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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
Quatre
années après l’incident de Roswell, deux films américains
abordent le thème d’une confrontation entre humains et
extraterrestres. Dans The Day the Earth Stood Still (Le
jour où la terre s’arrêta, 1951) tout d’abord,
Robert Wise présente un être pacifique, Klaatu, venant
annoncer à la race humaine qu’elle court à sa perte
en fabriquant des armes. Au contraire, avec The Thing From Another
World (La Chose d’un autre monde, 1951), Howard
Hawks introduit une créature hostile se nourrissant de sang.
En cette période de guerre froide, les deux œuvres sont
à double-lecture ; ainsi, celle de Hawks ne manque pas d’évoquer
la menace soviétique. Lorsque le réalisateur de I Was a Male War Bride (Allez coucher ailleurs, 1949) décide d’adapter la nouvelle Who goes there ?, de John W. Campbell Jr., il s’adjoint officiellement Charles Lederer et plus officieusement Ben Hecht, que l’engagement dans une organisation religieuse extrémiste a rendu fortement suspect. L’écriture du scénario s’effectue donc en trio, chacun apportant des modifications conséquentes à l’histoire originelle. Parmi ces changements, le lieu de l’action est transposé de l’Antarctique au Pôle Nord, c’est-à-dire à un endroit stratégique de la surveillance des activités soviétiques. Selon Todd McCarthy, auteur de la biographie Hawks, Ben Hecht serait à l’origine du second niveau de lecture du film, celui de la « satire contre la guerre froide et la paranoïa anticommuniste (1) ». Autre apport important, l’introduction du personnage féminin, interprété par Margaret Sheridan, relève d’un choix typiquement hawksien. En effet, la personnalité marquée de Nikki lui permet de s’interposer entre les deux protagonistes masculins, le capitaine Patrick Hendry (Kenneth Toby) et le docteur Arthur Carrington (Robert Cornthwaite). Pour remercier le monteur Christian Nyby du travail accompli sur Red River (La Rivière rouge, 1948), Hawks lui a confié le poste de réalisateur sur The Thing From Another World. Mais comme le soulignent les suppléments de cette édition, le rôle de Hawks ne s’est pas limité à celui de producteur sur le film : en dépit des crédits, il en est l’incontestable auteur. Dans son commentaire, Jean-Baptiste Thoret décrit d’ailleurs différents traits du cinéma hawksien, comme les nombreuses séquences de comédie entre Nikki et le capitaine. De plus, le film n’est pas tant éloigné du western qu’il n’y paraît, car l’extraterrestre représente une menace extérieure semblable à celle des Indiens. Quant aux autres postes, Hawks s’est assuré la présence de collaborateurs de longue date, tels que le chef-opérateur Russell Harlan et le compositeur Dimitri Tiomkin. Son implication dans le film à chaque niveau traduit bien son contrôle complet du projet. Inaugurant le début du film de science-fiction américain avec The Day the Earth Stood Still, The Thing From Another World constitue donc un classique du genre. Il va donner naissance à The Man from Planet X (Edgar G. Ulmer, 1951), It Came from Outer Space (Le météore de la nuit, Jack Arnold, 1953) ou encore Invaders from Mars (L’invasion vient de Mars, William Cameron Menzies, 1953). Cette vague des années 50 va également profondément marquer une génération de cinéastes, tels que George Lucas et Steven Spielberg. Les analogies entre The Thing From Another World et Aliens (James Cameron, 1986), par exemple, ne sont plus à démontrer. Surtout, John Carpenter réalisera en 1982 un remake fascinant du film de Hawks, sobrement intitulé The Thing. Stéphane Tralongo 1. Todd McCarthy, Hawks, Lyon, Institut Lumière, Actes Sud, 1999. |
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EDITION
SIMPLE
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| EN SAVOIR + | ||||
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«
La Chose d'un Autre Monde » est un des tous premiers représentants
de la grande vague de films de science-fiction qui s'est abattue sur
les USA au cours des années 1950. La même année
(1951), dans « Le jour où la terre s'arrêta »
de Robert Wise, un extra-terrestre se rend à Washington pour
avertir l'humanité qu'elle doit arrêter d'employer des
armes nucléaires et de se détruire dans des conflits
barbares, sous peine d'être éradiquée par les
autres peuples de l'univers. |
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| BIO-FILMO DES RÉALISATEURS | ||||
| HOWARD
HAWKS
Etudiant à l'université de Cornell où il obtient son diplôme d'ingénieur en mécanique industrielle, Howard Hawks devient officier de l'armée de l'air pendant la Première Guerre Mondiale. Il accomplit sa mission d'autant mieux qu'il est passionné d'aviation et de sport automobile (il construit même ses propres bolides !). Mais, si une de ses voitures gagne le grand prix d'Indianapolis, Hawks choisit très vite d'embrasser une carrière cinématographique. En 1919, Howard Hawks débute sa carrière comme accessoiriste à la Famous Players Lasky. Scénariste dès 1922, il est aussi monteur, assistant et responsable du services des scénarios à la Paramount. Après un début de carrière dans le cinéma muet, il se révèle véritablement dans le parlant avec « La Patrouille de l'aube » (1930), où il démontre sa connaissance de la guerre aérienne, puis, « Le Code criminel » (1931), sa première incursion dans le film noir. « Scarface » (1932) est un tournant dans sa carrière de réalisateur. Inspiré de la vie d'Al Capone, le film, jugé trop sulfureux par la censure, est amputé de plusieurs scènes et se voit imposer un titre au moralisme lourd (« Honte de la nation »). Notons qu'Howard Hughes, autre fou d'aviation en est le producteur associé à Hawks. Très créatif, Howard Hawks se fait le fer de lance de la Screwball Comedy (comme dans « Train de luxe », 1934), comédie sophistiquée menée tambour battant et portée par des comédiens au débit ahurissant. Tout au long des années 30, Hawks fait preuve d'un grand éclectisme (le film d'aventures « Brumes », la comédie « L'Impossible Monsieur Bébé », avec Katharine Hepburn et Cary Grant, l'un des acteurs fétiches du cinéaste), ce qui ne signifie pas égarement. Reconnaissable entre tous, son univers exalte la virilité et ne laisse d'autre alternative à la femme que de se montrer plus féroce que l'homme. En 1939, Hawks retrouve Cary Grant pour « Seuls les anges ont des ailes », un film d'action grave sur fond d'aviation postale, avant de lui confier, l'année suivante, le rôle principal de la comédie « La Dame du vendredi » En 1941, Hawks réalise le film de guerre « Sergent York », avec Gary Cooper (oscar du Meilleur acteur pour son rôle), par loyauté envers le producteur Jesse Lasky jr, leur premier employeur, alors surendetté. Il collabore une troisième et dernière fois avec Gary Cooper pour le film « Boule de feu » (1942). Puis, même plus impliqué dans le processus de production, Howard Hawks reste un auteur prolifique et tout aussi original avec des films comme « Les Chemins de la gloire » (1943), relatif à l'attaque japonaise contre Pearl Harbor et vu comme un film de propagande, « Le Grand Sommeil » (1946), un film noir dans lequel Humphrey Bogart est au centre d'une histoire de chantage, « La Rivière rouge », « Allez coucher ailleurs » (1949) une comédie hilarante avec Cary Grant et Ann Sheridan, la production de « La Chose d'un autre monde » (1951), film fantastique qu'il contrôla de près mais, selon la version officielle, ne réalisa pas, « Chérie je me sens rajeunir » (1952), « La Captive aux yeux clairs » avec Kirk Douglas ou « Les Hommes préfèrent les blondes » (1953). Viennent ensuite « La Terre des pharaons » (1955), son péplum, et Rio Bravo (1959). Considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre du cinéaste, ce western marque sa deuxième de ses quatre collaborations avec John Wayne, après « La Rivière rouge ». Par deux fois, Hawks reprendra le canevas scénaristique de « Rio Bravo », dans ses deux dernières oeuvres, « El Dorado » (1966) et « Rio Lobo » (1970), encore une fois avec John Wayne en vedette. CHRISTIAN NYBY
Né en 1913 Los Angeles, Californie, USA - décédé en 1993 à Temecula, Californie, USA Monteur et assistant de Howard Hawks, notamment sur « La captive aux yeux clairs » (1952), « Le grand sommeil » (1945) ou encore « La rivière rouge » (1947), il a officiellement réalisé « La chose d’un autre monde » (1951), produite par Hawks. Il a également réalisé un autre long métrage, « First to fight » en 1961 ainsi qu’un grand nombre d’épisodes de série TV devenues cultes comme « Les rues de San Francisco », « Kojak », « Le fugitif », « La quatrième dimension » ou encore « Lassie ». (élements de presse) °°°°° |
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