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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
| Fini
de rire est
le premier film que la plantureuse Jane Russell tourna pour la RKO,
studios rachetés depuis 1948 par son pygmalion Howard Hugues.
Fidèle à sa réputation de producteur despotique,
Hugues fit retourner certaines scènes du film par Richard Fleischer
(Les vikings) qui ne sera pourtant pas crédité
au générique. Si je définissais Le vaisseau fantôme comme un film de producteur, Fini de rire me semble être un véritable « film d’acteurs ». Face à la splendide Jane Russell pour qui a été conçu l’écrin, on retrouve Robert Mitchum, star montante des studios à l’époque, déjà remarqué chez Walsh et Tourneur. Mafieux exilé en Europe, Ferraro (Raymond Burr) cherche à rentrer aux Etats-Unis. Pour cela, il fait appel à un joueur particulièrement fauché : Dan Milner (Robert Mitchum). Si ce dernier accepte dans un premier temps les termes du contrat, il entend bien déchiffrer les manigances qui s’organisent autour de lui et comprendre le rôle qu’on veut lui faire jouer… D’une certaine manière, Fini de rire synthétise à merveille les caractéristiques du cinéma classique hollywoodien. John Farrow n’a rien d’un « auteur » mais il s’affirme ici comme un talentueux artisan soucieux de bien polir son ouvrage avant tout. Quintessence du classicisme, disais-je : la narration est parfaitement linéaire, la mise en scène « transparente », le montage invisible facilite l’attention du spectateur et se doit de la recentrer sur les éléments importants de l’intrigue, l’identification au personnage de Milner se fait immédiatement… Nous sommes au cœur de cette économie classique du cinéma des studios, reposant à la fois sur les schémas narratifs stéréotypés du genre et la mise en valeur des stars. Aussi classique soit-il, le film n’est pas, loin s’en faut, sans une certaine beauté. Et si John Farrow n’est sans doute pas un immense cinéaste, il fait preuve d’une indéniable élégance pour filmer son intrigue. La scène où Dan rencontre pour la première fois ses commanditaires est magnifique : un très beau travelling latéral accompagne Mitchum (identification du spectateur qui embarque avec l’acteur pour l’inconnu) et lorsque la caméra s’arrête, le plan est composé de telle façon que les déplacements des trois acteurs qui occupent l’espace (balisé par des colonnes) forment de parfaites diagonales. Aussi anecdotique que puisse paraître cette remarque, elle montre bien la manière dont le cinéaste parvient à caractériser des figures (l’inquiétant personnage dans la profondeur de champ) et à définir d’emblée les enjeux de son récit. Fini de rire séduit également par la manière dont le cinéaste parvient à mêler différents registres : l’intrigue principale est celle d’un film noir mais se superposent là-dessus un charmant marivaudage amoureux (le duo Mitchum/Russell, aidé par de pétillants dialogues, fonctionne à merveille) et de vrais passages comiques. C’est l’immense Vincent Price qui prend en charge cette dimension du film en composant un désopilant acteur shakespearien qui cabotine autant dans la vie que sur les planches. Difficile de résister à ce moment très drôle où il prend le commandement d’une petite troupe pour délivrer Mitchum en déclamant des passages d’Hamlet ! Pour être tout à fait honnête, le film aurait gagné à durer une vingtaine de minutes en moins (deux heures, c’est un peu trop). Mais ne boudons pas notre plaisir : le résultat est tout à fait recommandable et fort plaisant… Vincent Roussel |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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