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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Ce
film, en compétition officielle au Festival de Cannes en 1994,
est en fait le dernier volet d'une trilogie entamée par Kiarostami
huit ans plus tôt avec Où est la maison de mon ami
?, film pour enfant qui suit les pérégrinations de
deux écoliers; puis poursuivie par Et la vie continue
(1992), retour dans le village du premier film après un tremblement
de terre. Au travers des oliviers retrace le tournage de Et
la vie continue, avec en toile de fond une histoire d'amour entre
les deux acteurs principaux du film dans le film, Hossein et Tahereh. Dès le prologue du film, Kiarostami nous installe dans son dispositif de mise en abîme. Keshavarz, qui joue le réalisateur de Et la vie continue, se présente d'emblée face caméra comme un acteur "incarnant" le rôle du réalisateur. Cette auto-réflexivité donne le ton au film et à partir de là, nous oscillerons constamment entre la fiction (celle du film en train de se tourner) et le réel (les personnages sont en fait tous des acteurs et ont une vie propre). Les deux aspects entrant également en intéraction, Kiarostami se plaisant à gommer les frontières. Nous sommes ainsi les témoins de la relation qui se noue entre Hossein et Tahereh, les deux principaux interprètes de Et la vie continue et de l'influence que celle-ci peut exercer sur le film en train de se faire. Mais cette relation n'est pas le seul sujet d'interférence au bon déroulement du tournage : l'acteur bègue que l'on doit remplacer, la réalité du tremblement de terre qui est marquée dans le paysage et dans les comportements des habitants (et donc des acteurs), les traditions à respecter. La vie réelle ne cesse de se mêler à la fiction. Truffaut (Ferrand) affirmait à Léaud (Alphonse) dans La Nuit américaine que "les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, pas de temps mort." Kiarostami, et par là-même Keshavarz, ne place pas de séparation nette entre les deux. Pour lui, le film c'est la vie et inversement. Il est même possible de passer de l'un à l'autre. C'est la cas lorsque Hossein, après avoir essuyé le refus de la grand-mère de Tahereh pour un éventuel mariage, entre par inadvertance dans le champ de la caméra filmant un plan de Et la vie continue. Les deux films se superposent alors, comme un papier-calque. Il est vite chassé et se réfugie alors "hors-champ", assis contre un arbre. Mais il observe le clap se situant à côté de lui et les pistes se brouillent une nouvelle fois : sommes nous dans la fiction ou dans le réel ? Hossein semble se poser la même question et perd ses repères. Une sorte de dédoublement et de schizophrénie paraît s'installer. Mais Kiarostami définit ce rapport entre réalité et mise en scène d'un manière positive, comme "des mensonges destinés à produire une vérité encore plus grande". Lors de la magnifique séquence finale, Keshavarz se plaît à mettre en scène non plus Et la vie continue, mais la vie réelle en encourageant Hossein à suivre Tahereh. Celui-ci agit comme le réalisateur l'avait prévu et la curiosité de ce dernier le pousse à suivre les deux jeunes gens. Il les suivra à distance, comme pour "capter" cet instant privilégié de la vie. Keshavarz n'est d'ailleurs pas un réalisateur dans le sens "technicien" du terme. Il s'éloigne facilement de la caméra et du plateau pour aller à la rencontre des villageois et par la même occasion de ses acteurs. Il tient plutôt une posture d'artiste en tant qu'observateur, philosophe, témoin (il est aussi spectateur de part sa curiosité) et par-dessus tout sage et de bon conseil. Kiarostami filme la relation amoureuse comme un chemin sinueux semé d'embûches, Hossein déclarant toujours sa flamme mais se heurtant à chaque fois au mutisme de Tahereh ("L'amour est ainsi : parfois ses conditions se réalisent, parfois mille détours sont nécessaires", Kiarostami dans Au travers les oliviers, voir Bonus nommé "coulisses"). Ce parcours sinueux est symbolisé par le chemin en forme de zigzag emprunté à flanc de colline par Tahereh et Hossein lors de cette même dernière séquence (ce beau plan, ainsi que les nombreux plans de paysages jalonnant le film nous rappellent que Kiarostami est également un photographe talentueux). La quête de Hossein se situe dans la plus pure tradition du conte persan, dans lequel nous suivons le chemin d'un personnage dans sa quête, au gré de ses étapes et de ses rencontres. Lors du dernier plan fixe, "au travers des oliviers", nous suivons Hossein et Tahereh au loin, tels les petits sujets d'un tableau. Soudain, Hossein revient vers nous en courant, paraissant avoir reçu une réponse. Est-elle positive ? Stéphane Bedin |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| FILMOGRAPHIE DE ABBAS KIAROSTAMI | ||||
| Naissance
à Téhéran (Iran) le 22 juin 1940. À 18 ans, il quitte le foyer familial. Il part étudier à la faculté des Beaux arts à Téhéran. Dans les années 60, il réalise des génériques de films de fiction, et plus de 150 spots publicitaires. En 1969, il fonde le département cinéma de l’Institut pour le développement des enfants et adolescents (KANUN), le studio le plus prestigieux d’Iran . F I L M O G R A P H I E 1970. Le Pain et la Rue (cm) 1974. Le Passager 1987. Où est la maison de mon ami ? (Leopard de bronze à Locarno) 1990. Close up 1992. La Vie et rien d’autre 1994. Au travers des oliviers 1996. Le Goût de la cerise (Palme d'or à Cannes) 1999. Le vent nous emportera (Grand Prix du Jury à Venise) 2001. ABC Africa 2002. Ten 2004. 10 on Ten 2004. Five |
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| L I R E A U S S I - F I L M S D E A B B A S K I A R O S T A M I | ||||
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