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CE VIEUX RÊVE QUI BOUGE
de
Alain GUIRAUDIE
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2001 - France - durée: 50' (+ 24' de Bonus)
- Sortie
à la Vente en DVD le 22 mars 2007
Éditions
Malavida Films
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Prix de vente conseillé : 25€
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| SYNOPSIS |
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Un
jeune technicien débarque dans une usine pour démonter
une machine. L'établissement est sur le point de fermer, définitivement.
Reste une poignée d'ouvriers qui errent dans l'usine, boivent
l'apéro et font la sieste, à l'ombre de parasols multicolores.
Peu à peu, autour du "nouveau", commence un ballet
amoureux qui entraîne plusieurs des protagonistes...
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| POINT
DE VUE |
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Dans son second moyen métrage,
Ce vieux rêve qui bouge, Alain Guiraudie abandonne les
ounayes, les bandits d'escapade, les guerriers de poursuite de Du
soleil pour les gueux et sa chère Obitanie imaginaire, pour
l'univers - a priori - plus réaliste et plus cartésien
d'une usine sur le point de fermer. Là, Jacques Roudillou, un
jeune technicien est chargé de démonter une abracadabrante
machine de tuyaux servant à fabriquer des redoubles de 10 mètres
et nommée l'Ubitona ! De l'Obitanie à l'Ubitona, il n'y
a finalement qu'une mince frontière. Les grands espaces de la
Causse sont ici remplacés par l'espace non moins impressionnant
d'une volumineuse usine éventrée, gigantesque carcasse
en brique d'un monde ouvrier en perdition.
Autant Du soleil pour les gueux était un film d'extérieur
et de lumière, autant Ce vieux rêve qui bouge
est enterré, marqué de larges trouées de lumière
mais où les corps et les visages se devinent plus qu'ils ne se
montrent. Car il s'agit bien encore d'un film sentimental, mais dans
lequel l'homosexualité prend cette fois-ci toute la place.
C'est la "prolo pride" dit Guiraudie (dans un débat
figurant dans les bonus du dvd). Dans cet univers métallurgique
hautement viril, l'homosexualité y est un sujet tabou et toute
l'adresse de Guiraudie est de lentement nous amener à comprendre
les enjeux sentimentaux qui se trament entre trois hommes: le jeune
Jacques, le vieux Louis et Jean, le contremaître. Tous trois vont
se tourner autour, jouer de leurs regards insistants, parler à
demi-mots de leurs émois inavouables dans une parade amoureuse
rythmée par le démontage de l'Ubitona. Les larges tuyaux
de cette machine diabolique en deviennent rapidement phalliques et seront
même le prétexte pour se toucher subrepticement. Guiraudie
filme la passion (non-réciproque) entre ces trois hommes mais
dont on ne verra finalement que la partie immergée.
"Est-ce qu'on peut encore bander après la fermeture
d'une usine ?" résume très bien le directeur
du cinéma du Polygone qui reçoit Guiraudie (voir dans
les bonus); telle est la question centrale du film d'un point de vue
plus sociologique car n'oublions pas que le cinéma de Guiraudie
a toujours eu une dimension militante. Cette fois-ci, il interroge le
sens du travail. Y-a-t-il une vie pendant et après le travail
? Vraie question qu'un spectateur trouvera déplacée. Guiraudie
filme une classe ouvrière oisive, qui prend du plaisir, joue
à la belote, boit des pots, mais non sans une certaine mélancolie
et amertume. Comment remplir sa vie autrement qu'avec le travail ? Comment
faire quand on n'a jamais fait autrement ? Une autre société
est-elle possible ? La revoilà la question du possible et de
l'utopie si chère au cinéma de Guiraudie.
Laurent Devanne
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| FICHE
TECHNIQUE |
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BONUS
(24')
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TOUT DROIT JUSQU’AU MATIN
d’Alain Guiraudie (10' - 1994)
Le monologue d’un jeune veilleur de nuit lancé à
la poursuite d’un peintre sauvage.
 
 
Notre avis: Les premiers pas cinématographiques
de Guiraudie ... filmés dans sa ville natale de Villefranche-de-Rouergue;
première errance dans les rues désertiques et première
méditation sur le sens de la vie. Le bonheur passe-t-il
par le travail ? se demande-t-il. Question que l'on retrouvera
au coeur de Ce vieux rêve qui bouge, 7 ans plus tard.
LD
* APRÈS LA LUTTE
de Chloé Scialom (14 minutes)
Dans une salle de cinéma de Marseille, pendant et après
la projection de Ce vieux rêve qui bouge, le public
se confronte au réalisateur présent. Cinéma,
militantisme, ambiguïté du désir, rencontres
et divergences. Second volet pour essayer de comprendre comment
un film part d’une réalité pour y revenir.
 
 
Notre
avis: L'intention est bonne
mais le résultat pas très convaincant. Au cours d'une
rencontre avec le public de Ce vieux rêve qui bouge,
un spectateur se met en colère, indigné par la façon
dont sont montrés les ouvriers fraîchement licenciés.
Un contrechamp à cette discussion publique est proposé
à travers la rencontre à son domicile entre ce spectateur
et Guiraudie.
Mais ce qui est dommageable, c'est la manière dont le dialogue
entre les deux hommes est finalement faussé par un montage
qui donne la part belle au cinéaste sans vraiment écouter
le fond de la discussion, ni même approfondir le sujet de
la discorde. Sans doute de nouveau trop court pour être suffisamment
pertinent. LD
+ LIVRET
présentant
l'intégralité du scénario du film (30 pages)
Notre
avis: Excellente initiative
que la parution complète du scénario du film permettant
ainsi de mieux apprécier le talent de dialoguiste et le sens
aigu de la plume de Guiraudie. LD
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| BIO-FILMO
DE ALAIN GUIRAUDIE |
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Né
le 15 Juillet 1964 à Villefranche-de-Rouergue, Aveyron (France)
Fils aîné d'une famille d'agriculteurs aveyronnais, Alain
Guiraudie se nourrit, adolescent, de culture populaire (BD, séries
télévisées, films de genre). Le bac en poche,
il s'inscrit à l'Université de Montpellier, où
se développe surtout son goût pour le militantisme. Après
avoir écrit plusieurs romans, jamais publiés, il réalise
en 1990 un premier court métrage, Les Héros sont
immortels, bientôt suivi de Tout droit jusqu'au matin
et La Force des choses.
C'est avec le moyen métrage Du Soleil pour les gueux
que la critique découvre avec ravissement le cinéma
atypique d'Alain Guiraudie, quelque part entre le western moderne,
le récit picaresque et le conte philosophique. Autre caractéristique
de son univers, la volonté de représenter à l'écran
la classe ouvrière, comme en témoigne Ce vieux rêve
qui bouge, moyen-métrage lauréat du Prix Jean-Vigo,
très remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs
-Jean-Luc Godard parle même à son propos du "meilleur
film du Festival de Cannes". Il passe ensuite au long métrage,
sans rien perdre de sa singularité. Pas de repos pour les
braves en 2003, puis Voici venu le temps en 2005, sont
ainsi de nouveaux fragments d'une utopie politique et sexuelle, avec
comme terrain d'expérimentation un Sud-Ouest auquel Guiraudie
est viscéralement attaché..
Filmographie
Rabalaïre (en préparation)
Voici venu le temps (lm-2005)
Pas de repos pour les braves (lm-2003)
Ce vieux rêve qui bouge (mm-
2001)
Du soleil pour les gueux (mm-2001)
La Force des choses (cm-1997)
Tout droit jusqu'au matin (cm-1994)
Jours perdus (cm-1993)
Les Héros sont immortels (cm-1990)
(sources: AlloCiné)
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I R E É G A L E M E N T D U M Ê
M E A U T E U R |
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