|
|||||
|
|||||
![]() |
|||||
| SYNOPSIS |
|||||
|
|||||
| POINT DE VUE | |||||
| De
"Coquillages et crustacés" à "crustacés et coquillages". " Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...". Depuis Brigitte Bardot et sa célébrissime madrague, on avait l'habitude de les annoncer dans cet ordre-ci. Avec ce titre du 4ème long métrage du tandem Olivier Ducastel & Jacques Martineau, les éléments sont inversés. C'est un détail de maniaque, une fausse piste, me direz-vous, mais il se trouve que c'est le principe du film. Une petite famille en vacances au bord de la mer. Une belle demeure. Tranquille. Ambiance bucolique. Tout semble normal et sans histoire, en apparence seulement, car derrière, en fouillant un peu, il se trouve que Monsieur (Gilbert Melki), Madame (Valéria Bruni-Tedeschi), leur fille et leur fils, sont tous très portés sur le sexe. Bref, avec l'air marin, ce qui est enfoui et caché toute l'année, ce qui est derrière, passe devant. Nous sommes là dans une certaine tradition du film de vacances (au hasard, parmi tant d'autres : Le blé en herbe de Claude Autant-Lara (1954), Un moment d'égarement de Claude Berri (1977), Conte d'été de Eric Rohmer (1995), etc. Où la pause estivale, sorte de parenthèse enchantée, vient suspendre les rituels et les routines de la vie de tous les jours, libérer les pulsions des citadins, solliciter leurs émois, en même temps qu'elle leur permet de se révéler à eux-mêmes. Ouverture de volets. La première scène du film montre Gilbert Melki ouvrant les volets de sa villa près de la mer (il faudrait écrire un livre ou faire une thèse sur l'ouverture des volets dans les films de vacances du cinéma français, tant ce «passage obligé», ce rituel de vacances, a donné lieu à des scènes magnifiques et souvent très chargées émotionnellement. Voir Du côté d'Orouët de Jacques Rozier, ou Conte d'été de Rohmer, mais bon, passons !). Filmé de l'extérieur, ce plan de double ouverture (du film et des volets) est simple de sens. L'affiche du film montre d'ailleurs la même chose : des volets entr'ouverts derrière lesquels on distingue les différents protagonistes et leurs obsessions sexuelles. «Les vacances c'est fait pour sortir de la routine » explique Valéria Bruni-Tedeschi à Gilbert Melki. Elle aurait pu rajouter que ça peut aider à en savoir plus sur sa sexualité. En vrac, au fil de saynètes lourdes et pas drôles, mais qui ont le mérite d'être assez courtes, on découvre que la famille Ricoré est plus trash que prévu. Mais tout reste au niveau de la publicité. Rapide, concis, superficiel, démonstratif. En vrac un père de famille, de prime abord homophobe et macho, se faisant rattraper par son passé d'homosexuel ; une mère de famille, de prime abord compréhensive et zen, qui laisse afficher progressivement sa nymphomanie et une certaine complaisance dans son adultère (elle trompe son mari avec un amant, Jacques Bonnaffé, qui apparaît et disparaît comme par magie) ; un fils accro à l'onanisme sous la douche; une fille également nympho qui part en virée avec le premier motard venu. Il y là un processus de démythification et de minage de la cellule familiale traditionnelle et de son apparente normalité, qui n'est pas sans rappeler celui engagé par François Ozon dans son premier long, Sitcom. Petit à petit, les statuts (le père, la mère, les enfants) et les spécificités de chacun sont gommés. Au final, les obsessions sexuelles s'affichent et annihilent les hiérarchies et, dans une certaine allégresse mais non sans heurts, tout le monde termine sur le même plan, à la fois objet et sujet sexuel. Et tout ce petit monde cohabite. « C'est pas mieux comme ça ? » semble nous demander le film. Le sujet est délicat. Sensible. C'est peut-être pour ça que c'est raté. Soit Ducastel & Martineau sont trop sérieux pour en faire une comédie débridée, soit ils ne le sont pas assez pour en faire un film qui casse la baraque. Au choix. Il est dommage de constater que le mélange sexe-vacances donne l'illusion aux cinéastes que seule une comédie au vent léger pourra en faire un bon cocktail. Les comédies sérieuses (Rohmer) ou quasi-expérimentales (Rozier) restent malheureusement des cas isolés, mais - soyons optimistes - cela nous permet de dire que la comédie estivale est un terrain où il reste encore presque tout à explorer. Julien Pichené |
![]()
|
||||
| FICHE TECHNIQUE | |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||