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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Un
an avant Fini de rire,
John Farrow offrait déjà à Robert Mitchum le rôle
titre d’un film noir intitulé Voyage sans retour
(Where Danger Lives en VO). Au risque de nous répéter,
nous dirons que ce film représente à merveille la substance
du classicisme hollywoodien. Solide artisan mais sans véritable griffe personnelle, John Farrow œuvre consciencieusement dans le cadre du film de genre et nous offre un polar mâtiné de « road movie » tout à fait plaisant même si les ficelles demeurent assez apparentes. C’est en effet sans vergogne que le cinéaste joue la carte de la femme fatale et de l’homme amoureux pris dans ses filets jusqu’à la déchéance. Jeff (Robert Mitchum) est un jeune médecin fort apprécié dans son service. Il coule une existence paisible jusqu’au jour où il rencontre Margo (Faith Domergue), une jeune femme sauvée in extremis d’une tentative de suicide dont il tombe éperdument amoureux. Les évènements s’enchaînent lorsque Jeff découvre qu’elle est mariée : une bagarre éclate avec l’époux (Claude Rains) qui se tue en tombant. Commence alors une cavale vers le Mexique où les amants maudits cherchent à se réfugier… Stéréotypes du genre, disais-je : l’homme fou amoureux qui se laisse prendre dans les rets d’une femme vénéneuse dont le spectateur ignore les réelles motivations même s’il parvient à les deviner assez rapidement. Même s’il n’est pas question de déflorer l’intrigue, il faut reconnaître que le film n’échappe à aucune convention et demeure relativement prévisible. Néanmoins, le métier de Farrow fait passer la pilule non sans un certain plaisir : la mise en scène, en tout point classique, est élégante et la photo très belle. Robert Mitchum a suffisamment de charisme pour que le spectateur s’identifie immédiatement à lui et ne quitte jamais plus son point de vue. Face à lui, Faith Domergue n’a pas l’aura des grandes femmes fatales d’Hollywood. Protégée d’Howard Hugues (une de plus !), elle est plastiquement irréprochable mais manque un peu d’envergure. La pauvrette ne connaîtra d’ailleurs pas la gloire à la RKO et son contrat ne sera pas reconduit par son mentor. Néanmoins, nous la retrouverons plus tard dans un grand classique de la science-fiction : les survivants de l’infini de Joseph Newman. A l’écran, le couple fonctionne plutôt bien, d’autant que la dépendance amoureuse de Jeff se double d’une dépendance « physique » puisqu’il a été blessé par le mari de Margo et souffre de commotions qui risquent à tout moment de le plonger dans le coma. Le film joue plutôt habilement de ce parallèle et transpose d’une manière physique les effets de la passion amoureuse. Le spectateur regrettera sans doute que le cinéaste ne pousse pas la logique fatale de son scénario jusqu’au bout, mais nonobstant cette réserve, il se sera laissé prendre à son tour dans les mailles de cette œuvre sombre et entêtante…… Vincent Roussel |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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