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DESTRICTED
de
Gaspar Noé, Larry Clark, Marina Abramovic , Matthew Barney
,Marco Brambilla , Sam Taylor Wood et Richard Prince.
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- Erotique/porno
- 2007 - International - durée: 1h55 (+ Bonus)
- Sortie
à la Vente en DVD le 13 Novembre 2007
Editions Blaq
Out
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Prix de vente indicatif : 25€
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| SYNOPSIS |
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Destricted,
est le premier film d’une série de compilations de courts
métrages tous réalisés par des artistes et réalisateurs
de renommée internationale. Explicites dans leurs contenus,
ils mettent à jour les différentes attitudes que nous
développons pour nous représenter sexuellement. Créée
en 2004, Destricted est une plate-forme pour toutes les formes
non censurées d’expression artistique : exploitant la
liberté inhérente au format numérique et considérant
que c’est au spectateur de choisir sa propre ligne de démarcation
entre art et pornographie. Chaque film cartographie son propre territoire
en développant différents types de procédés
dramatiques.....
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| POINT
DE VUE |
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Le
principe de Destricted est énoncé dès
son générique: demander à 7 artistes de donner
leur vision du sexe et de la pornographie. On peut s'étonner
de voir une telle scission entre la pornographie et ce qui lui serait
a priori extérieur, l'art qui viendrait porter sur elle une "vision".
On pourrait répondre aux concepteurs du projet que, déjà,
des auteurs comme Gerar Damiano (Devil in Miss Jones), les
frères Mitchell (Derrière la porte verte) ou
plus proches de nous John B. Root (French Beauty) ou Martin
Gognito (Axelle) ont déjà mis leur "vision"
au service de la pornographie.
Au fond, le premier court métrage, Hoist
de Mathew Barney, donne le ton du projet: la pornographie est considérée
comme une sorte de "chose" relevant d'un autre ordre naturel
monstrueux. On peut y voir une créature mi humaine mi végétale
s'accouplant avec une turbine dans les entrailles d'une machinerie rouillée.
Cette approche mythologique du sexe est poursuivie par Marina Abramovic
qui dirige le plus mauvais court métrage du lot. Balkan
Erotic Epic est une comédie musicale grotesque
mettant en scène des rites de fertilité. Sur un même
thème, mais en revanche d'une belle pureté esthétique,
Death Valley de Sam Taylor-Wood, montre un
jeune homme se masturbant dans un décor de rocheuses. On croirait
voir une version "explicite" de Gerry de Gus Van
Sant.
Pour Richard Prince, qui signe Housecall,
la pornographie est littéralement mise à distance puisqu'il
refilme une production des années 70 sur un écran de télévision.
La trame de l'écran produit un effet de grille, voire de cage,
emprisonnant ces étranges animaux, venus d'un autre temps, et
leurs pratiques obscènes. Marco Brambilla avec Sync,
a une démarche presque inverse: un stroboscope de plans ultra-rapides
mixe des images de films pornographiques et imcelles du cinéma
traditionnel. La technique est virtuose, complètement hypnotique:
tout ces corps semblent n'en former qu'un et les barrières entre
les catégories s'abolissent. La raison pour laquelle Sync
est un des meilleurs films de l'anthologie vient sans doute de l'appartenance
de Brambilla à la production hollywoodienne (il réalisa
l'amusant film d'action Demolition Man). Le cinéaste
mesure la proximité entre les deux industries californiennes
qui ne sont pas si éloignées, autant historiquement qu'esthétiquement.
De tous les auteurs de Destricted, Gaspar Noé et Larry
Clark sont les plus proches de la pornographie. Clark n'a pas hésité
à tourner des scènes ouvertement hard dans Ken Park.
De Noé, on se souvient des courts métrages sur le sida
et du clip "protège-moi" pour Placebo. Dans
We fuck alone, la caméra part justement
d'une télévision passant un film porno et dérive
vers un lit où une jeune fille se mastrube contre un gigantesque
ours en peluche; un même mouvement relie ensuite le film porno
à un jeune qui, lui-aussi se mastrube, à côté
d'une poupée gonflable. Le porno devient une interface séparant
les êtres: les deux personnages vivent en même temps leurs
plaisirs solitaires, à partir du même objet, dans l'ignorance
l'un de l'autre. L'effet de lumière stroboscopique, habituel
chez Noé, évoque le battement de l'image cathodique. On
peut parler ici de porno didactique, en tous cas d'un nouvel aperçu
de l'univers sans joie de Gaspar Noé.
Larry Clark quant à lui reprend dans Impaled
le système d'interviews de Wassup Rockers.
Un casting est effectué chez des jeunes hommes en vue de leur
faire tourner une scène hard avec une actrice professionelle.
On voit alors comment leur sexualité s'est construite avec le
porno comme modèle. Si le couple de We fuck alone est
séparé par l'image, le jeune homme de Impaled
va au contraire y entrer. Bien plus que l'actrice, ce qu'il pénétre
est surtout son fantasme d'image pornographique. Pour Clark, le jeune
homme est son substitut à l'intérieur de l'image porno,
devant une pratique adolescente aussi usuelle que le skate.
Stéphane Du Mesnildot |
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LES
FILMS
Présenté
à la Semaine de la critique - Cannes 2006
Interdit aux moins de 18 ans

Balkan
Erotic Epic (13')
de
Marina ABRAMOVIC
Pionnière du Body Art, Marina Abramovic est née
le 30 novembre 1946 à Belgrade, en ex-Yougoslavie, où
elle obtient son diplôme de l'Académie des Beaux-Arts
en 1970.
Depuis 1976, elle vit et travaille à Amsterdam. Cette artiste
travaille avec différents matériaux et médias
: Performance, vidéo, installation vidéo.
Dès le début de sa carrière à Belgrade
au début des années soixante-dix, Marina Abramovic lance
la performance comme forme d’art visuel. Le corps a toujours
été pour elle à la fois sujet et médium.
Dans ses performances, elle explore les limites physiques et mentales
de son être en se confrontant à la douleur, à
l’épuisement et au danger, en quête de transformation
émotionnelle et spirituelle. Mettant son corps au service de
son art, elle exprime à travers lui présent et passé.
La violence fait partie intégrante de l’art de Marina
Abramovic, comme pour rappeler son enfance dans la Yougoslavie de
Tito.
En 1975, Marina Abramovic rencontre l’artiste Ulay. Pendant
vingt ans, ils vivent, travaillent, performent et voyagent ensemble.
Leur travail repousse les limites physiques et mentales du corps.
De 1981 à 1987, Ulay et Marina Abramovic performent une série
d’actions à travers le monde, intitulées Nightsea
Crossing, se présentant comme des tableaux vivants dans des
musées.
Leur dernier travail ensemble, The Great Wall Walk (1988), consiste
à se rejoindre au milieu de la Grande Muraille de Chine, après
avoir parcouru chacun 2 000 km.
Membre d’une génération de pionniers de la performance,
Marina Abramovic a été parmi les premières à
réaliser des performances et continue aujourd’hui à
performer et à remporter un succès considérable.
En 1997, elle présente son installation vidéo-performance
Balkan Baroque à la Biennale de Venise, où elle remporte
le Prix du Lion d’or du meilleur artiste.
En 2003, on lui décerne le Bessie Award pour The House with
the Ocean View présenté à New York.
Marina Abramovic vient juste de terminer une série de performances
intitulées Sept pièces faciles au Musée Guggenheim
de New York.
Hoist (14')
de Matthew BARNEY
Matthew Barney est né à San Francisco en 1967, et a
grandi à Boise, dans l’Idaho. Diplômé de
Yale en 1989, il s’installe à New York où il commence
très vite à créer et à exposer.
Relevant de l’utopie de l’œuvre d’art totale,
la pratique de Matthew Barney recouvre, sans aucune hiérarchie,
tous les médiums. Travaillant avec le dessin, la photographie,
le film, les installations vidéo et la sculpture, il est rapidement
devenu une figure importante de l'art contemporain. Ses installations,
ses performances filmées révèlent un univers
personnel, constitués de personnages, de lieux et d’objets
hybrides.
Dans ses premières expositions, il a présenté
des installations complexes incluant des vidéos où on
le voit interagir avec divers objets fabriqués par ses soins
et accomplir des exploits physiques tels qu’escalader le plafond
de la galerie d’art, suspendu à des vis en titanes.
En 1992, Barney introduit des créatures fantastiques dans son
travail ; une action qui laisse présager le lexique de ses
films à venir.
Démarrée en 1994 et achevée en 2002, la série
de films « Cremaster Cycle » a largement contribué
à la reconnaissance de Matthew Barney. Pièce maîtresse
de son œuvre, il y impose un monde personnel, peuplé de
créatures fantastiques et de surprenantes métamorphoses
corporelles. Ce projet est au croisement de la photographie, du cinéma
et de l'art contemporain. Par ailleurs, dessins, photographies, sculptures
accompagnent les films et constituent des formulations plastiques
autonomes. Ainsi s’élabore dans l’espace et dans
le temps une œuvre multidimensionnelle.
En juin 2002, en point d’honneur à la création
« Cremaster », le Musée Guggenheim organise l’exposition
« Matthew Barney : The Cremaster Cycle », au Musée
Ludwig de Cologne. Puis, l’exposition est présentée
au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en octobre
2002, et enfin à New York, en janvier 2003.
Le dernier film de Matthew Barney, « Drawing Restraint 9 »,
est sorti en France au printemps 2006. Lui et sa compagne, la chanteuse
islandaise Björk, sont les deux acteurs principaux du film. Björk
en a également composé la bande originale.
Sync (1')
de Marco BRAMBILLA
Artiste né en 1960, à Milan (Italie), Marco Brambilla
a travaillé comme réalisateur pour le cinéma
et la publicité. Il a notamment signé « Demolition
Man » (étonnant film d’anticipation drolatique
avec Sylvester Stallone) avant de se tourner vers des projets photographiques
et vidéo.
Marco Brambilla a été exposé dans des galeries
internationales, à Berne notamment. Ses œuvres font parties
des collections du Musée Guggenheim de New York et du Musée
d’Art Moderne de San Francisco.
En 2001, il a été missionné par Creative Time
pour présenter un projet sur un écran géant à
Times Square.
Marco Brambilla a reçu pour « son oeuvre cinématographique
et vidéographique » au New Museum de New York plusieurs
récompenses prestigieuses.
Impaled (38')
de Larry CLARK
Larry Clark est né en 1943 à Tulsa (Oklahoma). Dès
son plus jeune âge, passionné par la photographie, il
assiste sa mère, elle-même photographe. Attiré
par la culture underground des années 60, Larry Clark explore
les dérives du monde adolescent. Il commence par photographier
les rebelles et marginaux de sa ville natale. Parallèlement,
il étudie pendant deux ans à la Layton School of Art
de Milwaukee (Wisconsin).
En 1971, il publie sa première monographie, « Tulsa »,
aujourd’hui référence incontournable dans l’histoire
de la photographie américaine. Son esthétique influencera
la mode et la publicité. Il publie un second recueil de photos
intitulé « Teenage Lust » (1983) sur un adolescent
prostitué portoricain à New York. Suivront « 1992
» et « The Perfect Childhood », ouvrage de collages.
Larry Clark y montre des adolescents qui s’étreignent
ou s’amusent avec des armes, et des coupures de faits divers,
témoignant chacune de la vision quasi-anthropologique de Larry
Clark sur ses contemporains.
Son travail a été exposé dans de nombreux pays,
et fait partie des collections permanentes de musées et galeries
d’art, dont le MOMel Agace, les musées Whitney et Guggenheim
de New York, ainsi que le Musée d'art contemporain de Los Angeles.
Martin Scorsese et Gus Van Sant, fervents admirateurs reconnaîtront
l'influence de Larry Clark sur leur travail. C'est d'ailleurs grâce
à leurs encouragements que le photographe s’oriente,
en 1995, vers le cinéma.
Son premier long-métrage, « Kids », fait sensation
aux festivals de Sundance et Cannes. Portrait quasi-documentaire,
sans concession, d'une jeunesse américaine désœuvrée,
en proie à la toxicomanie et la séropositivité,
le film remporte un succès critique et commercial. En 1998,
il réalise « Another Day in Paradise », un road-movie
sanglant avec James Woods et Melanie Griffith. Suivront les films
« Bully » et « Ken Park », dans lesquels il
poursuit son exploration du monde adolescent à la dérive.
Son dernier film « Wassup Rockers » (2006), portrait de
jeunes latinos-américains fans de rock et de skate, sort en
2006.
Souvent sujets à controverse, ses films ont pourtant imposé
Larry Clark comme un cinéaste majeur et bouleversant, l’un
des rares intègres et indépendants actuellement en activité
aux Etats-Unis.
We Fuck Alone (23')
de Gaspar NOÉ
Né en Argentine le 27 décembre 1963, Gaspar Noé
passe son enfance entre Buenos Aires et New York. À l'âge
de 12 ans, il arrive en France.
Après des études de philosophie et de cinéma
à l'Ecole Louis Lumière de Paris, Gaspar Noé
réalise ses premiers courts-métrages dans les années
80’ : « Tintarella di luna » et « Pulpe amère
».
En 1991, il crée sa propre société de production
« Les Cinémas de la Zone », avec sa compagne Lucile
Hadzihalilovic. Il réalise alors le moyen-métrage «
Carne », l'histoire d'un boucher qui élève seul
sa fille handicapée mentale. Le film obtient le Prix de la
semaine de la critique et la Mention du Prix de la jeunesse au Festival
de Cannes.
Il tente alors de produire une version longue de ce film sans pourtant
parvenir à réunir les fonds nécessaires. C'est
alors qu'il entreprend la production de « La Bouche de Jean-Pierre
», réalisé par Lucile Hadzihalilovic et dont il
se charge également des cadres et de la lumière.
Grâce à l'aide financière de la styliste Agnès
B., il parvient à réaliser « Seul contre tous
», la suite de l'errance du boucher de « Carne »,
qui a désormais perdu son travail et va se réfugier
dans la haine et la violence. L’ambiguïté idéologique
du film fait scandale au Festival de Cannes en 1998. Au cours du tournage,
il tourne le court « Intoxication » mettant en scène
le mythique Stéphane Drouot, réalisateur de «
Star Suburb ».
En 2002, Gaspar Noé choque à nouveau avec « Irréversible
», également présenté en compétition
officielle à Cannes, dans lequel le couple star Vincent Cassel
et Monica Bellucci campe un couple confronté au viol et à
la vengeance froide et sauvage.
En 2004, il réalise le clip « Protège-moi »
pour Placebo puis, dans le cadre de la campagne de l'INPES, il réalise
deux spots pour le port du préservatif.
House Call (12')
de Richard PRINCE
Richard Prince est né en 1949, dans la zone réservée
du canal de Panama. Il vit et travaille à New York. Depuis
les années quatre-vingt, Richard Prince fait partie des voix
les plus influentes parmi les artistes des Etats-Unis et du monde
artistique international. Il a fait sa réputation comme maître
du mode figé, taquinant les spectateurs avec la promesse que
l’essence de la psyché américaine pourrait être
découverte dans des annonces de cigarette, les pages arrières
des magazines culte et les dessins animés.
Il s’est fait connaître en exposant dans des formats géants
des images de la culture populaire (cow-boys, acteurs et actrices…)
re-photographiées et recadrées. Pensons, par exemple,
à son utilisation récurrente de l’image du cow-boy
véhiculée par la publicité Marlboro. Il re-photographie
ces publicités en supprimant tout slogan. Sur des images vierges
de toute identité marchande, les cow-boys apparaissent comme
de véritables icônes pop, sur fond de soleil couchant,
ridiculisant les symboles d'une mythologie héroïque américaine.
Son procédé implique de sortir l'image de son contexte
publicitaire tout en conservant son caractère exagéré.
Les photos publicitaires, en effet, amplifient ou soulignent certaines
caractéristiques. En libérant les images du verbiage
très chargé de la publicité, Richard Prince conserve
l'aura d'un "look", et laisse en suspens toute qualité
marketing.
Contrairement aux premiers artistes Pop américains, Andy Warhol,
James Rosenquist, Roy Lichtenstein, ou Jasper Johns, Richard Prince
ne choisit pas des images chargées ou spectaculaires, mais
des images présentes de façon plus subtiles dans notre
environnement; il ne choisit pas les grands archétypes, comme
par exemple Marilyn Monroe, mais des personnages secondaires, plus
neutres. Les images de Richard Prince sont génériques
; leur normalité leur donne un air, pour reprendre sa propre
expression, de "science fiction sociale".
En dehors de ces photos, Richard Prince a créé son propre
genre de « Pulp » (magazine bon marché américain
qui eut son succès dans les années 60 en mêlant
comics et science fiction). Sa récente série d’infirmières
faite avec de l’aquarelle, dans des teintes de coucher de soleil
magenta a été exposée dans le monde entier, et
a confirmé son statut d’artiste incontournable.
Death Valley (8')
de Sam TAYLOR-WOOD
Sam Taylor-Wood est née en 1967 à Londres, où
elle vit et travaille. Photographe et vidéaste, c'est une actrice
majeure de la photographie plasticienne contemporaine. Elle appartient
à la jeune génération d'artistes britanniques,
déjà connus sur la scène internationale, dont
le travail filmique et photographique se construit à partir
de l'expérience personnelle.
Ses photographies et ses installations vidéo sont traversées
par des thèmes comme la vulnérabilité de l'individu,
la difficulté de communiquer, l'isolement, l'anxiété,
le conflit et l'aliénation.
Son art, d'une grande richesse, formellement très inventif,
provoque chez le spectateur une fascination doublée d'un certain
malaise. Elle multiplie les trouvailles visuelles : utilise des écrans
multiples, des images combinées à une trame sonore et
des photos panoramiques. L'une des séries qui l'a fait connaître
en 1995, " Cinq secondes révolutionnaires ", est
un ensemble de photographies panoramiques prises avec un appareil
qui opère une révolution de 360 degrés en cinq
secondes. Des personnages isolés y suggèrent une narration
que vient appuyer une bande sonore.
Ses travaux photographiques les plus connus sont Wrecked (1996), Self
portrait suspended (2004) ou encore Crying men (2002-2004), photographies
en noir et blanc et couleurs, montrant des visages masculins connus
(des acteurs essentiellement) en train de pleurer.
En 2004, le nom de Sam Taylor-Wood a quitté le cercle très
fermé des amateurs d’art contemporain pour s’afficher
à la une des médias : en filmant le joueur de foot David
Beckham dans une chambre d'hôtel de Madrid, l’artiste
a créé l’évènement.
Intitulée « David », en hommage à l'illustration
de la perfection masculine de Michel-Ange, l’œuvre montre
le joueur en gros plan, nu jusqu'à la taille, et endormi face
à la caméra. Le film de 67 minutes a été
diffusé en boucle pendant trois mois à la National Portrait
Gallery à Londres.
site
officiel
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- LE
DVD
PAL - Zone 2 - 2 DVD 9 - 1H55 - Couleur
Format image 1.66 - Ecran 16/9 compatible 4/3
Version originale en anglais en Dolby Stéréo 2.0
Sous-titres optionnels français
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BONUS
*
Making
of de "Hoist" de Matthew Barney (7')
Notre avis:
filmé au fisheye, le maquillage de la créature, appellée
The Green Man par Mathew Barney, et de son habitacle de
métal. A noter que le court métrage a été
filmé au Brésil. SDM.
* Scène coupée de "We Fuck Alone" de Gaspar
Noé: They fuck together (13')
Notre avis:
L'intégralité du film porno que regardent le garçon
et la fille de We Fuck Alone. SDM
* Interview de Sam Taylor-Wood (4')
Notre avis:
La cinéaste avoue avoir voulu filmer son propre fantasme,
celui d'un cowboy errant dans le désert et se masturbant.
SDM
* Bandes-annonces
* Bonus caché : "Haruki Yukimura & Nana-Chan"
(38') de Xavier Brillat, suivi d'un entretien entre Xavier
Brillat et Agnès Giard (24')
Notre avis:
La pièce de choix des bonus, et peut-être même
du DVD entier est un film caché de Xavier Brillat intitulé
Haruki Yukimura et Nana-Chan, suivi d'une discussion entre
le réalisateur et Agnès Giard. Haruki Yukimura est
ce que l'on appelle un maître du shibari c'est-à-dire
l'art d'attacher les femmes. Nana-chan, la modèle arrive
au matin chez le maître et l'exercisse va se poursuivre jusqu'au
soir. Le film est fascinant par sa façon d'exposer l'extrème
raffinenment du nouage des cordes et la solennité du rituel,
et de les opposer à l'obscénité des postures,
l'ambigüité du plaisir et de la souffrance de la jeune
femme. Après les visions occidentales de Destricted, le film
est salutaire comme approche d'une autre culture possédant
ses codes pornographiques proches. La discussion entre le cinéaste
et Agnès Giard (auteur d'un livre sur l'érotisme nippon)
bouscule beaucoup de clichés. Ainsi loin d'être une
fantaisie "bondage" de plus, le shibari est profondément
ancré dans la culture japonaise et l'art des noeuds remonte
au moins aux samouraïs. Aurtre donnée important epour
comprendre le shibari: ce qui est visé est l'humiliation
du modèle et non le pur plaisir esthétique. SDM
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| Pornoscopie
(élément de presse) |
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| Sitôt
que se trouvent évoquées les relations entre l’art
et la pornographie reviennent les mêmes images. L’Olympia
de Manet, l’Origine du monde de Courbet, les dessins de Masson,
les poupées de Bellmer, les Moules mâliques ou l’Etant
donné de Duchamp, les bacchanales du dernier Picasso, ou plus
près de nous, les photos de Wolfgang Tillmans, de Nan Goldin
ou d’Araki.
Une histoire essentiellement limitée aux dix- neuvième
et vingtième siècles,siècles de l’avant-garde,siècle
de la provocation, et à quelques images explicites, comme disent
les Américains. Pourtant, les relations entre art et pornographie
sont beaucoup plus anciennes et beaucoup plus subtiles.
Sans remonter aux amphores grecques ou aux fresques de Pompéi
et à leurs scènes zoophiles, qui finalement ressortissent
du même régime manifeste, il suffit d’avoir l’œil
sur des détails apparemment anodins pour découvrir tout
un monde d’érotisme s’ouvrir dans des œuvres
apparemment insoupçonnables. Un exemple. Aurez-vous noté
que le manteau de ces vierges à l’enfant qu’on trouve
sculptées dans toutes les églises, ou peintes par beaucoup
de maîtres flamands, a systématiquement une forme ogivale,
forme que reprennent les fenêtres des églises, qu’il
est fermé au cou par un bouton doré, qu’il s’ouvre
autour des épaules, tombe droit, et qu’il est gainé
de velours rouge ? Les historiens d’art s’accordent depuis
toujours à reconnaître que cette forme vulvaire représente
un vagin. Et pour cause.
Ces tableaux, ces sculptures, ont vocation à représenter
la naissance du divin enfant.Ainsi celui-ci figure-t-il la plupart du
temps au milieu de la robe ouverte, comme s’il en sortait, parfois
même portant déjà la blessure de Lucain au côté
droit, qui saigne, tel le sang de l’accouchement,ou celui du cordon
coupé. A la fois hyper-pornographiques,voire sacrilèges,pour
qui sait les lire,ces représentations sont en même temps
furtives et hyper-pudiques.
Le sexe de la vierge est là, devant nos yeux,mais codé
dans le manteau, crypté dans la robe. Un autre exemple, tout
aussi insoupçonnable d’entretenir un quelconque rapport
avec l’érotisme, a fortiori avec le sexe : les natures
mortes. Rien de plus apparemment banal et inoffensif, rien de plus quotidien,
qu’une table garnie de fruits, ou qu’une raie clouée
au mur. Il y a pourtant, dans le coin, à gauche,un citron pelé,
d’où perle une goutte de jus. Et au milieu un couteau,dirigé
vers lui,dont le manche dépasse de la table, et la lame, entrante,
donne de la profondeur au tableau.
Ce couteau est un pénis qui entre dans l’image, et ce citron,
un sexe, qui l’attend. Précisément, il faut comprendre
que l’art et la pornographie entretiennent des relations beaucoup
plus fondamentales que ne le laisserait penser la simple représentation
du sexe dans un tableau. C’est que l’œil est lui-même
ce couteau. Il pénètre l’image comme un phallus
pénètre un sexe. Regarder une image, c’est lui faire
l’amour, c’est entrer en elle, c’est la pénétrer,fût-ce
seulement du regard. Œdipe, s’il se crève les yeux,
c’est qu’il se châtre après avoir commis l’irréparable
inceste.
De tout temps, dans toutes les cultures, l’œil, le mauvais
œil, est un sexe. Aussi bien, la seule technique de la perspective,
inventée au seizième siècle, donne-t-elle lieu
à une forme de pornographie, ou devrait-on dire de pornoscopie,
qui précède de beaucoup toutes les vidéos X. Mais
les films explicitement pornographiques ne l’ignorent pas. Une
actrice qui suce son partenaire regarde droit dans la caméra,
droit dans nos yeux, comme pour appeler les nôtres, nos yeux,
à se faire sucer en lieu et place de l’acteur.
Ainsi vont les hommes que d’un monde à l’autre, d’une
époque à l’autre, certaines images qui se donnent
pour innocentes trafiquent du cul en contrebande, tandis que d’autres,
qui se donnent pour ce qu’elles sont, du X de bas étage,
resservent en douce les plus vieilles recettes des plus grands maîtres
anciens. |
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PROPOS
DES PRODUCTEURS
(élément de presse)
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L’entretien
qui suit a été réalisé à Londres
en janvier 2007 avec deux des producteurs, Mel Agace et Neville Wakefield
• Neville Wakefield : critique d’art reconnu et conservateur,ses
articles ont notamment été publiés dans le New
York Times, Frieze ou encore Art Forum.
• Mel Agace : auteur de plusieurs livres de référence
dont le bestseller The Sex Bookédité chez Hachette et
traduit en 17 langues. Elle a travaillé comme architecte pour
le Prince de Galles,et monteuse de films.
• Andrew Hale : membre fondateur du groupe Sade, il est impliqué
dans de nombreux projets musicaux notamment pour Versace, Fendi ou Paul
Smith. Il a rejoint BMG en tant que directeur artistique.
Comment est né le concept Destricted ?
Mel Agace : J’ai écrit un guide sur le sexe, une sorte
de manuel rassemblant toutes les pratiques sexuelles. Bien évidemment,
la pornographie faisait partie de mes investigations. J’ai fait
des recherches et j’ai été très étonnée
de constater qu’il existait aussi peu d’alternatives aux
clichés d’usage (aussi bien en vidéo que sur internet),
mais aussi de voir à quel point les choses étaient encore
très « seventies ». Ce qui nous intéressait,
c’était de voir comment et qui allait pouvoir relever le
défi de s’attaquer à ce genre.
Neville Wakefield : En fait l’idée est venue comme un défi
lancé à ceux qui aiment la pornographie mais qui sont
affligés par le manque de créativité esthétique
du genre. L’expérience était de voir comment le
langage, les codes de la pornographie, allaient pouvoir survivre à
travers une véritable volonté artistique.
Films explicites plutôt que pornographie ; pourquoi faire cette
différence ?
Mel Agace : Nous ne voulions pas imposer de contraintes aux artistes
et voulions leur laisser la possibilité de montrer des scènes
sexuellement explicites. C’était très important
d’éviter d’être censeurs de l’expression
artistique. La question de la différence entre la sexualité
explicite et la pornographie est totalement subjective. Pour nous, c’est
extrêmement important d’avoir commandé une série
de films plutôt que un ou deux films puisque notre but était
de présenter des points de vue multiples.
Neville Wakefield : la pornographie est construite autour d’une
valeur très spécifique : nous exciter. Nous voulions envisager
le sexe à l’écran d’une toute autre façon.
Pourquoi avoir fait appel à ces réalisateurs et
artistes ?
Mel Agace : Neville avait déjà travaillé avec certains
de ces artistes. Pour les autres, nous les avons tout simplement contactés
car nous apprécions leur travail. Notre choix s’est porté
vers les réalisateurs qui se sont présentés à
nous de la façon la plus naturelle,nous assurant ainsi de leur
total support.Gaspar et Matthew ont toujours été pressentis.
Au départ, nous voulions présenter sept à huit
courts-métrages parce que la pluralité nous semblait essentielle
à ce projet.
Neville Wakefield : Il faut dire aussi que l’exploration de la
sexualité explicite était une thématique commune
aux travaux de tous ces artistes.
Avez-vous imposé un cadre strict aux metteurs en scène
?
Neville Wakefield : Le cahier des charges était simple : faire
un court-métrage d’environ 10 à 15 minutes et bien
sûr personne ne s’y est tenue !
Mel Agace : Il n’y avait pas d’autres contraintes particulières,si
ce n’est qu’ils avaient tous le même budget,c'est-à-dire
quasiment rien !
Vous attendiez vous à autant de films différents
tant d’un point de vue narratif que visuel ?
Neville Wakefield : En choisissant ces metteurs en scène, nous
savions que chaque film présenterait un univers très personnel,
en résonance avec l’univers de chacun des auteurs. Nous
savions que Larry allait faire quelque chose de basé sur l’anthropologie
sociale, que Matthew allait créer un univers qui montrerait sa
fascination pour les prothèses sexuelles et que Marco serait
intéressé par une condensation d’effets visuels.
Nous avons établi la thématique, et ensuite,avons laissé
faire chaque réalisateur. |
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