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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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«
Inaccessible ! » C’est l’un des rares mots qui sort de la bouche de Jeanne Moreau pour évoquer Nathalie Granger, la petite fille qui donne son nom au quatrième film de Marguerite Duras. « Inaccessible ! » C’est le seul mot qui vient à l’esprit du spectateur pour évoquer Nathalie Granger le quatrième film de Marguerite Duras. Ce spectateur déclare forfait pour se livrer à toute exégèse. Il salue pourtant le travail à l’image de Ghislain Cloquet, évocateur, forcément évocateur. Des images quasiment fixes qui semblent appeler par elles-mêmes la fiction. Ce voluptueux noir et blanc transcrit avec densité les murs de la maison, la vibration végétale du jardin, le doux flottement d’une promenade en barque dans une ambiance où le surréalisme ne paraît jamais loin. Les photos sont impeccables, mais le problème, c’est la durée, forcément la durée, cinématographique la durée, forcément au cinéma, c’est la durée qui fait le cinéma, forcément le cinéma. L’auteur de ces lignes regrette d’avoir à écrire ça. Forcément, il regrette, mais il s’en explique. Forcément, il doit s’expliquer. Il est obligé de s’expliquer. Déjà, il ne lui déplaît pas d’être dérouté au cinéma. Ensuite et surtout, il tient India Song pour un astre, un météore cinématographique qui continue fréquemment à vibrer dans son souvenir. Il pense à India Song comme à une forme de miracle, à un geste artistique inspiré fait contre toutes les règles du cinéma et qui redéfinit le cinéma. Il pense à India Song comme un astre souverain et il aurait tellement aimé que la filmographie de Marguerite Duras ne soit faite que de ces astres souverains, mais non, les astres souverains sont faits pour rester seuls. Comme autre astre souverain, il pense à cet autre film fait par un homme de lettres, cet autre film fait absolument contre le cinéma et qui redéfinit à lui seul un autre cinéma : In girum imus nocte et consumimur igni de Guy Debord. Il aurait aimé que Nathalie Granger rejoigne cette constellation, mais non, Nathalie Granger lui rappelle cruellement que les objets autoproclamés d’avant-garde peuvent n’être parfois que des réceptacles à pesanteur et à ennui. De Nathalie Granger, lui reviennent ces assez belles images des mains d’une petite fille qui fait des gammes au piano. Vraiment l’impression que donne ce film : des gammes laborieuses pour « faire moderne ». Ainsi, Nathalie Granger est rempli de moments en creux, de silhouettes fuyantes et fantomatiques vues à travers une fenêtre, d’actrices qui posent, de Depardieu qui monologue sans qu’on lui réponde, de thèmes et de motifs éminemment durassiens (au hasard, la musique, le feu, l’enfance, l’incantation), mais ça ne prend pas. Morceaux impossibles à recoller. Ça «fait moderne», mais ça ne fait pas un film moderne. Et c’est aussi fastidieux à voir que d’écouter des gammes d’une pianiste débutante. Découragé, l’auteur de ces lignes n’a eu ni le temps, ni le courage, ni l’abnégation de regarder les bonus où des tenants du « cinéma intelligent » (Benoît Jacquot alors assistant, Luc Moullet producteur) et des universitaires expliquent la singularité de « l’écriture filmique » de Marguerite Duras. S’il faut voir les bonus pour réévaluer un film, c’est mal barré. Plutôt voir et revoir India Song. India Song auquel Coppola rendit hommage dans une séquence d’Apocalypse Now (celle de la demeure coloniale dans la version Redux avec Delphine Seyrig et Matthieu Carrière). Quand on pense que par là même, le réalisateur du blockbuster de l’époque payait alors son tribut au cinéma d’avant-garde le plus radical, que le wonder boy d’Hollywood se faisait humble devant Duras, on se dit que les seventies étaient vraiment une époque bénie. Joachim Lepastier |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| À PROPOS DE MARGUERITE DURAS | ||||
| Naissance
de Marguerite, Germaine, Marie, Donnadieu, le 4 avril 1914 à Gia
Dinh, près de Saigon en Indochine. « Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours... » (Des journées entières dans les arbres) Après toute une enfance passée en « Cochinchine », Marguerite Donnadieu rentre en France à la mort de son père le 4 décembre 1921. La famille s’installe dans la maison de Duras dans le Lot-et-Garonne. Puis elle repart en 1924 à Pnom-Penh puis Saïgon avant d’y acheter une terre. Une terre qui inspirera nombreux de ses romans (Un Barrage contre le Pacifique, L’Amant, L’Amant de la Chine du Nord.) « Écrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait. » (Écrire) De retour en France pour y faire des études en 1933, elle rencontre par la suite Robert Antelme qu’elle épousera avant que celui-ci ne soit envoyé au front. Pendant la Guerre, elle deviendra la compagne de Dionys Mascolo avec qui elle rentrera en Résistance tout comme son mari Robert qui sera lui arrêté par la Gestapo. Elle y échappera grâce à un certain François Mitterrand. En 1943, elle publie son premier roman, Les Impudents. Après la Guerre, elle divorcera de Robert Antelme en 1947 pour donner un enfant à Dyonis Mascolo, Jean qui naîtra le 30 juin. En 1950, Marguerite Duras est exclue du PCF mais triomphe avec son roman Barrage contre le Pacifique pour lequel elle rate de peu le Goncourt. « Dans l'image vous écrivez tout à fait, tout l'espace filmé est écrit » (Les yeux verts) Après son divorce avec Dyonis Mascolo en 1957, elle se consacre beaucoup au cinéma qui adapte plusieurs de ses écrits (Barrage contre le Pacifique par René Clément en 1958) avant qu’à partir de 1969, elle ne devienne réalisatrice. « Vivre avec l’alcool, c’est vivre avec la mort à la portée de la main. » (La vie matérielle) A partir de 1975, elle s’installe à Neauphle-Le Château. Les années 80 sont marquées par l’aggravation de ses problèmes d’alcool qui l’emmèneront à plusieurs séjours à l’hopital. Mais ce sont durant ces années qu’elle rencontre un jeune admirateur, Yann Lemée qui prendra le pseudonyme de Yann Andrea. 1984 sera l’année de son plus grand best-seller, L’Amant. « Écrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. » (Écrire) La fin de sa vie sera marquée par l’adaptation par Jean-Jacques Annaud de l’Amant, qui sera désavouée par Marguerite Duras, à tel point que cela lui l’inspirera l’écriture de son avant-dernier roman, l’Amant de la Chine du Nord. Le 3 mars 1996, Marguerite Duras s’éteint. |
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| BIBLIOGRAPHIE
ET FILMOGRAPHIE DE MARGUERITE DURAS (élément du dossier de presse) |
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