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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
| Produit
par Office Kitano, la société de production du célèbre
réalisateur du même nom, The World (ou sous
son autre titre Fin de rêve) est une œuvre forte
qui parle d’un pays en voie de mutation, en l’occurrence
la Chine, et ce avec une approche totalement originale dans son propos.
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| INTERVIEW DE JIA ZHANG-KE (extraite du dossier de presse) | ||||
| Dans
la grande ville Mes films précédents étaient tournés dans ma province natale au nord du Shanxi. Depuis 10 ans, je vis à Pékin et j'ai décidé de tourner un film reflétant mes impressions de la vie urbaine. Il y a deux ans, je suis allé rendre visite à mon cousin qui vit toujours dans ma ville natale. Il se sentait terriblement seul car la plupart des jeunes ont quitté la campagne pour travailler dans le sud ou dans les grandes villes où l'économie est meilleure. Dans le village, restent surtout des vieux et des handicapés. La terre n'est plus exploitée et les rues sont pratiquement désertes. En me posant des questions sur la vie en ville, mon cousin m'a fait penser à la foule des rues. Il est trop difficile d'expliquer ce qui se passe dans une grande ville. J'ai eu le sentiment qu'il fallait que je le montre en faisant un film sur Pékin. Le reste du monde Les monuments du parc servent à satisfaire la curiosité des gens pour le reste du monde. Ce parc montre aussi l'impatience des chinois à faire partie d'une culture globale. Je crois que nos impressions du monde sont en fait celles de notre propre vie dans notre environnement. Chacun ne voit que sa propre vie, ne voit les choses que depuis son propre point de vue. Cette chose que nous appelons « le monde » est en fait notre petit coin du monde. Je pensais que le parc donnerait une universalité au film. L'histoire ne serait pas seulement chinoise mais visuellement elle se déroulerait dans différentes parties du monde. Faux paysages, vrais problèmes Les paysages du parc sont faux, mais les problèmes des personnages sont vrais. Les personnages qui vivent et travaillent dans le parc semblent voyager facilement d'un pays à l'autre dans un monde sans frontières. Mais en réalité, ils sont isolés et enfermés dans un monde de répliques miniatures de la tour Eiffel, Manhattan, le Mont Fuji, les Pyramides. Des répliques peuvent être construites contrairement aux vies, aux sociétés et aux traditions. Les personnages dans « The World » doivent faire face à leurs douleurs passées. Une globalisation exacerbée ne réduira pas le faussé créé par l'histoire, ni les complications entraînées par notre réveil. Une urbanisation accélérée Les 10 ans qui viennent de s'écouler ont été les plus violents en terme d'urbanisation sur le sol chinois. Les jeux olympiques de 2008 ont encore plus accéléré cette urbanisation. La ville est devenue un chantier géant, un centre commercial, un parking. Les contacts humains changent énormément en période de boom économique. Des clivages sociaux sont créés entre des populations aux revenus différents, surtout entre les villes et la campagne. L'idée moderne du développement personnel n'est trouvé que dans les grandes villes. Le plus est que les loisirs ont trouvé leur place et leur clientèle. D'un autre coté, des milliers d'emplois ont été perdus. Les gratte-ciel poussent comme des champignons, mais les corps humains s'abiment à la même vitesse. Les travailleurs qui débarquent de la campagne sacrifient leur santé voire leurs vies. Le surréalisme devient réalité J'ai de plus en plus l'impression que le surréalisme est devenu la réalité à Pékin. C'est ce que j'ai gardé à l'esprit sur le tournage de « The World ». A cause de l'urbanisation, je crois que la ville a perdu toute notion de différence entre le jour et la nuit, les quatre saisons. Nous avons gagné en rapidité en perdant en lenteur. C'est le même constat dans toutes les grandes villes de Chine. Ceci m'a conduit à réfléchir à nos connections au monde virtuel. D'un mot à l'autre, d'une personne à une autre. Des relations aussi bien libres que restreintes, profondes et superficielles. Toute la gamme de notre vision du monde. Les télémessages Le SMS est l'outil de communication préféré des jeunes. Ils l'utilisent pour se saluer, donner des rendez vous et même pour se dire des choses qu'ils n'oseraient pas dire face à face. Je crois que le fait d'insérer ces messages dans le film m'a donné la chance de travailler un petit peu comme les réalisateurs de films muets. Ces cartons peuvent être vus comme une voix intérieure ou comme un mot de passe pour faire évoluer l'histoire. Nous vivons à l'âge du digital, qui est très important dans le domaine de la communication et bien d'autres, tout comme le format utilisé pour la réalisation de « The World ». L'expression silencieuse de sentiments profonds Mes films ont toujours des scènes de représentations scéniques. La scène est toujours présente. Je suis très attaché à ce mode de vie car, lorsque j'étais au lycée, j'ai voyagé avec une troupe de théâtre. « The World » comporte des éléments d'une comédie musicale, mais ce n'en est pas une. Les shows sont liés aux changements d'état d'esprit des personnages et à leurs expériences quotidiennes. Pour moi, la danse est l'expression silencieuse de sentiments profonds. Dans « The World », les personnages principaux font face à une souffrance inexprimable dans le langage parlé. Ils doivent faire appel au langage gestuel. J'ai créé des espaces d'expression silencieuse pour eux. Dans le numéro de danse dans la neige, Tao ne dit pas un mot, mais le public peut partager ses sentiments. L'expression est importante, le silence l'est aussi. Le fond musical La musique originale du film a été composée par un musicien taïwanais, Giong Lim. Il a composé les musiques de « Goodbye South Goodbye » et de « Millenium Mambo » de Hou Hsia-Hsien. Dans mes films précédents je n'ai jamais utilisé de longs morceaux, mais pour « The World » j'ai pensé à la musique électronique de Giong Lim. Le monde artificiel du parc, la solitude qui se dégage du film et les nuits silencieuses semblaient réclamer de la musique. Les scènes de danse sont aussi accompagnées par la musique de Giong Lim. Ces luxueux, mais tristes, numéros de danse signifient la réelle vacuité des vies de Tao et de ses amis. Le poids de la vie s'efface quand il est confronté à la douce légèreté de la danse et de la musique. La vie intérieure de Tao animée Les séquences d'animation montrent le monde virtuel qui devient la vie intérieure de Tao. Beaucoup de jeunes se tournent vers le web ou les mondes virtuels créés par les jeux video. Ce sont des mondes non physiques qui ne peuvent pas être ignorés.Ca et là ils se connectent avec le monde réel. Je voulais créer l'atmosphère d'un âge digital asiatique en combinant des séquences animées avec des SMS et de la musique électronique. Aucun changement dans le processus créatif « The World » est mon premier film réalisé avec l'accord de l'Etat. A partir de 2004, l'interdiction gouvernementale de 5 ans contre mes films a été levée. Le bureau d'Etat du film a aussi annoncé de nouvelles réformes progressistes. Cette atmosphère plus relaxée dans le cinéma Chinois est le résultat de 10 ans de travail de la part des réalisateurs indépendants. Le gouvernement chinois, le public et les media essaient tous de comprendre et d'accueillir des projets de « l'extérieur » dans le système officiel. En ce qui me concerne, l'accord gouvernemental n'a pas changé mon processus créatif. Mon principe de base en tant que réalisateur est resté le même : protéger l'indépendance de ma réflexion sur la société et les gens. Que je tourne librement ou en secret, mon travail ne peut pas être influencé, car durant le tournage je suis un réalisateur et rien d'autre. Atteindre librement le public chinois Le plus grand changement avec l'accord gouvernemental est que « The World » sera mon premier film autorisé à la distribution en Chine. Il sera sorti avec l'aide du studio d'Etat Shanghai Film. J'ai attendu 7 ans pour ce moment. Mes 3 précédents films, « Xiao Wu Pickpocket », « Platform » et « Plaisirs Inconnus » n'ont pas reçu l'autorisation d'être projetés au public. Ils ont circulé en DVD pirates. J'ai voyagé dans toutes les grandes villes de Chine pour assister à des projections privées, généralement dans des cafés ou des universités. Mais à présent mes films peuvent librement atteindre le public chinois, maintenant les gens pourront voir mes films en salles. Le World Parc Situé dans le Fengtai dans la région de Pékin à 16 kilomètres de la ville, le World Parc présentent 106 monuments célèbres de 14 pays et régions du monde. Le parc couvre 46,7 hectares et se divise en 2 parties : la partie des monuments en miniature est organisée selon la position de chaque pays sur la carte et un espace de shopping, restauration et spectacles. La zone des spectacles est située dans un village international caractérisé par des immeubles de style américain et européen. Les touristes peuvent prendre un train électrique ou un bateau pour traverser le parc et ainsi simuler un voyage autour du monde. Le parc présente la plupart des sites les plus remarquables dans le monde. Parmi ceux-ci, la tour de Pise, la grande Pyramide d'Egypte et la tour Eiffel. Une grande attention a été apportée aux matériaux afin qu'ils soient le plus proches possible des monuments originaux. Par exemple, la grande Pyramide est faite de 200 000 briques de marbre blanc. La place rouge de Moscou est pavée de 5 millions de briques rouges. Sur les pelouses on trouve une centaine de sculptures bien connues dont la Statue de la Liberté, la petite Sirène, le David de Michel-Ange et la Venus de Milo. Le parc a aussi une fontaine déclenchée par un laser, un labyrinthe et un espace de jeux pour petits et grands. Des parades folkloriques permettent aux touristes de découvrir les coutumes de chaque pays. |
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| BIO - FILMOGRAPHIE DE JIA ZHANG-KE | ||||
| Né
en 1970 à Fenyang, dans la Province de Shanxi, au nord de la
Chine. (sources: extrait du Dossier de presse) |
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