)))  NOTRE MUSIQUE
       ÉLOGE DE L'AMOUR
       de Jean-Luc GODARD

 

  • COFFRET DOUBLE DVD
  • 1999 et 2003 - France/Suisse
  • Sortie à la Vente en DVD le 7 novembre 2007
    Éditions des Cahiers du cinéma
  • Prix de vente conseillé : 29,90 €
POINT DE VUE
Puisque l’amour est en fuite,
faisons alors l’Eloge de Notre Musique.


Que cela aurait été beau et tentant d’écrire mon «éloge d’Éloge de l’amour» ! Hélas ! Trois fois hélas ! Si je faisais cela, je serais loin d’être honnête avec moi-même. Certains titres nous adressent des clins d’œil tellement énormes que, comme qui dirait, «ils ont intérêt à assurer derrière». Il y a plus longtemps, on aurait pu dire de certains titres de Godard qu’on «les admirait, mais qu’on ne les aimait pas». Parenthèse cuistre : est-ce que c’était Cocteau qui disait ça de Proust ? Éloge de l’amour, ce n’est même pas ça ! On ne l’aime pas vraiment ce film, mais on s’y intéresse. Ce n’est pas tellement grave après tout, puisque malgré son titre Éloge de l’amour ne tient pas spécialement à être aimé pour des mauvaises raisons.

Et la première de cette mauvaise raison est peut-être de considérer Éloge de l’amour comme le film du «retour au cinéma» après l’entreprise titanesque des Histoire(s) du Cinéma. Car quoi dire, quoi filmer après ce tombeau d’images et de sons, ce maelstrom incantatoire de fétiches cinéphiles, de totems historiques et de talismans littéraires (les noms et adjectifs de ce dernier groupe nominal sont interchangeables) ? Jean-Luc n’allait-il pas trop se sentir à l’étroit quand il allait s’agir de revenir à ce bon vieux format de 90 minutes ?
Et il y a bien dès les premières minutes du film, l’impression d’une remise à zéro, d’un retour à la base, doublé par le fait que Godard arpente à nouveau Paris avec un noir et blanc qui sent sa Nouvelle Vague à plein nez. Impression à double tranchant : on pouvait espérer un nouveau départ et l’on a droit à une séance de réadaptation.

Au fait, ça raconte (si tant est qu’avec Godard ce terme soit approprié) quoi Éloge de l’amour ? L’histoire d’un réalisateur qui veut faire un film sur les temps de l’amour (la rencontre, la séparation, les retrouvailles) et n’y parvient pas. Éloge de l’amour est un film fait de tout ce qui habituellement n’est pas dans le film : essais, entretiens préparatoires, recherches de décors, déambulations. Une suite de repérages, alors ? Oui, on pourrait dire ça, mais peut-être plus précisément une recherche de « nouveaux repères » parfois pas si éloignés de ceux de sa jeunesse. D’où l’impression de voir le trajet ramassé d’une vie qui finalement ne tient qu’en quelques points. C’est sans doute la part la plus poignante du film, celle où Godard paraît constater que quelque chose (un désir, une envie, une fulgurante pertinence) s’est évanoui dans son cinéma, et qu’il ne reste plus qu’à arpenter les lieux de sa jeunesse. D’autant plus que le film développe la théorie de l’âge adulte comme le plus long, mais aussi le plus flou, un purgatoire indéfini entre les deux seuls vrais états de l’existence : l’enfance et la vieillesse.

Éloge de l’amour s’affirme donc avec fierté comme le premier « film vieux » de Godard. Et pour continuer dans l’exégèse, on pourrait longtemps disserter pour savoir si un « film vieux » est synonyme ou antonyme d’un «vieux film», car il y a des vieux films qui pètent encore la jeunesse, les «films enfants» de Godard par exemple, ceux qui paraissent baignés d’innocence (A bout de souffle, Une femme est une femmes, Bande à part, Masculin Féminin). Et cette confrontation entre ce « film vieux » et les titres parisiens du Godard de la Nouvelle Vague paraît inévitable tant Éloge de l’amour fonctionne sur le souvenir du « Godard d’il y a longtemps ». Confrontation cruelle, voire masochiste qui nous fait dire que Godard croit encore à l’amour quand bien même les objets de l’amour (le désir de son regard pour Anna Karina ou Marina Vlady, la complicité dans la désinvolture avec Jean-Pierre Léaud ou Sami Frey) ont déserté ses plans de cinéma. Éloge de l’amour aurait tout aussi bien pu s’appeler L’Amour en fuite. Citer le plus mauvais film de son frère ennemi Truffaut, c’est en rajouter pour agacer Godard au maximum. Il n’empêche. Tout le film est ainsi marqué par un sentiment de travail inexorable de la mélancolie, d’évaporation des émotions.

L’un des tous premiers plans du film frappe particulièrement : les mains de Bruno Putzulu (qui joue le cinéaste) feuilletant un livre aux pages blanches. Éloge de l’amour pourrait donner cette impression : celui d’un cadre déjà prêt et volontairement dessiné, mais d’une cruelle absence d’affects et d’un manque d’anfractuosités capables d’accueillir les projections du spectateur. Imposture ou œuvre ouverte selon les moments, les humeurs ou les dispositions de chacun. À un autre moment, on retient une phrase incroyable, comme on en croise seuls dans les films, ces phrases qui résonnent incroyablement et dont on n’est même pas sûr qu’on les aurait si bien retenues si, par hasard, nous les avions croisées dans les livres où elles se tapissent. Cette phrase, c’est :

« La mesure de l’amour, c’est aimer sans mesure ».

Cette phrase, on jurerait du Lacan ou un dialogue de La maman ou la putain, mais elle est de Saint-Augustin. On se dit que si Les Confessions sont remplies de phrases de cet acabit, on les lira d’une traite dès demain. On se dit surtout qu’il y a des films de Godard qu’ « on aime sans mesure », mais qu’ Éloge de l’amour ne fait pas partie de cela, que l’une des vertus de ce film est peut-être de nous donner une mesure de l’amour que nous pouvons porter à Godard. D’autant plus, que depuis sa sortie en 2002, on a vu un autre film «qu’on aime sans mesure» et qui ressemble incroyablement à Éloge de l’amour. Dans ce film (quasi) inconnu et longtemps resté sur les étagères, on retrouve également une exploration du Paris comme révélateur d’un travail mélancolique, une progression paradoxale du film par l’exploitation de la figure du retour vers le passé, la solitude et l’imprécation d’un « que sont mes amis devenus ». Ce film dans lequel il y a tout ce que tente Éloge de l’amour mais le réussit beaucoup mieux a été fait par quelqu’un qui détestait le cinéma autant que JLG le vénère. Enfin, c’est compliqué parce qu’entre l’adoration et la détestation, la frontière est parfois bien mince. Ce film qui fait du «Godard bien mieux que du Godard» a été réalisé par Guy Debord et s’appelle In girum imus nocte et consumimur igni. Si je dis ça, ce n’est pas pour enfoncer Godard, mais pour souligner qu’il a toujours une perspicacité cinématographique hors pair et de saines sources d’inspiration.

Alors, Godard hors du coup ? Godard condamné à ressasser, à s’embaumer en copiste de lui-même ?

La vision de Notre Musique apporte un net démenti à cette crainte et marque le premier jalon d’un réel « nouveau départ » du Godard des années 2000, sa nouvelle vigueur, sa nouvelle appétence à proposer une poésie cinématographique qui se mesure aux tourments de son époque.
Comment donc écrire l’éloge de Notre Musique ? Suivant sa forme triptyque, « enfer, purgatoire, paradis », on pourrait dire que le film est une « divine comédie » apaisée, mais c’est encore là une formule bien expéditive pour rendre compte de son ampleur.

Et si à force d’entendre que ses conférences de presse étaient bien plus intéressantes que ses derniers films, Godard s’était dit que cette foutue conférence de presse, il allait la mettre en plein dans son film ? Poser la question, c’est prendre Notre Musique par sa face anecdotique, mais ce n’est peut-être pas si bête que ça, sachant que chez Godard, les calembours, les coq-à-l’âne, les diversions potaches dépassent leur propre désinvolture et éclairent souvent le fond de son propos et de sa démarche. Notre Musique serait donc un film-conférence. Car finalement, il n’est question que de ça dans le film. En tournant à Sarajevo, ville martyre et ville symbole de l’inertie occidentale devant la catastrophe, Godard enfonce le même clou d’une impuissance ontologique du cinéma (et partant sans doute d’une grande part de l’art et de la pensée du siècle) à enrayer la catastrophe, ou plus simplement à en témoigner de la manière la plus directe. Arrivé « trop tôt, trop tard » (trop tard pour témoigner mais trop tôt car villes, habitants et pays demeurent encore dans leur état d’hébétude), Godard ne pose finalement que quelques questions : Quoi dire après la catastrophe ? Quel lieu trouver pour (se) parler à nouveau ? Qui sera là pour entendre ?

C’est en cela que Notre Musique est une conférence, quasiment un pur documentaire sur les Rencontres européennes du livre tenues dans la capitale bosniaque et où Godard fut invité au même titre que de nombreux intellectuels. La réelle émotion produite par Notre Musique provient du fait que de simples trajets dans la ville, de simples paroles raccordées entre elles par l’art du montage toujours vif de Godard donnent naissance à une réelle constellation de mots, de visages et de voix. Intention déjà perceptible dans Éloge de l’Amour (notamment par l’étonnante présence du corps et de la voix éraillée de Françoise Verny) mais portée ici à un rare point de résonance et de vibration. Difficile de décrire cette émotion qui n’appartient qu’au film en propre. Disons d’abord qu’il s’agit d’une émotion qui vise l’intellect avant les sensations, mais qui n’en demeure pas moins « musicale » (ça tombe bien, c’est le titre du film). Disons ensuite que s’en dégage très fortement une recherche d’harmonie et de compréhension réciproque, harmonie attristée car devant prendre en compte la permanence des affrontements et la présence des ruines. Et c’est peut-être en acceptant les ruines, que peut se construire un nouveau lieu d’échange et de confrontation. Il n’y a qu’à voir la façon dont Godard filme la bibliothèque de Sarajevo et le pont de Mostar tout aussi bien comme des labyrinthes que comme des phénix de pierre (travail sur les ruines qui rappelle fortement un autre film dont Godard a été fort jaloux : Hiroshima mon amour d’Alain Resnais 1959) pour mesurer combien le film, s’il arrive après la bataille, est au moins là pour accompagner la probable renaissance de ces emblèmes mémoriaux. Et si le cinéma parvient à filmer ça, ça vaut encore la peine de faire des films, nous dit simplement Godard !

Mais en fait, je ne parle là que de la partie centrale de Notre Musique, la plus longue, celle dénommée Purgatoire. Mais avant et après celle-là, il y une introduction, Enfer, et une conclusion, Paradis, de dix minutes chacune, deux intenses moments de cinéma quasiment sans paroles et qui montrent le cinéma dans toute sa force brute.

Enfer. Montage d’images de guerre sorties aussi bien de fictions (westerns, Raoul Walsh, Eisenstein…) que de l’actualité (Vietnam, Bosnie, Palestine…), saturées, agressives, ramenées à leur brutalité primitive mais paradoxalement domptées par le montage qui donne à cet enchaînement une dimension mythologique («Ainsi, dans le temps des fables, après les inondations et le déluge, il sortit de la terre des hommes armés qui s’exterminèrent »). Montage attraction à la Dziga Vertov, montage tourbillon qui rappelle aussi bien Dziga Vertov qu’un délire stroboscopique. Un moment de cinéma étourdissant, tourbillonnant mais aussi rendu sciemment abrutissant par Godard pour mieux démonter la part de manipulation tapie dans ces images.
Paradis. Retour sur les bords de lacs (lieu d’inspiration du Godard des années 90) pour une élégie placée sous l’œil de l’US Navy («Les rues du Paradis seront gardés par les Marines. » nous prévient la chanson ici ironiquement illustrée). Retour à l’ontologie du cinéma, au pur enregistrement d’une lumière, d’un reflet après avoir traversé l’orage de l’Enfer et réappris le dialogue en trouvant une place au Purgatoire.

Soit une entrée avec dix minutes de cinéma à l’estomac, un dessert avec une épiphanie bazino-rossellinienne et pour passer de l’un à l’autre, un plat de résistance d’une heure de mots et de visages. Soit au total, après l’assemblage de ces « trois royaumes » un film dazibao, mais un dazibao serein, presque stoïcien, ayant enfin atteint la sérénité après la catastrophe et nous parlant depuis quasi cinquante ans de cinéma. À mille lieux des conventions du docu-drama ou du film porte-parole, Notre Musique demeure en soi une belle preuve qu’il est possible de réaliser un film en confrontation directe avec l’Histoire immédiate et de le faire «avec les armes de la poésie» comme dirait un autre grand dont JLG a été jaloux, Pasolini.

Ah oui, juste avant de finir, il y a une autre phrase incroyable dans Notre Musique. Cette phrase, c’est :
«Si quelqu’un comprend ce que je dis, ce sera que je me suis mal exprimé».
J’ai appris récemment que cette phrase était celle par laquelle un professeur de physique quantique terminait chacun de ses cours, persuadé qu’il était que sa discipline était tellement nouvelle qu’elle en était devenue intransmissible, impossible à enseigner. Et pourtant, ses élèves le comprenaient et reprenaient le flambeau. C’est vrai que c’est parfois l’impression que nous font les films de Godard, tellement nouveaux qu’intransmissibles ou tout du moins incopiables. Et pourtant, Godard ne se décourage pas et garde, derrière son masque poseur, une incroyable sincérité et une folle envie de transmettre. C’est aussi ce dont témoigne Notre Musique, à coup sûr l’un des derniers grands jalons de sa filmographie.

Joachim Lepastier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


ÉLOGE DE L'AMOUR

SYNOPSIS

Edgar, cinéaste, tente de mettre sur pied un projet autour des quatre temps de l’amour. Mais constatant que l’on est jeune ou vieux, jamais adulte, il se tient dans l’entre-deux qui sépare un projet de sa concrétisation, essuyant en outre le refus d’une comédienne. Il se rend en province pour mener une recherche autour de la résistance et du catholicisme, et rencontre un couple de résistants à propos desquels Steven Spielberg veut réaliser un film.

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    1999 - France/Suisse - 1h30
    En Compétition Officielle au 54eme Festival International Du Film De Cannes

    Réalisation : Jean-Luc Godard
    Photographie : Christophe Pollock et Julien Hirsh
    Sons : François Musy, Christian Monhim et Gabriel Hafner
    Intendance : Jean-paul Battaggia
    Assistants : Christophe Rabinovici et Fleur Albert
    Distributeur : ARP Distribution
    Avec:

    Bruno Putzulu : Edgard
    Cécile Camp : Elle
    Jean Davy : Grand-père
    Françoise Verny : Grand-mère
    Philippe Lyrette : Servieur
    Audrey Keblaner : Eglantine
    Jeremy Lippman : Perceval
    Bruno Mesrine : Magicien

NOTRE MUSIQUE
SYNOPSIS
Trois parties, intitulées respectivement :
Royaume 1 - Enfer
Royaume 2 - Purgatoire
Royaume 3 - Paradis

L'enfer, d'une durée d'environ 7 à 8 minutes, est composée de diverses images de guerre, sans ordre chronologique ni historique, avions, tanks, navires de combat, explosions, fusillades, eécutions, populations en fuite, paysages dévastés, villes détruites, ect. Le tout en noir et blanc comme en couleur. Les images restent muettes, accompagnées de 4 phrases et de 4 musiques (piano).
Le purgatoire, d'une durée d'environ 1 heure, se déroule de nos jours dans la ville de Sarajevo - martyre parmi d'autres - à l'occasion des Rencontres Européennes du Livre. Il s'agit de conférences ou de simples conversations à propos de la nécessité de la poésie, de l'image de soi et de l'autre, de la Palestine et d'Israël, ect., et qui sont le fait de personnes réelles comme de personnages imaginaires. Une visite au pont de Mostar en reconstruction symbolise l'échange entre culpabilité et pardon.
Le paradis, d'une durée d'environ 10 minutes, montre une jeune femme - vue dans la deuxième séquence - qui, s'étant sacrifiée, trouve la paix sur une petite plage au bord de l'eau - laquelle est gardée par quelques Marines des USA..
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    France/Suisse - 1h20 - 2003
    Présenté en Sélection Officielle, hors compétition au Festival de Cannes 2004
    Réalisateur : Jean-luc Godard
    Production : Alain Sarde, Ruth Waldburger
    Scénario : Jean-luc Godard
    Directeurs photo : Julien Hirsch, Jean-christophe Beauvallet
    Ingénieurs son : François Musy, Pierre André, Gabriel Hafner
    Distributeur : Les Films du Losange

    Interprètes :
    Sarah Adler
    Nade Dieu
    Rony Kramer
    Georges Aguilar
    Leticia Gutierrez
    Ferlyn Brass
    Simon Eine
    Jean-christophe Bouvet
    Elma Dzanic



  • BONUS

    Sur Éloge de l'amour
    Partie Rom : Une longue histoire, entretien avec Jean-Luc Godard par Jacques Rancière et Charles Tesson (Cahiers du cinéma n°557, mai 2001).


    Sur Notre musique
    Supplément :
    * Deux courts métrages de Jean-Luc Godard:
    Prière pour refuzniks (1) et Prière pour refuzniks (2)

    Notre avis
    : - Deux petits films courts, sorte de nouveaux ciné-tracts réalisés simultanément à la croquignolette exposition au Centre Pompidou en 2006 :

    Prière pour refuzniks (1)
    : Réjouissant auto-remix godardien qui superpose une incantation chantée de Léo Ferré à un extrait des Carabiniers pour une nouvelle variation sur le romantisme de la lutte contre l’oppression.

    Prière pour refuzniks (2)
    : Mini-oratorio qui tente de convoquer différentes représentations faisant résonner les images du conflit israélo palestinien. Bien trop court pour qu’un sens net s’en dégage. JL






    Partie Rom : Parmi nous par Jean-Michel Frodon (Cahiers du cinéma n°590, mai 2004).

  •  LES DVD
    PAL - Zone 2 - Couleurs - Double couche
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Langue: français dolby stéréo 5.1
    Sous-titres: Anglais



  • Dans la même collection
    Sobibor, 14 octobre 1943, 16 h & Un vivant qui passe de Claude Lanzmann
    Sauvage innocence & La Naissance de l’amour de Philippe Garrel
    Nord & N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois
    La Vie des morts & La Sentinelle d’Arnaud Desplechin
    Poor Cow (Pas de larmes pour Joy/La Reine des pomme) & Family Life de Ken Loach
    Le Ballon blanc & Sang et or de Jafar Panahi
    Le vent de la nuit & Elle a passé tant d’heures sous les sunlights… de Philippe Garrel Prénom Carmen et Hélas pour moi de Jean-Luc Godard
    S’en fout la mort & Nénette et Boni de Claire Denis
    Passion & Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard
    Golden Eighties & Toute une nuit de Chantal Akerman
    Le Septième Ciel & Marianne de Benoît Jacquot
    Les baisers de secours & J'entends plus la guitare de Philippe Garrel
    Dieu seul me voit & Liberté Oléron de Bruno Podalydès
    Comment je me suis disputé... et Esther Kahn de Arnaud Desplechin                                    

         

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