)))  MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT À SOLANGE ?
      
de Massimo DALLAMANO
       
)))   LE TUEUR À L'ORCHIDÉE
       de Umberto LENZI
      

 

  • Giallo - 1972 - Italie
  • Sortie à la Vente en DVD le 9 octobre 2006
    Editions Néo Publishing
  • Prix de vente conseillé : 19,99€ l'unité
 
   
POINT DE VUE
Après avoir visionné ces deux films, il est amusant et étonnant de retrouver plusieurs similitudes qui vont au-delà du genre.
Au-delà des inserts diaboliques, des plans subjectifs et des ombres rampantes, propres au Giallo, ces deux films mettent en scène un homme s’improvisant détective, à la recherche d’un mystérieux assassin. Mario (Antonio Sabato) dans Le tueur à l’orchidée et Enrico (Fabio Testi) dans Mais qu’avez-vous fait à Solange ?. Tout deux vont se substituer à la police, reléguée à la simple protection de femme menacée, pas encore poignardée, étranglée ou noyée. On soupçonne Dallamano et Lenzi d’avoir pris un malin plaisir à montrer des policiers dépassés par leur enquête, à la limite de l’écervelement. Flagrant dans Le tueur à l’orchidée, où Lenzi passe d’une scène -dans laquelle Mario recherche des indices avec acharnement- à celle où deux policiers s’amusent sur des mots croisés pendant leur garde rapprochée.

Les meurtres s’enchaînent à un rythme effréné, avec une scène "classique" qui revient dans les deux films : la noyade d’une pauvre victime dans une baignoire. Ce qui permet aux deux réalisateurs d’intégrer un « plan nichon » parmi tant d’autres, quotas obligatoire du Giallo. (Chose amusante, dans la version de Lenzi, les policiers retrouvent la victime, flottant dans la baignoire la bouche fermée !).
Les deux films usent également de fausses pistes, moins subtiles dans Le tueur à l’orchidée, où chaque nouvelle tête à droit à son zoom-avant brutal, suivi d’un jeu de sourcil inquiétant. Des acteurs assez mauvais donc (faute de budget), heureusement compensé par une mise en scène inspirée et nerveuse, surtout chez Dallamano, qui exécute des mouvements de caméra très inventifs.

La musique apporte également beaucoup: une bande-son électro-jazzy efficace signée Riz Ortolani (Cannibal Holocaust) pour Le tueur à l’orchidée et le grand Ennio Morricone pour Mais qu’avez-vous fait à Solange ?, où déjà des vocalises lyriques transparaissent.
Autre point commun des deux films, la présence évidente de la culture anglo-saxonne. Dans Le tueur à l’orchidée de nombreux personnages importants sont américains, quant à Mais qu’avez-vous fait à Solange ?, le film est entièrement tourné à Londres. On imagine évidemment que l’objectif premier des producteurs était de faciliter les ventes à l’étranger, mais beaucoup de réalisateurs talentueux de l’époque glorieuse du cinéma Bis Italien souffraient d’un complexe d’infériorité à l’égard de leurs homologues américains. Pour eux, les États-Unis apportaient la reconnaissance et permettaient de tourner des projets avec des budgets plus confortables (à l’image d’un Lucio Fulci allant tourner son Exorciste « Manhattan Baby » à New York). Certains s’y sont essayés, usant de pseudos plus adaptés au pays de l’oncle Sam, et beaucoup connurent les tréfonds du Z.

Il est donc très plaisant de revoir ces films aujourd’hui et même s’ils ont un peu vieilli, le plaisir reste intact et le transfert DVD est tout à fait honorable. Petite préférence pour Mais qu’avez-vous fait à Solange ?, plus inventif et plus solide au niveau du scénario. Autre idée géniale du réalisateur, le titre du film. Qui est donc cette Solange ? Aucun personnage n’évoque ce nom pendant plus d’une heure de film, ce qui apporte un double mystère : qui est l’assassin et qui est Solange ?

À propos de l’héritage du Bis Italien
Les années 60 et 70, symbolisaient l’âge d’or du cinéma italien. Les cinéastes et producteurs suivaient les modes (western, polar, gore…) pour remplir les salles au maximum. Cette course financière des productions italiennes, entraîna leur propre dérive, avec des années 80 pitoyables, enchaînant nanar sur nanar, aux titres improbables (Apocalypse dans l’océan de Lamberto Bava, Virus Cannibal de Bruno Mattei, les guerriers du Bronx de Enzo G. Castellari…).
Le Giallo marquera profondément des générations de cinéphiles et de réalisateurs. À bien des égards, les «slashers » américains des années 80 et les grands thrillers «serial killers» des années 90 sont ses fils spirituels.

Julien Bourières



 

 
MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT À SOLANGE ?

SYNOPSIS

Enrico Rosseni est professeur d’italien dans une école de jeunes filles aux abords de Londres. Lassé de son mariage avec Hera, Enrico vit une passion amoureuse avec l’une de ses étudiantes prénommée Elizabeth. Lors d’une escapade sur les bords de la Tamise avec Enrico, Elizabeth croit apercevoir une jeune fille se faire pourchasser puis mutiler par un mystérieux inconnu. Enrico ne la prend pas au sérieux, mais le lendemain, la police retrouve le corps de la jeune femme sur les lieux, avec un couteau enfoncé dans le vagin. Enrico, très proche de ses étudiantes, va alors être suspecté par la police jusqu'à ce qu’une deuxième étudiante soit découverte morte, elle aussi avec un couteau dans son entrejambe.

FICHE TECHNIQUE

1972 - 1h43 - Interdit aux moins de 12 ans
Titre original : COSA AVETE FATTO SOLANGE ?

Réalisateur : Massimo Dallamano
Casting:
Enrico Henry Rosseni : Fabio Testi
Herta Rosseni : Karin Baal
Inspecteur Barth : Joachim Fuchsberger
Elizabeth Seccles : Cristina Galbó
Solange Beauregard : Camille Keaton
Professeur Bascombe : Günther Stoll
Brenda Pilchard : Claudia Butenuth
Madame Erickson : Maria Monti
Janet Bryant : Pilar Castel
Helen : Giovanna Di Bernardo
Monsieur Leach : Rainer Penkert
Père Webber : Marco Mariani
Ruth Holden : Emilia Wolkowicz
Monsieur Bryant : Daniele Micheletti
Monsieur Erickson : Giancarlo Badessi

Producteurs : Fulvio Luciano, Leo Pescarolo, Horst Wendlandt
Compositeur : Ennio Morricone
Costume : Elisa Gut
Ingénieurs du son : Peter Ruddis, Francesco Vernier
Maquillage : Dante Trani
Editeur DVD : Neo Publishing

LE TUEUR À L'ORCHIDÉE
SYNOPSIS
Un mystérieux assassin s’attaque à des femmes, en laissant comme seul indice, un étrange médaillon argenté en forme de lune. L’une de ces femmes, Giulia, est attaquée à son tour par le même mystérieux assassin mais parvient à lui échapper in extremis. Les meurtres vont alors s’enchaîner sans que la police ne parvienne à faire le lien entre ces meurtres. Mario, le mari de Giulia, va alors tenter de mener discrètement l’enquête et découvre ainsi une liste de noms de femmes qu’il croit être les prochaines victimes de l’assassin vêtu de noir…
FICHE TECHNIQUE
1972 - 1h43 - Interdit aux moins de 12 ans
Titre original : SETTE ORCHIDEE MACCHIATE DI ROSSO

Réalisation & scénario: Umberto Lenzi
Casting:
Mario : Antonio Sabato
Giulia: Uschi Glas
Inspector Vismara : Pier Paolo Capponi
Elena Marchi : Rossella Falk
Kathy Adams : Marina Malfatti
Le prieur : Renato Romano
Raffaele Ferri : Claudio Gora
Inez Tamborini : Gabriella Giorgelli
Palumbo : Aldo Barberito
Barrett : Bruno Corazzari
Renzi : Franco Fantasia
Concetta di Rosa : Petra Schürmann
Juanda : Linda Sini
Raoul : Nello Pazzafini

Producteur : Lamberto Palmieri
Compositeur : Riz Ortolani
Ingénieurs du son : Renato Marinelli, Bruno Moreal, Guido Ortenzi
Editeur DVD : Neo Publishing

 
  •  LES DVD
    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 2.35 - Digipack
    Son : Dolby Digital 2.0 en Français ou Italien.
    Sous-titres : Français
  • LES BONUS
    Après « la queue du scorpion » de Sergio Marino et « L’homme sans mémoire » de Duccio Tessari, Néo Publishing étoffe sa collection Giallo avec ces deux films datant de 1972. Outre un superbe packaging cartonné jaune et noir, illustré d’affiches d’époque, ces éditions comprennent également quelques petites bonus. JB

    > MAIS QU'AVEZ-VOUS FAIT À SOLANGE ?


    - Présentation du film par Fabio Testi


    - Whatever happened to Solange ?
    (22 min)


    - Interview de Fabio Testi
    (15 min)
    Interview croisée de Fulvio Lucisano (producteur) et Fabio Testi (acteur) sur l’histoire de la création et du tournage du film.

    - Filmographies (Massimo Dallamano, Fabio Testi, Karin Baal, Joachim Fuchsberger, Camille Keaton, Cristina Galbo)

    - Galerie de photo



    > LE TUEUR À L'ORCHIDEÉ
- Filmographies (Umberto Lenzi, Antonio Sabato, Uschi Glas, Pier Paolo Capponi et Rossella Falk)

- Galerie de photo
QU'EST-CE-QUE LE GIALLO ? (NOTES DE PRODUCTION)
Origines
Giallo désignait initialement une collection de romans policiers, urbains et populaires, qui a largement inspiré le cinéma jusqu’à créer un genre qui en porte le nom.
Profondément marqué par Dario Bava et Dario Argento, il se caractérise par ma présence d’un criminel mystérieux et sadique, des scènes de meurtres particulièrement sanglantes et un jeu de caméra stylisé. A la frontière entre le policier, l’horreur et l’érotisme, le « giallo » connaît son apogée en Italie dans les années 60/80.
Il marquera profondément par la suite des générations de cinéphiles et de réalisateurs. Ainsi, à bien des égards, la plupart des « slashers » américains des années 80 et des grands thrillers « serial killers » des années 90 peuvent être considérés comme ses dignes héritiers.

Des réalisateurs inspirés
Typiquement italien, le giallo a eu ses grands maîtres au cinéma, à commencer par Mario Bava qui, en 1964, réalise l’archétype du genre avec 6 Femmes Pour L’assassin, un film élégant, violent, morbide, surprenant et extrêmement stylisé, aussi bien dans la construction de son scénario que dans la représentation graphique des meurtres commis. Le plus grand disciple de Mario Bava est certainement Dario Argento qui réalise, entre 1970 et 1971, trois gialli mémorables : L’oiseau Au Plumage De Cristal, Le Chat à Neuf Queues et Quatre Mouches De Velours Gris. Le gialli devient alors le genre côtoyé par les plus grands réalisateurs du cinéma bis italien : Umberto Lenzi (Le Tueur à L’orchidée, Si Douces Si Perverses), Sergio Martino (L’alliance Invisisble, La Queue Du Scorpion), Lucio Fulci (La Longue Nuit De L’exorcisme, L’emmurée Vivante, La Mahination), Aldo Lado (Je Suis Vivant !), Antonio Bido (Ombres Sanguinaires), Massimo Dallamano (Mais Qu’avez-vous Fait à Solange ?), Duccio Tessarri (L’homme Sans Mémoire, Cran D’arrêt).

Des meurtres inventifs
Dans l’histoire du giallo italien, on peut trouver une très riche variété d’armes utilisées pour les meurtres. Le couteau est sûrement la plus utilisée (toujours dans des mains gantées de cuir noir) ainsi que toutes ses vbariantes à lames effilées (rasoirs, cutters, épées…).
La créativité des auteurs de gialli n’ayant pas de limite, certaines victimes sont parfois tuées de façon surprenante : brûlées sur le poêle, décapitées par une pelleteuse, égorgées par des morceaux de verre, noyées dans de l’eau brûlante, empalées sur une tronçonneuse…

Des titres aux noms évocateurs
Une caractéristique commune aux gialli de l’âge d’or était d’utiliser le nom d’un animal dans le titre du film. On imitait ainsi d’une certaine manière les gialli de Dario Argento qui avait réalisé une trilogie « animalesque » à très grand succès.

Après l’oiseau, les mouches ou le chat, on trouve donc, entre autres, des canards (Non Si Sevizia Un Paperino de Lucio Fulci), des papillons (Una Farfalla Con Le Ali Insanguinante de Ducio Tessarri), des scorpions, des araignées, des lézards…. Un phénomène typiquement italien puisque l’exploitation étrangère, la plupart des animaux ont disparu au profit de titre tout à fait différents. Mais c’est une fois de plus la démonstration de l’influence énorme de Dario Argento sur l’histoire de giallo.

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