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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | |||||||
| On
découvrit le wonderboy William Friedkin grâce à
deux succès interplanétaires qui changèrent le
visage d’Hollywood au début des années 70. Il les
réalisa coup sur coup à 33 ans : d’abord The
French Connection (1972), un polar cynique et violent couvert d’Oscars
qui ouvrit la voie aux Dirty Harry et autres flics aux méthodes
troubles ; et dans un tout autre registre, L’Exorciste
(The Exorcist-1973) qui annonçait l’âge
adulte du cinéma d’horreur - qui se poursuivit dans une
décennie bénie pour ce genre allant du génialissime
Massacre à la tronçonneuse (Texas Chainsaw Massacre-1973)
de Tobe Hooper à Zombie (1978) de George Romero en passant
par La Malédiction (The Omen-1976) de Richard
Donner… que le cinéma actuel a d’ailleurs tenté
de remaker.
Porté par le succès astronomique de L’Exorciste, qui reste encore aujourd’hui le neuvième film le plus rentable du box-office américain (1), William Friedkin voit ses moindres caprices exaucés par Hollywood. Il réalise alors ce qu’il considère comme son meilleur film et le plus ambitieux : un mollasson remake du Salaire de la peur de H.-G. Clouzot, qui sortit sous le titre faussement horrifique du Convoi de la peur (The Sorcerer-1977). Un flop artistique et économique retentissant… et le début d’une dégringolade dans sa carrière commerciale. Ainsi, comme le système hollywoodien nous l’a démontré au cours des années, Friedkin, à titre de pénitence, dut réaliser un film de commande(2) qui sera initié et contrôlé par un producteur italien, Dino de Laurentiis qui avait pour ambition de s’implanter aux USA(3) … C’est ainsi qu’en 1978 les fans français de Friedkin découvrirent The Brink’s Job ou plutôt son titre français : Têtes vides cherchent coffres pleins, qui révèle plus que le titre américain le côté comédie burlesque(4) du film. C’est plus exactement du côté de la comédie italienne que lorgne Friedkin. En particulier un des chefs d’œuvres du genre, Le Pigeon (1958) de Mario Monicelli, scénarisé par le couple magique Age et Scarpelli(5) . Dans Le Pigeon, une bande de malheureux cambrioleurs du dimanche supportent une douloureuse nuit de labeur criminel pour finalement pénétrer dans le mauvais appartement et ne réussir à dérober que des restes de spaghetti aux pois chiches abandonnés dans une cuisine ! À l’aube, ils s’en retournent amers à leurs tristes existences… La version de Friedkin repose sur un fait divers, le «cambriolage du siècle»(6) en 1950, à Boston, d’une compagnie de convoi de fonds, la Brink’s, par une équipe de bras cassés. Ils finiront finalement en prison où la tête pensante du casse, Noel Behn, écrira son autobiographie pendant ses 14 ans de captivité : Big Stick-Up at Brink’s – base du scénario de Walon Green(7). Le film de William Friedkin n’a pas l’ambition sociale des comédies italiennes classiques dont le ton flotte généralement entre le tragique et le comique, afin de mieux commenter l’absurdité de la vie, un cinéma de la situation plutôt qu’un cinéma de l’histoire… Têtes vides cherchent coffres pleins, dans une tradition bien américaine, tient avant tout à raconter une histoire et expose comment des losers et des nobodies deviennent, contre toute logique, des héros. Grandeur et décadence d’hommes ordinaires, ou comment, dans une variation du rêve américain, les petits sauront vaincre les grands en se surpassant… Têtes vides cherchent coffres pleins est donc à la croisée entre deux cinématographies antithétiques. Même si on loue l’effort de Friedkin pour briser la barrière des genres, on peut regretter que cela ne fonctionne pas véritablement. La faiblesse du film tient dans une narration recherchant toujours une logique et l’obligation finale d’asséner une morale, ce que s’interdisaient les comédies italiennes. Mais il reste l’essentiel : la galerie des personnages de The Brink’s Job confrontés à leur vide intérieur est un plaisir sans cesse renouvelé qui dure au moins la première heure du film, qui est de la comédie pure – genre dans lequel Friedkin ne s’aventurera plus jamais suite à l’échec de ce film. Aussi, l’intérêt du film me paraît résider dans la direction et le jeu d’acteurs – principaux comme secondaires. Et en particulier Peter Falk(8) en « chef de gang malgré lui » qui offre un festival de grimaces et de moues désolées, soutenu par une pléiade de « gueules » comme Peter Boyle, Paul Sorvino, Allen Garfield, Warren Oates, Joe Spinell… Des situations absurdes qui s’imposent à eux et qu’ils surmontent néanmoins vaillamment –inconscients de ce qu’ils sont réellement : des anti-héros. D’où cette déception terrible lorsqu’ils deviennent d’un coup scénaristiques de banals héros. Admettons que la première partie est de William Friedkin et le rebond final imposé par son producteur. Ne boudons toutefois pas les grands moments loufoques que Têtes vides cherchent coffres pleins nous fait partager ! Nachiketas Wignesan (1) L’Exorciste rapportera la somme inattendue, pour un film interdit aux moins de 18 ans, de 707.639.500 dollars, en dollars constants (en tenant compte de l’inflation). Les précédents dans la liste des plus grands succès étant : Autant en emporte le vent, Star Wars, La Mélodie du bonheur, Les Dix Commandements, Titanic, Les Dents de la Mer, Le Docteur Jivago… (2) Dans un premier temps confié à John Frankenheimer… (3) On lui doit après une carrière italienne débutée en 1941, et à partir des années 70 des films aux USA tels que Un Justicier dans la ville, Les Trois jours du Condor, Orca, Flash Gordon, Conan le barbare, Dune, L’Année du Dragon, Le Sixième Sens, L’Armée des Ténèbres… (4) On peut se demander pourquoi les distributeurs DVD lui ont préféré le titre original sans faire mention du titre français sur le boîtier : snobisme ou peur d’un titre qui ne fait pas très sérieux - voire vendeur ? (5) Et avec des acteurs truculents comme Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Carlo Pisacane, Tiberio Murgia, Totò… (6) Des 2,7 millions de dollars du butin dont on ne retrouvera que 50,000 $. (7) Scénariste du Convoi de la peur mais dont le titre de gloire reste d’avoir écrit La Horde Sauvage (The Wild Bunch-1969) pour Sam Peckinpah.
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| FICHE TECHNIQUE | |||||||
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