)))  PARIA
         de Nicolas KLOTZ

 

  • Drame - 2001 - 2h05 - France
  • Sortie à la Vente en DVD le 15 juin 2009
  • Éditions Malavida
SYNOPSIS
Paria, c'est le récit du parcours initiatique de Victor, 18 ans, dans l'effervescence des préparatifs du passage à l'an 2000. Coursier dans un vidéoclub, il vient juste de tomber amoureux d'Anabelle quand il se fait voler sa bécane et vider de sa chambre pour trois loyers de retard.
Momo, SDF de 25 ans à la rue depuis deux ans et vivant de combines, décroche un plan de mariage blanc.
Victor erre dans Paris et rencontre Momo, qui l'entraîne dans les spirales d'une certaine réalité sociale, l'exclusion. Tous deux passeront cette nuit enflammée ensemble dans un Paris dont Victor n'aurait jamais soupçonné l'existence .…

POINT DE VUE

Tourné à la même époque que La blessure, Paria développe en grande partie les mêmes schèmes. Nous ne reviendrons donc pas sur cette façon de fuir la fiction qui face à la toute-puissance du discours, martelé de séquences en séquences, présenterait le risque de nuancer voire de relativiser les principes supposés intangibles qui règlent le récit ; ni sur cette manière d’observer de loin les personnages, en omettant ainsi tout ce qui viendrait contredire leur position de héraut.

Ce cinéma de mots et de visages, qui se moquent par idéalisme des relations (alors qu’elles seules nouent le présent) et des antécédents (aptes à éclairer le passé) a de fait très peu confiance en lui. Contre toute attente, il y a fort à parier que Nicolas Klotz ne considère pas le cinéma comme le vecteur le mieux adapté pour traiter ce type de problèmes sociétaux (là les clandestins, ici les SDF), puisque ce n’est jamais grâce au langage cinématographique que ces individus et leur contexte nous sont montrés, mais toujours à travers une vision sociologique, voire médiatique, illustrée. Il ne suffit pas de poser des a-priori de décence, de respect, d’humanisme pour brosser le portrait d’un personnage, il faut accepter de le regarder vivre, accepter qu’il nous déçoive ou qu’il nous surprenne, pas qu’il se contente de servir.


Ainsi, si contrairement à La blessure, quelques embryons de fictions sont posés ça et là, essentiellement à travers le personnage joué par Gérald Thomassin, ceux-ci ne parviennent jamais à dégager un espace pour des personnages cernés de part en part par la nécessité d’exprimer allégoriquement la solitude ou l’errance. Au contraire, ces micro-histoires filmées comme des sketchs (lorsque Thomassin aborde des femmes dans un hall de gare) ou une sitcom à la Klapisch (l’aventure du faux mariage avec une jeune marocaine), sont tellement dans la caricature bon enfant et l’outrance parodique, qu’elles répercutent sur l’ensemble du film, une impression désagréable de légèreté, totalement inappropriée vu la gravité du ton qui ailleurs prévaut.


C’est l’esquisse de rencontre entre celui qui peu à peu glisse vers la rue (le personnage joué par Cyril Troley) et une jeune femme qui appartient encore au mode des « domiciliés » qui aurait pu émouvoir, mais Klotz la fait rapidement passer par pertes et profits, mieux, il fait de son inaboutissement même, la parabole de cette descente aux enfers, si bien qu’une fois de plus, la seule manière de nous montrer celle-ci est de recourir au style du publi-reportage concerné, insistant et maladroit.


En somme Paria ne fait qu’illustrer le hiatus entre des intentions vaguement littéraires (voire des prétentions philosophiques) et une mise-en-scène journalistique, c’est-à-dire tantôt simplificatrice (et ainsi, involontairement ou non, ironique), tantôt absorbée par les détails, et voulant à tout prix que ceux-ci fassent sens.



Ludovic Maubreuil


 

 

 



 
FICHE TECHNIQUE

 

  • LE FILM

Réalisation : Nicolas Klotz
Scénario
: Elizabeth Perceval
Chef Décorateur : Françoise Arnaud
Directeur De La Photographie : Hélène Louvart
Ingénieur Du Son : Olivier Laurent
Monteuse : Rose-marie Lausson

Casting:
* Cyril Troley (Victor)
* Gérald Thomassin (Momo)
* Morgane Hainaux (Anabelle)
* Aristide Demonico (Le Double)


  • FICHE TECHNIQUE
    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
    Son : Stéréo Français
 

  • BONUS
    - Dialogues clandestins 2001 - un film de Nicolas Klotz
    - Ton doux visage
    - un film de Nicolas Klotz
    - Entretien avec Elisabeth Perceval

    - Film-annonce
    - Livret
Propos de Nicolas Klotz
Pour Paria, j'ai eu besoin de me confronter au réel. Je voulais emmener le cinéma dans une zone de la société où il ne va jamais. Je crois que les questions concernant la fiction se posent mieux lorsqu'on se confronte directement au réel. On ne peut plus se réfugier derrière un système, derrière toute une imagerie du cinéma qui me paraît de plus en plus déconnectée de la vie.

(extrait du dossier de presse)