)))  ROCHESTER,
       LE DERNIER DES LIBERTINS

        
  de Laurence DUNMORE                    

 

  • Drame historique - 2006 - Grande-Bretagne - durée: 1h55 (+Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 5 septembre 2006
    Éditions Metropolitan FilmExport
  • Prix de vente conseillé : 20€

SYNOPSIS

Au XVIIIe siècle, le deuxième comte de Rochester, ami et confident du roi Charles II d'Angleterre, mena une vie entièrement dédiée à la recherche du plaisir et de la vérité. Rochester fut à la fois décrié, condamné mais aussi admiré pour son avant-gardisme et son goût de la liberté.
Lorsqu'il rencontre Elizabeth Barry, une jeune actrice, le comte tombe sous le charme et parie avec ses amis qu'il parviendra à en faire la coqueluche de Londres. L'amour va tout compliquer…
Rochester aura une destinée aussi sulfureuse que ses écrits, aussi fascinante que ses pensées…

 
   
POINT DE VUE

Biographie du Comte de Rochester, libertin sulfureux de l’Angleterre du 17 ème siècle, ce film marque par une certaine maîtrise technique. Qu’il s’agisse d’un éclairage à la bougie sensible aux contrastes ou à la représentation quasi palpable d’une Angleterre sur le déclin, perdue dans la brume et la déchéance de ses terres souillées par la boue (reconstitution touchante et réalise), le réalisateur Laurence Dunmore, novice au cinéma, montre toute l’étendue d’un savoir-faire acquis par la mise en scène de clips vidéos et de célèbres spots publicitaires (Johnny Walker, Peugoet, Adidas, BMW) aux Etats-Unis. Graphiste de formation, il s’attache à la qualité des détails et au rendu de couleurs, qui restent l’une des principales attractions de ce film.

Malgré les efforts d’un Johnny Depp transfiguré au diapason d’un de ces personnages torturés dont il admire le génie (notamment le défunt Hunter S.thompson, pape du journalisme Gonzo), Rochester ne se laisse pourtant pas pénétrer. Le film ne prend pas le temps d’embarquer le spectateur. On soupçonne alors l’auteur d’avoir vu dans la seule sémantique de la fornication, omniprésente durant 90 minutes, sujet apte à éveiller les papilles subversives du spectateur.

Un rappel : pas de biographie sans vice ni provocation, c’est le leitmotiv de l’exercice cinématographique dans un genre où la transcription fidèle de la réalité doit se faire dans un soucis de perspective.... avec soi-même lorsque le biographe se reconnaît dans son sujet. Avec son époque, lorsque le sujet fait écho au présent d’une période tourmentée. Volontairement orientée, souvent politique, la biographie au cinéma cherche à créer le débat. La plus récente d’entre elle qui n’a pas échappée à la règle, le vivement critiqué Marie Antoinette de Sofia Coppola, a eu le mérite d’être le film de son auteur.

De ce point de vue, Rochester est paradoxal. Portant sur un personnage subversif à son époque, le film n’en reste pas moins convenu. On convient de dialogues particulièrement crûs, où l’obsession sexuelle s’habille de la parure théâtralisée de tirades bien écrites. On convient également que Rochester s’alcoolise notoirement et qu’il se passionne pour la cause théâtrale... que son serviteur s’appelle « la verge » et que la luxure est un plaisir... tous les éléments d’une définition classique de l’épicurien, figure très présente au cinéma et de ce fait, figure particulièrement convenue. Quel est l’intérêt alors de cette énième proposition impersonnelle ? A quoi bon se contenter d’une telle apologie du libertinage dans une société où loin d’être une étude de moeurs, il tend à devenir une mode. S’il s’agit là d’un point de vue et qu’il se discute, encore aurait-il fallu que l’auteur s’emploie à traduire par sa mise en scène un engagement susceptible de créer une discussion. Rien de tout cela dans un film où l’appareil génital de l’homme est sans raisons constamment sous entendu. Quel soulagement alors que celui de voir le dernier des Libertins agoniser sur son lit de mort... il n’y a plus de doutes alors, le film approche de la fin.


Julien Hoarau

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salles le 25 Janvier 2006

    Réalisateur: Laurence Dunmore
    Scénaristes: Stephen Jeffreys
    Avec:
    Rochester : Johnny Depp
    Elizabeth Barry : Samantha Morton
    Charles II : John Malkovich
    Elizabeth Malet : Rosamund Pike
    Etherege : Tom Hollander
    Sackville : Johnny Vegas
    Jane : Kelly Reilly

    Producteurs : Lianne Halfon, John Malkovich, Russel Smith
    Directeur de la photographie : Alexander Melmann
    Musique originale : Michael Nyman
    Distributeur : Métropolitan Film

    Site officiel du film

 


  •  LE DVD
    Image : dvd 9 - 16/9 compatible 4/3 – format 2.35
    Son : dolby digital 5.1 anglais, français
    Sous-titres : français
  •  BONUS

    * Le commentaire audio du réalisateur
    * Les scènes coupées
    * Le Making-of du film
    * La galerie photo
    * La bande-annonce du film
    * Les différentes bandes-annonces
    * Lien Internet

NOTES DE PRODUCTION


La légende du véritable comte de Rochester
Àsa manière, le comte de Rochester fut une des premières rock stars de l'Histoire. Alors que l'Europe sortait à peine du Moyen-Age, découvrant les sciences, la philosophie et les principes de civilisation, cet homme exista sans aucune limite, sans compromission, inspirant, séduisant, et vivant comme personne avant lui. A travers une existence aussi brève qu'intense, John Wilmot, plus connu comme le comte de Rochester, deuxième du nom, traversa le XVIIe siècle comme une comète, semant sur son passage autant de feu que de lumière. Né en 1647, fils du comte de Rochester, John fait preuve dès son plus jeune âge d'une intelligence hors norme. Sa forte personnalité est connue dans toutes les cours d'Europe. Il est alors considéré comme intelligent, incontrôlable, capable de dire tout ce qu'il pense au mépris des conventions, sans parler de son charme ravageur et de ses moeurs…

Alors qu'il a juste vingt ans, Rochester écrit déjà des poèmes et des textes satiriques qui, par leur façon explicite d'aborder la sexualité et ses plaisirs, choquent la bonne société. Ces textes lui vaudront des condamnations, mais aussi l'admiration de gens comme Defoe, Tennyson et Voltaire. Avec sa fulgurante ascension au sein de la cour du roi Charles II, sa notoriété augmente encore. Le monarque, réputé pour sa vision humaniste et progressiste, apprécie Rochester et en fait son confident. Il sera souvent difficile pour le roi de couvrir les incartades et les multiples scandales provoqués par Rochester. L'un des plus grands reste le kidnapping d'une jeune femme, Elizabeth Malet, parce qu'il en était fou amoureux. Pour cela, le jeune comte sera emprisonné à la tour de Londres.

A peine gracié par le roi, il demande sa victime en mariage, et elle accepte. Bien que proche du souverain, Rochester n'est pas intégré à sa cour. Ses frasques, notamment son amour pour une jeune comédienne, Elizabeth Barry, le conduiront à sa perte. Mais si sa fortune s'effondre, sa verve et son humanité bouillonnante ne faibliront jamais. Le comte de Rochester s'éteint à 33 ans, et sa légende est en marche.

La naissance du projet
Quelques siècles plus tard, c'est à travers une pièce de Stephen Jeffreys que le comte revit au théâtre. Stephen Jeffreys se souvient : «Tout a commencé chez mon dentiste ! Sa fille venait d'avoir treize ans et il voulait éviter que certains de ses livres ne tombent entre ses mains, alors il avait entrepris d'offrir ses bouquins les plus sulfureux à ses patients ! A moi, il a offert un petit livre du comte de Rochester. L'ouvrage était intitulé “Quintessence et Délice de la débauche”…
J'ai vite compris pourquoi mon dentiste ne voulait en aucun cas que ce livre tombe entre les mains de sa fille ! L'ouvrage était à faire rougir le plus averti des hommes, mais au-delà de cela, il témoignait de l'esprit remarquable de son auteur. J'ai eu envie de me documenter sur ce personnage, et ce que j'ai découvert m'a fasciné. Chacune de mes recherches, chaque découverte attisait un peu plus mon envie de connaître cet individu. Il possédait la dimension d'un romantique, la puissance d'un révolté, en ayant eu visiblement une fascinante aptitude à brûler sa vie et tout ce qu'il considérait comme sacré avec.

Cet homme avait connu la gloire et la fortune, la solitude et les bas-fonds, il avait aimé, déchaîné les passions et vécu en 33 ans plus que n'importe qui en plusieurs vies !» Stephen Jeffreys écrivit une pièce, «The Libertine», qui remporta un succès immédiat, aussi bien en Angleterre qu'aux Etats-Unis. John Malkovich endossa le rôle du sulfureux comte. Le comédien confie : «J'ai découvert un personnage exceptionnel, fidèle à ses principes, provocateur, doué et très en avance sur son temps.» C'est l'acteur lui-même qui a initié le projet d'adaptation au cinéma, avec tellement d'enthousiasme qu'il en est aussi devenu le producteur.

Le casting
Laurence Dunmore explique : «L'histoire est un premier atout du film, mais son casting en est un autre. Lorsque Johnny Depp a accepté le rôle du comte, nous avons compris que le projet prenait une autre envergure. John Malkovich avait souhaité incarner le roi Charles II, et c'était une autre bonne nouvelle.» John Malkovich confie : «Rochester partageait sa vie entre sa femme et sa maîtresse, entre le plus excellent des goûts et les plus doux des vices. C'était un homme entier, fidèle à lui-même et à ses passions. Johnny Depp s'est imposé à nous sans l'ombre d'une hésitation.

Le personnage, rebelle et séduisant, assumant ses contradictions et donnant tellement aux autres, lui va parfaitement.» Johnny Depp commente : «J'ai toujours aimé les personnages qui échappent aux conventions. Rochester n'était ni un héros, ni quelqu'un de forcément très recommandable et pourtant, il avait pour lui ce que peu avaient en son temps : l'honnêteté d'assumer ce qu'il était et le courage de dire ce qu'il pensait. C'est cette intégrité qui lui a valu ses admirateurs aussi bien que ses ennemis. Je n'ai pas voulu l'aborder comme un idéal romantique, mais comme un homme uniquement motivé par ses élans passionnels et son intelligence.» C'est Samantha Morton qui a été choisie pour interpréter la protégée du comte, Elizabeth Barry. L'actrice raconte : «C'est une histoire incroyable, émouvante. J'ai été captivée par le scénario. Je ne connaissais pas le personnage de Rochester et c'est une découverte.

Avec Elizabeth, mon personnage, il va vivre une passion absolue, contre les principes, contre la bienséance mais jusqu'au bout d'eux-mêmes. J'ai aimé leurs rapports, cette énergie, ce risque, cette sensation constante de courir au bord du gouffre. Grâce à lui, Elizabeth va devenir l'une des plus grandes comédiennes de son époque. C'est une passion féconde, rien n'y est tiède.» L'actrice poursuit : «En préparant le film, j'ai eu accès à de nombreux documents sur Elizabeth Barry. Elle vivait dans une époque incroyablement riche. Beaucoup de détails matériels, les décors, les costumes m'ont inspirée pour la jouer mais au-delà de cela, j'ai d'abord souhaité la faire revivre à travers ses sentiments, ses émotions parce que de ce point de vue-là, elle est totalement intemporelle.» Rosamund Pike incarne Elizabeth Malet, l'épouse du comte de Rochester. L'actrice explique : «C'est l'autre Elizabeth dans la vie de Rochester. Il l'a enlevée, il l'a séquestrée et elle a accepté de l'épouser ! Entre eux, il y avait quelque chose de très fort.

Elle est probablement celle qui l'a le mieux compris. Elle savait qu'il l'aimait mais elle avait aussi saisi qu'elle ne lui suffirait pas. Cela ne devait pas être facile à vivre, et c'est une des clefs du personnage.» Autre femme qui compta énormément pour Rochester, son amie, Jane, une prostituée jouée dans le film par Kelly Reilly. L'actrice raconte : «Cet homme avait des aspects aussi lumineux que sombres. Il incarnait la vie dans tous ses paradoxes. Rochester se partageait entre deux mondes, celui du luxe et de la cour et celui de la misère et des basfonds. Le film n'idéalise aucun des deux univers, il les présente sobrement, en restant centré sur les personnages. Jane avait de nombreux points communs avec Rochester ; comme lui, elle avait accepté de se perdre pour mieux se trouver…» Laurence Dunmore commente : «A mon sens, « Rochester le dernier des libertins » n'est pas un film d'époque historique.

Il nous plonge au coeur du destin et des sentiments d'un homme qui a tout vécu sans concession. Son attitude échappe aux contextes, aux époques et aux modes. Chaque jour, j'ai été stupéfait de voir quelle force Johnny, John, Samantha, Rosamund et tous les autres donnaient à leurs personnages. De cette histoire incroyable, ils ont fait une rencontre poignante.».

  

                                                           °°°°°