)))  JARDINS EN AUTOMNE
        
de Otar IOSSELIANI                  

 

  • Comédie - 2006 - France - durée: 1h56 (+92' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 20 mars 2007
    Bodega Films
  • Prix de vente conseillé : 22€

Vincent est un ministre puissant. Un immense bureau, des secrétaires, une limousine avec chauffeur et une très belle femme, Odile, qui passe ses journées à dépenser son argent, font partie de son quotidien. Mais quand une manifestation gronde sous ses fenêtres, le peuple qu'il a si longtemps ignoré l'oblige à démissionner. Loin d’être abattu, Vincent en profite pour commencer enfin à vivre...

 
POINT DE VUE
                 

             La République de Iosseliani


"J
e ne fais plus rien et pour longtemps", devise pour la vie ou épitaphe post-mortem, cette phrase pourrait servir d'étendard à la philosophie de ce nouveau long métrage du cinéaste géorgien Otar Iosseliani. Fable politico-sociale parfaitement voltairienne imbibée de cette autre conclusion du penseur du temps des Lumières: "Il faut cultiver son jardin". Apparaissant lui-même en jardinier du parc du Luxembourg (où se trouve d'ailleurs une institution politique, le Sénat), Otar Iosseliani contamine tous ses personnages de sa mélancolique bonne humeur, de ce besoin effréné de vivre la vie à l'instant présent et de partager le pain, le vin et la cigarette avec ses copains. On y croise entre autres, avec plaisir le patriarche du burlesque français Pierre Etaix, le critique de cinéma Jean Douchet, une figure paternelle de la nouvelle vague, Laszlo Szabo. Diogène dans l'âme, on retrouve Iosseliani dessinant une fresque à la craie sur les trottoirs de Paris (du côté de la Cité Dupetit Thouars pour être précis, pas très loin du boulevard Voltaire d'ailleurs!) pour finir en épilogue de son histoire sous les ponts de la capitale, chaleureusement entouré de son arche de Noé, saluant le passage d'une péniche, en clin d'œil au cinéma de l'anarchiste Jean Vigo.


Iosseliani vagabonde dans ses films et par sa présence, tel un chef d'orchestre parmi ses musiciens, insuffle le bon rythme et le ton juste à ses comédiens. Car il est aussi question de musique dans ce film. Jardins en automne commence par une valse, celle de la politique et de ses ministres. D'un échange protocolaire en pleine brousse africaine à l'inauguration d'une salle polyvalente en pleine cambrousse française, un ministre de l'intérieur ou/et de l'extérieur signe machinalement des dossiers et joue à la crapette en cachette. Dans son ministère, on est comme au théâtre avec les portes qui s'ouvrent d'un côté et claquent de l'autre, offrant à assister aux déplacements géométriques et énigmatiques du personnel. Digne successeur de la petite horlogerie du cinéma de Tati, Iosseliani filme avec une ironie mordante les allées et venues de ces hommes de pouvoir, leurs petites mesquineries et leurs grandes vanités. Il filme ses personnages comme des automates, avec distance, usant de plans larges comme on use du baise-main, par politesse et respect. Iosseliani se met dans la position de l'observateur pour mieux nous dévoiler l'absurdité et la drôlerie de ses contemporains. Et la grande classe de sa mise en scène est de donner l'impression qu'elle se réalise avec désinvolture et décontraction. Sans doute que le travail de répétition est d'une grande précision (pour preuve, son story-board présenté dans le documentaire de Julie Bertucelli, en bonus du dvd) mais la sueur du labeur n'est jamais perceptible. On n'y voit que légèreté et candeur.


Il est une sorte de La Bruyère dépeignant les caractères de notre société française ou un moraliste façon La Fontaine avec son bestiaire exotique: toucan, éléphant, léopard, poney, ânes, sanglier … Il se permet toutes les farces: un ministre qui fait le poirier dans son cabinet, une vieille dame déguisée en Michel Piccoli (à moins que ce ne soit le contraire !?… en tout cas une merveilleuse trouvaille !), une Cène revisitée où Iosseliani figure lui-même le Christ entouré de ses femmes-apôtres. Iosseliani est un enfant de 73 ans , parvenu à l'automne de la vie et qui nous glisse à l'oreille cette malicieuse petite phrase: "N'oublie pas, la vie est longue !".



Laurent Devanne

 

 

 

FICHE TECHNIQUE


  •  LE FILM
    Sortie en salles le 6 Septembre 2006
    Réalisation & scénario
    : Otar Iosseliani

    Avec:
    Séverin Blanchet : Vincent
    Jacynthe Jacquet : Balayeuse
    Lily Lavina : La rousse
    Denis Lambert : Bistrotier
    Michel Piccoli : La mère de Vincent
    Pascal Vincent : Ministre 2
    Moonha N’diaye : Delphine
    Muriel Motte : Maîtresse
    Laszlo Szabo: Le vendeur de moumouttes
    Albert Mendhy : Chef africain
    Mathias Jung : Le chauve
    Christian Griot : Huissier
    Salomé Bedine-mkheidze : Ex-fiancée
    Manu De Chauvigny : Pope
    Jean Douchet : Père de l'huissier
    Otar Iosseliani, Pierre Etaix, Lou Wenzel, Salomé Bedine-mkheidze

    Directeur de la photographie : William Lubtchansky
    Premier assistant réalisateur : Paolo Trotta
    Musique : Nicolas Zourabichvili
    Montage : Otar Iosseliani
    Mixage : Anne Le Campion
    Son : Jérôme Thiault
    Monteur son : Georges-henri Mauchant
    Costumes : Maïra Ramedhan-levi
    Chef décorateur : Manu De Chauvigny
    Maquillage / coiffure : Evelyne Byot
    Scripte : Lydia Bigard
    Distributeur : Les Films du Losange
    Editeur DVD : Bodega films


  •  LE DVD

    DVD 9- PAL - Zone 2 - couleurs
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 compatible 4/3
    Format : 1:66
    Son: Dolby 5.0 Français

  • BONUS

    * Otar Iosseliani, le merle siffleur de Julie Bertuccelli (2006 – Couleurs - 92 mn)

    Durant le tournage de Jardins en automne, Julie Bertuccelli (réalisatrice de Depuis qu’Otar est parti...) accompagne, caméra à la main, son ami et mentor Otar Iosseliani. Et c’est tout le processus de création d’une œuvre qui prend corps. Du story-board au tournage en passant par l’étape de transformation du personnage interprété par Michel Piccoli, la réalisatrice nous entraîne dans la folie joyeuse et douce-amère d’un cinéaste résolument singulier.







    * Bande-annonce

ENTRETIEN AVEC OTAR IOSSELIANI

Jardins en automne raconte l'histoire d'un ministre obligé de quitter le pouvoir, et qui va retrouver la joie de vivre parmi les siens, simplement en buvant, en jouant de la musique, en retrouvant les lieux de son enfance. Le titre veut-il dire qu'il y a besoin d'attendre l'automne pour atteindre cette philosophie ?
Pour certains, oui… Ils s'installent dans la vie, font carrière et sont coincés par l'absence de regard métaphysique sur le phénomène de la vie. Ils ratent la joie de vivre, ils pensent que l'essentiel est d'avancer sur le chemin de la réussite. Mais si le destin leur sourit, ils peuvent se réveiller, et recommencer à vivre. Notre héros possède le pouvoir, il est bien placé. Et on le chasse… Heureusement pour lui. On est très content pour lui parce qu'enfin il va commencer à vivre, tout simplement. Cela arrive parfois très tard, à l'automne de la vie… L'automne est le temps des regrets, le regret de tout ce temps perdu…

Dans quelle mesure votre film prend-il ancrage dans une période précise, des faits réels ?
Je ne fais pas allusion à une époque précise, encore moins à des faits réels. Le film est fondé sur un phénomène que l'on connaît tous : l'avidité des gens, la soif d'avoir toujours plus de pouvoir. C'est une parabole sur cette tentation à laquelle tout le monde est confronté à un moment donné dans sa vie. Une mécanique que l'on peut observer parmi les politiciens de notre temps, acharnés, déchaînés pour une course au pouvoir qui se termine toujours par un fiasco. Les gens qui ont soif de pouvoir sont un peu malades à mes yeux, pas tout à fait normaux psychiquement ! Ils essayent de se forger des auréoles d'hommes sages qui savent ce qu'ils font. Mais tout le monde se trompe. Et comme tout le monde se trompe, cette préoccupation d'occuper le terrain du pouvoir est constamment ridiculisée. Il existe des gens beaucoup plus sages et lucides, mais ceux-là ne vont pas au pouvoir. Ça a toujours été comme ça.

Jardins En Automne a des allures de fable mais il entre aussi fortement en résonance avec notre actualité…
La vie qui nous entoure nous donne beaucoup de matière à réflexion et c'est une joie d'essayer de la transformer en une formule musclée, et qui sera compréhensible pour tout le monde. Un projet s'élabore quand une observation que vous avez faite commence à vous déranger. La fable est la forme que j'utilise dans tous mes films. La différence ici, par rapport à Adieu, Plancher Des Vaches ! et Lundi Matin, est que le propos est peut-être plus vaste. Je sors de l'univers familial pour celui de la société.

Peut-on dire que ce film est plus optimiste que les deux précédents ?

Oui d'une certaine manière, car ici notre héros arrive à trouver une nouvelle voie, ce qui n'était pas le cas dans mes deux précédents films. Même si c'est vrai qu'en France, il est rare qu'un ministre devienne jardinier… Dommage car c'est très sympathique !

Quel était le point de départ pour Jardins En Automne ?
J'étais dans les bureaux du ministère de la Culture au moment où François Léotard allait remplacer Jack Lang. Le ministère était vide, on attendait l'arrivée de la nouvelle équipe, il y avait des papiers partout, c'était un bordel ! J'imagine que c'est la même chose à chaque passation de pouvoir et cela a été le point de départ de Jardins En Automne : faire un film sur quelqu'un qui dirige notre pays. Mais, le faire de manière très abstraite. On ne sait pas exactement quel ministère occupait Vincent. On peut juste deviner qu'il était plus ou moins ministre de l'agriculture, ou quelque chose dans le genre.

Pensez-vous que cette faculté à vous dégager d'un ancrage très précis dans une époque ou une actualité vient du fait que vous êtes entre la Géorgie et la France, entre deux pays, deux cultures ?
On trouve toujours le reflet de ce que l'on connaît dans d'autres pays, d'autres époques. Ce qui est important, c'est que le spectateur auquel je m'adresse comprenne de quoi il s'agit, qu'il reconnaisse le phénomène. Après c'est à lui d'ajouter du concret, par son vécu. Moi par exemple, je suis témoin d'une énorme catastrophe : le bolchévisme. Il y a eu depuis d'autres catastrophes, d'autres chutes de régime, d'autres phénomènes similaires. Mais chacun peut nourrir la fable de son propre vécu : Staline, Hitler, Saddam… Chacun son loup.

Quel est le secret de vos films pour qu’ils touchent à quelque chose d’universel ?

Il existe deux forces dans chaque oeuvre : une force gonflée, qui mène vers les erreurs irréparables, et une force modeste, simple, sans prétention : la force de ceux qui comprennent dès le début qu'il vaut mieux ne rien faire que faire un rien !
Ce qui est important pour moi, c'est quand j'ai montré le film aux Russes. Ils ne parlaient pas un mot de français, et ils ont tout compris, peut-être même mieux que nous qui maîtrisons la langue. Sans doute parce qu'ils ont attribué aux phrases un contenu pas du tout concret. C'est grâce à la mise en scène qu'ils ont compris de quoi il s'agissait. Je tiens à rendre compréhensible la narration sans que l'on comprenne la langue. Autre règle : ne jamais utiliser des physionomies connues. Les acteurs connus entrent dans votre film avec leur biographie cinématographique, les souvenirs qu'ils ont laissés précédemment dans nos têtes, des associations.

On trouve pourtant Michel Piccoli au générique de Jardins En Automne

Oui, mais complètement transformé en… vieille dame ! Cette transformation est propre au métier d'acteur. Je ne suis donc pas contre travailler avec eux. Mais leur célébrité me gêne, je la trouve un peu lourde.

Dans le cas de Piccoli, quel a été le désir premier : travailler avec lui ou détourner la personnalité d'un grand acteur ?

Narda Blanchet, la dame qui interprétait les rôles de vieilles dames dans mes films, était incapable de venir de son bled. Et Piccoli, je voulais d'abord le prendre pour jouer un petit rôle de copain - celui qui est maintenant tenu par Jean Douchet. On a parlé et il m'a justement parlé de Narda, en me disant combien il la trouvait belle. J'ai eu alors l'idée de lui proposer de jouer son rôle. Il a tout de suite accepté avec plaisir. On lui a mis une perruque, des lunettes. Et ça y est, il s'est transformé en vieille dame !

Et Séverin Blanchet, qui joue le héros principal ?
C'est un copain. Sa physionomie ne dit rien au spectateur et tant mieux.

Et vous ? C'est parce que vous aimez jouer ?
Non, mais parce que ma physionomie, elle non plus, ne dit rien au spectateur. C'est quand je suis devant une impasse, que je ne trouve pas le comédien, que je le joue moi-même. Là, il fallait quelqu'un qui sache jouer du piano, dessiner, être farfelu… Ça ne m'amuse pas de jouer. C'est plutôt embarrassant d'être des deux côtés de la caméra. Ça prend plus de temps, c'est difficile.

Les animaux sont très présents dans le film. Quel est leur statut ? On rejoint la référence aux fables d'Esope…
Ils reflètent les ambitions des personnages. Notre futur ex-ministre n'a d'ailleurs pas d'animaux. Il visite les fermes avec les vaches, mais il n'a pas d'animaux à lui, contrairement à son successeur qui, dès le départ, possède un guépard. Le guépard est l'animal traditionnellement présent à la Cour des rois, des princes. Il donne de la brillance aux Grands, il meuble l'entourage du pouvoir. Mais dans mon film, tout de suite il est mis en cage. D'emblée, on comprend que le pouvoir est facilement muselable.

On retrouve un jeu de circulation dans tous vos films. Les objets sont là pour circuler, non pour être la propriété d'une personne…
Hormis la statue de Vénus, qui circule d'un appartement à un autre mais en restant aux mains de la même dame. Cette statue est son goût, son univers…

… que vous tournez tout de suite en dérision…
Oui. Si vous visitez des brocantes ou des boutiques d'Antiquités, ce sont des objets qui appartenaient à quelqu'un il y a longtemps. Moi, j'essaye de ne pas posséder les objets. Ils ont leur biographie, ils reflètent une vie vécue.

Vous disiez vous méfier de la parole. Votre mise en scène témoigne effectivement d'un goût prononcé pour le comique de geste burlesque. Pierre Etaix dans la première scène, c'est un clin d'oeil ?
Non, c'était une ouverture, comme dans un opéra, pour montrer des gens qui n'oublient pas que tout va se terminer un jour. C'est un peu la clé du film. Le film achevé, le spectateur peut repenser à cette scène, à ces gens âgés qui négocient leurs cercueils comme dans une épicerie. Même là où ils vont aller, ils veulent posséder quelque chose!

Le film se passe à Paris mais vous restez toujours à hauteur d'homme, là où le pittoresque des monuments n'a pas sa place…
Paris donne l'aspect d'une architecture très neutre et j'essaye de choisir des quartiers qui ne sont pas pittoresques, où la vie est possible. Avec de petites ruelles, des bistrots…

Là encore, on est à mille lieues du cliché du café parisien…

Oui, les murs sont à la disposition de tout le monde, on peut y griffonner ce que l'on veut. C'est la liberté de faire ce que l'on veut dans cet espace. Mais après il est vendu, et les murs sont recouverts de blanc.

J'ai l'impression que dans Jardins En Automne, comme dans vos autres films, les personnages les plus libres sont les musiciens…
Pour donner au personnage de Vincent la possibilité d'avoir quitté un univers et de le retrouver, il fallait inventer cet univers. Alors j'ai imaginé qu'il était un peu musicien, et pas mauvais, en plus ! La musique est un pur plaisir et Vincent reconnaît son âme soeur sous les traits d'une musicienne qu'il ne regardait même pas quand il était ministre. C'est seulement quand il redevient simple mortel qu'il la remarque. La vie n'est pas plus compliquée que ça !

Vous aimez beaucoup les longs plans-séquences. Cette prédilection rejoint-elle votre philosophie de la vie, votre amour du vagabondage ?
En amont du tournage, je prépare le film en le dessinant. Ce découpage story-boardé permet de préparer ces longues séquences pour pouvoir ensuite les tourner dans un élan, de faire couler cette rivière sans interruption. Cela permet de trouver le bon rythme, comme dans la scène où Vincent fait du patin à roulettes. Il heurte une vieille femme, une bicyclette, une voiture… Avec à l'arrière-plan ces vendeurs italiens. Il faut créer un rythme dans un film et ces dessins sont comme une partition. Reste ensuite à jouer celle-ci dans le bon tempo…

(éléments de presse, interview réalisée par Claire Vassé)

BIO-FILMO DE OTAR IOSSELIANI (sources: AlloCiné)

Né le 2 Avril 1934 à Tbilissi (Géorgie)

Après avoir étudié le piano, les mathématiques et la mécanique, Otar Iosseliani s'oriente vers le 7ème Art au VGIK, l'école de cinéma de Moscou. Il y réalise plusieurs courts métrages et un moyen métrage en 1961, intitulé Avril qui est interdit par les autorités locales. Une mésaventure qui se reproduit notamment avec La Chute des feuilles, son premier long métrage.
"Ces films n'étaient pas anti-soviétiques. Ils décrivaient la réalité qui pouvait se passer du système, les problèmes humains qui continuaient à exister et qui, peut-être, pour la censure, soulignaient le côté passager du bolchevisme", explique le cinéaste.
Depuis 1982, Otar Iosseliani poursuit sa carrière en France avec Les Favoris de la lune ou La Chasse aux papillons. Mais le cinéaste reste fidèle à sa méthode : "utiliser les ressorts de la comédie, parler des choses les plus graves en souriant", confie-t-il.

La reconnaissance arrive avec Adieu, plancher des vaches!, sélectionné hors compétition à Cannes et lauréat du prix Louis-Delluc, Goncourt du cinéma français. Le cinéaste revient en 2000 sur la Croisette pour présider le jury de la Caméra d'or.

En 2001, Otar Iosseliani revient avec Lundi matin, sélectionné au Festival de Berlin. Il dresse avec Jardins en automne en 2006 le portrait d'un homme politique qui, contraint de démissionner, reprend goût aux petits plaisirs de la vie.

FILMO
Jardins en automne (2006)
Lundi Matin (2002)
Adieu, plancher des vaches ! (1999)
Brigands, chapitre VII (1997)
Seule, Georgie (1994)
La Chasse aux papillons (1992)
Et la lumiere fut (1989)
Un Petit monastere en Toscane (1988)
Les Favoris de la lune (1984)
Euskadi (1982)
Pastorale (1976)
Il etait une fois un merle chanteur (1970)
Vieilles Chansons georgiennes (1970)
La Chute des feuilles (1966)
La Fonte (1964)
Avril (1962)


(© photo: Jean-Jacques Ader)
°°°°°