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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
S’il
fallait le définir en deux mots pour toi, ô lecteur toujours
pressé de naviguer d’une page à l’autre sur
cet océan infini qu’est la toile, nous dirions que Glengarry
est avant tout un film d’acteurs. James Foley, réalisateur
inégal, jonglant entre l’intéressant (Comme
un chien enragé) et le déplorable (Who’s
that girl ? avec Madonna) a effectivement réuni pour l’occasion
une impressionnante brochette de stars venues parader devant sa caméra
en s’acquittant de leur tâche avec un certain panache. Pour leur servir la soupe (j’espère qu’on voudra bien me pardonner la trivialité de l’image), Foley a transposé à l’écran une pièce de David Mamet, dramaturge honoré, scénariste respecté (Les incorruptibles de De Palma, c’est lui !) et cinéaste plus ou moins inspiré (je reconnais n’avoir vu que le seul et intéressant Homicide). Intrigue bien charpentée, texte solide et comédiens exceptionnels : voilà Glengarry lancé sur de bons rails et c’est avec une relative aisance que le cinéaste parvient à mener son projet à bon port. Il nous propulse pour l’occasion dans l’univers impitoyable d’une société immobilière où règne désormais une concurrence acharnée entre les vendeurs. Un responsable, odieuse crapule libérale, vient même annoncer à l’équipe que les meilleurs d’entre eux seront récompensés gracieusement tandis que les autres seront mis à la porte. Dès lors, tous les moyens sont bons pour tirer son épingle du jeu dans cette guerre économique… James Foley ne cherche jamais à masquer l’origine théâtrale de son film en aérant de manière artificielle l’action. Au contraire, elle se déroule majoritairement dans l’espace clos des bureaux de l’agence immobilière. Dès lors, ce qui intéresse le cinéaste, c’est de faire revivre un texte assez brillant, prétexte à offrir aux acteurs de savoureuses joutes verbales. Il faut voir Alec Baldwin, comédien habituellement plus fade qu’une platée d’endives sans sauce, se délecter d’une longue tirade où éclate tout le cynisme du petit autocrate capitaliste vaniteux : il est méconnaissable et son numéro, qui ne dure que le temps d’une scène, est anthologique. Les caractères des personnages sont dessinés de manière extrêmement marquée afin que ressortent encore plus violemment les antagonismes et les tensions entre eux. Chaque acteur prend soin de peaufiner les traits de l’individu qu’il incarne : le toujours excellent Kevin Spacey se délecte en interprétant un petit chef pusillanime et servile lorsqu’il s’agit d’appliquer les directives « d’en haut », Al Pacino se régale dans le rôle du vendeur gagneur et nous refait le coup du séducteur hâbleur avec une rare délectation… Quand à Jack Lemmon, il incarne un monde en voie de disparition, celui des vendeurs « à l’ancienne », moins attirés par l’appât du gain que par l’amour du travail bien fait. Mais dans un monde comme celui de l’immobilier, il n’y a désormais plus aucune place pour un semblant d’honnêteté… Glengarry n’est sans doute pas un film qui révolutionnera le langage cinématographique mais il n’est pas inutile de souligner que James Foley ne se contente pas de filmer platement une pièce de théâtre. Concentré avant tout sur les acteurs, il sait parfaitement jouer du montage en raccordant sur des jeux de regards qui dynamisent de manière purement cinématographique les scènes. De la même façon, il parvient souvent à « ouvrir » la scène en introduisant dans la profondeur de champ un troisième personnage qui joue le rôle de l’observateur et dramatise soudainement ce que de classiques dialogues à deux pourraient avoir de monotone. Ce n’est pas grand-chose mais on sent une volonté d’exploiter toutes les ressources d’un espace confiné et d’épuiser ses possibilités. Paradoxalement, le travail cinématographique, modeste mais indéniable, finit par intéresser plus que la pièce en elle-même, assez pauvre en rebondissements et au cynisme un brin trop convenu. Il y a dans ce matériau quelque chose d’un peu étriqué qui empêche le grand coup de pied salvateur dans la fourmilière des transactions immobilières. Reste un honnête travail d’artisan efficace de la part de Foley et de très, très grands acteurs. Ce n’est déjà pas si mal… Vincent Roussel |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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