)))  ROMANCES DE TERRE ET D'EAU
       + LE RÊVE DE SAO PAULO

        
de Jean-Pierre DURET & Andrea SANTANA

 

  • Documentaire - 2001 & 2005 - Brésil - durée: 78' + 100' (+Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 19 avril 2006
    Éditions Montparnasse
  • Prix de vente conseillé : 30€
  • DOUBLE DVD

SYNOPSIS

« Le Brésil est un grand pays de l’intérieur, corps immense
dont les plages de sable n’en seraient que les lèvres…
La plupart du temps, nous n’en connaissons
que les lèvres… »

ROMANCES DE TERRE ET D'EAU
SYNOPSIS
Romances de terre et d’eau est un documentaire sur les petits paysans du Nordeste du Brésil qui se battent avec une grande noblesse et beaucoup d’humour pour leur survie économique mais aussi pour préserver la force d’imagination et de recréation de leur culture. Pour ces paysans aux origines indiennes, la « roça » qui est l’endroit où l’on fait croître les plantes, les légumes et le riz, ce qu’il faut à une famille pour être assurée du lendemain, cette « roça » pourrait être le paradis sur terre si cette terre leur appartenait. Elle est le lieu où tous leurs mythes sont nés et encore à naître et qu’ils s’efforcent d’entretenir par la poésie, la musique, les créations à base d’argile et les danses, pour pouvoir transmettre ce « métier de vivre » à leurs enfants.
   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salles en France en Novembre 2002
    2001 – Brésil – Couleur – VO – 78 min
    Réalisation
    : Jean-Pierre DURET et Andrea SANTANA
    Présences dans les festivals :

    Cinéma du Réel, mars 2002 / Quinzaine du Cinéma Francophone, octobre 2002
    Festival du Film de Sarlat, novembre 2002 ...
LE RÊVE DE SAO PAULO
SYNOPSIS
Depuis des dizaine d’années, mus par un violent désir de vivre, les paysans du Nordeste du Brésil émigrent vers São Paulo, ville-mirage d’un rêve essentiel à chaque pauvre de la terre : manger, nourrir sa famille, être reconnu comme quelqu’un.
Il y a 50 ans, ce rêve a été celui d’un enfant devenu célèbre, Luis Inácio da Silva, dit Lula, Président du Brésil depuis le 1er janvier 2003.
C’est l’un d’eux, José, 18 ans, que les réalisateurs ont suivi tout au long des 3000 km de route qui séparent son village au Nordeste de São Paulo.
Son rêve, et les rêves de tous les personnages croisés sur la route, sont la matière du film, son ossature, son cœur. Devant le chaos dans lequel ils vivent, l’unique don de l’avenir est ce désir de vie.

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    2005 – Brésil – Couleur – VO – 100min
    Réalisation
    : Jean-Pierre DURET et Andrea SANTANA
    Co-production
    : EX HIHILO et Arte-France, diffusé sur ARTE, TV5, la LCP - Assemblée Nationale (chaîne parlementaire).
    Présences dans les festivals :

    Cinéma du Réel, mars 2005 / Etats Généraux du Film Documentaire - Lussas, aout 2005 / 29° São Paulo International Film festival, octobre 2005 / Rencontres Internationales du documentaire à Montreal - Canada, novembre 2005 ...
POINT DE VUE
Loin des artifices de la mise en scène de Buñuel pour Terre sans pain (1) et des propos fameux de Pierre Unik (2), Jean-Pierre Duret et Andréa Santana s’attachent à donner la parole aux Nordestins du Brésil, une parole qui se veut à la fois le matériau des films et leur propre commentaire. L’heure n’est plus à la surenchère et le discours paysan se suffit à lui-même, traversé de craintes et d’espoirs, et rempli, surtout, de lucidité.

D’abord, pour parvenir à ces témoignages presque bruts de la condition des « sans terre », Jean-Pierre Duret privilégie l’image cahotante et les longues prises, redécoupées au montage, du caméscope numérique. Certes, les champs de cannes à sucre se pixellisent, les visages tannés s’aplatissent sur les broussailles d’arrière-plan et le tee-shirt rouge vif de José déteint même sur les décors. Mais la parole, elle, gagne en vérité (l’ancien travail de Duret en tant qu’ingénieur du son n’y est sans doute pas pour rien (voir filmo ci-dessous)). Car si la proximité s’installe dans l’imminence et la continuité du dialogue, le DV a cet avantage qu’il fonctionne bien, tant dans l’urgence que sur la longueur. Urgence de la rencontre entre José et un autre voyageur, dans le bus pour São Paulo. Longueur de la discussion avec le sourcier Seu Tetel, qui expose sur le terrain sa méthode pour repérer les nappes souterraines. Sans disparaître entièrement, les effets de mise en scène de la parole s’en trouvent atténués. Le naturel reprend un peu de ses droits. À Duret, donc, de s’immiscer dans les conversations et de saisir un refrain a capella. Aux traditionnels témoignages et autres orchestrations avérées de la parole – la lecture, notamment, des poésies de Patativa Do Assaré par différents enfants – s’ajoutent ainsi certaines séquences plus proches du « pris sur le vif (3) ».

Mais quel que soit le type d’intervention, le regard de l’homme sur lui-même ne change pas. Il oscille entre moments de profond désespoir, en souvenir des privations, des maladies, des décès, et moments de confiance en un avenir plus réjouissant, pourtant complètement chimérique. Il reste cependant toujours sincère, comme incapable de se voiler la face, et reflète une perpétuelle lutte de la vie contre l’adversité. L’unique bonheur de ce peuple, sa seule fierté aussi, est d’exister envers et contre tout. « On a eu onze enfants, tous sont vivants », assure João Ferrera Cândido. « On est tombé amoureux, on s’est marié et jusqu’à aujourd’hui, on vit », ajoute plus tard Maria de Lurdes Cândido. Choisir de survivre, c’est déjà une manière de résister. Alors, les « sans terre » vont, brisant leur bêche sur les rocailles du Sertão, semant çà et là des graines que le sol aride aura tôt fait d’étouffer. D’autres encore préfèrent s’exiler à São Paulo, dans l’espérance d’une improbable félicité. Tous sont « mus par un violent désir de vivre », dont transpire leurs paroles, leurs chansons, leurs poèmes. Aussi, il n’est pas besoin d’appliquer de commentaire sur les images, sinon le verbe paysan lui-même. Duret et Santana rappellent d’ailleurs dans le très instructif livret du Dvd: « Les pauvres ne sont pas concernés par les commentaires, ils racontent leurs propres histoires avec véhémence, force et grandeur de vue, de vie. Il suffit de s’approcher, de dire qui l’on est, pourquoi on est là ». De sorte que les deux films s’inscrivent dans cette logique. En faisant surgir les « sans terre » à l’écran, ils affirment un peu plus qu’ils sont au monde.

Magnifique acte de résistance, donc, que ces histoires brésiliennes. Encore faut-il qu’il y ait maintenant des oreilles assez curieuses pour leurs prêter attention. À en juger du talent et de l’honnêteté de la démarche de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana, il n’est pas trop permis d’en douter.


Stéphane Tralongo


(1) Buñuel, Luis, Las Hurdes, Espagne, 1932.
(2) Pierre Unik commente Terre sans pain d’un ton neutre qui contraste avec la violence des images.
(3) Voir Gauthier, Guy, Le Documentaire, un autre cinéma, chapitre 5, Nathan, Paris, 2002.








  •  LES DVD
    DVD 9 - couleur - PAL - zone 2
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Format : 1/33
    Son: Dolby Digital 2.0

    Langue:
    portugais
    Sous-titres
    : Français, anglais
  • BONUS :  
    En complément du DVD :
    1 livret de 16 pages écrit par les réalisateurs Jean-Pierre Duret et Andréa Santana
    Notes d’intention, mots sur les films, les personnages, carnet de voyage…

NOTE D’INTENTION DES RÉALISATEURS


N
ous nous sommes rencontrés dans le Nord Est du Brésil, entre Juazeiro do Norte et Fortaleza, dans l’état du Ceara.
Tous les deux, nous sommes devenus amoureux de cette région semi-aride qu’on appelle le Sertão. Nos films sont nés de cette rencontre, un signe d’amour pour comprendre mieux d’où chacun de nous venait.
Sur cette terre pelée, aride, le plus souvent brûlée par le soleil, les hommes qui l’habitent sont les dépositaires d’une culture très ancienne. Hommes et femmes, la plupart sont des journaliers sans terre, et dans la société brésilienne où ils sont méprisés et humiliés, ils n’ont jamais réussi à faire reconnaître leurs droits.
Le premier film nous l’avons appelé « Romances de terre et d’eau ». Romance est un mot qui contient le sucré et le salé, le doux et l’amer, il évoque des histoires d’amour, de la poésie mais aussi des évènements dramatiques qui ont le pouvoir de changer la destinée des hommes.
Comme d’autres petites paysanneries dans le monde, les journaliers de la terre au Brésil se sentent de trop aujourd’hui et tentent de lutter contre la lente asphyxie économique qui les contraint de plus en plus à l’exode dans les inhumaines banlieues des villes ; quelques arpents de terre dont ils auraient la jouissance suffiraient à les tirer d’affaire, mais cela semble impossible. Dans le film, ils évoquent avec force leur riche tradition orale, leur talent de poètes, et leur passion pour la terre. Ils parlent d'un monde idéal qui contient un bonheur naïf et merveilleux, celui d'une communauté humaine ou chacun est respectueux des besoins vitaux de l'autre et où leur culture pourrait s'épanouir en liberté.
Ce rêve d'un monde paisible et heureux, où le ciel et la terre seraient à tous, est brisé; leurs enfants ne peuvent plus adhérer à cet espoir qui vient du fond des âges. Il n'a plus sa place aujourd'hui à l’aune de la froideur de la rationalité économique et des flux financiers sur lesquels prospère l'économie libérale.
Le deuxième film, « Le Rêve de São Paulo », suit le parcours d'un jeune fils de ces journaliers de la terre qui migre vers la grande ville enchanteresse rejoindre ceux qui sont partis vivre loin de la terre aimée. C'est un road-movie de 3000 Km autour des rêves des pauvres, de leur espoir de conquérir une vie meilleure.
Dès qu'ils ont été achevés, nous sommes revenus montrer chacun des deux films à tous ceux que nous avions filmés: 5000 Km de route, des projections dans les lieux les plus incroyables, le vidéo projecteur le plus souvent relié à des branchements électriques pirates, avec un écran et du son. Nous avons organisé de belles séances dans le plus grand cinéma d'art et essai de São Paulo pour tous ceux que nous avions filmés dans cette immense mégalopole, mais aussi dans les villages, en plein air sous les étoiles, l'écran accroché au mur d'une église ou aux planches d'une bicoque, dans les favelas ou sur leurs lieux de travail.
Ce dont souffrent le plus ces personnes déclassées, c'est de n’être pas regardées, pas entendues. Nos deux films ont comblé un peu l'espace de ce silence.

Si on considère les pauvres dans leur totalité d'être humain, les images qui les représentent sont souvent trompeuses et tronquées parce qu'elles ne parlent que partiellement d'eux, à la surface de leurs vies. La réalité de la pauvreté est usée et les images que l'on en voit finissent par nourrir l'amnésie instantanée que de plus en plus elles provoquent en nous: le dégoût d'abord, puis la lassitude, enfin la belle indifférence. Or, si nous voulons contribuer à réfléchir à un monde plus juste (on n'ose presque plus aujourd'hui employer ces mots qui semblent bien désuets), il nous faut absolument rencontrer l'autre dans sa complétude, dans sa totalité, et non se servir de lui dans une vision qui nous arrange. Dans cette rencontre avec des personnes qui n'ont ni la même histoire ni la même culture que la nôtre, nous souhaitons avoir donné l'envie de l'échange, et d'une relation juste.


(éléments de presse)

NOTE SUR LES RÉALISATEURS
Lui, Jean-Pierre Duret
Il est l’ingénieur du son de Maurice Pialat (Van Gogh, Le Garçu), des frères Dardenne (L’Enfant, Rosetta, Le Fils, la Promesse), Claude Chabrol (Merci pour le Chocolat), de Nicole Garcia (Selon Charlie, L’Adversaire, Place Vendôme, Un week-end sur deux), d’Agnès Varda (Jacquot de Nantes, Les 100 nuits), d’Agnès Jaoui (Comme une image, Le Goût des Autres), de Arnaud Despallieres (Adieu), de Cédric Kahn (Feux Rouges), François Ozon (5x2), Jacques Audiard (Un Héros très discret), Jacques Doillon (Petit Frère, Un homme à la mer, Germaine et Benjamin), Claude Mouriéras (Tout va bien, on s’en va), Danièle Thompson (La Bûche), …

Comme réalisateur :
1986 : Un beau jardin par exemple (52’).
1996 : Les jours de la lune (40’). Prix du public, Festival Côté Court de Seine Saint Denis et Prix d’Interprétation à Dora Doll, Festival de Villerbanne)
2001 : Romances de Terre et d’Eau (78’).
2005 : Le rêve de São Paulo (100’).

Elle, Andréa Santana
Elle est née au Brésil. Architecte et urbaniste de formation depuis 1989. Après dix ans d’expérience en architecture, urbanisme et marketing politique au Brésil, elle vient habiter en France en 1999 où, avec Jean-Pierre Duret, elle commence à faire du cinéma documentaire.

Comme réalisatrice :
2001 : Romances de Terre et d’Eau (78’).
2005 : Le rêve de São Paulo (100’).

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