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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Les
chansons d’amour est assurément le film générationnel
des années 2000 comme pouvaient l’être La maman
et la putain (Jean Eustache- 1973) pour les années 70, les
films de Léos Carax pour les années 80 et plus récemment
Un monde sans pitié (Eric Rochant – 1989) et Comment
je me suis disputé… ma vie sexuelle de Desplechin
(1996) pour les années 90. Nostalgique d’une liberté sexuelle, d’une possible histoire d’amour à trois issue des années 70, Les Chansons d’amour est une ode à la légèreté de vivre. La légèreté avoisine bien souvent dans les esprits la superficialité, la vacuité quand elle n’est en réalité que le balancier, le contrepoint vital à la pesanteur et à la mort qui rôdent. Au centre du film, un jeune homme volage, dandy, petit frère assumé et revendiqué d’un Jean-Pierre Léaud des années Truffaut : Ismaël par Louis Garrel. Et ces ailes que l’on entend dans ce prénom sont bien celles d’un garçon qui refuse de prendre la vie trop au sérieux, en perpétuel mouvement, joueur, charmeur, il bouge comme un danseur et tourne autour des femmes avec la même grâce et nonchalance qu’un Antoine Doinel ou un Michel Poiccard. Louis Garrel incarne à lui seul (et la promiscuité des films de son père Philippe aidant...) le retour de l’esprit Nouvelle Vague. Cette référence colle au film comme un chewing-gum trop mâché mais ne fait pas pour autant de Christophe Honoré un pasticheur talentueux. Il n’est pas un cinéaste à intentions, un cinéphile embourbé dans son amour du cinéma ; il a parfaitement assimilé l’héritage de la nouvelle vague comme Truffaut avait assimilé le cinéma américain des années 50 ou les leçons de Jean Renoir. Les chansons d’amour c’est d’abord le plaisir de filmer; filmer Paris, le quartier du 10ème arrondissement où Honoré a longtemps vécu, la Porte Saint-Denis, le cinéma Le Brady, les passants, les marchands, la vie à l’état brut ; le plaisir de filmer des corps en mouvements, toute une génération de comédiens et comédiennes qui font le cinéma français d'aujourd'hui: Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni et Grégoire Leprince-ringuet. Bien sûr, ils portent tous de grands manteaux et de longues écharpes de laine qui leur tombent aux genous, ils sont élégants, jeunes et beaux, vivent dans de coquets appartements et prennent le taxi, bien sûr ils sont typés "Génération Bobo" et cela peut en agacer plus d'un mais mais ce sont aussi les signes de notre temps, de cette génération actuelle de trentenaire à la fois désabusée et pragmatique, individualiste et solidaire, à la recherche d'une sexualité multiple et d'un amour unique. En outre, le côté classieux des personnages les détache du réel et apporte une belle et subtile dimension romanesque au film. Les chansons d'amour film devrait être co-signé du compositeur Alex Beaupain. Ses 14 chansons sont le scénario de base du film. Sa colonne vertébrale. D'elles sont nés les personnages et le rythme interne, le battement de coeur du récit. On sait depuis Jacques Demy, la fragilité et le risque qu'il y a à filmer des acteurs chanteurs, mais de belles réussites comme On connaît la chanson de Resnais ou plus récemment La France de Serge Bozon ne peuvent qu'encourager à creuser cette veine musicale si particulière au cinéma français et qui n'a rien à voir avec la comédie musicale américaine. Les chansons d'amour est une valse amoureuse, sentimentale où les places s'interchangent et où l'on ne parle vrai qu'en chanson. Un beau Paris filmé. Un beau pari réussi. Laurent Devanne |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| INTERVIEW DE CHRISTOPHE HONORÉ (élément du dossier de presse) | ||||
Les
Chansons D’amour s’est élaboré à partir
d’un matériel musical préexistant : des chansons
signées Alex Beaupain...
Je connais Alex depuis qu'on a vingt ans. Il a fait la musique de tous mes films, je lui ai moi-même écrit quelques paroles de chansons. Après l'accueil de Dans Paris, qui me permettait de proposer vite un autre projet, je lui ai demandé si je pouvais me servir de ses chansons - certaines issues de son dernier album, d'autres beaucoup plus vieilles - et je les ai intégrées dans un scénario qui racontait une histoire assez douloureuse qui nous était commune. J'ai fait ensuite un travail d'adaptation sur ses textes, et lui ai demandé d'écrire de nouvelles chansons. C’est la première fois que vous vous confrontez aussi frontalement au sentiment amoureux... Dans Dans Paris, j'ai osé présenter des gens qui étaient dans l'amour l'un de l'autre, mais il s'agissait surtout d'amour fraternel, je restais gêné par le sentiment amoureux. Pour moi, ce n'était pas rien de mettre le sentiment au cœur d'une histoire, je n'ai jamais su faire ça. D'où l'idée de faire un film où les personnages se mettent à chanter dès qu'ils sont dans un état amoureux parce qu'ils sont dans l'incapacité de l'exprimer autrement. J'ai toujours aimé la chanson, cette manière d'être dans un sentiment intense, mais fugitif, avec un souci permanent de légèreté. J'ai toujours été très fan des chansons d'amour, je peux être bouleversé par une variété française qui a priori ne m'intéresse pas musicalement simplement parce que je suis touché par un refrain, une voix, une émotion que je trouve très justement exprimée. Vous aviez envie de faire une comédie musicale depuis longtemps ? Oui, mais je voulais que le choix du genre soit justifié, ne pas être dans la parodie des codes. L'ironie est souvent très flatteuse parce qu'on a l'impression d'être malin mais ça n'a strictement aucun intérêt. Il n'était pas question pour moi de parodier le genre, juste me dire : «Ce film est une comédie musicale parce que les personnages ne peuvent pas exprimer leurs sentiments autrement qu'en chantant.» J'aime l'esprit de la comédie musicale, proche de celui de la pop : ne jamais se plaindre, ne jamais s'appesantir, s'offrir la possibilité du lyrisme à partir d'une tragédie quotidienne. Être parti d’un matériau chanté préexistant a modifié votre façon d’écrire le scénario ? Les Chansons D'amour raconte une histoire tellement personnelle que je la connaissais par cœur. La question de l'histoire ne s'est pas posée en fait, seulement l'idée de comment l'affronter sans être pétrifié, comment la raconter, la faire fonctionner dans une structure musicale qui rejaillisse sur l'ensemble du film. Les lieux, comme l'appartement des parents, reviennent comme des refrains, avec une tonalité changée selon ce qui s'est passé dans le couplet précédent. Et comme dans les chansons où certains instruments reviennent ou disparaissent pendant que d'autres s'ajoutent, les personnages secondaires viennent relancer la fiction et d'autres finissent par en être évacués. Comment s’est passé le travail musical sur le film ? On a réarrangé les chansons d'Alex avec Frédéric Lo, qui a notamment travaillé avec Daniel Darc - en ne perdant jamais de vue qu'on n'avait pas un an devant nous, ni le budget pour faire venir un orchestre. Nous avons essayé de faire correspondre notre désir avec nos moyens, et je pense que cela finit par créer une esthétique, une justesse. On parle souvent de la justesse des comédiens, de la bonne distance d'une mise en scène mais l'esthétique générale d'un film doit elle aussi être juste. Alex et moi ne voulions pas que les chansons sonnent «cheap». Les acteurs ont beaucoup répété avec Alex. On a fait les premières lectures tous ensemble début novembre, puis enregistré les chansons juste avant Noël pour avoir les play-back sur le tournage, qui commençait en janvier. Filmer des personnages qui chantent a-t-il modifié votre rapport à la mise en scène ? Filmer des personnages qui chantent est très compliqué en termes d'incarnation. Il faut arriver à ce que le passage du parlé au chanté, puis le retour au parlé, paraisse naturel... Mais qu'en même temps, il se passe quelque chose de l'ordre du «pas naturel». Il faut que la mise en scène accepte de s'affranchir d'un réalisme, mais sans tomber dans le clip. La peur de transformer mon film en 13 clips me donnait des sueurs froides. À tel point que la première chanson que j'ai tournée, je l'ai faite en plan séquence, en m'interdisant tout découpage. Mais je me suis aperçu tout de suite que c'était une très mauvaise idée, parce que j'allais me retrouver au montage avec des plans séquence que je ne pourrais absolu- ment pas couper. Je suis donc allé dans une mise en scène et des découpages de plus en plus complexes au fil des chansons et selon l'émotion qu'elles expriment. «Le départ», «L’absence», «Le retour»... Une structure en trois parties... C?est au montage que je me suis aperçu qu'il y avait trois parties dans le film. C'est la structure classique de toute comédie ou drame sentimental. Dans Les Chansons D'amour, le retour du sentiment amoureux passe par un tiers extérieur au drame, et par l'arrivée d'un fantôme. Peut-être d'ailleurs que le désir fondateur du film était d'offrir à ce fantôme là un retour sur terre le temps d'une chanson. Chacun des personnages réagit très différemment à l’irruption du tragique... J'ai l'impression qu'ils réagissent surtout à des vitesses différentes. Ismaël (Louis Garrel) marche à l'aveugle mais il continue à marcher, malgré tout. Dès le début du film, je l'ai filmé en mouvement, et ce mouvement, je refusais de le suspendre malgré le surgissement de la catastrophe. Et puis Erwann (Grégoire Leprince-ringuet) accélère un peu plus sa course. Jeanne (Chiara Mastroianni), elle, est condamnée à l'immobilité : elle reste un point fixe. La catastrophe la fige. Quant à Alice (Clotilde Hesme), elle marche à côté d'Ismaël, puis elle prend une parallèle, part dans une autre histoire avec ce garçon breton qu'elle rencontre. Souvent dans mes films, la tragédie naissait de l'attente de la catastrophe. Les Chansons D'amour est plus dans la conséquence, la résistance. C'est un film plus au présent finalement. Ici la catastrophe offre de nouveaux territoires à parcourir. Notre époque aussi a droit à ses tragédies ? La tragédie ne prévient pas, on n'a pas besoin de la Guerre de Troie pour qu'elle fasse irruption dans notre vie. L'idée a été d'incarner l'histoire dans la ville... Sans pour autant faire un film documentaire et militant, je tenais à une dimension d'actualité, d'où l'idée que le personnage d'Ismaël soit secrétaire de rédaction, c'est-à-dire en charge de l'actualité du monde. La fin de son idylle et de son insouciance ne se fait pas hors du monde. Vous assumez la dimension d’être un cinéaste des années 2000, qui filme le monde d’aujourd’hui, en fait partie... Oui, je ressens très fort cette nécessité de faire avec le monde, aujourd'hui. Je crois que cette nécessité est aussi liée aux conditions de production de ce film et du précédent. Il s'est écoulé très peu de temps entre le moment où j'ai exprimé le désir de faire ces films et celui où on les a tournés. Paulo Branco peut être très réactif, décider en octobre de faire un film en janvier. Du coup, tu n'as pas le temps de te construire un autre monde dans ta tête, tu ne peux qu'être dans le présent de ce que tu vis personnellement, dans le présent de ce que vivent les acteurs, la ville, la société... Cet ancrage dans le réel est d’autant plus frappant que le film relève de la comédie musicale... Dans les comédies musicales, on a souvent la sensation d'être dans une bulle un peu kitsch, avec des références acidulées, des chansons qui produisent un décollement du réel. Quand le monde extérieur est là, il est convoqué. Dans Les Chansons D'amour, je convoque moins le monde que je ne fais avec. Je pense que le fait de filmer la ville où je vis change profondément les choses. Dans Dans Paris, il s'agissait d'un Paris «musée». Pour Les Chansons D'amour au contraire, j'ai choisi de me limiter au Xème arrondissement de Paris. Le Xème est l'un des rares arrondissements où l'on travaille dehors, avec des gens qui déchargent des camions de livraisons... Il ne s'agissait pas de bloquer des rues pour tourner, je voulais que la vie s'infiltre le plus possible dans les plans, et aussi respecter la géographie des lieux. Je m'étais donné cette contrainte non pas tant pour produire un effet de réel que pour m'empêcher de fantasmer un film. Comment s’est passé le casting ? La première qui s'est imposée à moi, c'était Chiara. J'avais envie de travailler avec elle depuis longtemps et je l'avais entendue chanter. Travailler avec elle a été une révélation. J'ai eu l'impression de trouver mon double féminin, je compte bien refaire de nombreux films avec elle. Quant à Ludivine, je lai croisée de manière imprévue, je l'avais aussi entendue chanter. Humainement, quelque chose s'est vite installé entre nous, comme une confiance. Mais je n'avais pas encore le personnage masculin à l'époque de cette rencontre, je ne pouvais pas vraiment m'engager. Ça ne l'inquiétait pas, elle m'a juste répondu «sache que je suis là si t'as besoin de moi». Et évidemment, j'ai eu besoin d'elle. Besoin et envie. Clotilde Hesme, on avait travaillé ensemble au théâtre il y a longtemps, avant même qu'elle fasse Les Amants Réguliers. Cela m'amusait de recomposer, différemment, le couple qu'elle formait avec Louis dans Les Amants Réguliers. Et surtout, j'avais envie de la faire jouer sur un registre pétillant. Son personnage vient continuellement redonner du carburant au récit. À mon avis, Clotilde va bientôt débarquer dans le cinéma français avec la force d'un bulldozer délicat. C’est la troisième fois que vous travaillez avec Louis Garrel... Oui, mais j'ai failli ne pas le prendre ! Je croyais qu'il ne savait pas chanter. Et puis au départ, je cherchais un Ismaël plus vieux que Louis. J'ai donc commencé à voir des comédiens, et je me suis aperçu que la manière dont parlait le personnage, c'était Louis, sa musique. Pendant ce temps-là, Louis m'appelait régulièrement pour savoir où j'en étais du casting, il me conseillait des acteurs. Puis il m'a demandé de lire le scénario. Il me laissait des messages sur mon répondeur : «Tu sais, je chante un peu, moi aussi...» Je n'imaginais pas faire un troisième film avec lui mais il était très insistant ! Alors je lui ai envoyé une chanson d'Alex en lui proposant de la répéter. Un jour, il est venu chez moi pour nous présenter son travail, à Alex et à moi. Il nous a demandé de nous retourner pour qu'il puisse chanter sans nous voir, et il s'est lancé... La peur faisait trembler sa voix, mais pour Alex et moi, ça a été une évidence. En fait, ce rôle était pour lui dès le départ, je crois que sans m'en rendre compte, je l'avais écrit pour lui. Quelque chose s'est construit entre nous avec tous ces films, quelque chose qui nous échappe mais qui nous a tous les deux construits et changés. Il m'a permis de trouver ma manière, mon identité de cinéaste. Et Grégoire Leprince-ringuet dans le rôle d’Erwann ? Il jouait dans Les Égarés d'André Téchiné. Je me souvenais très bien de sa voix, très particulière comme celle de Chiara ou Ludivine. On a d'ailleurs appris ensuite qu'il avait été repéré par André dans une chorale. Grégoire représente une certaine jeunesse sans être du tout dans les clichés, ni dans le fantasme sexuel d'aujourd'hui. Sa beauté est franche, pas tapageuse. Je tenais à représenter un jeune qui ne doute pas de son homosexualité mais qui n'a pas encore eu d'aventure. Erwann n'est pas tourmenté par sa sexualité mais par ses sentiments. Grégoire avait une simplicité, une sorte de bonté qui m'a très vite convaincu. À notre époque, on peut encore mourir d’amour... Oui, le sentiment n'est pas sans danger. J'appartiens à une génération où le «mourir d'amour» était forcément lié au Sida et j'avais envie de remettre ce danger sur le terrain des sentiments, sans passer par le sexe. Le Sida est toujours là, mais le danger réside aussi dans la manière de ne pas se sentir aimé ou de ne pas savoir aimer. Avec aussi l’idée de devoir trouver son rythme. «Aime-moi moins mais aime-moi longtemps», réclame Ismaël... Dans les années 80, l'un des personnages de Carax demandait : «Est-ce qu'il existe l'amour qui va vite mais qui dure toujours ?». Vingt ans plus tard, Les Chansons D'amour traduit ce même sentiment, mais avec une lucidité ajoutée. Ce que réclame Ismaël, ce n'est plus des preuves d'amour, il aimerait mieux être aimé de manière clandestine mais avec persévérance. En fait, aujourd'hui je pense à l'inverse de Cocteau : «Les preuves d'amour n'existent pas, seul l'amour existe». |
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| FILMO
DE CHRISTOPHE HONORÉ |
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Né le 10 avril 1970 à Carhaix. 2000 : 17 Fois Cécile Cassard 2002 : Tout contre Léo (téléfilm) 2004 : Ma mère 2006 : Dans Paris 2007 : Les Chansons d'amour Site officiel de Christophe Honoré |
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