)))  THE TAKE
        
de Naomi KLEIN &  Avi LEWIS           

 

  • Documentaire - 2004 - Canada - durée: 1h27 (+1h17 de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 12 Octobre 2005
    Editions MK2
  • Prix de vente conseillé : 27,50 €

SYNOPSIS

À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.
Freddy Espinosa, président de la nouvelle coopérative des ouvriers de La Forja, et Lalo Paret, activiste du Mouvement National des Entreprises Récupérées, vont faire face, avec leurs camarades, à leurs anciens patrons, aux banquiers et au système tout entier...

POINT DE VUE
   

C'est possible ! L'autogestion d'une usine par ses ouvriers. La mise en coopérative de près de 200 entreprises en Argentine, de l'emploi pour 15 000 personnes avec de vrais salaires, une productivité croissante, c'est possible ! nous dit Naomi Klein. Après une longue série de documentaires consacrés aux fermetures d'usines et à leurs dégâts socio -psychologiques (de Roger and me (Michael Moore) à Rêve d'usine (Luc Decaster) ou Paroles de Bibs (Jocelyn Lemaire-Darnaud)) courant des années 90, l'heure est à la réaction. The take, c'est la prise du travail mais surtout la prise de conscience de la classe ouvrière. On pense aussi à Reprise de Hervé Le Roux, au visage de cette femme qui refuse de reprendre le travail aux usines Wonder en 1968, elle crie, elle pleure qu'elle "ne remettra plus les pieds dans cette taule!". À cette époque, la notion même de travail était remise en cause. 36 ans plus tard, une autre femme pleure dans The take, mais cette fois c'est parce que son mari a perdu son emploi et par là même "sa dignité d'homme" ! Aujourd'hui, le travail est bien la valeur suprême. À l'heure de l'altermondialisme, les années 70 et leur idéal de vie sont bel et bien enterrés.

Naomi Klein, jeune canadienne propulsée au devant de la scène militante suite au succès interplanétaire de son essai anti-libéral, No logo: la tyrannie des marques, véritable bible de l'altermondialisme, choisit cette fois-ci le cinéma pour apporter la preuve par l'image qu'une alternative au capitalisme est tout à fait réaliste. Comme ils l'expliquent très honnêtement dans leur making-of maison, Naomi Klein et Avi Lewis n'avaient pas de sujet avant de commencer leur film. Juste une idée. Montrer que le système libéral n'est pas une fatalité et que "le réseau peut remplacer la pyramide". Le patronat peut disparaître au profit de l'autogestion. Les deux réalisateurs accompagnent alors les ouvriers de La Forja, une usine de composantes automobiles, qui décident d'occuper leur usine suite à sa fermeture. Après la fuite des capitaux, des milliers d'entreprises argentines se sont retrouvés sur le carreau, abandonnées par leurs dirigeants. Certains salariés ont alors décidé de se fédérer pour relancer eux-mêmes ces entreprises, pilotées selon un principe de démocratie directe. Le film donne à voir les multiples oppositions (économiques, politiques, policières) que rencontrent les ouvriers dans un contexte politique agité puisqu'on est en 2003 , année des élections présidentielles, avec le retour en force de celui qui a ruiné le pays quelques années auparavant, Carlos Menem.
Si le propos du film se veut totalement novateur, il n'en est rien de sa forme et de son approche très contestables. Cherchant à toucher un public le plus large possible, les cinéastes se fondent dans le moule du documentaire à l'américaine avec un usage assommant et abusif de musique, une image illustrative esclave du propos et une recherche de dramatisation souvent déplacée (montage clipesque, ralentis, zooms). On aurait espéré plus d'audace et de pertinence dans ce film qui ne laisse aucune place à l'esprit critique du spectateur. On l'aura compris, ce n'est pas un film en soi mais un outil pédagogique, susceptible d'amorcer débats et discussions sur la possibilité d'un nouveau modèle économique et l'hypothèse d'une société nouvelle.

Laurent Devanne














FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sorti en salles le 27 avril 2005
    Réalisation & Scénario
    :Naomi Klein & Avi Lewis
    Montage: Ricardo Acosta
    Photo: Mark Ellam
    Son: Jason Milligan
    Musique: David Wall
    Producteur
    : Laslo Barna
    Production:
    Barna-Alper Productions et Klein Lewis Productions
    En coproduction
    : National Film Board of Canada et en association avec la Canadia Broadcasting Corporation
  •  LE DVD
    DVD 9 - PAL - Zone 2 - Tous publics - couleur
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Format : 1/33
    Son: Dolby Digital 5.1

    Langue:
    Version originale espagnol et anglais
    Sous-titres:
    Français
    Durée du film:
    1h27

  • BONUS  (1h17)

    • Avi Lewis et Naomi Klein (20')

    Fire the Director : The Making of The Take (28')

    Gustavo Benedetto ¡Presente!
    1er documentaire d'Avi Lewis sur une des victimes de la répression policière de décembre 2001 (16')

    Postface réalisée par Avi Lewis et Naomi Klein:
    The Take Community
    (11')

    La Bande-annonce (2')



  • LIENS
    Site officiel du film