; Bruce Willis ; John Thompson
    Directeur de la photographie : Glen Macpherson
    Compositeur : Klaus Badelt
    Directeur artistique : Brandt Gordon
    Costumière : Vicki Graef
    Chef décorateur : Arvinder Greywal
    Distributeur : Métropolitan Film
    Editeur DVD : Seven 7


  •  LE DVD
    DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs
    Durée du film : 1h41
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 compatible 4/3
    Format : 2:35
    Son,Langues: Dolby Digital 5.1 Anglais, DD 5.1 et DTS Français
    Sous-titres:
    Français.



  • BONUS
    Les compléments font eux aussi pâle figure. Les interviews des acteurs ne sont pas transcendantes et ne nous donnent pas plus d’éléments sur la manière dont ils ont abordés leur personnage (en même temps…) Les scènes coupées ne sont pas d’une grande utilité non plus, seule, la fin alternative sauve un peu l’ensemble et finalement le film lui-même qui aurait mérité cette fin beaucoup moins happy end que celle de la version cinéma. JB


    * Interviews des acteurs, du réalisateur et images du tournage (VOST - 11’)



    * Scènes coupées
    commentées par le réalisateur (20’)



    * Fin alternative
    (VF et VOST - 7')
    * Galeries de photos
    * Filmographies
    des acteurs avec accès à des bandes annonces de Otage, A l’ombre de la haine et Down in the Valley.
    * Lien Internet
    * Bandes annonces
NOTES DE PRODUCTION
    16 BLOCS marque une rencontre au sommet. Le réalisateur Richard Donner, à qui l’on doit entres autres Maverick et la série L'Arme Fatale, met en scène celui qui a littéralement inventé un type de personnage à lui tout seul, Bruce Willis. Et forts de leurs expériences respectives, ils ont décidé ensemble d’aller beaucoup plus loin...

    Deux hommes, deux heures pour changer de vie
    Bruce Willis incarne Jack Mosley. Cet inspecteur désabusé n’est plus que l’ombre du brillant inspecteur qu’il
    était. Suite à une faute commise six ans plus tôt, il ne se supporte plus. Il est devenu étranger à lui-même. Le malaise et le dégoût qu’il éprouve l’ont peu à peu étouffé. Sa vie ne l’intéresse plus, il fuit en permanence, dans la boisson ou dans la solitude.
    La définition du personnage de Bruce Willis est passée par toute une série d’étapes. Afin de maîtriser l’environnement professionnel de Jack, Bruce Willis a patrouillé plusieurs nuits avec des policiers de Brooklyn aux côtés de l’inspecteur Mike Keenan, membre de la Police de New York depuis 22 ans, qui a aussi servi de conseiller pour toutes les questions de procédure.
    Sur le plan physique, Bruce Willis s’est également beaucoup investi. Au début du film, son teint pâle est le fruit d’un maquillage qui souligne les symptômes de l’alcoolémie. Pour avoir le regard humide et les yeux rouges, les maquilleurs ont utilisé des vapeurs de menthol. L’acteur marchait avec une pierre dans sa chaussure droite, ce qui le faisait réellement boiter.
    Jack se retrouve confronté à Eddie Bunker, un délinquant prêt à tout pour s’en sortir et témoin gênant dans une affaire de meurtre.
    C’est à Mos Def, rappeur et comédien, que les cinéastes ont décidé de confier le rôle de ce hors-la-loi en quête d’une seconde chance. Richard Donner explique : «Mos est vraiment un comédien surprenant. Il a emmené le personnage bien plus loin que nous ne l’avions imaginé. Mos possède un univers très riche dans lequel il puise sans cesse pour jouer. Si vous écoutez les paroles de ses chansons, vous vous rendrez compte que c’est un poète et un philosophe. Il a une vision de la vie extrêmement concrète et très élevée. Son personnage avait besoin de cette expérience pour exister. Mos partage avec Eddie une pureté idéaliste et une certaine naïveté.»
    Richard Wenk, le scénariste, confie : «Cette histoire, c’est d’abord la rencontre d’un homme qui avait tout pour s’en sortir mais qui a renoncé, avec un autre qui n’a jamais rien eu et qui pourtant ne renonce pas. Jack Mosley est un flic auquel plus personne ne croit, pas même lui, et Eddie Bunker se débat dans une série d’échecs où il cherche désespérément des signes qui le conduiraient vers une vie meilleure...»
    Richard Donner poursuit : «Le sujet promettait de l’action mais aussi beaucoup d’enjeux humains. L’action seule ne suffit pas, elle est démultipliée lorsqu’elle sert une bonne histoire, et celle-ci en est une. L’idée que cela se passe quasiment en temps réel me plaisait aussi. Le spectateur est soudain impliqué comme jamais dans le compte à rebours que vivent les protagonistes. »

    Tournage et cascades
    Le tournage de 16 Blocs a débuté en avril 2005 à Toronto.
    Après neuf semaines sur place, l’équipe est partie à Manhattan pour deux semaines supplémentaires. Dans la mesure du possible, Richard Donner a réalisé le film dans l’ordre chronologique.Il explique : «L’histoire,
    au-delà des moyens et de l’action, impliquait quelques problèmes logistiques. Nous avons tourné dans deux villes différentes, sur cinquante-cinq jours, à des centaines de kilomètres de distance, par tous les temps... Et pourtant, il fallait que l’on puisse croire que tout se déroule sur deux heures de temps sans aucun faux raccord. Afin de se garantir une cohérence optimale, et pour permettre aux comédiens de maîtriser plus facilement l’évolution de leurs personnages, nous avons décidé de tourner dans la continuité. Il était ainsi plus simple de savoir où ils en étaient, aussi bien sur le plan psychologique que dans l’action.»
    Le directeur de la photographie, Glenn MacPherson, confie : «Richard souhaitait une image réaliste, brute. Il fallait que le spectateur se sente au côté des protagonistes, au plus près de leurs émotions et de ce qui leur arrive. Que le trajet à faire soit si court et pourtant si difficile renforce l’impact de tout ce qui se passe. »
    L’un des temps forts du film est une impressionnante poursuite en bus. Elle a été tournée à Toronto sur douze jours. Pour la mener à bien, la production a acheté et fait venir cinq bus de New York, dont deux ont servi pour le tournage proprement dit - un pour l’extérieur et l’autre pour les intérieurs, les trois autres étant utilisés pour les prises spéciales et les cascades. L’un des bus a été coupé en deux pour pouvoir être monté sur un camion et négocier ainsi le virage le plus spectaculaire. La poursuite implique plus de vingt-cinq autres véhicules et près de cinquante cascadeurs. La scène finale, celle du crash, a été filmée par douze caméras placées sur la trajectoire et sur tous les axes stratégiques. Le superviseur des effets spéciaux, Laird McMurray, commente : «Il nous aura fallu trois semaines pour tout mettre en place, et à peine quarante minutes pour tout exploser ! »
 
 


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