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SYNOPSIS | |||||
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| POINT DE VUE |
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Tourné
à la même époque que La
blessure, Paria développe en grande partie
les mêmes schèmes. Nous ne reviendrons donc pas sur cette
façon de fuir la fiction qui face à la toute-puissance
du discours, martelé de séquences en séquences,
présenterait le risque de nuancer voire de relativiser les principes
supposés intangibles qui règlent le récit ; ni
sur cette manière d’observer de loin les personnages, en
omettant ainsi tout ce qui viendrait contredire leur position de héraut.
Ce cinéma de mots et de visages, qui se moquent par idéalisme des relations (alors qu’elles seules nouent le présent) et des antécédents (aptes à éclairer le passé) a de fait très peu confiance en lui. Contre toute attente, il y a fort à parier que Nicolas Klotz ne considère pas le cinéma comme le vecteur le mieux adapté pour traiter ce type de problèmes sociétaux (là les clandestins, ici les SDF), puisque ce n’est jamais grâce au langage cinématographique que ces individus et leur contexte nous sont montrés, mais toujours à travers une vision sociologique, voire médiatique, illustrée. Il ne suffit pas de poser des a-priori de décence, de respect, d’humanisme pour brosser le portrait d’un personnage, il faut accepter de le regarder vivre, accepter qu’il nous déçoive ou qu’il nous surprenne, pas qu’il se contente de servir. Ainsi, si contrairement à La blessure, quelques embryons de fictions sont posés ça et là, essentiellement à travers le personnage joué par Gérald Thomassin, ceux-ci ne parviennent jamais à dégager un espace pour des personnages cernés de part en part par la nécessité d’exprimer allégoriquement la solitude ou l’errance. Au contraire, ces micro-histoires filmées comme des sketchs (lorsque Thomassin aborde des femmes dans un hall de gare) ou une sitcom à la Klapisch (l’aventure du faux mariage avec une jeune marocaine), sont tellement dans la caricature bon enfant et l’outrance parodique, qu’elles répercutent sur l’ensemble du film, une impression désagréable de légèreté, totalement inappropriée vu la gravité du ton qui ailleurs prévaut. C’est l’esquisse de rencontre entre celui qui peu à peu glisse vers la rue (le personnage joué par Cyril Troley) et une jeune femme qui appartient encore au mode des « domiciliés » qui aurait pu émouvoir, mais Klotz la fait rapidement passer par pertes et profits, mieux, il fait de son inaboutissement même, la parabole de cette descente aux enfers, si bien qu’une fois de plus, la seule manière de nous montrer celle-ci est de recourir au style du publi-reportage concerné, insistant et maladroit. En somme Paria ne fait qu’illustrer le hiatus entre des intentions vaguement littéraires (voire des prétentions philosophiques) et une mise-en-scène journalistique, c’est-à-dire tantôt simplificatrice (et ainsi, involontairement ou non, ironique), tantôt absorbée par les détails, et voulant à tout prix que ceux-ci fassent sens. Ludovic Maubreuil |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||||
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| Propos de Nicolas Klotz | ||||||
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Pour
Paria, j'ai eu besoin de me confronter au réel. Je voulais emmener
le cinéma dans une zone de la société où
il ne va jamais. Je crois que les questions concernant la fiction se
posent mieux lorsqu'on se confronte directement au réel. On ne
peut plus se réfugier derrière un système, derrière
toute une imagerie du cinéma qui me paraît de plus en plus
déconnectée de la vie. (extrait du dossier de presse) |
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